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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 17:06

crematorium d uccle bruxellesEn France, nous devons le choix entre inhumation ou incinération à la loi « laïque » sur les libertés funérailles votée en 1887. Le premier crématorium français a été créé en 1889 à Paris, dénommé aujourd'hui crématorium du Père-Lachaise. D'autres crématoriums sont rapidement mis en service : Rouen (1899), Reims (1903), Marseille (1907), Lyon (1913) et Strasbourg (1922), mais il faudra attendre 1972 pour qu'un autre crématorium soit mis en fonction à Cornebarrieu près de Toulouse ! En effet, l’Eglise catholique s’y opposera et n’autorisera la crémation qu’en 1963. Par ailleurs, les Pompes funèbres ayant le monopole jusqu’en janvier 1998, elles ne s’empressèrent guère de construire des crématoriums car les inhumations étant plus cher de 30% s’avéraient plus rentables pour elles ! Depuis le début de notre siècle, chaque département dispose aujourd’hui d’au moins un crématorium et la pratique s’est largement répandue.

 

Le crématorium d'Uccle dans l'agglomération de Bruxelles où fut incinéré le pasteur Pierre Bailleux le 6 février 2008.

 

Ceux qui font le choix de la crémation peuvent être motivés pour des raisons pratiques : les dépenses sont effectivement moins élevées ; la dispersion des cendres sur une place de souvenir permet d’éviter les frais d’une concession funéraire, ainsi que l’entretien d’une tombe rendu de plus en plus difficile depuis que les familles se trouvent éclatées aux quatre coins de l’hexagone, sinon à l’étranger. J’y ajoute aussi la discrétion lorsqu’on s’attend à ce qu’il y ait peu de personnes au dernier rendez-vous du défunt.


Mais il peut y avoir aussi des raisons directement religieuses. Par besoin de trouver un lieu adéquat pour faire une cérémonie, beaucoup de familles non pratiquantes présentaient néanmoins leur défunt au lieu de culte de leur quartier ou commune. Rares encore sont les familles qui se rendent directement au cimetière en court-circuitant les lieux de culte pour y faire un dernier discours, en courant le risque des intempéries. Pour celles qui ont un passé chrétien, elles font valoir le pedo-baptême du défunt même si ce dernier a depuis adopté d’autres convictions. Il s’ensuit une récupération par les Eglises qui en profitent pour rappeler leur théologie, faisant fi de l’itinéraire spirituel du défunt, avec parfois la complicité de certains membres de ces familles.


En cela, le crématorium va offrir une alternative. Une salle de réunion est mise à la disponibilité de la famille du défunt et c’est à elle d’organiser la cérémonie d’adieu. On y retrouve une liberté religieuse et philosophique, les convictions du défunt pouvant être rappelées en toute sincérité ; également une décléricalisation dans la mesure où il n’y a plus monopolisation de la parole et des rituels par un spécialiste du sacré (prêtre, pasteur, rabbin, imam, etc.). L’affaire revient donc entièrement aux mains de la famille et des amis du défunt.


Mais alors que les civilisations coutumières, traditionnelles, avaient su développer l’oralité tant au niveau de l’expression des émotions que des discours spontanés des participants, la nôtre n’a guère été en ce sens, déléguant cette expression aux artistes, aux religieux et à son élite politique. Il y a donc une redécouverte de l’oralité à faire. Il s’ensuit qu’au sein des crématoriums certaines familles sont prises au dépourvu, n’ont pas eu le temps de préparer un éloge funèbre ou d’organiser l’expression des uns et des autres. Silences lourds, balbutiements, si ce ne sont des règlements de compte lorsque le défunt a laissé derrière lui un contentieux ! C’est en quelque sorte l’apprentissage de la démocratie !


Il convient de rappeler ici que, à la fin du siècle dernier, l’Eglise catholique a prise deux décisions importantes qui ont été dans le sens d’une plus grande participation des familles en deuil. D’une part en proposant un office sans eucharistie, ce qui a permis un accueil plus libéral des familles non pratiquantes ; d’autre part en déléguant des laïcs pour l’organisation de ces offices et leur présidence en l’absence d’un prêtre. Si bien que la participation des familles en deuil est aujourd’hui beaucoup plus largement admise ; il en est de même d’ailleurs pour les baptêmes et les mariages qui se font dans la convivialité et non plus dans la rigidité d’un rituel ou d’une pompe liturgique. Cela dépend bien entendu du religieux qui a en charge la pastorale du lieu de culte.


Les crématoriums sont des espaces ouverts à la disposition des familles et des amis des défunts. A eux de se les approprier avec l’aide des personnels locaux chargés de l’accueil ; à eux désormais d'organiser, d'imaginer, d'innover, de créer du lien social, de faire évènement ...

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 15:20

Prière composée par Jean-Claude Barbier pour l’anniversaire du décès de la mère de Farihé, célébré avec des amis bahaïs et des voisins de Gradignan (Gironde)


calice unitarien allumageLouange à Toi Seigneur,
car de cette terre et des cieux

Tu es le Créateur,


Sans mot dire, Tu nous a donné la Vie
et, avec elle, le cycle de l’existence :
la naissance et la croissance des enfants,
la sexualité joyeuse et la procréation désirée,
l’amour heureux et les chagrins du cœur,
la mort venue qui nous prive d’êtres

que nous avons tant aimés,
mais aussi, reçus, le souvenir et l’héritage
de ceux-là mêmes qui sont devenus sans âge ;
Et puis encore, avec la Vie donnée,

l’intelligence et la raison,
et, des choses visibles et invisibles,

la compréhension et l'intuition sensible.


Au-delà de la mort, désormais nous savons
combien chaque espèce évolue de génération en génération,
pour plus de survie, pour plus d’adaptation,
mais aussi pour plus de connaissances, pour plus de transmissions,
Alors, les lendemains qui chantent

ne sont-ils pas dans les yeux des enfants qui s'enchantent ?

 

Cette louange à Dieu a été traduite en italien par Giacomo Tessaro et mise en ligne sur le site de la Comunione Unitariana Italiana (CUI) le 7 novembre 2012 (lien).

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 06:47

Pierre-Bailleux--crematorium-d-Uccle--Bruxelles--lemercred.JPGPendant très longtemps, les faire part de décès, l'envoi de condoléances en réponse, la participation au culte à l'église ou au temple, la signature d'un cahier entreposé à l'entrée du bâtiment religieux, les salutations à la famille en deuil, puis l'accompagnement au cimetière, ont constitué l'itinéraire habituel et obligé lors d'un deuil. Depuis, les familles, les voisins et les amis se sont dispersés, et beaucoup ne peuvent plus faire le déplacement. Même le jour de la Toussaint, de nombreuses tombes restent délaissées. Et puis, la dispersion des cendres est de plus en plus pratiquée dans les funérariums, sans même une plaque de souvenir, sinon collective.

 

le funérarium d'Uccle en banlieue de Bruxelles, où fut incinéré Pierre Bailleux le 6 février 2008.

 

Pour certains, mais de plus en plus nombreux, comment dès lors exprimer sa tristesse et son chagrin, faire part de sa compassion et sa sympathie à la famille, dire adieu au défunt, participer à un travail de deuil ?

 

Les églises unitariennes ont souvent un lieu de mémoire où les défunts ont leur nom gravé sur une plaque (lien).

 

Les unitariens français ont su recueillir des hommages lors du décès de personnalités importantes de leur mouvance et les ont publiés sur leurs sites, accompagnés de récapitulatifs bibliographiques afin d'inviter à lire leurs travaux.


Michel Languillat (1932-2006), pasteur ERF, qui fut co-fondateur de l'Association unitarienne française en 1986, décédé le 23 mai 2006 - nous lui avons consacré un Cahiers Michel Servet (n° 6, novembre 2006) : "Auprès de Michel Languillat : la septième dimension ; le témoignage d'Odile Donati" (lien).

Roger Sauter (1919-2007), théologien suisse, membre de l'Association unitarienne francophone (ex française) à partir de 1990, décédé le 19 juillet 2007 - une rubrique est à son nom dans La Besace des unitariens ( lien).

Pierre Bailleux (1942-2008), pasteur de l'Eglise protestante unie de Belgique (EPUB) à l'Eglise de l'Alliance (à Braine-l'Alleud, banlieue sud-est de Bruxelles, dans le Brabant), décédé le 29 janvier 2008 ( lien).

et tout récemment, Roger Parmentier (1918-2012), pasteur de l'ERF, décédé le 22 septembre 2012. Le bulletin n° 121, novembre 2012, de la Correspondance unitarienne lui rend hommage sur 8 pages ( lien) et le site Unitariens français (du Conseil des unitariens et universalistes français CUUF) récapitule tous les articles le concernant sur nos sites unitariens ( lien). Il s'était en effet rapproché de notre mouvance, ne croyant ni à la résurrection de Jésus, encore moins à sa divinisation, et n'espérant plus à une vie surnaturelle dans l'au-delà.

 

Chez nous, c'est gratuit ! Mais dans un futur plus ou moins proche, on peut imaginer des sites commerciaux qui accueilleront ainsi, pour chaque défunt inscrit, des condoléances à la famille, des hommages au défunt, un récit de sa vie, un bilan de ses oeuvres, un album photo, etc. Peut-être que cela arrivera plus vite qu'on ne le pense, mais çà arrivera à coup sûr. Et puis, comme pour les places au cimetières, des délais tarifés. Nous pouvons faire confiance aux commerciaux pour mettre cela sur pied moyennement rémunération.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 16:05

izkor_en_memoire_des_defunts.jpgLa prière d'Izkor est lue dans les synagogues, le jour de kippour, pour évoquer la mémoire des personnes chères qui ne sont plus parmi nous. Cette prière juive a été traduite en français par Didier Long et publiée sur son site le 18 septembre 2012 (lien).

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:34

temple_de_nantes_vitraux_et_orgues.jpgCes prières ont été dites le samedi 3 décembre 2011 par le pasteur de l’Eglise protestante réformée (ERF) de Nantes et Loire-Atlantique, Mme Caroline Schrumpf, pour la cérémonie d’adieu à Hubert Tournès, militant catholique décédé le 24 novembre 2011, et qui, depuis son déménagement de La Baule à Nantes en 2010, préférait fréquenter la communauté protestante. Elles encadrent un message du même pasteur qui a été publié sur le site des chrétiens unitariens sous le titre : « à Hubert Tournès : ces oliviers qu’il aimait tant » ( lien), suite à l’hommage qui lui a été rendu sur ce même site dès l’annonce de son décès ( lien). Au delà de la cérémonie d'adieu à notre ami, ces prières peuvent bien entendu aider d'autres familles en deuil et c'est dans cette intention que nous avons mis des étoiles à la place des noms. Photo : temple protestant de Nantes, vitraux et orgues.
 
paroles d’accueil –

 

Ensemble aujourd’hui, nous voulons évoquer son parcours de vie, et aussi écouter, dans la Bible, la parole que Dieu veut nous dire. La Bible nous transmet l’écho de toutes nos questions humaines, de toutes nos expériences profondes : la joie, la détresse, la générosité et l’épreuve, la fidélité et la trahison, l’amour, l’amitié. Elle nous dit comment Dieu veut allier sa parole à la nôtre, son amour au nôtre, ses questions aux nôtres, sa vie à la nôtre.
La vie des humains est comparée à un souffle, à la fois puissant et fragile. Il est écrit que la vie de l’homme est comme une fleur qui s’épanouit et se fane. Notre vie porte en elle sa grandeur, sa beauté et en même temps sa finitude. La vie de *** a été belle et fragile, complexe et simple, généreuse et meurtrie … comme toutes nos existences.
Aujourd’hui, je vous invite à vous tenir dans la confiance et dans la reconnaissance pour *** dont la route s’est enfouie désormais dans la tendresse de Dieu. La mort de nos proches nous met brutalement face à nos questions, à nos doutes, à nos angoisses. Dans ces moments là, il est bon de se retrouver et de se confier nous aussi, comme nous le pouvons, dans cette tendresse que Dieu nous offre. Aujourd’hui, il nous dit « Je me tiens à la porte et je frappe … ». Il ne fait rien de plus … Il nous appartient d’ouvrir la porte.


première prière  - elle introduit une présentation du parcours de vie du défunt et les témoignages des membres de sa famille et des amis


Seigneur Dieu, / Nous voulons te dire notre peine, / même si nous n’avons pas trop l’habitude de te parler. / Nous voulons te parler de nous et de *** et de ce qu’il est pour nous. / Nous cherchons le visage de celui que nous avons perdu. / Il était des nôtres, et nous avons perdu cette part de nous-même. / Il nous souriait et son sourire nous manque. / Il aimait la vie, et sa vision de la vie nous manque./
Seigneur Dieu, / Nous te disons notre peine d’avoir perdu ***, un mari, un père, un grand-père, un ami. Entends nos cœurs, reçois nos prières, nos silences, nos questions. / Nous les déposons, simplement au creux de tes mains. Amen.


Seconde prière –


Notre Dieu, nous te disons merci pour les vivants qui ont traversé la terre depuis l’aube des temps jusqu’à maintenant et qui lui ont donné sa marque humaine. Merci pour les vivants, qui ont traversé la terre et dont les paroles de pardon, les gestes d’amour, les actes de courage, les chansons d’espoir et de joie sont parvenus jusqu’à nous et nous ont permis de tenir debout dans l’existence. Merci pour les vivants qui ont traversé la terre, éclairés par ta Parole et qui nous ont révélé la lumière de ton visage. Merci pour les vivants qui ont traversé notre vie en déposant la tendresse dans le déroulement de nos jours. Sans eux, notre existence serait restée une longue marche solitaire et vide.
Merci pour leur amour, leur présence et leur regard ; ils nous ont fait naître à, la vie de chaque jour. Merci pour l’espérance que tu enracines en nous, grâce à Jésus, le Vivant, ton Fils, passeur de toutes nuits et de toutes les morts.
Dieu, Père de tendresse et ami des hommes, en ce jour, nous faisons mémoire de *** dans la confiance que son nom est inscrit dans la paume de ta main, et qu’il ne s’en effacera jamais. Il a trouvé sa paix dans ta paix, et sa plénitude dans sa bienveillance.
Nous te confions nos vies, nous te confions particulièrement *** et *** et leurs familles.

 

Envoi –


Au bout de la route, il n’y a pas la route, mais le terme du pèlerinage.
Au bout de l’ascension, il n’y a pas l’ascension, mais le sommet.
Au bout de la nuit, il n’y a pas la nuit, mais l’aurore.
Au bout de l’hiver, il n’y a pas l’hiver, mais le printemps,
Au bout de la mort, il n’y a pas la mort, mais la vie.
Au bout du désespoir, il n’y a pas le désespoir, mais l’espérance.
Au bout de l’humanité, il n’y a pas l’homme, mais Dieu.


Bénédiction –

 

Que Dieu vous bénisse et vous garde. Qu’il nous bénisse et nous garde tous, présents et absents, visibles et invisibles, pour le temps et pour l’éternité. Amen

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 08:05

chapelle_saint_bernard_de_montparnasse_3.JPGIls nous ont quittés depuis peu

ou depuis longtemps. 

Larmes, tristesse,

vide de l'absence définitive,

amère découverte du « jamais plus »…
Restent gravés en nous des regards,

des sourires, des gestes, des paroles;

souvenirs lumineux

qui peuvent germer en nous,

comme des semences de vie.
Moments de bonheur partagé.

Ils nous ont donné vie, joie, tendresse.

 Moments de souffrance partagée

dans la maladie ou le désespoir.
Présents, mais impuissants,

parfois même silencieux,

nous leur avons donné, sans le savoir,

ce que nous n'avions pas.
Dans la souffrance eux aussi

nous ont donné, sans le savoir, de nous découvrir « autres ».
Echange mystérieux avec ceux qui nous ont quittés,

liens invisibles qui nous unissent à travers l'espace et le temps

par Claire Lavant *


* ce poème, écrit depuis plusieurs années, a été lu pour elle-même (Claire Lavant est décédée le 26 juillet 2011) à la cérémonie d’inhumation qui a eu lieu à la chapelle Saint-Bernard de Montparnasse le 2 août. Claire Lavant, catholique pratiquante et militante, a participé activement à la rédaction de la revue de la Fédération des réseaux du Parvis depuis le lancement de cette revue (lien). Information de Lucienne Gouguenheim, via le Groupe des correspondants de cette fédération par message du 2 août. 2011

 

Illustration : concert de musique donné à la Chapelle Saint-Bernard de Montparnasse (laquelle se trouve à l'intérieur de la gare SNCF Montparnasse, à Paris).

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 16:42

témoignage de Robert Nicole paru en article à la Une dans la Correspondance unitarienne, n°104, juin 2010. * Robert Nicole est membre du Fonds de soutien des Activités du pasteur Rittmeyer (FAR).

 

Très opposé aux superstitions dogmatiques en cours, et par respect et amour pour sa chère épouse Marcelle, Robert Nicole, homme de sciences, a désiré prononcé lui-même l’éloge funèbre en l’Eglise de La Sarraz (Suisse), le 11 avril 2010 (Eric Agier, Buchillon, Suisse).

 

Robert Nicole

 

Chers Enfants, Chers Parents, Chers Amis,

 

Tout a été dit ... ou presque. Pourquoi aucun représentant d’une religion, n’a-t-il présidé cette cérémonie ? Marcelle, n’accordant aucun crédit aux croyances comme l’Immaculée conception, le Sacrifice du Fils par le Père, la résurrection du corps, la Vie éternelle des élus, faire appel à un pasteur qui nous aurait parlé de cela aurait été à ses yeux pure hypocrisie. Elle ne croyait pas davantage au culpabilisant "Péché originel".

 

Nous pensons plutôt que, depuis quelques millions d’années, l’Humanité émerge peu à peu de son animalité. Les premiers hommes ont imaginé que les forces à l’œuvre dans l’univers, étaient le fait de dieux dont l’image a constamment évolué au fur et à mesure que les connaissances scientifiques se faisaient jour. Les multiples dieux antiques ont finalement fait place à un dieu unique, un dieu esprit.

 

Les théologiens du judaïsme, du christianisme et de l’islam vont chercher la parole du Dieu vivant dans des écrits qui datent de plusieurs siècles, textes rédigés par des hommes dont les connaissances étaient infiniment moins étendues que les nôtres. Question : depuis la rédaction de ces livres, pendant deux millénaires, Dieu ne nous a-t-il donc jamais parlé ? Par les grands philosophes et hommes de science, les yeux des hommes se sont pourtant ouverts sur l’univers et sur tout ce qu’il contient, y compris sur nous-mêmes.

 

Contrairement aux théologiens, Jésus, que nous considérons comme un des plus grands penseurs de l’Humanité, savait qu’il fallait chercher la vérité ailleurs que dans les Ecritures. Aux docteur de la Loi, il disait : " Vous sondez les Ecritures, mais moi je vous dis : " Regardez faire votre Père céleste … regardez les lys des champs … regardez les oiseaux du ciel " - " Il n’y a rien de caché qui ne puisse être découvert .." " Cherchez et vous trouverez ".

 

Son message essentiel était de faire comprendre à ses disciples ce qu’il entendait par la Royauté, le Royaume, le règne du Père. Plus de vingt paraboles et de nombreuses paroles en témoignent :

 

" Le royaume de Dieu est proche … " ; " Le Royaume est répandu sur la terre, mais les hommes ne le voient point … " ; " Entrez par la porte étroite … " ; " Nul s’il ne naît de nouveau ne peut entrer dans le Royaume … " ; " Si ceux qui vous guident vous disent : le Royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel y seront avant vous … mais le Royaume est au-dedans de vous et il est au dehors de vous … " ; " Quand vous vous connaîtrez, (…) alors vous saurez que vous êtes les fils du Père qui est vivant … ".

 

L’Etat actuel de la société humaine donne-t-il à penser que les Eglises et la majorité de ceux qui se disent chrétiens l’ont entendu ? Dans la prière "Notre Père", nos disons : " Que ta volonté soit faite ". Or, cette volonté s’exprime par les lois universelles dont celle qui veut que tout ce qui existe, de l’étoile la plus gigantesque au plus minuscule vermisseau, toutes les créations matérielles et toutes les créatures vivantes soient éphémères et finissent un jour par se désagréger, par mourir, leur essence retournant au grand Tout. A y bien réfléchir, c’est cette loi inéluctable qui assure la continuité de l’Evolution de tout le Cosmos et la poursuite de la vie éternelle dont nous ne sommes qu’un instant.

 

Marcelle avait apprivoisé sa mort. Elle nous a quitté sans crainte. Ses joies et ses souffrances sont finies. Poétiquement on pourrait dire : " Elle a fait retour dans le sein du Père ; loué soit-Il ! ". Pour nous, cependant, elle demeure et demeurera bien vivante, en esprit, tant que, sur cette terre, ceux et celles qui l’ont connue et aimée en garderont le lumineux souvenir. Comme elle l’a souhaité, la belle voix de Barbara Hendrix dans l’Ave Maria de Schubert mettre un terme à cette cérémonie

 

Puis, une cérémonie de dispersion des cendres, toute aussi émouvante, dans une forêt près de La Chaux, quelques semaines plus tard, le 5 juin 2010

 

Mes Chers Enfants. Nous sommes réunis ici pour accomplir le dernier acte matériel nécessaire suite au décès de notre chère Marcelle. Parce que nous ne soumettons à aucune religion instituée, c’est à nous de trouver les formules qui nous conviennent et qui je l’espère, nous réunissent tous.

 

Marcelle a souhaité que ses cendres reposent dans cette forêt qu’elle admirait et aimait ; ce sera fait selon sa volonté. Au cimetière d’Agiez, devant une tombe ouverte, notre ami le pasteur Coigny disait : " Tu es poudre et tu retourneras en poudre ; mais l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné." Le grand astrophysicien Hubert Reeves démontre lui que comme tout ce qui existe dans le cosmos, nous sommes faits de poussière d’étoiles ! Il rejoint saint François d’Assise qui interpellait "notre frère le Soleil et notre soeur la fleur". Dans l’Evangile de Thomas, à propos de l’esprit, Jésus disait : " Si notre chair, notre corps, existe à cause de l’esprit, c’est une merveille. Mais si l’esprit se manifeste à cause de notre chair, alors c’est une merveille de merveille. Mais moi, (c’est Jésus qui parle) je m’émerveille de ceci : que cette grande richesse se soit mise dans cette pauvreté.".

 

Nous allons donc rendre à la nature ce qui provenait de la nature, tout en sachant que l’esprit de notre chère disparue est ailleurs, en particulier dans la mémoire et l’esprit de tous ceux et celles qui l’ont aimée et s’en souviennent.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 16:18

P5180540.jpgCertaines mouvances religieuses, sans doute fort préoccupées à juste titre par leurs engagements dans l'actualité des vivants ou encore parce qu'elles pensent que les morts sont en félicité auprès de Dieu, ne célèbrent guère leurs morts : souvent tout juste une annonce, pas même une photo !

La tradition unitarienne n'est pas cela fort heureusement ! Question de culture et de sensibilité ! Les Eglises UU aux Etats-Unis et au Canada réservent un emplacement pour des plaques commémoratives (lien).
 

 

le mémorial des morts à la First unitarian church of Ottawa. Photo Jean-Claude Barbier, mais2008

 

De même, nos sites historiques présentent de très nombreuses biographies ; voir par exemple celui de la Société unitarienne-universaliste américaine (lien), et, en français, le site "unitariens" de Didier Le Roux qui nous rappelle les réformateurs humanistes du XVIème sècles et tout ceux qui participèrent de près ou de loin au courant anti-trinitaire

Et puis nous avons aussi célébré nos propres morts :

Michel Languillat (mort le 23 mai 2006) ; voir notre Cahiers Michel Servet n° 06, nov. 2006 "Auprès de Michel Languillat : la septième dimension, le témoignage d'Odile Donati".
Roger Sauter (mort le 19 juillet 2007) ; voir la rubrique à son nom dans La Besace des unitariens (lien)

Pierre Bailleux (mort le 29 janvier 2008) ; voir aussi la rubrique à son nom

Naguère, c'était Dieu qui s'occupait des morts ; et maintenant - si c'était nous-mêmes ? 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 05:14

Mon Dieu, Toi qui sais tout, Tu sais ce qu'est la mort pour nous et quelle est notre détresse quand nous perdons un être cher.


Voici tous ceux que j'ai connus et qui s'en sont allés ...... et en particulier ........

Veuille les accueillir, tous ceux-là que j'ai aimés et que j'aime toujours, et prends-les dans l'endroit le plus doux de Ton coeur miséricordieux afin qu'ils soient paisibles, consolés et réconfortés, et que je le sois moi-même.


Maintenant, ils ne sont plus là et leur présence physique me manque. Je voudrais parfois les voir sourire, les toucher, caresser leur visage aimé. Fais-le pour moi, Dieu de toute consolation, et donne-moi la force de croire que nous nous retrouverons, que la vie se poursuit.



C'est Toi qui nous a menés les uns vers les autres et nous demeurons liés par l'amour.

Si leur coeur les condamne, montre-leur, s'il te plait, que Ton coeur est plus grand encore.

Ces bien-aimés sont en Toi, et moi aussi, je suis en Toi, car c'est en Toi que nous avons la vie, le mouvement et l'être. Si je crois en la résurrection de Jésus, je peux affirmer que Tu as vaincu la mort. De toute manière, Tu en restes le maître, et moi je Te fais confiance.


Je Te donne mon chagrin, ma révolte, ma colère, tout ce que ma vie a d'incomplet, d'inachevé. Je T'abandonne tout ce que je ressens.


Veuille prendre un tendre soin de ceux que j'aime et que j'ai perdus, et de moi aussi, je voudrais que Tu prennes soin. Je crois que Tu le fais, je l'affirme.

MA FOI EST ENTRE TES MAINS ...


D’après le numéro de novembre 2009 (p. 30) de la revue mensuelle Unité universelle éditée par le centre de Paris (lien), transmis au groupe Unitariens francophones par Yohann, le 1er novembre.

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 12:06

Notre Eglise accompagne tous ceux qui sont dans la peine et le deuil et qui nous le disent.


Pour tous ceux qui ont un "travail" de deuil à faire, Régis Pluchet, dans le numéro de novembre 2009 d’Alternative santé (pp. 16-17), attire notre attention sur les travaux du psychiatre Christophe Fauré, spécialisé dans l’accompagnement des personnes en fin de vie et de leurs proches. Celui-ci distingue 4 étapes du deuil :

1 - Le choc, la sidération – phase qui peut être accompagnée d’une sorte de déni avec anesthésie des émotions ;

2 - une fuite en avant, parfois dans une activité débordante et dans l’impression que l’on va retrouver le défunt à tout moment ;

3 - au bout de 6 à 10 mois, une déstructuration où l’on prend pleinement conscience que la personne décédée ne reviendra jamais plus. La douleur peut devenir beaucoup plus forte et être même accompagnée de colère, de révolte ou de culpabilité, ou se transformer en vécu dépressif.

4 - enfin, la restructuration qui est un nouvel équilibre.


L’accompagnement (qui implique la reconnaissance de l’endeuillé) par les proches, par l’entourage, par les communautés religieuses ou des associations, ou si nécessaire par des "psy" est important. Egalement les modes d’expression personnelle (écriture, peinture, silence, petits rituels).


Voir le site du Dr Christophe Fauré "traverserledeuil.com" et ses livres : Vivre le deuil au jour le jour (éd. Albin Michel), Après le suicide d’un proche, vivre le deuil et se reconstruire (éd. Albin Michel). Lire aussi le livre posthume de la grande pionnière de l’accompagnement des mourants que fut le Dr Elisabeth Kübler-Ross : Sur le chagrin et sur le deuil (en collaboration avec David Kessler ; aux éditions J.-C. Lattès).


Ce mois d’octobre, plusieurs membres de notre communauté unitarienne francophone ont vécu le deuil : plusieurs décès au sein des populations pygmées de République démocratique du Congo qui sont membres de l’Eglise unitarienne "Lisanga ya Bandimi Na Nzambe" (lien) ; au Québec, le décès de la mère de Danièle C. ; en France, ceux de la tante de Michel L. et des grands-mères maternelles de Séverine G. (lien) et de Fabien M., et puis tous ceux dont nous n’avons pas eu connaissance.

 

Face à la mort, les unitariens respectent les croyances personnelles et intimes : y a-t-il une vie après la mort ? une survie de l’âme ? une résurrection ? une réincarnation ? un espace des ancêtres ? du divin ? un Royaume de Dieu ? Conformément à leur tradition, les unitariens n’entendent imposer aucune certitude. D’une façon minimaliste certains peuvent dire qu’un défunt survit en tout cas dans le cœur de ses proches, de ceux qui l’ont connu, apprécié ou aimé, qu’il survit par ses œuvres, par le souvenir qu’il laisse derrière lui comme un sillage, par le chérissement dont il fait l’objet, par le fleurissement de sa tombe ou autres rituels de souvenir.


Voici le poème de Michel L. qui vient de perdre une tante dont il s’occupait avec attention puisqu’il en avait la curatelle et qui lui était chère. Son poème, écrit le jour de la Toussaint, pourrait s’intitulé de l’ascension de l’âme à la communion des saints, ce qu’illustre cette très belle illustration que nous a envoyée Yohann.


En souvenir de nos cher(e)s disparu(e)s et pour consoler notre cœur


Nos défunts nous manquent,

c'est la douleur de l'absence,

cruelle, parfois brûlante,

mais nous le savons,

ce n'est pas celle de l'anéantissement,

car, en vérité,

les défunts sont, à tout jamais,

plus vivants que nous,

et nous les reverrons quand l'heure

du départ aura sonné pour nous,

quand le Dieu qui nous aime

nous ouvrira ses bras.

Oui, il en est ainsi,

c'est cela que nous disent

l'immensité des cieux,

l'ordonnance de l'univers,

la sainteté des élus,

la bonté ineffable, presque inhumaine

de nombreux humains

et le sourire apaisé

du masque mortuaire

de tant d'aimés,

pour qui nous prions

et qui prient pour nous

dans la Communion des saints,

Amen !


par Michel Luciani. L’auteur aborde aussi ce thème de la communion des vivants et des morts sur l'un de ses sites "Le fils du prophète" (lien)

 

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Published by Eglise unitarienne francophone - dans le travail de deuil
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  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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