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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 05:04
Afin d’éviter tout confusionnisme et de rendre nos rites lisibles, nous devons distinguer les 3 étapes suivantes : la présentation au temple, le baptême, la confirmation.

La présentation au Temple.

Elle se fait à l’initiative des parents. Elle reprend la tradition juive (à l’âge de 12 ans), mais, pour nous, elle peut se faire plus tôt, lorsque l’enfant vient de naître ou lorsqu’il est encore bébé . Cette présentation est une action de Grâce, afin de remercier Dieu pour l’enfant donné, pour la Vie transmise.

Certains parents pourront en rester là, ne souhaitant pas faire baptiser l’enfant, lui en laissant le libre choix lorsqu’il sera plus grand.

Le baptême

Il fait entrer l’enfant au sein de l’Eglise et comme membre de plein droit, priant, communiant et délibérant ; mais, pour cela, il vaut mieux attendre qu’il soit plus grand, capable de comprendre et – surtout - qu’il en exprime le désir. C’est l’Eglise de Jésus ; c’est donc pour suivre l’enseignement de Jésus, entendre ses paroles, le récit de ses faits et gestes, se retrouver avec d’autres coreligionnaires que l’enfant fait ce pas.

jesus_bapteme_bis.jpg

Faut-il fixer un âge minimal ? Les anabaptistes du XVIème siècle, non sans raison, condamnaient formellement le pédo-baptême. Notre Eglise historique ne les a pas suivi sur ce point et pratique le baptême des enfants.
Soyons clairs et nets : le baptême est un acte personnel et volontaire et ne peut donc pas être imposé à un enfant qui n’a pas conscience de ce qui est un engagement de sa part. C’est donc aux parents de savoir attendre et de témoigner le moment venu que leur enfant aime Jésus et veut être son ami, son compagnon de route. Laissons donc à la famille le soin de décider du moment du baptême, sans légaliser l’âge de raison, ne serait-ce parce qu’il ne s’agit pas seulement de raison, mais aussi de cœur !

Faut-il maintenir l’idée d’une « purification » par le baptême ? Un Péché originel qui se transmettrait de génération en génération depuis la Chute d’Adam et Eve ? La théologie unitarienne n’y adhère absolument pas. Nos péchés ? Il vaudrait-il pas mieux parler d’une façon moderne de nos bêtises, de nos mauvaises actions, des torts que nous causons à autrui, de nos manquement à la charité, etc., plutôt que de ramener une notion métaphysique qui risque de culpabiliser le jeune. Le lavement de nos impuretés, de nos souillures ? Comme si nous étions des moins que rien ; hier le vécu dans les Ténèbres et maintenant c’est la Lumière … Ce genre de discours, ultra perfectionniste comme si nous étions des anges, s’appuie sur la nécessité d’une conversion de coeur et d'esprit mais elle risque AUSSI de rejeter notre passé, de refouler notre histoire personnelle déjà commencée, de condamner nos appartenances antérieures, de mépriser notre culture d’origine. Bref, la « purification » fait partie de ces mots-piège à éviter ou à manier avec circonscription.

Qui peut baptiser ? tout chrétien peut le faire. Le canon catholique le reconnaît lui même, même s’il réserve cet acte aux cas d’urgence, de danger de mort.

Avec quelles paroles ? Les paroles qui sortent du cœur sont les meilleures ! Elles peuvent donc être spontanées. Le mieux c’est qu’il y ait entente entre celui qui fait le geste et celui qui le reçoit afin qu’il n’y ait pas ambiguïté, ni tromperie. En aucun cas, il ne s’agit d’une formule « magique » : ce n’est pas une initiation dans l’ésotérisme !

Certains peuvent opter pour une formule qui était celle des tout premiers temps : « au nom de Jésus » (c’est le baptême que pratiquait Apollos, venu d’Alexandrie et que Paul croise à Ephèse), ou encore « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », formule mise en pratique très tôt au sein des premières communautés chrétiennes et qui est une formule ternaire (celle des évangiles, de Paul, et que l’on trouve plus tard énoncée dans le Symbole des Apôtres au début du IIème siècle). Elle n’est pas encore trinitaire (les trois personnes citées restant distinctes et ne fusionnant pas).

Attention : ces paroles accompagnent le geste et l’explique ; elles ne sont nullement un acte magique, un « sacrement » au sens catholique du terme, un marquage qui serait incrusté comme une marque indélébile, à vie, dont l’individu ne pourrait plus s’en débarrasser.

Avec quel produit ? tout simplement de l’eau ordinaire (non forcément bénite !), versée sur le front ; ou bien, si le climat s’y prête, par immersion jusqu’au buste dans un cours d’eau pour rappeler le Jourdain !

Quelle Eglise choisir ? Dans nombre d’Eglises, la formule ternaire que nous venons de citer a un sens trinitaire. Toutefois, au sein de l’Eglise réformée de France (ERF), des pasteurs libéraux peuvent accepter le sens seulement ternaire de la formule et baptiser en conséquence un unitarien. L’ERF reconnaît les baptêmes des autres et donc, y compris, le nôtre.

Il arrive que des baptisés aient besoin de faire valoir leur baptême par un certificat. Dans ce cas, il est important que le baptême soit fait au sein d’une paroisse ou Eglise habilitée à le faire. C’est le cas pour une Eglise locale de l’ERF. Par contre, notre Eglise unitarienne francophone, étant une Eglise sur la Toile pour l’instant sans statut juridique, il ne lui est pas possible de le faire. Il faut pour cela que le baptême soit avalisé par notre pasteur, la révérende Maria Pap, au niveau de sa paroisse en Transylvanie. En conséquence, dans ce cas, le rituel doit être celui de l’Eglise unitarienne de Transylvanie et effectué par un ministre du culte habilité à le faire (le plus proche, pour l’instant, est le révérend Roberto Rosso, à Turin) ou encore par délégation pouvant être accordée par notre pasteur, au cas par cas, à un laïc.

Le rituel hongrois utilise la formule suivante : "Je te baptise au nom du seul vrai Dieu existant, et je te considère désormais comme membre de l'Eglise chrétienne unitarienne, pour suivre Jésus. Ainsi soit-il". Cette formule, donnée en anglais sur le site de
l’Eglise unitarienne de Hongrie, a été traduite et elle a fait l’objet de discussion au sein de la communauté unitarienne française ; elle a reçu l’approbation de notre pasteur.

La confirmation

Elle est pratiquée par notre Eglise historique. Serait-elle seulement une répétition du baptême ? une « confirmation » ? Les Actes des Apôtres et l’Evangile de Jean insistent sur le baptême non seulement dans l’eau (celui de Jean ; celui que Jésus reçut), mais aussi le baptême dans l’Esprit, qui, lui, fait référence aux langues de feu de la Pentecôte. C’est donc non seulement l’affirmation de la foi, mais aussi la prise de responsabilité, l’envoi en mission auprès de ceux qui ne connaissent pas encore la Bonne nouvelle.

Quelles paroles ? Là aussi cela peut aller de la spontanéité à la formule rituelle de notre Eglise historique.

Quel produit utiliser ? toute huile, la plus noble possible, trouvée dans la production locale. Elle n’a pas besoin d’être spécialement bénite car tous les produits de la terre et du travail de l’homme sont sous le regard de Dieu, Notre Créateur, à l’origine de toute vie.

note de synthèse présentée par Jean-Claude Barbier

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Published by Jean-Claude Barbier - dans cérémonies et rituels
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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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