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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 09:54

Le baptême chrétien est un rite d’entrée dans l’Eglise comme l’est la circoncision pour le judaïsme. Paul de Tarse parle de circoncision dans l’esprit, et non plus charnelle ; lui qui demanda avec Barnabé et obtint que les païens se convertissant à la nouvelle voie juive ne soient pas astreints à la coupure du prépuce (rencontre à Jérusalem vers l’an 43).


royan_notre-dame_fonts_baptismaux.jpgLe rituel est emprunté à Jean-Baptiste qui baptisa Jésus en automne 28 et que celui-ci fréquenta jusqu’à son arrestation par Hérode Agrippa. Il consiste à une immersion dans l’eau en signe de régénération (abandon des péchés et promesse d’une vie nouvelle). Les chrétiens y ajoutèrent le baptême dans l’Esprit en référence avec la Pentecôte, d’où le signe de l’imposition des mains.

baptistère de l'église Notre-Dame de Royan, photo Jean-Claude Barbier, 2012 ; l'étoile est à 6 branches et n'est donc pas celle de David.
Lié à une phase préalable de catéchisme, le baptême va se confessionnaliser au cours des temps avec des credo et des exclusives si bien que beaucoup d’Eglises ne valident pas le baptême pratiqué par les autres, et en conséquence rebaptisent. La tradition unitarienne, en rupture sur ce point avec les anabaptistes, n’impose pas un tel re-baptême et accepte volontiers celui des autres Eglises. La référence en est Jésus (le baptisé l’est au nom de Jésus) et c’est donc une référence pour tous les chrétiens de toutes les confessions.

A la fin du XVIème siècle, l’anti-trinitaire italien Faust Socin (lien) mit ses talents de théologien au service de la Petite Eglise polonaise (anti-trinitaire) mais n’en fit pas partie statutairement car il refusa précisément d’être rebaptisé, donnant ainsi l’exemple.
 

Une fois baptisé, selon un rituel qui effectivement varie selon les Eglises, le chrétien peut rester dans l’Eglise qui l’a baptisé, mais tout autant se rattacher à une communauté de son choix selon la proximité géographique, son orientation spirituelle et théologique, ou toute autre raison. L’important est qu’il s’y sente à l’aise et y exprime sa foi chrétienne. N’est-ce là l'essentiel ?

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 12:54

 

cercle_des_fideles_notre_dame_des_anges_bordeaux_paroisse_c.jpg

 

La paroisse bordelaise Notre-Dame des Anges a été confiée aux Jésuites depuis 2001. Les assemblées dominicales se font en cercle de façon à ce que les participants se voient dans une relation de face à face. Facile à réaliser dans le cas des petits groupes, elle est également possible dans les églises et les temples et demande seulement des aménagements mineurs sans frais notables (il suffit surtout de bouger le mobilier !). Source et photo : journal La Croix du 20 septembre 2013 (lien).

 

temple de lyon entre 1564-1567

 

Ajout du 22 septembre (messages d’information au sein des groupes Facebook « unitariens francophones » et « protestantisme libéral »)
Luc Serrano : Cette disposition en cercle était celle qui avait été adoptée pour la construction du temple « Le Paradis » à Lyon (lien) à la rubrique « temples », construit en 1564 mais détruit trois ans plus tard par les guerres de religion en 1567. Un autre temple à la même époque, à Charenton, existait aussi avec une forme circulaire.
Macha Sener : cette disposition en cercle se pratique à Saint-Merri à Paris depuis 20 ans.
Michel Jas : « Pendant quelques années au Grand-Temple de Nîmes j'animais avec des jeunes un culte avec bancs en cercle et guitares le Samedi soir et hop tout redevenait classique le dimanche matin »
Georges d’Humières : essai au temple de Narbonne, mais les fidèles ont trouvé que cela les distrayait de l’écoute de la prédication.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 06:52

Liturgie.


dol_de_bretagne_cathedrale_baptistere_P1012020.JPG1. Chant n° 308. À la fin de ce chant, le ministre, tenant la Bible, se trouve à la table de communion
2. Il commence à prier. Il n'y a pas de prière définie, mais il peut dire par exemple : «Dieu, notre Créateur et Providence, que votre bénédiction et votre amour soit avec nous, au moment où cet enfant est entrain de devenir membre de notre Eglise, et bénis sa vie afin qu’il / elle grandisse dans la foi, l’espérance et l'amour en tant qu’enfant chéri de ses parents et de Vous. Amen ! »
3. Lecture d’un passage [au choix] de la Bible après l'introduction suivante « : Chers parents, parrains et marraines, frères et sœurs. L'idée principale de mon sermon, il est écrite dans le texte suivant … ».
4. Sermon du baptême d’une longueur de 10 minutes.


baptistère de la cathédrale de Dol-de-Bretagne, XIIIème siècle, photo Jean-Claude Barbier (2012)

5. Prière.
6. Prière du Seigneur [ndlr – le Notre Père]

7. Baptême : pendant que le ministre verse de l'eau sur la tête de l’enfant avec un calice réservé à cet usage, il dit : « Je te baptise, toi un tel, au nom du seul Dieu vivant et je considère que tu es un nouveau membre de l’Eglise unitarienne, à la suite de Jésus. Amen »
8. Bénédiction : Il n'y a pas de texte défini, juste pour exemple : « Que la bénédiction de Dieu soir sur vous pour grandir en corps et en esprit, dans la bonté en face de Dieu et des gens. Amen. "


Guide pratique


1. Le lieu du baptême est l'église ; mais il peut se faire dans d’autres lieux si cela est justifié, par exemple le bureau d’un ministre, un hôpital, etc.
2. La cérémonie se fait après le culte du dimanche et avant le chant de clôture. Sinon, en d'autres lieux à tout moment. Si c’est le jour d’une communion, le baptême se fait après cette communion.
3. Nous baptisons généralement les nourrissons, les bébés, et, dans des cas particuliers, nous baptisons aussi des adultes.
4. Après le baptême, le ministre exprime ses meilleurs vœux aux parents et aux parrains et marraines, et que chacun dans l'église exprime
ses félicitations.
5. Il est souhaitable que les parents s’avancent et se tiennent debout autour de la table de communion, avec les parrains et marraines.
6. Le calice pour le baptême est sur la table de communion et plein d'eau. L’eau qui reste après le rituel est répandue sur les fleurs.
7. Le dimanche suivant, le ministre annoncera le baptême lors du culte.

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 09:31

Extrait de « Michel Servet, du bûcher à la liberté de conscience » par Vincent Schmid * (Les éditions de Paris Max Chaleil, 2008 : 76-77) * pasteur en exercice au temple réformé « Cathédrale Saint-Pierre » à Genève.

 

Michel Servet, Vincent Schmid[ Dans « La Restitution du christianisme » (1553), ] Servet accorde une place importante à la critique du baptême des enfants, un de ses thèmes favoris. Il résume ses recherches bibliques en 20 thèses négatives contre le baptême des enfants et 25 thèses en faveur du baptême des adultes. « Il n’y a pas dans les Ecritures un seul texte qui convienne aux enfants. » En lieu et place du baptême, voici la prière que Michel Servet propose pour les nouveaux nés :


« Ô Dieu ! Père céleste, toi qui autrefois as dit que tu serais le Dieu d’Abraham et de ses fils, et que les fils des Israélites te naîtraient pour fils, en les prenant sous ta protection afin qu’il te servent, nous confiant en ta Parole, protège et conserve-toi ces enfants pour que fidèles ils te servent dans ton royaume.


Ô Jésus, très clément fils de Dieu *, qui a pris dans tes bras en les bénissant de petits enfants, bénis maintenant et dirige par ta main ces petits, afin que par la foi ils possèdent ce qui est à toi et deviennent participants de ton règne.

* note de l’auteur : rappelons que ce titre pour Servet n’a aucun rapport avec la Trinité
 

 

Ô très doux Jésus, fils de Dieu qui, dès le sein de ta mère, fut toujours très innocent, donne-nous de vivre sans fraude, dans la simplicité de ces enfants, afin que le royaume des cieux que tu dis appartenir à de tels, nous soit toujours conservé par ta grâce, et que ceux qui sont faits enfants de l’Esprit y soient enlevés par ton infinie pitié. Amen »

 

Rejetant le dogme du péché original, Servet soutient qu’on n’est pas pleinement responsable de ses actes avant l’âge de vingt ans, sur la base d’une exégèse acrobatique d’un verset du livre de l’Exode. Une étrangeté qui se retournera contre lui : n’offre-t-il pas là à la jeunesse la permission de « se déborder » ?


C’est que le baptême est bien plus, aux yeux de Servet, qu’un simple signe. Baptiser, c’est accomplir véritablement un acte de recréation de l’être, c’est mettre en jeu des énergies mystiques de régénération. Le baptisé « naît de l’Esprit » au sens fort : « Comme la nativité est spirituelle ; elle se fait par la foi en l’Esprit. Cela ne convient pas aux enfants ».

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 05:49

note de Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien (Bordeaux)


Le baptême dans de l’eau est initialement celui de Jean : un rite de repentance de ses péchés, accompagné de la volonté d’un changement profond de sa vie, d’une conversion du coeur (renoncer au péché, suivre désormais les commandements de Dieu). Cela n’a rien à voir avec la notion de Péché originel ; ni non plus avec un changement d’appartenance religieuse (il s’agit d’une seule conversion morale).

 

Ensuite, les premiers chrétiens vont le faire au nom de Jésus. L’évangile de Jean (seul) dit d’ailleurs que Jésus lui-même baptisa dans le Jourdain, parallèlement à Jean, avant que ce dernier ne fut jeté en prison par Hérode Antipas (Jn 3, 22-30). Lorsque Paul arrive à Ephèse (3ème mission de Paul datée de 53 à 58), il rencontre un groupe de 12 « johannites » qui ont été baptisés au nom de Jean. Il les rebaptise alors au nom de Jésus (Ac 19, 1-4). Ils avaient été baptisés par Apollos, judéo-chrétien venu d’Alexandrie. Apollos était alors parti pour la Grèce avec une lettre de recommandation de Priscille et Aquila, chrétiens venus eux d’Italie ; lesquels lui avaient expliqué le changement de baptême !


bapteme_ennuque_rembrandt.jpgComment se pratiquait ce baptême d’eau ? Le premier baptême dans de l’eau décrit après celui de Jésus est celui de l’eunuque de la reine d’Ethiopie de retour d’un pèlerinage à Jérusalem. Le diacre Philippe l’accompagne sur son char pour lui expliquer les Ecritures. « Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d’eau. Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? ». Et il fit arrêter le char. Ils descendirent tous deux dans l’eau. Philippe avec l’eunuque, et il le baptisa » (Ac 8, 36-38).

 

tableau de Rembrandt

 

La Didaché (VII, 1) recommande bien une immersion dans de l’eau courante, mais accepte à défaut dans de l’eau froide stagnante, ou encore, toujours à défaut, une eau chaude (celle d’une citerne au soleil ou un bain public ?) ou le versement d’un peu d’eau sur la tête (par trois fois avec la formule ternaire précise t’elle). La Didaché cite plusieurs fois l’Apocalypse de Jean de Patmos et est donc, dans sa version finale, postérieure aux persécutions de Domitien en 95.


Dans les premiers baptistères chrétiens ont descendait par des marches dans une cuve d’eau. Le baptême de Clovis, roi des Francs, par Rémi, évêque de Reims (vers 498), est représenté ainsi.


L’immersion totale (à la renverse et la tête sous l’eau) n’était pas le rituel pratiqué. Il a été mis en vogue par les pentecôtistes qui se sont inspirés, quant à eux, de la rhétorique de Paul : le baptême symbolise la mort du pécheur (avec, cette fois-ci, référence au Péché originel), et sa résurrection (anticipée !). Le vieil homme symbolisé par Adam après sa Chute doit mourir pour laisser la place au Nouvel Adam qu’est Jésus. il est enseveli symboliquement (ici dans de l'eau).

à suivre ...

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 05:33

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imposition_des_mains.gifLe baptême dans l’Esprit est l’innovation de la Pentecôte (Actes des apôtres 2, 1-11). Au lavement des péchés par l’eau s’ajoute désormais une infusion du Saint-Esprit, une pénétration dans l’âme de certaines facultés ou grâces surnaturelles par son action. Le rituel en est l’imposition des mains qui se fait par les apôtres (et non pas les diacres) : en Samarie, ce sont Pierre et Jean qui viennent imposer les mains aux Samaritains qui ont été convertis par le diacre Philippe et Simon le magicien et baptisés par eux dans de l’eau et au nom de Jésus (Ac 8, 14-17). C’est ce que fait aussi Paul pour les « johanniques » d’Ephèse (Ac 19, 12).

 

l'imposition des mains se fait le bras légèrement levé quand il s'agit d'une assemblée, ou bien les mains posées sur la tête pour une personne.


Ce baptême de l’esprit aurait déjà été annoncé par Jean-Baptiste dans Mt 3, 11 (voir la note "p" de la Bible de Jérusalem), puis par Jésus lui-même lors d’une de ses apparitions post-résurrection (Ac 1,5). Il se fait au nom de Jésus.


A noter que le baptême de l’esprit peut-être reçut AVANT celui de l’eau comme les païens de Césarée qui se mettent à prophétiser et qui vont être baptisés à l’initiative de Pierre « Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu l’Esprit-Saint aussi bien que nous ? » Et il ordonna de les baptiser au nom de Jésus » (Ac. 10, 44-48).

à suivre ...

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 05:11

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Le baptême avec la formule ternaire : « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », est celui prescrit par l’évangile de Matthieu : Jésus, dans ses apparitions post-résurrection avait donné rendez-vous aux Onze disciples (les Douze moins Judas !) sur une montagne de Galilée ; il leur dit «  […] faites disciples toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Matthieu seul : nous sommes ici en présence du Matthieu grec, donc plus tardif que les écrits lucaniens qui, eux, en restent à « la force d’en haut » qui est « promesse du Père » (Lc 24, 49) et au baptême dans l’Esprit tel qu’il est dit à maintes reprises dans les Actes. Paul, lui non plus, n’emploie jamais la formule ternaire : pour lui, Jésus est « Notre seigneur ». L’école Johannique, non plus, bien qu’elle mette en valeur la personne du Fils unique et bien aimé, l’Elu.


Est-ce donc un ajout dans la version grecque de Matthieu qui nous ait parvenue ? En tout cas la formule est bien celle de la Didaché laquelle se présente, au début du IIème siècle, comme étant la « Doctrine du seigneur transmise aux nations par les Douze apôtre ». Le versement de l’eau sur la tête, précise le texte, doit se faire trois fois de façon à accompagner la formule (VII, 3).


Par ailleurs, la Didaché est antérieure à la mise en place des évêques (épiscopes) au sens moderne du terme car elle n’en parle pratiquement pas (sinon une seule fois en XV, 1 et comme synonyme de presbyte). C’est en Asie mineure, avec les lettres d’Ignace d’Antioche que le vocabulaire se fixe et fait distinction entre les évêques, chefs d’Eglise locale, et les presbytes qui sont les simples prêtres.


La formule est aussi celle du Symbole des apôtres, lequel est pré-nicéen (d’avant le concile de Nicée qui, en 325, a entériné la divinisation du Fils) et daté lui aussi du début du IIème siècle. Formule ternaire et non pas encore trinitaire car les personnes sont distinctes et non fusionnées.


clovis bapteme vitrailFaut-il voir dans la scène du baptême de Jésus une préfiguration de cette formule ternaire ? Tous les évangiles mettent en effet en scène Jean le baptiseur, Jésus le baptisé, Dieu dont on entend la voix qui désigne son Fils (ou l’Elu, selon Jean), l’Esprit qui descend du ciel sur Jésus « comme une colombe ». A défaut de formule ternaire, il y a bien là une présentation qui l’est déjà. Manifestement ces écrits relèvent de la théologie de la Pentecôte et non d’un témoignage visuel des évènements quoi qu’ils en disent. Mais pourquoi une colombe (bible de Jérusalem) ou une palombe (bible de Chouraqui) et non pas le feu de la Pentecôte ? Est-ce le retour de la colombe qui annonça la fin du Déluge et donc d’une réconciliation avec Dieu ?

à suivre ...

 

Rémi, évêque de Reims, baptise Clovis, le roi des Francs vers 498. Le baptisé est nu dans une cuve en pierre. Le Saint-Esprit est représenté par une colombe. La main de l'évêque montre à la fois la colombe et semble amorcer une imposition des mains. C'est un flux de lumière rouge (la couleur du feu de la Pentecôre) qui inonde la scène à partir de la colombe. La France, sous la forme d'une jeune femme habillée de bleu (couleur de cette royauté), lui apporte la couronne royale.

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 04:31

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Le baptême dans l’Esprit se faisait dans la foulée par imposition des mains à la suite du baptême dans l’eau. Mais le baptême dans l’eau n’était pas fait par les apôtres eux-mêmes (Pierre à Césarée ordonne, mais ne fait pas le baptême lui-même), par contre, ceux-ci se réservent le baptême dans l’Esprit (comme Pierre et Jean en Samarie) !  C’est un diacre, Philippe, qui baptise l’eunuque de la reine d’Ethiopie.

 

Lorsque le christianisme se diffusa en campagne, les presbytes et les diacres pratiquèrent le baptême d’eau et on attendait le passage de l’évêque de la ville pour compléter avec le baptême dans l’Esprit. Tertullien (né vers 150-160 et mort vers 230-240), dans son De Baptismo (198), décrit la célébration du baptême à Carthage. Celle-ci comporte deux rites baptismaux (bénédiction de l’eau et bain baptismal, avec triple confession de foi et triple immersion) et deux rites post-baptismaux (onction d’huile et imposition des mains pour le don de l’Esprit Saint).


l-onction.pngMais d’où vient l’utilisation du chrême (une huile parfumée, dont le parfum, invisible, évoquerait l’invisibilité de Dieu) ? Est-ce parce que tout baptisé est appelé à la prêtrise universelle (celle de la lettre aux Hébreux, reprise par Martin Luther) ou à participer à la royauté de Jésus (le Christ roi) lequel est oint comme l’avait été les rois d’Israël ? Quoiqu’il en soit, ce rite s’impose puisqu’il se substitue à l’imposition des mains dans les Eglises d’Orient. Elle est administrée par le prêtre. Le nouveau baptisé est essuyé, le prêtre lui met sa robe de baptême. Il lui fait une onction de saint chrême * sur le front, les yeux, les narines, la bouche, les oreilles, la poitrine, les mains et les pieds en disant "Reçois la marque du don de l'Esprit Saint". Avec le baptisé le prêtre fait trois fois le tour du baptistère.

* Le saint chrême est un parfum fait d'huile d'olive additionnée de baume odoriférant. Le mélange est consacré par l'évêque catholique chaque année, pendant la semaine sainte, souvent le jeudi saint, au cours d'une messe qu'on appelle la "messe chrismale".


Le rituel latin maintient l’imposition des mains, mais Paul VI a précisé en 1971 que c'est l'onction de Saint Chrême et non l'imposition des mains qui est le geste essentiel du sacrement de confirmation !

 

Les Eglises protestantes n'ont pas maintenu la chrismation et s'en tiennent à l'imposition des mains.


Nous remercions le père Raymond D’Izarny, « cybercuré œcuménique et inter-religieux" du diocèse de Nanterre pour les informations de son site  et ses réponses rapides à nos questions.

à suivre

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 04:15

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En Occident, la confirmation va se séparer peu à peu du baptême. Le premier témoignage signalant que l’évêque va imposer les mains à ceux qui ont été baptisés antérieurement date de 380 ; mais déjà le concile d’Elvire (Espagne, vers 300) reconnaissait la nécessité d’une "perfection du baptême" par l’évêque, celui-ci se réservant la pratique du baptême dans l’Esprit en tant que successeur des apôtres.


Fauste de Riez (405-485) donne une interprétation théologique de cette confirmation par rapport au baptême : au baptême, explique-t-il, nous sommes régénérés pour vivre, après le baptême nous sommes confirmés pour la lutte.
Confirmation du baptême en tant que renforcement de la grâce à travers le sceau de l'Esprit Saint. C'est en Gaule, au Ve siècle, qu'apparaît le terme de "confirmation" pour le don de l'Esprit célébré dans la foulée du baptême. Ce terme a été adopté par l'ensemble des langues d'Europe, sauf l'italien (cresima) et le portugais (crisma) qui mettent la chrismation en avant.

confirmation_eveque.jpgDans le rite latin, le ministre ordinaire de la confirmation est l'évêque, qui, pour des motifs sérieux, peut en concéder la faculté à des prêtres, c'est-à-dire à des délégués.

 

sur cette photo, l'évêque reste assis sur son siège épiscopale, symbole de son autorité. Il signe d'une croix le front du postulant. La marraine qui accompagne la jeune fille, lui met la main sur l'épaule.


A partir du seizième siècle, le catéchisme est organisé et va rythmer la vie sacramentelle. Le sacrement de confirmation marquera l’entrée au catéchisme et l’eucharistie en marquera la fin. En France, la situation du sacrement de confirmation va se compliquer par l’introduction, au dix-septième siècle, de la communion solennelle. En 1910, dans le décret "Quam singulari", le pape saint Pie X demanda qu’on admette à l’eucharistie les enfants beaucoup plus jeunes dès « l'âge de raison » vers 7 ans. Il en résulte que la confirmation n'est donnée qu'après la première communion.


Dans le cadre de la réforme liturgique de Vatican II, l’ordre des trois sacrements est toujours : baptême, confirmation, eucharistie. L’eucharistie achève l’initiation, elle en est le sommet.


Le renouveau du catéchuménat va faire redécouvrir ce sacrement de la confirmation qui retrouve sa place comme complément du baptême. Même si l’on fait le choix de séparer la célébration de la confirmation de celle du baptême pour donner toute sa valeur au néophytat, la confirmation doit toujours être clairement proposée à tout candidat au baptême.


Cependant, en France, le sacrement de confirmation est donné longtemps après l'eucharistie, car il devient peu à peu le sacrement de la militance. Il n’est plus proposé qu’aux chrétiens engagés dans une aumônerie ou dans des mouvements. La confirmation est souvent présentée ou vécue par les jeunes comme sacrement d’engagement effectif dans la communauté ecclésiale pour marquer une meilleure participation à la vie de la communauté.


Informations tirées du site  du père Raymond D’Izarny, « cybercuré œcuménique et inter-religieux" du diocèse de Nanterre.


L’Eglise unitarienne de Transylvanie distingue les deux sacrements. C’est donc une base imposée pour les chrétiens unitariens s’ils veulent être en continuité avec leur Eglise historique.

à suivre ...


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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 03:50

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A l'origine, l'évêque conférait le don de l'Esprit par l'imposition des mains comme l'avaient fait les apôtres. Puis, l'onction de saint Chrême s'ajouta à l'imposition des mains en Occident et se substitua à elle en Orient.


Cette imposition des mains est faite lors du baptême au nom de Jésus, puisque c’est un baptême dans l’Esprit ; puis de nouveau à la « confirmation ». Elle est refaite pour l’ordination d’un diacre, d’un prêtre ou d’un pasteur, ou encore d’un évêque ? D’une façon générale, on n’en finit pas de refaire les rites solennels comme si un seul ne suffisait pas une fois pour toute. Mais alors n’est pas dans la logique de la magie pour faire descendre le Saint-Esprit à chaque moment important ? N’y a-t-il pas alors confusion avec une simple bénédiction ?


Ne faudrait-il pas plutôt un rituel spécifique pour chaque sacrement ? L’accès à un ministère d’Eglise (intendants *, docteurs, prophètes, diacres, prêtres, évêque, etc.) ne devrait-il pas avoir sa spécificité ?
* à commencer par les gestionnaires comme sacristains, webmestres, administrateurs, chargés d’une chorale, etc.

 

le lavement des pieds

 

Nous pouvons penser par exemple au sacrement « oublié » qu’est le lavement des pieds (qui aurait été institué par Jésus, mais cité par Jean seul - qui par contre omet l’eucharistie !). Ce rite est significatif de celui qui veut exercer des responsabilités, celles-ci étant d’abord rendre service aux autres.

 

On peut penser aussi à l’onction d’huile en souvenir des rois d’Israël comme symbolisant l’autorité, mais la tradition protestante met l’accent sur les fonctions des ministères et non point sur l’autorité que celles-ci peuvent conférer, l’autorité étant exercée par l’assemblée toute entière (synode et conseil presbytéral) ; le pasteur par exemple exerce seulement un ministère d’enseignement, et pas plus.

à suivre ...

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  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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