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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 19:42

michel_bavaud_evangile_de_l-athee.jpgL’Evangile de l’athée par Michel Bavaud aux éditions de L’Aire (Vevey, Suisse ; diffusé par Servidis à Genève et par Pollen distribution à Paris), septembre 2013.


Ancien professeur de littérature à l'Ecole normale de Fribourg, pédagogue de renom ayant écrit des livres de grammaire, Michel Bavaud a vécu dans l’entourage immédiat de la Hiérarchie catholique. Il a fait partie des chrétiens qui ont beaucoup misé sur Vatican II et qui ont été déçu par la suite que les papes ont donné à cette entreprise de rénovation. « Paul VI m’a scandalisé par son incompréhensif et incompréhensible Humanae Vitae » ; « Jean Paul II discourait sans rien dire et paradait comme une starlette » ; « Benoît XVI serait un excellent gardien de musée » !


A la retraite, à l’âge de 80 ans (l’auteur est né en 1932), il remet en question la foi chrétienne telle qu’il l’a reçue en héritage et vécue. Il affirme désormais son athéisme ; il le fait carrément mais sans agressivité, manifestement plus proche d’André Comte-Sponville que de Michel Onfray. Pour lui, cela semble être une remise des pendules à l’heure, posément et raisonnablement. Effectivement les corpus religieux, avec leurs cortèges de prétentions, ne tiennent pas devant un tel examen. La Bible réunit des livres écrit par des écrivains … et non par Dieu, sinon, avec le Déluge, Dieu serait le plus grand génocidaire qui ait existé ! Il aime aller encore à la messe car il en aime les chants et la cérémonie, mais il n’en écoute plus les sermons et ce n’est plus pour prier Dieu car cela lui semble vain ; s’il faut agir, il faut le faire soi même, directement. Il s’agit là bien entendu du rejet de Dieu tel qu’il est présenté par une religion particulière, et cela est loin de résoudre la question de l’existence ou non de Dieu ; de même l’auteur conserve tout son intérêt pour la personne de Jésus … rendu désormais à l’histoire.


« Je n’ai pas eu à chercher Dieu. On me l’a donné. Je l’ai sucé avec le lait de ma mère, je l’ai retrouvé dans l’éducation de mon père, de mes instituteurs, de mes professeurs, dans le compagnonnage de mes camarades, je l’ai mieux connu grâce au curé de mon catéchisme, aux profs d’instruction religieuse, aux sermons du dimanche, à la lecture de la Bible, aux explications des théologiens, à la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine. Je l’ai prié tous les jours jusque tard dans ma vie avec confiance et reconnaissance. Bien sûr, il y avait parfois un temps incertain, quelques nuages menaçants, mais pas d’orages trop violents, pas de gel dévastateur. Les questions embarrassantes restaient en suspens dans la vaporeuse brume des illusions ou dans l’éblouissante constellation des Mystères… ». (Michel Bavaud à son éditeur, lien).


On n’est pas loin de la démarche cartésienne : revisiter les croyances dont on a héritées, exercer son esprit critique, ne pas accepter n’importe quoi, découvrir enfin la liberté de penser … Pour les unitariens, du fait de leur tradition, cette démarche est tout à fait habituelle (1) ; elle est plus difficile pour d’autres qui ont vécu avec ferveur dans des milieux confessionnels moins habitués à une réflexion plus universelle. A ce jeu, certains disent "perdre la foi" ; pour d'autres cela les conduira à une rédécouverte de leur héritage culturel sous un jour nouveau et moderne. A chacun son propre itinéraire ... 

(1) voir par exemple notre article "De quelles croyances parlons-nous ?" (Correspondance unitarienne n° 118, août 2012, lien).


Après un premier livre vendu à plus de 5000 exemplaires, Dieu, ce beau mirage (Ed. de L’aire, 2011), l’auteur propose maintenant un « évangile » : « Ecrit sous une forme de dialogues avec ses lecteurs et de digressions spirituelles, cet évangile de l’athée constitue un post-scriptum passionnant à son testament moral » (présentation de l’éditeur).
Table des matières
1.- Introduction. 2.- Verbatim. 3.- Les mots. 4.- Révélation ? 5.- Héritage judéo-chrétien. 6.- Sacrements (Baptême, Confirmation, Eucharistie – la Sainte Cène, Réconciliation autrefois Confession, Ordination, Mariage, Extrême-Onction). 7.- Fêtes (Noël fête solaire, Pâques fête lunaire, Toussaint). 8.- Autorité. 9.- Evolution. 10.- Loi naturelle. 11.- Mort. 12.- Varia (a) Usage des bâtiments religieux ; b) Vers un divorce à la fribourgeoise ? c) Lieu de culte ou lieu de culture ? ; d) A propos du conflit israélo-palestinien ; e) « La Messe de l’athée ». 13.- Annexe : Proposition d’un calendrier universel.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 18:12

louis_evely_dessin.jpgLa vraie religion ne peut-être qu’universelle. Mais universelle pas seulement en ce sens qu’elle s’adresse à tous et désire recruter partout des fidèles (la moindre secte a cet appétit-là !), mais parce qu’elle professe le respect du caractère sacré de tout homme et parce qu’elle ne veut pas lui imposer du dehors des croyances et des comportements, mais l’aider à découvrir en lui-même le Dieu qui l’habite et le chemin qu’il doit suivre.


Car le vrai Dieu est un Dieu qui s’adresse depuis toujours à tous les hommes et qui se communique à chacun pour autant qu’il s’ouvre à Lui. La « révélation » n’est jamais que la prise de conscience de ce qu’on portait en soi sans bien le savoir. Il y a une Révélation fondamentale et permanente : c’est la communication de Dieu à chaque homme – et les autres révélations ne sont que des interprétations, des expressions plus ou moins fidèles de cette expérience offerte à tous.


C’est pourquoi tous peuvent s’y reconnaître et progresser. La vérité est en chacun ; il y faut des « accoucheurs » qui nous donnent le libre usage de ce que possédions avant leur aide. La conversion est la rencontre d’une parole de vérité avec une vie dont on vivait déjà obscurément.


Dieu ne parle pas, Dieu n’a jamais parlé ; dès qu’il y a parole, soyez sûr que c’est l’homme qui parle. Mais Dieu se donne, et cette formidable proposition, cette sollicitation muette creuse en l’homme une nostalgie, fait jaillir un appel, une interrogation, une souffrance et un bonheur qui s’expriment dans les livres soi-disant révélés. Il n’y a pas de livres révélés, il n’y a que des livres révélants qui expriment tant mal que bien l’expérience de ceux qui les ont écrits et dévoilent l’expérience de ceux qui les lisent du dedans. Laissons tomber toutes ces fictions d’élection d’un peuple d’élus, d’interventions successives de Dieu pour nous dire ou nous donner autre chose que ce qu’il nous a confié à tous dès l’origine !


Le respect du caractère sacré de tout être humain est ainsi la marque de la vraie religion car il manifeste sa foi au seul vrai Dieu : Celui qui s’offre à tous depuis toujours.

 

texte de Louis Evely transmis à la Correspondance unitarienne par Emile Mihière.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 13:45

louis_evely_portrait.jpegNé en 1910 à Bruxelles, Louis Évely sent très tôt en lui "une présence qui le dépasse" et l'amène à la prêtrise. Promis par ses brillantes études à une carrière universitaire de haut niveau, son franc parler le relègue dans un lointain collège dont il deviendra directeur. Son sens pédagogique, son talent oratoire et sa profonde spiritualité font de lui un conférencier et un écrivain à succès.
« Dieu est celui qui sert. Ce n'est pas toi qui vas t'occuper de Dieu, c'est Lui qui s'occupe de toi. Il te sert, te lave les pieds. Et toi, tu Le laisses te nourrir, tu Le laisses se déployer en toi. Ainsi tu Le rends présent aux autres ». Tel est son message, qui colle de si près à l'Evangile qu'il semble révolutionnaire.
Il redevient laïc en 1968, puis se marie quelques années plus tard, et fonde avec sa femme Mary un centre pour des séminaires de formation spirituelle, L'Aube, lieu d'accueil et d'échange situé dans la Drôme. Après sa mort en 1985, son œuvre considérable continue à être inlassablement défrichée et propagée par Mary Évely et l'association Transmission.


Bibliographie :

 Lu sur son site (lien) : Louis Évely a publié une trentaine de livres, de son vivant ou à titre posthume – et il a laissé après sa mort un grand nombre d’inédits. Certains de ses ouvrages ont été de véritables succès de librairie : dans sa première édition, "C’est toi cet homme" a été imprimé à 400 000 exemplaires et traduit en vingt-cinq langues ! D’autres titres, en revanche, ont connu un tirage presque "confidentiel", notamment lorsque la hiérarchie catholique avait interdit à Louis Évely toute publication. Ses textes, polycopiés, circulaient alors sous le manteau entre ses nombreux amis. Nous conseillons au lecteur qui ne connaît pas Louis Évely de commencer sa découverte par "C’est toi cet homme" (réédité par Desclée de Brouwer) qui, cinquante ans après sa parution, paraît toujours aussi percutant. On peut continuer par "La Prière d’un homme moderne" que Louis considérait comme la synthèse la plus pertinente de sa pensée.

Cette bibliographie a été établie à partir du site consacré à l’auteur (nous en avons reproduit les commentaires), mentionné ci-dessus. Le site indique les titres qui ne sont plus disponibles. Des livres d’occasion peuvent être trouvés sur les sites de Price Minister (lien), et Amazon.fr (lien).

louis_evely_c_est_toi_cet_homme.jpg1956 - L’Eglise et les sacrements, La Pensée catholique (Bruxelles). Une catéchèse pour adultes, qui témoigne de la foi évangélique de l'auteur.
1956 - Notre Père, Editions Fleurus (Paris), rééd. en 1997 : Desclée de Brouwer (Paris), Peuple libre (Valence). Retranscription d’une retraite prêchée devant les Fraternités séculières Charles de Foucauld. Commentaire vibrant de chaque verset de la prière que Jésus enseigna à ses disciples.
1956 - Vivre en fraternité, auto-édité avec Presto-Print (Bruxelles) (même référence pour plusieurs livres auto-édités suivants). Causeries aux Fraternités séculières Charles de Foucauld. Un programme de vie pour celles et ceux qui s’efforcent de vivre de l’Evangile.
1957 - C’est Toi, cet Homme, rencontres avec le Christ, Editions universitaires (Bruxelles), rééd. en 1963, puis en 1973, avec une préface de Yves Congar, Desclée de Brouwer (Paris), Peuple libre (Valence). Le "best seller" de Louis Évely (400 000 exemplaire, traduit en 25 langues…) : "Un souffle d’évangile traverse ces pages. Chacun se sent personnellement interpellé en lisant ce livre." (Yves Congar)
1957Souffrance, auto-édité. Causeries à la Fraternité catholique des malades. Une méditation nourrie d’Évangile et qui ne se paye pas de mots consolants.
1960 - Dieu et le prochain, éd. Diffédit, réédité en 1967
1962 - Une religion pour notre temps, auto-édité. Causeries aux membres du mouvement d’aide au Tiers monde "Ad Lucem". Relecture enthousiasmante des thèmes classiques du christianisme : l’Eglise, l’Espérance, l’esprit de pauvreté ...
1963 - Fraternité et Evangile, auto-édité, prédication aux journées spirituelles de la Fraternité catholique des malades. Esquisse d’une spiritualité pour une vie réellement évangélique.
1964 - Spiritualité des laïcs, auto-édité, causeries aux Fraternités séculières Charles de Foucauld. Dans le prolongement de "Fraternité et Evangile" : comment vivre de l’Evangile au sein d’une vie de travail, de famille, dans la société ?
1966 - Amour et mariage, auto-édité. Retraite prêchée à des groupes de fiancés – le texte est repris et amplifié dans "Réinventer le mariage" (1995).
1967 - Apprenez-nous à prier, auto-édité, rééd. en 1997 : Desclée de Brouwer (Paris), Peuple libre (Valence). A la découverte émerveillée de ce Dieu qui prie en nous, bien plus que nous ne le prions.
1967Credo, auto-édité. Causeries aux Fraternités séculières Charles de Foucauld. Comment "habiter" personnellement chacune des affirmations de la foi chrétienne ?
1967 - Des pauvres, auto-édité. Causeries pour le Secours catholique et les visiteurs de malades. Méditations autour de quelque figures ou thèmes évangéliques (Jean-Baptiste, Lazare, "Heureux les pauvres") propres à nous apprendre l’écoute de ceux qui souffrent.
1967 - Eduquer en s’éduquant, auto-édité. Recueil d’articles et de causeries sur l’éducation, à partir de son expérience de directeur de collège, sur les thèmes les plus variés (les lectures, la prière, l’éducation dans la confiance, les vacances des jeunes ...)
1967 - Homélies sur la Parole de Dieu, auto-édité. Retranscription de prédications sur chaque dimanche ou fête, selon le calendrier liturgique d’avant le Concile.
1967Liberté, auto-édité. Une leçon de philosophie, nourrie des "meilleurs auteurs" (Mounier, Blondel), pour étayer l’affirmation finale : "la vraie religion est essentiellement libératrice."
1968 - Dieu et le prochain, auto-édité. Très brèves études sur différents thèmes chrétiens chers à l’auteur : la générosité et l’humilité de Dieu, la résurrection ...
1968 - En écoutant l’Evangile, Editions Fleurus (Paris). Tout comme "L'Evangile nous parle", ce livre rassemble des commentaires de passages d’Evangile particulièrement marquants.
1968 - L’Evangile nous parle, Editions Fleurus (Paris). Tout comme "En écoutant l'Evangile", ce livre rassemble des commentaires de passages d’Evangile particulièrement marquants.
1968 - Le chemin de joie, auto-édité. Causeries aux Fraternités séculières Charles de Foucauld. Parallèlement au "chemin de croix", qui évoque les étapes de la Passion du Christ, méditation sur les apparitions du Ressuscité à ses disciples : une lecture tonique et enthousiaste, au sens propre du mot !
1969 - La prière d’un homme moderne, Editions du Seuil (Paris), rééd. en 2002 : Desclée de Brouwer (Paris), Peuple libre (Valence). Louis Evely considérait cet ouvrage (rédigé dans les mois qui ont suivi son retour à l’état laïc) comme la synthèse de sa vision personnelle du christianisme. Avec "C’est toi cet homme", c’est sans doute la meilleure porte d’entrée dans sa pensée.
1970 - L’Evangile sans mythes, Editions universitaires (Paris). Le seul titre a fait scandale dans les milieux catholiques traditionnels ! Comme le bibliste protestant Bultmann, Evely estime que les "signes et prodiges" relatés dans les évangiles doivent être décodés en fonction de la mentalité de l’époque, pour faire apparaître le message qu’ils nous adressent.
1971 - Si l’Eglise ne meurt, Editions universitaires (Paris). Méditation désenchantée sur la décevante Eglise catholique qui, au lendemain du Concile, retombe dans ses erreurs de toujours.
1973 - Méditations d’Evangile, Editions universitaires (Paris). Méditation des textes évangéliques (Matthieu, Marc, Luc) proposée pour chaque dimanche par le rituel d’après le Concile. Prix du livre catholique
1976 - Echec et espoir d’un christianisme, auto-édité. Dans le prolongement de "Si l’Église ne meurt" : y a-t-il un espoir pour le christianisme du XXe et XXIe siècles ?
1978 - Questions de vie et de mort, auto-édité. Méditation sur la mort, en regard des "rationalisations contemporaines du mystère" et du "sens chrétien de la mort". L. Evely aborde également ici, en toute liberté de ton, la question du suicide et de l’euthanasie.
1982 - Oser parler, désir et peur de communiquer, Editions du Centurion (Paris), réédité en 1990. Notre époque, si fière de tous les "moyens de communication" qu’elle a inventés, permet-elle vraiment à chacun de mieux communiquer avec soi-même, en couple, en famille, dans la société, avec Dieu ?

publications posthumes
1987 - Chaque jour est une aube, Edition du Centurion (Paris). Le premier des ouvrages posthumes de Louis Evely. Il regroupe des textes inédits autour de grands thèmes : amour et liberté, le Dieu de l’Evangile ... et s’achève sur douze prières émouvantes, notamment : "Seigneur, j’essaye mes mots sur ton silence ..."
1988 - Chaque jour est une aube, Bayard Culture / Le Centurion
1989 - Prier c’est devenir, Editions du Centurion (Paris), réédité au Cerf en 1993. Une fois de plus, Louis Evely nous accompagne sur les chemins de la prière et nous donne un témoignage tonique de sa propre expérience en la matière.
1990 - Les chemins de ma foi, Bayard, Editions du Centurion (Paris). Ce livre posthume regroupe des textes brefs sur les thèmes qui sont chers à L. Evely. Il s’ouvre par une autobiographie spirituelle de l’auteur par Mary Evely.
1991 - Eterniser sa vie, Editions du Centurion (Paris), préface de Mary Evely. rééd. : Desclée de Brouwer (Paris), Peuple libre (Valence). Textes écrits par Louis dans les dernières années de sa vie et demeurés inédits sur le sens de la vie et le mystère de la mort. Le livre s’achève par le récit de la mort de Louis par Mary, sous le titre : "Une expérience d’éternité".
1995 - Ré-inventer le mariage, avec Mary Evely, Desclée De Brouwer ; réédité en 1997 chez Desclée de Brouwer (Paris), Peuple libre (Valence) et complété de nombreux inédits de "Amour et mariage", avec des illustrations de Mary Evely.
2005 - Et si tout avait un sens ? Editions Monte-Cristo (Annecy). Ce livre rassemble des écrits de Louis Évely, la plupart inédits, sur des thèmes variés ayant trait aux grands sujets de l’existence ; avec des illustrations de Mary Evely
2007 - Une lecture libre et audacieuse de l’Evangile de Jean, auto-édité, commentaire suivi du Quatrième évangile, un texte inédit de Louis Évely, établi et annoté par Michel Barlow.

 

Livres sur l’auteur
***    - Revue Echanges, n° 48-49, « Louis Evely, 1910-1985 », collectif
1980 - Louis Evely, once a priest, par Neville Cryer, Mowbray (London, Oxford)
La première biographie (non traduite) de Louis Evely, rédigée par un révérend anglican. Le titre fait jeu de mots : littéralement "Louis Evely qui fut prêtre", mais un anglophone entend en écho un proverbe anglais selon lequel on demeure toujours ce que l’on a été une fois !
1995 - Qui est cet homme ? Louis Evely dix ans après, Collectif, auto-édité. Recueil de témoignages par des amis et des proches de Louis Evely, à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition.
2002 - Une grande faim d’absolu, - Louis Evely 1910-1985, par Michel Barlow, préface de Pierre Talec, Desclée de Brouwer (Paris), Peuple libre (Valence). Une biographie assez complète, rédigée avec l’aide de Mary Evely. Le récit de la vie d’un homme comme Louis Évely est peut-être la meilleure introduction à sa pensée.
2005 - Louis Evely : Rechristianiser le christianisme, par Michel Barlow, autoédité. Présentation systématique de la pensée religieuse de Louis Évely sur chacun des grands thèmes de la réflexion chrétienne : la foi, Dieu, le Christ, l’Eglise, la vie morale, la vie spirituelle ...
2005 - Dans l’amitié de Dieu, une invite à la prière avec Louis Évely, par Michel Barlow, Editions Ouverture (Lausanne), préface d’Alain Burnand. Louis Évely est un "maître à prier" comme d’autres sont des "maîtres à penser".
2005 - Louis Evely 20 après ... Un ‘éveilleur’ toujours vivant ! Collectif, autoédité. Actes de la rencontre du 2 au 5 juin 2005, à l'occasion du 20ème anniversaire de sa disparition exposés, reprise de textes de Louis Evely, débats.
2010 - Etincelles de vie, par Michel Barlow, thebookedition. Etincelles de vie rassemble les citations de Louis Evely sur lesquelles s'appuie l'analyse théologique. Cette anthologie balaie ainsi toutes les questions abordées par Louis : Qu'est-ce que la foi ? Qui est Jésus le Christ ? Que sait-on de l'Esprit saint ? Qu'est-ce que l'Eglise ? Qui est mon prochain ? Qu'est-ce que prier ?
2010 - L’itinéraire d’un croyant fidèle et libéré, par Mary Evely. Mary Evely a patiemment recueilli les passages les plus significatifs du journal intime de Louis Evely, commencé à l'âge de 18 ans, et poursuivi jusqu'à sa mort, en 1985. Une plongée sincère dans l'univers d'un homme exceptionnel, en quête perpétuelle de vérité, et qui se termine par ces mots sidérants : "Je suis né mort, je veux mourir vivant ! "
2011 - Louis Évely : une spiritualité pour notre temps, par Michel Barlow, association Transmission. Compte-rendu intégral des rencontres de Piégros la Clastre pour commémorer le centenaire de la naissance de Louis Evely (17 au 20 mars 2011) ; 192 pages illustrées. Proposer une nouvelle interprétation de l'écriture et du dogme est la condition indispensable pour rendre la foi à nos contemporains. Il faut inventer de nouvelles expressions qui dispensent à ceux-ci les mêmes richesses de sens que nos prédécesseurs trouvaient dans les formules traditionnelles, et que nous n'y trouvons plus.
L'Eglise est-elle conservatrice de dépôt, gardienne de tradition, ou est-elle le prophète capable d'éclairer les problèmes du présent : où est le Christ maintenant, en qui souffre-t-il, parle-t-il, meurt-il et ressuscite-t-il actuellement ? ré-écrire l'Evangile, le dire comme le Christ le dirait aujourd'hui. Très différemment d'il y a deux mille ans et cependant au fond la même chose, avec la même force de frappe et de scandale. Le dire comme nos contemporains ont besoin de l'entendre, comme une bonne Nouvelle, comme une révélation pour ceux qui l'écoutent, comme un message de libération "qui soit une joie pour tout le peuple."

 

Les Amis de Louis Evely se réunissent au sein de l’association Transmission. Plus largement, le centre de L'Aube, d’inspiration chrétienne, accueille des groupes en recherche spirituelle dont l’objectif commun est l’éveil de la personne humaine et se veut ouvert à tous. C’est un lieu d’échange et de ressourcement mis à la disposition de personnes et de groupes désireux de vivre dans le respect de la diversité de tous les courants humanistes. Il est situé au pied du parc naturel du Vercors et au cœur du Val de Drôme dans un cadre naturel, l’Aube accueille de nombreuses activités  à des valeurs spirituelles.
Association Accueil & Échanges, les Combeaux, 26400 Piegros-La Clastre, permanence téléphonique du lundi au vendredi de 12h30 à 14h, tél : 04.75.40.03.24, lien.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 07:37

Martin BUBER, Le chemin de l’homme, éd. du Rocher, 2005, 60 p., p.17-24.


Philippe De Briey ( sa lettre "A l'écoute de notre vie intérieure", envoyée le 14 mai 2012) nous invite à lire ce livre : le grand philosophe juif Martin Buber a consacré la plus grande partie de sa vie à recueillir et à traduire les récits et légendes du courant mystique hassidique. Voici un exemple de cette sagesse qui va à contre-courant de certains religieux partisans du conformisme qui veut mettre tout le monde dans un moule et détruit ainsi la créativité de chaque personne. Il nous en propose les extraits suivants.


martin_buber.gifRabbi Baer de Radoshitz suppliait son Maître, le « Voyant » de Lublin : « Indiquez-moi un chemin universel du service de Dieu ! ». Celui-ci répondit : « Il n’est pas possible de dire à l’homme quel chemin il doit suivre… Il incombe à chacun de bien savoir vers quelle voie le pousse son cœur, et d’embrasser alors celle-ci en y mettant toutes ses forces ».


Ce qui a été fait de grand et de saint dans le passé, nous devons le vénérer et en tirer leçon, mais nous ne devons pas l’imiter. Cela a pour nous valeur d’exemple, mais ce n’est pas un modèle que nous aurions à copier…


Avec chaque homme vient au monde quelque chose de nouveau qui n’a pas encore existé, quelque chose d’initial et d’unique. Il est du devoir de chacun de prendre en considération qu’il est unique en son genre et qu’aucun homme pareil à lui n’a jamais existé dans le monde… Chaque individu est une chose nouvelle et il est appelé à accomplir sa vertu propre dans ce monde. C’est avant tout cette qualité unique et exceptionnelle que chacun est appelé à développer et à mettre en œuvre, plutôt que de faire encore une fois ce qu’un autre a déjà réalisé. Rabbi Zousia disait peu avant sa mort : « Dans le monde qui vient, la question qui me sera posée, ce ne sera pas : « Pourquoi n’as-tu pas été Moïse ? », non, ce sera : « Pourquoi n’as-tu pas été Souzia ? »….


Tous les hommes ont accès à Dieu, mais chacun a un accès différent. C’est précisément la diversité des humains, de leurs qualités et de leurs tendances qui constitue le grand atout du genre humain. L’universalité de Dieu réside dans l’infinité des voies qui conduisent à Lui. « Quel Dieu serait-il, Celui qu’on ne pourrait servir que d’une seule et unique façon ! »…


Parole du Baal-Shem (titre conféré au fondateur du hassidisme, Rabbi Israël ben Eliezer (1700-1760) : « Que chacun agisse conformément au degré qui est le sien »… Ainsi, le chemin par lequel un homme accédera à Dieu ne peut lui être indiqué par rien d’autre que par la connaissance de son être propre, de sa qualité, de sa tendance essentielle. « Dans chaque être, il est un trésor qui ne se trouve en aucun autre ». Mais ce qui est trésor en lui, il ne pourra le découvrir que s’il saisit véritablement son sentiment le plus profond… Ce qui importe, c’est qu’il dirige la force de ce sentiment même, de l’occasionnel vers le nécessaire et du relatif vers l’absolu. De cette manière il trouvera son chemin.

 

Ajout : Cette page a été traduite en italien par Giacomo Tessaro et mise en ligne, le 17 mai 2012, sur le site de la Congregazione italiana cristiano unitariana (CICU), lien.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 19:48

Jacques Musset a été successivement aumônier de lycée, animateur de groupes bibliques et formateur à l'accompagnement des malades en milieu hospitalier. Ancien prêtre, marié, il a écrit plusieurs livres sur son itinéraire spirituelle. Il anime des sessions de l'Association culturelle des amis de Marcel Légaut. Nos sites unitariens ont eu l’occasion de recommander plusieurs de ses récents ouvrages dès leur sortie.


Bibliographie


jacques_musset_modernite.jpgLe Livre De La Bible Tome 2 - Le Nouveau Testament, Gallimard, février 1987, collection « Découverte Cadet ».
L’Enfant d’où je viens, Siloë, juillet 2005, 244 p.

Ma traversée des séminaires (1947-1962), Siloë, juillet 2004, 275 p.
Une vie en chemin, Siloë, 2007, coll. « Vécu ».

Présentation d’un poème « Le chemin de Dieu passe par l’homme » dans la bibliothèque de l’Eglise unitarienne francophone le 7 juin 2008 ( lien).
Les chemins de la naissance à soi-même : un itinéraire spirituel, Karthala, juillet 2007, 182 p., collection " chrétiens en liberté "),

extrait publié dans la bibliothèque de l’Eglise unitarienne francophone, « L’humain chez un être, que devient-il à la mort ? » le 1er novembre 2008 (lien).
Sentiers d’humanité, collectif, recueil de 40 poèmes recueillis par la communauté de base « La Traversière » (Loire-Atlantique), éditions de la Coopérative régionale de l’enseignement religieux (CERC), présenté dans les Actualités unitariennes du 6 mai 2008 (lien).
Le potager, école d'humanité, Presses Goubault, 2008, 75 p.
« La vie est un mystère », poème paru dans Quelques Nouvelles (bulletin mensuel de la mouvance Marcel Légaut), n° 214, septembre 2008, reproduit dans la bibliothèque de l’Eglise unitarienne francophone le 19 août 2008 (lien).
Le livre de la Bible : les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, Gallimard-Jeunesse, avril 2009, 505 p. , collection « hors série documentaire »
S’approprier l’évangile selon Saint Matthieu ; Comprendre le texte, Risquer sa propre parole, à commander chez l’auteur, présenté dans les Actualités unitariennes du 11 octobre 2009 (lien).
Le trésor caché ; quand la maladie ramène à l'essentiel, Siloë, octobre 2010, 184 p. , préface de Charles Juliet
Être chrétien dans la modernité, Un christianisme pour le 21ème siècle, Réinterpréter l'héritage pour qu'il soit crédible, Golias, février 2012, 200 p., présenté dans les Actualités unitariennes du 19 janvier 2012 (lien).

Les mots-compagnons de mes chemins, à paraître fin 2012-début 2013

 

pour contact avec l'auteur, courriel

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 19:45

Pour libérer l'Evangile de Paul Tihon, octobre 2009, 130 pages, éd. du Cerf, collection Théologies, 17 € -

paul tihon
 Lu dans le bulletin de la mouvance des Amis de Marcel Légaut du mois de mars 2012, "Quelques nouvelles" n° 253, cette note de Jacques Musset :


Ce livre d'un théologien belge, disciple de J. Moingt, est une réflexion qui me paraît très en connivence avec celle de Marcel Légaut sur la crise de l'Eglise et du christianisme dans le monde actuel. L'auteur ne se contente pas de l'analyser : il propose des pistes de rénovation et invite les chrétiens personnellement et communautairement à les promouvoir. Voici la présentation qu'en fait l'éditeur :

 

Pour des catholiques contemporains qui ont découvert ce qu'est vraiment l'Evangile, l'image publique de leur Eglise est à cent lieux de ce qu'ils vivent. En même temps, le christianisme, religion de l'Occident qui a en partie colonisé la planète, se trouve aujourd'hui en concurrence avec les autres grandes religions universalistes, et quasiment stoppé dans son expansion, y compris dans sa branche la plus nombreuse, le catholicisme romain.


D'où la question : l'Evangile n'est-il pas prisonnier de son passé de chrétienté ? Est-il pensable de le débarrasser des formes stéréotypées prises par son langage officiel et par les institutions dont il s'est doté au cours des siècles ? Ou au moins de faire voir que, même dans des cadres strictement contrôlés, de larges marges de liberté existent pour la recherche, la créativité, l'invention de nouvelles formes d'expression et de pratiques ? Peut-on parler de Jésus de Nazareth d'une manière autre que les conciles des IVème et Vème siècles ? Peut-on multiplier les pratiques démocratiques dans l'Eglise ? Peut-on cesser d'être culturellement décalé ?


L'enjeu, c'est la possibilité pour la « joyeuse nouvelle » qu'est l'Evangile de rejoindre vraiment « toutes les nations » auxquelles il est en principe destiné. A la limite, est-il pensable aujourd'hui d'être non seulement un juif chrétien ( ce qui n'a rien de neuf), mais également un hindou chrétien, un musulman chrétien, voire même un agnostique chrétien ? Et ce message est-il, aujourd'hui encore, capable de transformer la vie des individus, et aussi d'influencer la marche des sociétés ? Peut-on libérer l'Evangile ?

 

En juin 2000, Paul Tihon avait publié déjà au Cerf (dans la même collection) « Changer la papauté ? », 176 p., qui était les actes d’un colloque sous l’égide de l’Association européenne de théologie catholique.

 

Ndlr - Jusqu'à présent, seule la tradition chrétienne unitarienne a été capable de s'ouvrir à toutes les sagesses du monde entier. Elle l'a faite à l'instigation de l'unitarisme américain, à partir de la fin du XIXème siècle, dont les congrégations locales ont commencé à accepter les agnostiques et les humanistes non-théistes, puis d'autres croyants pour, finalement, pratiquer l'interfaith. Sur cette tradition voir notre dossier sur l'unitarisme-universalisme dans "nos récapitulatifs" sur le site Unitariens français (lien).

 

Notre Eglise ici présente pratique elle aussi cet interfaith lors de ses cultes (lien), tout en maintenant l'importance de la tradition chrétienne en pleine continuité avec ses racines (la réforme anti-trinitaire du XVIème siècle) ; sa chaire est confiée à une ministre du culte de l'Eglise unitarienne de Transylvanie (qui fut fondée en 1568), la révérende Maria Pap.

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 11:54

"L’invention du christianisme ; et Jésus devint Dieu" par Didier long vient de paraître ; il est la suite de "Jésus de Nazareth, juif de Galilée", il retrace, à la lumière des dernières connaissances du judaïsme antique, la longue et fascinante histoire que fut la naissance du christianisme.

 

Présentation par l'auteur :

 

didier_long_invention_du_christianisme.jpg« Jacques, Pierre ou Paul de Tarse n’étaient pas chrétiens, mais juifs. Leur projet n’était pas de remplacer la Loi juive (Torah) par une autre religion, mais de convertir les païens et de délivrer leur peuple du joug romain – qui conduira à la destruction du Temple en 70 puis à l’anéantissement de Jérusalem en 135. Il faudra près de quatre siècles pour que, de ce premier mouvement messianique juif aux multiples visages, naisse le christianisme.


Au cours du Ier siècle, Paul et les apôtres vont transmettre l’enseignement reçu de Jésus dans les synagogues de la diaspora de langue araméenne – Palestine, Syrie, Mésopotamie, Babylonie…–, et dans la diaspora juive hellénisée – Asie Mineure, Égypte, Rome…– au coeur de laquelle « s’inventera » le christianisme.


À partir du IIe siècle, le judéo-christianisme et le judaïsme rabbinique commenceront à se séparer. Une rupture qui sera consommée au IVe siècle avec la conversion de l’empereur Constantin et la tenue des grands conciles qui fixeront l’orthodoxie chrétienne : l’Empire abandonnera les cultes païens pour se tourner vers le Dieu UN d’Israël via le culte chrétien. Naîtront alors véritablement les deux religions que nous connaissons, toujours jumelles. »


Pour en savoir plus : voir le site de l'auteur ( lien)

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:42

Religion : avec Jean Marichez faisons la différence entre croyances communautaires (parfois / souvent « meurtrières ») et croyances de conviction individuelles et personnelles.

 

Jean_Marichez.JPG« Croyances meurtrières ; essai pour la paix » par Jean Marichez, 2011 aux éditions L’Harmattan *, ISBN : 9 782296 55236 4, 23 euros (+ 3 euros de port), préface Antoine Sfeir. * Librairie L’Harmattan, 7 rue de l’Ecole Polytechnique 75005 Paris,  site

Présentation par l’éditeur : Les croyances seraient-elles causes de guerres ou de conflits graves ? Comment vivre ensemble entre peuples qui ont des croyances aussi différentes et contradictoires ? Besoin de certitudes, besoin d’absolu, l’Homme se cherche dans cette enfance de l’humanité que nous vivons. Les religions qu’il a créées sont encore en gestation. Leur rigidité est soumise
à rude épreuve. Face aux croyants les plus extrémistes qui tuent au nom de leur Dieu, les croyants sages et modérés tiennent-ils le bon discours ? Ces questions se posent aujourd’hui avec acuité.


Ce livre est écrit par un laïc, Jean Marichez, qui répond à ces questions en réfléchissant longuement sur l’exemple des croyances chrétiennes qu’il connaît bien. Ses réponses interrogent toutes les religions : comment évoluer, dans le grand métissage qui nous attend, avec des croyances aussi passionnelles et belligènes ?


Jean Marichez (R) réponds à Antoine Sfeir (Q) :


Q - Votre ouvrage laisse entendre que les religions auraient des points communs avec l’esprit des Lumières. Mais les Lumières n’étaient-elles pas justement une réaction intellectuelle contre l’emprise des religions ? Le divin et les Lumières ne vont pas très bien ensemble.
antoine-sfeir.jpgR - Vous avez raison, l’esprit des Lumières et les religions ne font pas bon ménage. Les religions sont pleines de croyances qui n’ont rien à voir avec l’esprit des Lumières. C’est justement, le problème auquel s’attaque le livre. J’ai voulu montrer qu’il était possible qu’à leur tour, les religions intègrent cet esprit.
Q - Mais c’est impossible, les Lumières consistent à dire : acceptons que les religions jouent leur rôle puisque, de toutes façons, on ne peut pas discuter avec elles, mais qu’au moins l’homme civil et social, la société, la politique, l’intelligence, la science, etc. ne soient plus captifs des religions. Si une part de chaque homme veut rester religieuse, pourquoi pas tant que cela ne gêne personne, mais que, pour tout le reste au moins, la religion soit mise à part. Et surtout qu’elle n’ait plus "le" pouvoir. D’où cette séparation claire et bien acceptée après plus de deux siècles entre l’Église et l’État, le civil et le religieux, le sacré et le profane… Voudrait-on aller plus loin ?

 

Antoine Sfeir, chrétien d'origine franco-libanaise, est professeur en relations internationales à l'Ecole des hautes études en sciences de l'information et de la communication (ex Centre d'études littéraires et scientifiques appliquées CESA). Il a lancé en 1985 les Cahiers de l'Orient qui sont une référence de qualité pour tous les journalistes. Très médiatique, Il est souvent invité sur les plateaux de télévision (voir l'article à son nom sur Wikipedia).

 

R - Oui en effet, et cela parce qu’aujourd’hui ce confinement hors des Lumières (en quelque sorte hors de l’intelligence) et cette protection de faveur accordée aux religions deviennent invivables. Dans chacune d’elles, et ce n’est plus un phénomène marginal, même chez des chrétiens on trouve des puristes ou intégristes qui, au nom de leur Dieu ou de leurs croyances, se permettent d’imposer leur religion aux autres et même de tuer ou de mener une guerre contre les non-croyants et contre les croyants-non intégristes de leur propre religion. Vous avez dit, cela ne gêne personne, mais aujourd’hui ce n’est plus vrai, cela gêne outre mesure. Chacun peut bien croire ce qu’il veut, mais les croyances comportent des aspects dangereux. J’ai voulu approfondir.
Q - Par exemple ?
R - Chez les chrétiens, l’existence de Dieu, la divinité de Jésus, sa résurrection, la vie éternelle… sont des croyances car elles ne sont ni certaines, ni vérifiables. Y croire est tout à fait respectable, d’ailleurs personnellement j’y crois, mais le discours des chrétiens et de l’Église supprime le doute et néglige toute prudence. Il en est de même pour les dogmes, les règles, les sacrements, etc. les nuances n’étant pas faites, le discours habituel apparaît en conflit avec l’intelligence, il est trop souvent retenu au premier degré, c’est un discours totalitaire au sens propre, sans connotations habituelles.
Q - Les croyants ne sont pas dupes. Intérieurement, ils savent bien que le doute est en arrière plan.
R - Oui mais les fous de Dieu ne le savent pas, ou ne veulent plus le savoir. Je sais bien qu’il y en a eu de tous temps mais, aujourd’hui, la crispation devient massive, les conflits se développent, les moyens du terrorisme sont planétaires et leurs effets de plus en plus ravageurs. Le temps est venu pour les modérés de chaque religion et leurs autorités de se préoccuper d’urgence des intégrismes qu’ils engendrent sans le savoir par leur discours trop absolu. Eux seuls peuvent déminer les rigorismes.
Q - N’est-ce pas plutôt chez les musulmans que la situation est grave ?
R - Oui, sans doute y est-elle plus aiguë, mais il y des similitudes de fond chez nous et nous devons commencer par balayer devant notre porte si nous voulons être crédible. Georges W. Bush n’a-t-il pas mené la guerre d’Irak (en partie) au nom de ses croyances ? Comment comprendre l’expansion du créationnisme ? Et nous, sommes nous prêts à vivre demain avec des musulmans dont la démographie va plus vite que la nôtre et ne demandent qu’à imposer leur muezzin en Europe ? Ceci dit, mon livre prépare le terrain qui permettra de répondre à ces questions difficiles, et d’autres d’ailleurs. Son origine est, qu’en réfléchissant à nos croyances qui exacerbent tant nos regards sur les autres, je me suis aperçu qu’elles n’étaient pas si fondamentales qu’on le dit, qu’au contraire elles pouvaient masquer des faiblesses dans nos approches religieuses, en clair qu’il était possible d’être chrétien sans croyances et ceci, sans rien abandonner des grands dogmes et, plus encore, qu’il était largement plus porteur d’approcher le christianisme sans croyances. Pour moi, qui aie été élevé dans la tradition chrétienne avec des éducateurs intelligents, c’est une énorme découverte. Cela nous sort de manière positive de l’éternel et stérile débat entre athées, religieux et agnostiques. Ainsi verra-t-on peut-être un jour des bouddhistes, des juifs ou des musulmans sans croyances.
Q - Croyez vous possible que les chrétiens aient pu se tromper depuis deux mille ans, après tous ces penseurs, ces conciles, ces études érudites ?
R - Avec un tel argument toute réflexion serait bloquée. Les théologiens reconnaissent que certaines décisions de conciles ont été prises pour des raisons plus politiques et pragmatiques que théologiques. Ainsi la divinité de Jésus a été décidée en dernier ressort par l’empereur Constantin qui n’était pas théologien du tout pour ne pas compromettre l’unité de son empire. Par ailleurs, sur le long terme et malgré les apparences, l’Église a évolué et reconnu des erreurs. Cette évolution continue aujourd’hui en profondeur : après avoir écrit la première moitié de mon livre que je trouvais trop négative à force de m’inquiéter des méfaits de nos croyances, je me suis demandé comment on pouvait être chrétien sans elles. Et j’ai découvert que d’autres avaient développé des recherches similaires, chacun à leur manière et notamment des prêtres, comme Yves Burdelot, Jean Sullivan, Jean Rigal, Claude Trémontant, François Ponchaud, Bernard Besret, Olivier Rabut, … J’ai donc encore beaucoup lu, écouté, échangé, débattu et appris. J’ai trouvé chez les théologiens des informations importantes, essentielles, mais aussi d’autres trop sophistiquées
pour être accessibles à l’honnête homme. Ainsi, je me suis permis de penser que j’avais un point de vue original en tant que non-spécialiste de ces questions car, ingénieur de formation, je me passionne pour mille autres sujets comme les sciences, les technologies, la famille, les amis, l’éducation, la musique, le sport, la géopolitique, les guerres, la résolution des conflits, les résistances civiles, l’Union européenne, etc. Peut-être justement n’y a-t-il pas assez de laïcs pour aborder les sujets religieux, un peu trop laissés aux mains de spécialistes ou de gens d’Église tenus aux réserves propres à leur fonction ? Peut-être aussi faut-il un brin de folie pour oser tenir un langage différent dans un monde aussi savant ? Les théologiens verront certainement des insuffisances et des erreurs dans mon travail mais elles ne sauraient changer l’urgence de solutions pour vivre ensemble avec des croyances aussi contradictoires d’une religion à l’autre, aussi étranges parfois, aussi totalitaires souvent et donc aussi belligènes.
Q - Être chrétien sans croyances, n’est-ce pas un non-sens, toute religion n’est-elle pas essentiellement composée de croyances ?
R - Oui, j’ai donc été amené, non pas à trier entre les bonnes et les mauvaises croyances, mais à définir ce que j’entends par ce mot. Y figure tout ce qui relève du surnaturel et qui n’est pas vérifiable, mais n’y figurent ni l’action de croire quelqu’un, de croire Jésus par exemple car c’est lui faire confiance, ni le fait de croire en l’homme, en l’amour… toutes choses réelles et vérifiables au contraire. J’ai aussi été amené à distinguer les croyances collectives qui sont forcément dogmatiques et figées et les croyances personnelles ou intimes qui sont inévitables, normales, évolutives…. Je ne refuse donc pas de croire en Dieu et en toutes ces vérités d’Église mais de manière intime et personnelle, par contre je conteste le discours collectif autour de ces croyances. Et pas tant pour son contenu que pour ses effets.

J’ai aussi été conduit à réfléchir sur ce que signifie « être chrétien ». Pour apercevoir finalement que c’est bien autre chose que croire à (ou en) des « Vérités » quelle que soit leur pertinence. Sur le plan du discours, notre foi, trop souvent définie en terme de croyance en Dieu, gagne à se référer à Jésus qui est un homme historique, elle gagne également à se définir en termes de confiance, d’adhésion plutôt qu’en termes de croyances. En utilisant des formulations moins surnaturelles et plus universelles elle devient plus crédible et gagne du sens. Il y a donc deux niveaux de progrès possibles, le niveau personnel où il est possible de donner moins d’importance aux croyances
et le niveau du discours trop absolu de l’Église.
Q - Finalement, ce n’est pas un bouleversement mais une inflexion que vous recommandez.
R - Exactement. Ce ne sont que des nuances de discours. Par contre elles exigent indépendance intellectuelle et courage. Et elles sont porteuses de lourdes conséquences concernant notre capacité à « vivre ensemble » sur notre planète.
Q - En pratique, comment ce changement peut-il se mettre en oeuvre ?
R - J’ai fait un court chapitre sur cela en ouvrant quelques pistes pratiques comme le développement de petits groupes chrétiens d’approfondissement, de prière et d’échange, des suggestions pour une plus grande ouverture au monde, la recherche d’un langage moins dogmatique, plus universel, etc. Il ne m’appartient pas d’entrer dans le détail des modalités d’application religieuse, d’autres seront plus compétents pour le faire, c’est un travail collectif qui demandera des ajustements progressifs. Leur application sera facile pour les jeunes qui n’auront pas connu le christianisme de croyances, elle sera sans doute un peu plus difficile pour ceux qui l’ont vécu depuis leur jeunesse.
Mais nous n’en sommes pas là, nous en sommes loin. Avant de mettre en oeuvre, il faut débattre. Je propose d’ouvrir des débats sur le sujet. Nous n’en sommes qu’en phase de recherche et je n’ai aucune légitimité pour parler. J’ai fait lire mon manuscrit à plusieurs personnes et je dois dire que plus celles-ci se trouvaient proches de l’establishment religieux, plus il leur fallait d’indépendance d’esprit pour comprendre, mais j’en témoigne, certains ecclésiastiques se sont montrés ouverts.
Le débat sera long et demandera des efforts. Pourtant, nos propositions ne concernent que de fines nuances dans l’approche religieuse. Le changement peut se faire rapidement et simplement au niveau individuel, mais il aura besoin du soutien de l’Église. Le problème de celle-ci est qu’elle ne peut rien faire qui ne soit uniforme. Toute évolution du discours d’un prêtre, même s’il ne s’agit que d’une nuance doit être cautionnée par l’institution qui ne peut la concevoir autrement que destinée à des milliards de chrétiens.
Q - Pensez vous que l’Église, dont on connaît la rigidité et le peu d’aptitude au changement entrera dans cette réflexion ?
R - Non, je ne la crois pas capable d’opérer d’elle-même un tel changement. Elle ne le fera que sous la poussée des laïcs qui, eux mêmes, mettront du temps pour en réaliser l’importance. Je crains qu’il faille attendre des conflits planétaires graves et meurtriers pour qu’enfin on se réveille et qu’on en arrive à dire « plus jamais ça ». A long terme les religions qui n’auront pas fait cet aggiornamento imploseront sous leurs croyances obscurantistes. Ce pessimisme doit-il nous empêcher de dire ces choses ? Non, réfléchir et parler n’en est que plus urgent.

 

Ajout du 27 février 2012 - Pour en savoir plus sur Jean Marichez, voir notre article sur le site de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), à la rubrique "le vocabulaire religieux"  "Pacifisme, non-violence, et force de paix" (lien).

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 00:00

Dans QUELQUES NOUVELLES, bulletin de la mouvance Marcel Légaut édité par Antoine Girin. n° 241, février 2011 et n° 242, mars 2011, (pour contact,  lien), une bibliographie établie par Antoine Girin.
 

 

Dialogue avec Teilhard - 1958
La vérité de l'action - 1962
Le problème de Dieu inscrit dans l'Evolution - 1963 - livre marqué par la pensée de Heidegger : l'Être (le Sein) et le Sujet de l'Exister.
Valeur spirituelle du profane (les énergies du Monde et l'exigence religieuse) - 1963
La vérification religieuse - recherche d'une spiritualité pour le temps de l'incertitude – 1964


Ces cinq ouvrages publiés au Cerf avant le retour d'Olivier Rabut à l'état laïc correspondent à une prise de conscience à l'intérieur de son univers religieux, de la nécessité d'une recherche rigoureuse et ouverte sur le contenu doctrinal du christianisme. Le souhait d'équipes pluridisciplinaires est exprimé déjà dans «Dialogue avec Teilhard» : «... seul un travail d'équipe groupant au moins un savant un philosophe et un théologien pourra éclairer les questions difficiles auxquelles Teilhard s'est attaqué (...) Il faut souhaiter que des équipes très attentives étudient, non seulement les questions traitées par Teilhard, mais toutes celles qui élargissent la science et qui, partant d'elle, conduisent à un humanisme et une sagesse. »


L'expérience religieuse fondamentale - Casterman - 1968
Un christianisme d'incertitude – L'Epi - 1968


Dans ces deux livres, 0livier Rabut distingue l'impulsion spirituelle et la doctrine. Il écrit «c'est bien l'impulsion spirituelle issue du Christ qui m'oblige aujourd'hui à mettre la doctrine en question (...) car l'évangile exige la probité de l'esprit poussée au besoin jusqu'à l'héroïsme. Il réclame aussi que l'on écoute les vérités, même partielles portées par le monde, y compris par les incroyants «La vérité vous délivrera». Pour être fidèle, on sent le besoin de garder l'incertitude, mais pas n'importe quelle incertitude. La vraie fidélité est novatrice.


Le doute et l'absolu - Gallimard - 1971 - est peut-être l'ouvrage le plus riche de finesse psychologique et de sensibilité humaine. Il rejoint en profondeur la réflexion de ceux et celles qui prennent le temps d'essayer de saisir le mystère de la Vie, de l'Etre, du Réel. 0livier Rabut y affirme que le doute est salutaire et que les tourments qui l'accompagnent aident à pressentir un enseignement spirituel constructif sans l'abri d'une doctrine mais en relation avec notre condition humaine réelle. Il invite à rechercher un sens juste du mystère, une harmonie aux forces créatrices et un éveil à l'expérience des spirituels. "Je cherche une nouvelle spiritualité ou un comportement qui soit à peu près accordé aux exigences aujourd'hui pressenties, ou une façon de vivre qui ouvre l'homme au lieu de le fermer, qui l'ouvre à tout, même si c'est obscur, inconnaissable. On réclame la visée humaine intégrale, mais le but à atteindre est une sagesse modeste, accessible à tous". (p. 12)


Le Mal, question sur Dieu - Casterman – 1971 – 0livier Rabut développe l'idée que le mal ne vient ni de Dieu ni de l'homme, mais qu'il est la conséquence de l'acte initial de la création. Il n'en demeure pas moins que le problème du mal devient, au moins pour une part, celui des choix collectifs de l'humanité. "Le mal, écrit-il, nous entraîne dans un pays où l'on parle une langue étrangère, un pays dont les lois sont incompréhensibles et pourtant ce pays s'inscrit dans le Réel comme l'humanité et la joie".


Jésus sans uniforme - Gallimard – 1973 – 0livier Rabut, dans la plus totale liberté, à travers la tradition comme à travers les questions contemporaines et sa propre expérience de chrétien et de scientifique (O.R. est polytechnicien et s'est beaucoup intéressé à la physique quantique), apporte une lumière dans une approche de Jésus qui provoque tout homme, croyant ou incroyant, au questionnement sur l'ultime. « Que serait l'Evangile s'il ne conduisait à la liberté spirituelle ? et que serait cette liberté si je n'osais voir et dire ce que je vois ? L'Evangile passe l'Evangile. »


olivier_rabut_l-apres_croyance.jpgPeut-on moderniser le christianisme ? - Cerf - 1986 - Après un long silence, 0livier Rabut reprend la plume et montre que les atermoiements autour de Vatican Il sur la liturgie, la pastorale, le mariage des prêtres, la sexualité... masquent la recherche essentielle qui devrait porter sur la Vérité du Dogme. Il s'interroge toutefois longuement sur cette Présence-Absence révélée par la Bible et appelée "shekhinah" : "la Réalité qui se laisse deviner est invisible, impalpable ... et j'ai besoin de m'accorder au mystère du Réel. Une visée dépassante paraît appartenir à la structure de l'être humain, dépassante d'une médiocrité où il est facile de se complaire."


L'Après-Croyance - Cerf – 1990 – 0livier Rabut propose à ceux qui doutent, mais ne renoncent pas à toute exigence spirituelle, une voie d'humanisation largement inspirée de l'évangile. Il veut "unir la plénitude spirituelle à la rigueur de la recherche, tracer un chemin de pensée sans résultats préconçus, remettre en question les fondements mêmes", il regrette "une dogmatique définie et immuable" et conclut "Je suis inséparable des autres, inséparable d'une culture et d'une lignée spirituelle, bien plus, non seulement de l'humanité, mais de la totalité de l'univers."

à suivre ...

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 23:25

suite de l'article précédent

 

articles publiés

 

olivier_rabut_jesus_sans_uniforme.jpgEn 1971, dans la Revue théologique de Louvain, à propos du Livre de Jacques Monod "Le Hasard et la Nécessité" 0livier Rabut dit son admiration pour ce livre passionnant. Toutefois Rabut regrette que l'auteur, lorsqu'il sort du domaine de la biologie, énonce des évidences hâtives et sommaires : Cette question, souligne Rabut, est peut-être la question du siècle : comment passer de la démarche scientifique à une vue d'ensemble dont l'homme a besoin autant que de science ; peut-on traiter, sans une démarche originale, les problèmes qu'on appelle philosophiques, ceux qui concernent le destin de l'homme et  la nature dernière de la réalité ( ... ) Je suis en accord profond avec l'auteur mais au dernier moment, je dois rompre : il conclut trop vite, il tourne trop court, il schématise ( ... ) On ne peut sommairement nier l'existence d'une Source sans fonder cette négation sur une raison. Après avoir indiqué qu'il partage avec ferveur les perspectives du dernier chapitre Ethique de la connaissance comprise comme une subordination de l'action à la Vérité, le "Vouloir" étant éclairé par le "connaître", Rabut émet le vœu que ces questions fondamentales soient reprises avec de grands moyens scientifiques et philosophiques, et surtout avec un sens aigu de la structure complexe de tels problèmes.

En 1975, dans ETUDES cette réflexion se continue sous le titre "Recherche théologique et rigueur scientifique". Rabut énonce ce que pourrait être l'idéal commun des théologiens et des scientifiques. Il met en parallèle les présupposés de la réflexion religieuse et les axiomes de la science, les premiers ne sont pas discutés alors que les seconds sont la base transitoire jusqu'à ce qu'une découverte les remplace par d'autres. Rabut considère que l'immuabilité doctrinale ne s'inscrit pas dans un processus de Vie et montre qu'une telle recherche valoriserait le meilleur du christianisme et la crédibilité de l'Eglise.

La même anéne, "Communiquer l'Essentiel" dans ETUDES reprend l'idée que la fermentation suggérée par l'Evangile doit être recherchée et développée pour elle-même sans la figer en constructions mentales nées du vieil homme. La loi que Jésus a dénoncée lorsqu'elle entravait le développement de l'homme n'est-ce pas l'outre toujours trop vieille pour le vin nouveau, n'est-ce pas une doctrine qui se veut LA réponse définitive alors qu'elle devrait être question ouverte à une recherche sans fin.

En 1976 dans ESPRIT : "Brouillard sur l'infaillibilité" Olivier Rabut développe l'idée qui lui est chère : les certitudes spirituelles du christianisme sont réelles, les certitude doctrinales sont improbables.


Manuscrits non édités


" Passion pour le problème religieux - récit d'une vie " : 0livier Rabut n'est pas seulement une pensée, il est un homme façonné et malmené par les événements. Ces pages éclairent sa passion pour la vérité.

" Physique quantique et problème de Dieu " : 0livier Rabut a travaillé cet ouvrage de nombreuses années, l'enrichissant des apports d'une correspondance suivie avec des scientifiques et des théologiens. Il met en parallèle les avancées de la physique et un approfondissement de certaines intuitions philosophiques et métaphysiques, ainsi : La physique quantique entraîne un beau renouvellement de nos perspectives. Je ne crois absolument pas que le réel soit aboli. Tout au contraire nous gagnons à nous y intéresser plus qu'à nos propres sensations, idées et initiatives... le pré nous apparaît vert, cela dépend de notre œil, mais c'est bien le pré que nous voyons. 0livier Rabut constate que la recherche dans la ligne d'Einstein et de Louis de Broglie ou même celle de Copenhague, qui pousse plus loin la révision de l'idée de matière, ne prouve pas une source de sens. Il indique que les certitudes sont rares et qu'il y a urgence d'assouplir nos schémas, voire nos postulats, mais il affirme parallèlement que tout homme est appelé à entrer dans un mouvement d'ampleur cosmique : Tout humain sent confusément qu'il peut à la fois se construire et exprimer la puissance du monde ... c'est pourquoi chacun désire s'accomplir, améliorer sa vie, être davantage, sortir de soi, accueillir les forces constructives et en faire de la vie humaine... mais celui qui a un souci ombrageux de la Vérité doit reconnaître qu'il ne sait pas quelle Origine le féconde.. l'incertitude spéculative est supportable... qu'il y ait ou non une source de sens, l'univers se présente comme un gigantesque banc d'essais... Je suis membre de l'univers. Tout ce qui va vers plus de sens est ma patrie. 0livier Rabut conclut : Les risques d'une vie humaine sont terribles. Bien naïf celui qui n'a pas vu la présence des abîmes ou croit bénéficier contre eux de garanties décisives. Mais il faut choisir et dire comme Platon «Le risque est beau» : le risque impliqué par notre appartenance à l'Univers. Dans ce manuscrit, l'auteur réaffirme, à partir des plus récentes découvertes scientifiques, ce qui est la trame de l'ensemble de son oeuvre : une ferme déclaration d'incertitude envers toute explication de l'Origine et de l'Ultime et ceci par respect de la Vérité, la Vérité qui, pour 0livier Rabut a un caractère absolu et l'a conduit à des ruptures radicales.

"L'inconscient dans le dogme" : Ce dernier ouvrage a mobilisé les dernières forces de l'auteur : L'extrême qualité d'une vie qui se conforme à l'idéal évangélique montre que l'évangile est Vérité... mais cela n'implique pas que le credo soit conceptuellement vrai ... les dogmes ne manifestent pas la Vérité métaphysique, mais les exigences d'une force psychique installée au cœur du groupe chrétien. Dans l'ouvrage précédent, le problème de Dieu est posé face à l'évolution de la physique, ici l'auteur désire montrer que l'élaboration de la doctrine s'est réalisée sous la poussée d'un besoin collectif de certitudes : le problème de Dieu et surtout celui de la doctrine est ici posé face à l'évolution des sciences humaines.

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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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