Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 19:04

« Chanter dans un pays si merveilleux en hiver » (Singing in a Winter Wonderland) par Karin Holm Randall, secrétaire général de la Fraternité unitarienne-universaliste de Genève, méditation pour l’assemblée mensuelle de décembre 2013, traduit en français par Jean-Claude Barbier.

Le thème de ce mois-ci portant sur notre appréciation du moment et la façon de la communiquer aux autres, comment ne pas profiter de cette période de l’année pour nous immerger dans la musique, ainsi que nous sommes entrain de le faire ici même, ce soir, entre nous. La musique n’a-t-elle pas toujours été une importante expression de la spiritualité ? Pour les unitariens-universalistes, les chants de Noël ont toujours été une façon de puiser dans les nobles sentiments qui s’expriment en cette période de l’année afin d'en dégager les valeurs universelles : profitons donc de cet instant et transmettons le aux autres ! D’autant plus que nous avons la chance d'avoir, parmi nous, des musiciens talentueux et dévoués qui nous aident à chanter « Singing in a Winter Wonderland ». Oui ! c’est volontairement que j’ai changé le titre de cette chanson en remplaçant « Marcher » par « Chanter » [ndlr – le titre original étant « Walking in a Winter Wonderland »]. Et si nous n’avons pas de neige en ce moment à Genève, il nous suffit d’aller dans le Jura ou le Salève * tout proches pour contempler de magnifiques paysages. La Suisse est en effet mondialement réputée pour la beauté de ses paysages d’hiver.
* une montagne des Préalpes françaises appelée « le balcon de Genève ».
geneve_et_mont_saleve.jpg
Pour moi, cependant, l'appréciation du froid, de la glace et la neige, allant de pair avec ces paysages, ne vient pas naturellement car, voyez-vous, j’ai grandi en Floride et j’ai passé mon enfance au milieu des palmiers et du sable et dans les eaux chaudes du golfe du Mexique. Ce n’est qu’à l’âge adulte que j’ai pu avoir un avant-goût de ces merveilles de l’hiver. Malgré cela, pour moi, la neige a toujours été associée à Noël car notre culture a été dominée par celle des pays nordiques et du monde occidental. Je me souviens qu’avec ma petite sœur, nous étions préoccupées de savoir comment « Santa » [ndlr – saint Nicolas] pouvait nous visiter alors que nous n’avions pas de cheminée ! Qu’à cela ne tienne, nos parents nous ont confectionné une cheminée magique en carton ! Mais, lorsque nous apprîmes plus tard la réalité des choses, cette belle assurance fit place à un sentiment de trahison et à la perte de la croyance en la magie

Mais je veux maintenant entrer dans notre thème du mois et parler de la façon dont nous pouvons apprécier la magie de Noël, ou tout simplement cette période hivernale, et comment la partager aux autres. Mais comment le faire puisqu’à cette période tout le monde fête de la même façon ? Chaque année, dans ma famille, nous débattons à propos de ce qu'il faut mettre sur nos cartes de Noël. Lorsque je souhaite « Heureuses fêtes » (Happy Holidays), j’entends par là que ce sont plus que de simples souhaits de Noël. Je m’adresse alors non seulement aux chrétiens que je connais, mais à tous les membres de ma famille et à tous mes amis, proches ou lointains, et quelque soit leur point de vue religieux : juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes, agnostiques, athées, humanistes de toute sorte, et/ou unitariens-universalistes, bien sûr.

Mais « Happy Holidays » est-elle une option suffisamment neutre ? Ne fait-elle pas référence à des jours qui sont considérés comme saints ou du moins importants pour de nombreux croyants ? […]. Ne devrions nous pas dire plutôt « Heureuse fin d’année » (Happy Year-End), mais cela ne ferait-il pas un peu terne et financier [ndlr – le souhait de boucler le budget de fin d’année !] ? Je préfère finalement en rester à un événement joyeux, mais dans un sens plus inclusif [ndlr – que la fête de Noël].

Un prêtre épiscopalien fit la remarque suivante à un ministre unitarien-universaliste : «Je ne vous comprends pas ! Durant onze mois de l'année, Jésus-Christ est pratiquement tabou chez vous, puis en décembre, vous les unitariens, vous sortez tout : chants de Noël, offices de Noël, mitten trees, décoration de l’arbre de Noël. What gives with you people, anyway ?” (*).
(*) Historical descriptions blended and paraphrased from “Unitarian Universalists Celebrate Christmas? Why?” Rev. Andrew C. Kennedy, UU Milwaukee, Wisconsin ; “The Surprises of UU History: Christmas…” by Rev. Julie Stoneberg, Unitarian Fellowship of Peterborough, Massachussetts ; “How Unitarians Saved Christmas (and why we celebrate the Solstice)” by Rev. Nathan Detering, First Parish Unitarian Universalist Area Church in Sherborn, MA.

Ceci, me semble être une question tout à fait logique - celle que vous pouvez très bien vous vous être posée vous-même ou que des gens vous ont demandée. Après tout, quelques uns, en tant qu’unitariens-universalistes, considèrent que nous sommes chrétiens, et nous ne devons pas oublier qu’effectivement certains d'entre nous considèrent Jésus comme notre Seigneur et Sauveur. Mais il est non moins vrai que, pour la plupart d'entre nous, Jésus est seulement considéré comme un grand leader spirituel, mais non comme « fils de Dieu ». Alors comment pouvons-nous légitimement célébrer Noël - littéralement, la grande masse qui suit le Christ [ndlr – jeu de mot de l’auteur « Christmas : literally, the Christ’s mass ?”] ? De quel droit ? N'est-ce pas un peu comme se présenter à une fête d'anniversaire alors qu’on connaît à peine l'invité d'honneur et qu'on n'a pas été invités ?

Eh bien, pour répondre à ces questions, penchons-nous tout d'abord brièvement sur l'histoire de Noël. C'est en 337 après Jésus-Christ que les autorités de l'Église remodèlent l'ancienne fête païenne du solstice d'hiver en célébration de l'anniversaire de Jésus. Mais avant cela, comment la célébration de ce solstice s’était-elle développée ? Bien avant Jésus, l'obscurité et le froid, le soleil baissant d’intensité, en particulier dans les climats nordiques, faisaient que les gens étaient anxieux et craignaient pour leur survie (ce que je peux comprendre). Alors, lorsqu’ils constataient le retour du soleil avec l’allongement des jours (le 21 décembre est le jour le plus court de l’année), ils célébraient l'événement par des fêtes et des chants, et même des échanges de cadeaux. Leurs symboles de réjouissances sont d’ailleurs toujours actuels : le houx et le lierre, les couronnes de verdure, les plantes décorées dans les halls d’entrée. Egalement une tradition dont vous avez peut-être entendu parler : s’embrasser sous le gui.

Mais les unitariens ont une raison supplémentaire très particulière de célébrer cette fête ; ils ont en effet contribué à son sauvetage ! Des deux côtés de l'Atlantique, en Angleterre et dans les colonies en Amérique du Nord, les célébrations de la fin du mois de décembre donnaient lieu à des carnavals accompagnés d’ivresse et de débauche, si bien que la fête de Noël fut interdite par les puritains qui contrôlèrent le gouvernement anglais de 1647 à 1660 ; de même, les excès étaient si inquiétantes aux yeux des puritains du Massachusetts qu’ils interdirent carrément les vacances de Noël de 1659 à 1681 ! Finalement ce n’est qu’en 1832, qu’un ministre unitarien de Lexington, dans le Massachusetts, Charles Follen, nostalgique des riches traditions de sa Bavière natale, présenta le tout premier arbre de Noël en Nouvelle-Angleterre. Plusieurs chants célèbres, que nous venons d’entendre, ont d’ailleurs été composés par des unitariens au milieu du XIXème siècle.

Mais il se peut que la plus grande influence d’origine unitarienne en faveur de la fête de Noël fut celle du livre de Charles Dickens « Un conte de Noël » (A Christmas Carol), une histoire qui se passe en milieu unitarien britannique. L’auteur prit connaissance de l’unitarisme lors d’une visite qu’il effectua en Nouvelle-Angleterre où il rencontra William Ellery Channing , Ralph Waldo Emerson et d’autres unitariens importants. « A Christmas Carol », écrit peu de temps après et publié en 1843, est peut-être la plus célèbre histoire de Noël, autre que la Nativité elle-même.

Dans ce livre, Noël est l’occasion de se réconcilier avec le passé afin d’apprécier l’aujourd'hui, l'espoir, l'amusement, la générosité, et de se montrer avec des amis et des gens qu’on aime. Comme unitariens-universalistes, nous tenons encore aujourd’hui à ces valeurs. Et puis, les unitariens-universalistes sont parfaitement libres de faire le tri parmi les divers éléments de la mythologie de Noël : Jésus, Santa Claus [ndlr – saint Nicolas], les anges qui chantent, les cadeaux, la naissance virginale [ndlr - de Jésus], les lumières, le gui, les étoiles brillantes, et tout le reste - afin d’en tirer ces messages de joie et d'espérance, d'émerveillement et l'amour, la compassion et la paix, qu’ils contiennent et que nous voulons personnellement affirmer.

Aussi, je vous souhaite à tous une joyeuse et musicale fin d'année en chantant « dans un pays si merveilleux en hiver » ! Aussi, je vous invite à une courte méditation (ou prière de remerciement). Nous allons respirer 5 fois tous ensemble, en commençant par dire « Chaque respiration », puis en inhalant profondément avant d’ajouter « est une chanson », enfin en expirant non moins profondément avant de reprendre. Puis nous prendrons quelques minutes de silence avant notre brève discussion.

Repost 0
5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 14:26

par Maurice Causse dans sa préface à la réédition des Contes de Noël du pasteur Etienne Causse (octobre 2013 à Edition 7 avec des illustrations de Patrice Causse, 112 p. , 14 euros (lien).

noel_au_village.jpgQu’est-ce qu’un conte de Noël ? Un récit de miracle …certes. Mais qu’est-ce qu’un miracle ?
Un conte est, comme l’a expliqué le grand psychanalyste juif Bruno Bettelheim, une forme littéraire qui fait passer un message moral sous la forme poétique d’une Histoire, soit imaginaire, soit aussi puisée, repérée dans l’infinie variété de la vie.
Le conte de Noël est une forme particulière de conte au message très simple, toujours le même, celui d’un sauvetage moral, d’un bonheur construit sur de la peine et du dévouement. Et, en fait, une petite imitation du premier miracle de Noël, celui des évangiles. […] Noël est ainsi une occasion, pour tout un chacun, de chercher et trouver le moyen de créer du bonheur là où dominent la dépression et le chagrin, et de contribuer ainsi, pour sa part, à la paix universelle.

Repost 0
28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 06:16

etienne_causse_contes_de_noel.jpgLes "Contes de Noël" (1964) du pasteur réformé Etienne Causse (1877-1963) viennent d'être réédités par les soins de son petit fils Patrice Causse aux Editions 7. En ajout des souvenirs de famille par Maurice Causse car ces contes sont tout emprunts de mémoire à la fois chrétienne, de paysages vécus, de vieux meubles, de rencontres sensibles, d'activités quotidiennes ; ils sentent le terroir et le patrimoine ; un Noël bien à la française, ... avec en arrière fond la terrible guerre de 14-18.

 

Une grande famille protestante fière de ses pasteurs. Voir la biographie d'Etienne Causse établie par son petit fils Philippe Causse (lien).


Aux Editions 7 (lien), illustrations de Patrice Causse, préface de Maurice Causse (historien et théologien protestant, fils d'Etienne C. et père de Patrice C.), 113 p., au prix de 14 euros.

Repost 0
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 06:25

La Perse est une petite province dans le sud de l’Iran, vaste plaine entourée de montagnes, à près de 2000m d’altitude En 555 av. J.-C., Cyrus, roi des Perses, se révolte contre son suzerain Astyage, roi des Mèdes et en 549 écrase les Mèdes à la bataille de Pasargades (sa ville natale). Il devient alors roi des Mèdes et des Perses, puis il conquiert Babylone en 539, rendant aux cités les idoles emmenées à Babylone, puis proclame en 538  un édit qui permet aux anciens captifs de regagner leurs pays d’origine – pour les Juifs, ce sera le retour d’exil. Il règne près d’une trentaine d’années et rassemble autour de la Perse un empire considérable, qui s'étend de l’Egypte à la Mer Caspienne et de la Mer Egée à l’Asie centrale.

 

empire perse

 

Il inaugure une politique de conquêtes entièrement nouvelle : au lieu de brûler la ville conquise et d’en massacrer, d’en vendre en esclavage ou d’en exiler ses habitants, il laisse ceux-ci dans leurs maisons et les soumet à un impôt raisonnable. C’est le système du Tribut, qui est versé solennellement chaque année lors des fêtes de Now Rûz (ou Norouz, le Nouvel An solaire qui est fêté le 21 mars, au début du printemps), et qui est illustré longuement sur les bas-reliefs de Persépolis, lequel palais est construit par l’un de ses successeur, Darius I qui régna 529-522 (le palais de Cyrus avait été édifié à Pasargades et son tombeau s’y trouve). L’empire est aussi nommé Achéménide, car Cyrus était descendant d’un souverain local nommé Achéménès.

 

persepolis.jpg

Persépolis

 

Shab-e-Yalda est une fête iranienne païenne qui marque à la fois la plus longue nuit de l'année et le début de l'hiver. Le Yalda est l’un des 4 jalons du calendrier solaire iranien. Il s’agit en fait de la célébration du solstice d’hiver, le 21 décembre. Yalda est une expression syriaque signifiant "naissance". Elle célèbre précisément la naissance de Mithra, le dieu du soleil. Les journées s'allongent de plus en plus et la clarté du jour l'emporte sur l'obscurité de la nuit **. Signe de cette lumière, on décore un sapin de la région – ces sapins sont dits « aryens » * –en y mettant à son faîte une étoile. Puis on savoure le "shab-tchéré" ainsi que des fruits dont le centre est rouge notamment grenades et pastèques, car le rouge représente le feu, symbole du soleil. Un tel sapin fut gravé sur les murailles de Persépolis construit il y a plus de 25 siècles et dont les archéologues ont dégagé les ruines. Cette couleur rouge s’allie au vert du sapin pour donner le drapeau iranien, rouge, blanc, vert.


yalda_1.jpg

Yalda_2.jpg
De nos jours, la fête est source de fierté nationale pour tous les Iraniens … et aussi de résistance au clergé chiite pour qui c’est une fête « païenne », non musulmane !


* Vers 1400 av. J.-C., un groupe d’Aryens (de langue « Indo-européenne ») parmi lesquels figure la branche médo-perse aurait pénétré au nord-est de l’Iran et pour se diriger progressivement vers l’ouest. Ces tribus vont passer du nomadisme au semi-nomadisme, et certaines vont se sédentariser. Parmi ces Aryens, les Mèdes sont les premiers qui s’affirment historiquement parlant au Moyen-Orient. La première mention historique à leur sujet se trouve gravée sur une tablette assyrienne datant de 843 av. J.-C. et évoquant un pays du nom de "Pârsua" situé dans la partie orientale du Kurdistan actuel. Ces Mèdes viennent de l’Ouzbékistan actuel. Après avoir séjourné près du lac Oroumîeh, les uns à l’est, qu’ils appelèrent Amadaï, et les autres à Pârsouma qui se trouvait à l’ouest, ils arrivèrent et s’installèrent dans la région à l’époque peu peuplée de ce qui deviendra Ecbatane ("carrefour des chemins" qui est l’actuelle Hamedân). Ils y cultivèrent la terre tout en restant éleveurs.


* L’Eglise chrétienne choisira le solstice d’hiver comme date de naissance de Jésus pour la même raison, car Jésus – comme Sauveur -  apporte la Lumière en ce monde. La date chrétienne est décalée de quelques jours, portée au 25 décembre, afin de correspondre au 4 semaines de l’Avent, et peut-être aussi afin de ne pas être confondue avec le calendrier des fêtes mithradiques. En contrepoint, le solstice d’été est la fête de la Saint-Jean avec Jean-Baptiste précurseur de Jésus et (dans la version chrétienne) l’annonçant comme Messie. Il y avait, à cette époque, concurrence religieuse autour des solstices car le dieu Dionysos (originaire d’Asie mineure) et ses adeptes occupaient le solstice d’hiver, alors qu’Apollos, le dieu du soleil, régnait au zénith lors du solstice d’été …


Le sapin, conservant sa ramure verte même en hiver, symbolise la vie pérenne. Il n’est donc pas surprenant qu’on le retrouve en divers contrées, notamment dans les pays germaniques d’Europe du Nord. Les cultes « païens » le célébraient lors du solstice d’hiver. Ce brave sapin a accueilli l’introduction de la fête de Saint-Nicolas … puis celle du bonhomme Noël ! Depuis, les familles chrétiennes du monde entier, sauf les puristes qui – comme les chiites d’Iran – nous rappellent qu’il s’agit d’une fête païenne comme si on ne le savait pas depuis qu’ils le répètent ! -   l’ont adopté et (parfois / souvent) y placent la crèche à son ombre pour la plus grande joie de leurs enfants … lesquels attendent (sagement) qu’on y dépose aussi à ses pieds les cadeaux attendus !


Nous remercions Farihe Parsi, baha’i française de Bordeaux de famille persane, d’avoir attiré notre attention sur l’existence de ce sapin « aryen » car il précède de beaucoup le sapin des chrétiens !

Repost 0
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 05:43

 De l’évêque Nicolas au Père Noël, en passant par le Petit Jésus,  

par Jean-Claude Barbier
 

 

Source principale : « Petite géographie du Père Noël » par Marc Lohez (agrégé d’histoire), Levallois-Perret, 16 décembre 2002, sur le site « Cafés géographiques » ( lien)

 

Lire aussi le livre de Martyne Perrot « Sous les images, Noël », Paris, Le Seuil, 2002, 189 pages, 45€., compte-rendu par Marc Lohez (lien).
Nous avons également utilisé des articles de Wikipedia (à « Evangile Pseudo-Matthieu », « crèche », « saint François d’Assise », etc.)


Pour une compréhension chrétienne de la fête à partir des Ecritures, voir notre dossier sur "Les Nativités" dans les Etudes unitariennes (lien)

 

Saint Nicolas


Au VIème siècle, l’évêque Nicolas (270-342) fut à la tête de la communauté chrétienne de Myre en Lycie (actuelle Smyrne, côte sud de l’actuelle Turquie). Il laisse le souvenir d’avoir distribué aux pauvres les biens qu’il hérita de sa riche famille, et ... d’avoir ressuscité trois enfants qui avaient été taillés en morceaux et mis au saloir par un méchant boucher ! Lorsque les Turcs envahirent l’Asie mineure au XIème siècle, son corps fut transféré à Bari, en Italie, et un doigt volé serait parti en Lorraine ! Son culte - il est fêté le 6 décembre - se répandit en Allemagne et en Lorraine.


Lu sur le site de la municipalité de Saint-Nicolas-le-Port : « Vers 1090, un Lorrain, Charles Aubert dit de Varangéville, rapporte de Bari une relique de Saint Nicolas, sa « dextre bénissante » qui justifie en 1101 la construction d'une première église. Après la victoire de 1477, l'accueil des pèlerins toujours plus nombreux, suscite alors la création d'une « grande église », laquelle est aussi le témoignage de reconnaissance du duc René II. C'est ainsi qu'en 1481, commence la construction de la Basilique, qui sera consacrée en 1560. Dés lors, ducs et personnages célèbres de Lorraine, princes et rois de France se succèdent pour demander la protection de Saint Nicolas. Son plan de type basilical, en forme de croix latine, ainsi que sa façade occidentale, lui confère une harmonie et en font un des édifices gothiques flamboyants le plus majestueux de Lorraine et sans doute le plus homogène d'Europe. Le trésor est composé de plusieurs pièces inestimables, dont le Bras reliquaire de Saint Nicolas en vermeil, or et argent ».


Son culte va se trouver associé aux fêtes païennes qui tournent autour du solstice d’hiver dans l’Europe du Nord, lesquelles mettent en avant les gnomes qui taquinent ou jouent des tours plus ou moins de mauvais goût aux humains (le Joulupukki finlandais est plutôt à l’origine un tourmenteur venu errer près des maisons au solstice et dont on ne se débarrassait qu’avec des cadeaux ; le Julenisse danois est plutôt un gnome plus bonasse que l’on amadoue avec une assiette de porridge ; etc.) ou bien encore les mal-morts qui jouent les fantômes hantant les maisons où ils ont vécus afin d’attirer la compassion des vivants sur leur triste sort (ils sont morts mais n’ont pas rejoint le lieu de repos assigné aux défunts et errent en conséquence avec leur souffrance) – ce sera la fête de Samain des Irlandais, devenue Halloween aux Etats-Unis.


Ors, pour amadouer ces êtres surnaturels qui surgissent à l’improviste lors de nos voyages et nous angoissent jusque dans nos habitations, sans doute tout particulièrement lorsque la nuit se fait plus noire et plus sombre au solstice d’hiver, on distribuait des friandises aux enfants déguisés ou masqués en ces êtres et, pour se rassurer une bonne fois pour toute, on illuminaient les maisons pour compenser la rareté de la lumière du jour. Mais on faisait peur aussi aux mêmes enfants en leur disant que s’ils n’étaient pas sages, ils seraient punis par des êtres maléfiques comme le Croquemitaine, Père Fouettard, Loup garou, etc.


Pour l’historien Marc Lohez (dont nous utilisons son article comme principale source, voir ci-dessus)
«  … Les fêtes chrétiennes de fin d’année en migrant vers le nord prennent place dans un période bien plus effrayante que le solstice méditerranéen encore assez lumineux. Là, les jours sont encore plus court et la nuit bien plus présente. Ce sont des temps propices pour que des cohortes d’esprits plus ou moins nombreuses, malfaisantes et morbides , sorties du folklore païen, mais bien tenaces dans l’Europe christianisée viennent tourmenter les pauvres mortels. Les parades sont connues : flambées et illuminations pour chasser les esprits, cadeaux pour les amadouer eux ou les petits gnomes protecteurs chargés de protéger les maisons et les fermes contre les importuns du solstice. Autant de personnages que le folklore des fêtes va absorber, transformer et associer au personnage principal. En migrant vers le nord, les fêtes d’hiver ont vu se renforcer le contraste entre la peur et l’espoir de renouveau et, donc, l’ambiance particulière de Noël. »


Ayant déjà fait un geste en ressuscitant trois enfants, saint Nicolas va continuer à les aimer en leur distribuant des cadeaux ! Brave saint Nicolas, les bras chargés de cadeaux !

 

Jan_Steen_fete_de_la_saint_nicolas_1.jpgjan_steen_fete_de_saint_nicolas.jpg

 Peinture de Jan Steen : Das St.Nikolausfest (la fête de saint Nicolas), vers 1665-1668.

à suivre ...

Repost 0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:57

suite des articles précédents


Mais c’est la tradition chrétienne qui, par le théâtre, va introduire le sapin. La première mention, actuellement connue, d’un sapin de Noël est celle de 1521 en Alsace, où l’on joue "l’arbre d’Eden" Gn 3, 1-13 dans les mystères devant les églises. Mais déjà avant Noël, le rite du solstice d’hiver se marquait par la décoration d’un arbre avec des fleurs, des fruits, notamment des pommes, rappelant les fruits du paradis – ce qui est condamné par l’Eglise comme pratique païenne. L’adjonction d’une étoile au sapin (comme pour le sapin « aryen » du culte de Mithra !) rappellera celle qui guida les mages Mt 2, 1-12. Au XVIIe siècle, les sapins s’illuminent grâce à des coquilles de noix qu’on remplit d’huile où brûlent des mèches.


Marc Lohez évoque ensuite les Réformes protestantes : « Après quatre siècles en Europe, saint Nicolas triomphe et distribue déjà des cadeaux aux enfants le 6 décembre. Mais au cœur même de son domaine, les contrées germaniques, se prépare un coup de tonnerre qui va changer sa destinée : la Réforme. Celle-ci ne voit évidemment pas d’un bon œil le culte populaire rendu à cet évêque et saint catholique : haro sur Saint Nicolas et son baudet (il le chevauche déjà) ! Comme d’habitude, les croyances et coutumes populaires sont au moins aussi tenaces que les fougueux prédicateurs. Saint Nicolas va réagir de trois façons différentes selon un découpage nord/ouest/est : il résiste en l’état dans l’est de la France, est remplacé en partie par l’Enfant Jésus (Christkindel) en Allemagne et devient la figure populaire de Sinterklaas, contraction batave de Saint Nicolas aux Pays-Bas ».

 

436px-Marie_Leszczy-ska-_reine_de_France-_lisant_la_Bible_.jpg

Marie Catherine Sophie Félicité Leszczyńska

(Trzebnica, 23 juin 1703–Versailles, 24 juin 1768), était princesse de Pologne,

fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński et de Catherine Opalinska,

reine de France (1725–1768) après son mariage avec Louis XV,

peinte ici en train de lire la Bible, par Jean-Marc Nattier, 1748

 

A noter que la véritable diffusion du sapin se fera en France depuis l’Alsace grâce à Marie Leczynska qui l’introduit à Versailles en 1738 ; puis en Angleterre où la nouvelle reine Victoria, découvre l’arbre à Windsor, après son mariage avec Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (de culture germanique) en 1840. De Londres, le sapin sera ensuite popularisé aux Etats-Unis. L’époque victorienne le diffuse avec le repas familial autour de la dinde de Noël. Charles Dickens écrit son "Christmas Carol" (Conte de Noël) en 1843. Pour la France, après la défaite de 1875, l’arbre de Noël est symbole de résistance à l’Allemagne et de soutien à ceux qui n’acceptent pas d’avoir perdu l’Alsace. On y ajoutera au XXème siècle, du gui en souvenir des druides gaulois.

à suivre

Repost 0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:08

 suite des articles précédents


Autre conséquence de la Réforme : les protestants vont préférer le sapin de Noël à la crèche ! Iconoclastes, ceux-ci pensent que les représentations humaines peuvent conduire à une idolâtrie de Jésus ; seule la croix est représentée dans les temples (et là aussi sans le corps du supplicié, par opposition aux crucifix catholiques).


Or la crèche date du VIème siècle, lorsque l’anniversaire de la naissance de Jésus fut officiellement fixée au 25 décembre. Noël remplacera progressivement les Saturnales romaines  (17-24 décembre) et la fête de la naissance de Mithra célébrée le 25 décembre avec le sacrifice d’un boeuf. La première messe de Noël fut célébrée sous Constantin en 336 en l'église Sainte Marie de l'Incarnation de Jésus, aujourd'hui Sainte Marie Majeure à Rome. Elle se fait ad praesepe, c’est à dire autour d’une crèche car les reliques principales de cette basilique sont les langes de l'enfant Jésus et des planches de la crèche (sic !). Le mot mangeoire où fut mis le nouveau né Lc 2, 7 * se dit cripia en latin d’où vient le mot de crèche.
* « et elle enfanta son fils premier-né, et elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la chambre d’hôtes » (Lc 2, 7).


Y avait-il dès cette date la représentation de l’âne et du bœuf ? l’âne, ayant transporté Marie enceinte et le bœuf qui, selon la tradition, aurait réchauffé le nouveau né de son souffle. On sait que ces animaux apparaissent dans un apocryphe chrétien datant environ de 550 à 570 : Livre de la naissance de la bienheureuse Vierge Marie et de l’enfance du Sauveur, connu sous le nom de l'Évangile du Pseudo-Matthieu. Le même livre relate ensuite des miracles que Jésus opéra durant sa fuite en Egypte (d’où le nom de Pseudo-Matthieu car Matthieu seul relate ce séjour en Egypte Mt. 2, 13-15).


Mais ce n'est probablement qu'à partir du XIIe siècle que l'on célèbrera la fête de l'Épiphanie avec l'adoration de l'enfant Jésus par les trois Mages, Gaspar, Melchior et Balthazar. Les initiales de leurs noms sont celles de la formule chrétienne de bénédiction des habitations : "Christus Mansionem Benedicat", que le Christ bénisse la maison. En Espagne, les cadeaux aux enfants sont encore donnés le jour de l’Epiphanie, le premier dimanche du mois de janvier.


C'est François d'Assise qui a créé en 1223 l’une des premières crèches vivantes en utilisant des personnages réels, à Greccio, en Italie, dans une grotte de la région où les frères mineurs avaient établi un ermitage (toujours existant), avec la coopération du Seigneur du village. Les personnages (Joseph, la Vierge Marie, les mages, les bergers, les paysans) étaient joués par les gens du village. Les animaux (l’âne, le bœuf et les moutons) aussi étaient réels. Plus tard, on plaça parfois un véritable enfant dans la mangeoire. Petit à petit, la coutume s'est répandue, sous l'influence des prédicateurs franciscains, surtout en Provence et en Italie.

Greccio_2.jpggreccio

 

Les premières crèches ressemblant à celles que nous connaissons font leur apparition dans les églises au XVIe siècle. Ce sont les Jésuites qui les ont introduites pour la première fois en modèle réduit et qui les ont diffusées dans le monde entier. Interdites à la Révolution, les crèches jouées sont miniaturisées en plâtre ou en bois et deviennent domestiques. Seule la Provence, conserve, intacte la tradition, en y ajoutant au cours du 19e siècle, les santons (du latin santorum, petit saint) qui évoquent la simplicité franciscaine de la scène.


En tout cas, les enfants continuent à avoir leurs doses de friandises : après avoir reçu les cadeaux que les parents donnent aux gnomes ou aux mal-morts pour les amadouer (et les renvoyer loin des habitations), après avoir reçu les cadeaux apportés cette fois-ci  par saint Nicolas le 6 décembre, voilà maintenant les cadeaux donnés à l’occasion de la naissance de Jésus cette fois-ci à Noël. Finalement, ce n'est qu'après ces relais que la naissance du Petit Jésus fut le prétexte pour donner des cadeaux aux enfants !

 

En Espagne, ce sont les « rois » mages qui, à l’Epiphanie le premier dimanche du mois de janvier, leur apportent les cadeaux en souvenir de ceux que les mages venues d’Orient apportèrent à Jésus nouveau-né : "Ayant ouvert leurs cassettes, ils lui offrirent en offrande de l'or et de l'encens et de la myrrhe" Mt 2, 11. A noter que, de leurs côtés, les enfants juifs, lors de la fête de Hannouka, elle aussi courant de décembre, reçoivent également des friandises ! 

à suivre ...

Repost 0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 19:56

suite des articles précédents


Nouveau tournant historique : les Hollandais fondent, en 1626, sur la façade orientale du Nouveau-Monde, sur les bords de l’Hudson, New-Amsterdam (la Nouvelle Amsterdam – laquelle deviendra New-York après sa prise par les Anglais). Ils y introduisent la légende de Sinterklaas,  cette fois-ci venant chaque année d’Espagne (qui devait donc garder quelque lustre mythique de son riche passé du siècle précédent) avec Piet-le-Noir en bateau, apportant ses cadeaux qu’il distribue ensuite grâce à un cheval volant.

 

sapin_noel_geographie.jpgMarc Lohez nous explique ensuite la mutation de saint Nicolas en Père Noël : Pendant plus d’un siècle pourtant, il rentre en sommeil, efficacement concurrencé par le Thanksgivings des Puritains qui voyaient d’un mauvais œil ce mitré aux origines papistes. En revanche, la lutte contre la métropole britannique va lui redonner des couleurs et préparer sa mutation du début du XIXe siècle. Exhumé par l’auteur new-yorkais W. Irving, Sinterklaas va devenir St Nick dans le poème du pasteur Moore (1823), avec deux innovations majeures : il vient dans la nuit de Noël et non plus le 6 décembre, et son cheval est remplacé par un traîneau tiré par des rennes. Au passage, l’ex-saint catholique est devenu un ... elfe fumeur de pipes en terre.


Les illustrateurs new-yorkais vont se charger du reste : Thomas Nast représente le Père Noël, encore court sur patte et fumeur de pipe, comme un héros nordiste (il apparaît d’abord pour réconforter les soldats de Lincoln), puis, à partir de 1885 comme un habitant du pôle nord. Un demi-siècle plus tard, Haddon Sublom commence la série de publicités, pour une célèbre boisson gazeuse brunâtre, qui va fixer le costume rouge-et-blanc de « Santa Claus » (1931-1964) ; le reste appartient à l’histoire de la puissance médiatique des Etats-Unis. Mais un petit pays couvert de sapins va réussir à se tailler un espace dans cette épopée : la Finlande ; en 1927, une émission de radio finlandaise pour enfant, décréta que le Père Noël ne pouvait pas vivre au Pôle Nord, étant dans l’impossibilité d’y nourrir ses rennes. Sa résidence était donc en Laponie, au Korvatunturi, à la Montagne de l’oreille, 483 m. 

à suivre ...

Repost 0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 08:05

La forêt de Puvenelle est proche de Jozainville dans le département de Meurthe et Moselle ; elle a été le lieu de violents combats durant la guerre de 14-18. Elle fait partie des sites touristiques et historiques de la vallée de l'Esch et a été depuis aménagée pour des randonnées pédestres.

 

puvenelle.jpg


" Je ne connais pas l'origine de ce nom de Puvenelle. Forêt domaniale, située au-dessus d'une colline qui monte raide, lieux de combats acharnés "en 14..." comme l'attestent les cimetières de ceux "tombés au Champ d'honneur" où mon père m'emmenait, et où j'ai commencé mon initiation sur la diversité religieuse avec les croix blanches, les pierres surmontées de l'étoile de David et les arcades orientales au croissant de lune, leur orientation vers l'est.

 

Mon père était l'homme de la forêt ; son appartenance à ce corps des Eaux et Forêts, auquel il était très attaché (l'Office national des forêts, ONF, ce fut le début d'autre chose, un peu comme la Révolution) a fait que je m'y sentais chez moi, et que j'y allais seule, par tous les temps. 


Le passage des sapins verts au rideau noir de petits conifères à feuilles caduques était un endroit -limite, peu fréquenté, c'est le moins qu'on puisse dire, pas de joggers, un peu effrayant ; je n'y ai jamais rencontré qu'un pauvre goupil, qui ne pouvait espérer aucune clémence, accusé qu'il était de porter la rage,  le début des "mesures de précaution" en ayant fait une cible (de substitution) de choix, en ce temps-là. " (Françoise Abraham, message du 13 décembre 2011 au groupe "Religions" du Réseau d'échange réciproque des savoirs RERS de Gradignan Malartic, Gironde).

 

NOËL en FORÊT

Là-bas dans la vallée
Les lumières se sont allumées
À travers les sapins verts

Derrière le rideau noir
Ils viennent
Ils viennent tous pour voir
Des foyers le seuil ouvert

Le grand vent s’est mis à souffler
Et c’est Noël ce soir

Il souffle, souffle. Nuages se déchirent
Les sapins se balancent
Et les fumées de la vallée
En font des encensoirs
Toute la forêt soupire…
Le soupir vient et s’amplifie
Il atteint maintenant la vallée
Les nuages se sont écartés
Et pourtant la lune s’est cachée
Elle qui d’habitude se rit
De ce qui arrive à la terre

Mais c’est Noël ce soir

Les sapins sont musique
Et dansent avec bonheur
Aux craquements rythmiques
Des branches des batteurs

Et toute la forêt scande
Ces chants en son honneur
Que son peuple l’entende
La venue du Seigneur

Les portes se sont refermées
Le vent s’est aussi apaisé
Quelque chose est changé

Les branches se serrent
Les feuilles sèches
En grand manteau d’hiver
Ont fait une crèche
Au Fils du Seigneur

C’est un bébé. Il n’a pas peur
Et la forêt comme une mère
A réchauffé le froid amer
Et berce Son sommeil en chœur

Derrière les portes refermées
Les gens n’ont pas compris
Ils sont toujours trop occupés
Par tous leurs vains soucis

Là-haut, là-haut dort l’Amour
Ouvre tes bras, ouvre ton cœur
Qu’il soit pur et sans détour
Car ce bébé c’est ton sauveur.

 

Françoise Abraham, 27/12/1969, forêt de Puvenelle

Repost 0

Présentation

  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
  • Contact

Recherche