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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 08:31

On peut voir Dieu comme la polarité d'immanence et de transcendance qui englobe le monde matériel de l'univers : une énergie spirituelle qui le complète et qui le porte ; énergie, entité spirituelle sous-jacente à l'univers, et le transcendant en une noosphère, dont la matière de l'univers n'est que l'écume d'un océan d'énergie infini, mais écume informationnelle et sensible, pouvant se réaliser en "n" dimensions.
Cette polarité met l'homme en tension, et permet de réordonner en permanence notre ontologie de notre compréhension de la réalité.
Nous avons tous un prisme de la perception de la réalité qui nous est propre et singulier, différent en partie de celui d'autrui, dont nous partageons une sémiologie et sémiotique en partie communes, nous permettant de communiquer les uns avec les autres.
La partie qui nous est singulière est le produit de l'interaction entre l'évolution de notre être biologique et l'évolution de notre milieu socioculturel, dans lequel nous expérimentons notre être au monde.
Nos diffėrences sont une richesse, car tous nos prismes de la réalité permettent de mieux saisir celle-ci par des angles différents, si on recoupe nos informations et sensibilités. Ca permet de faire moins d'erreurs face aux événements à venir, aux épreuves à surmonter, par une meilleure compréhension du réel et des moyens de l'appréhender, afin de trouver des solutions pour nous adapter au mieux à celui-ci, dans un contexte qui par définition évolue et se modifie en permanence.
La polarité d'immanence et de transcendance que nous apporte Dieu, nous oblige à considérer que, si nous sommes tous des créatures de Dieu, nous sommes tous à égalité devant Dieu, et nous devons donc avoir du respect pour la vie humaine et pour la vie en général.
Ceci nous oblige à ne pas rester insensible face à la détresse des autres, et leur apporter secours si besoin est.

 

Conscience-quantique.jpg

illustration (artistique) de ce que certains appellent la "conscience quantique", laquelle mettrait l'homme en relation avec tout l'univers.

 

Pourquoi croire en Dieu ?
Parce que cela procure une immense joie sur le plan esthétique. Cela organise notre perception du monde d'une manière plus belle qu'en étant juste matérialiste - matérialisme dont on ressort souvent désabusé si on se limite à ce plan.
Croire en Dieu nous confère également une meilleure capacité à faire évoluer les systèmes dans lesquels nous vivons, en les transcendant. Du moins si on n'est pas inféodé à un code religieux rigide ; mais mûs par notre propre compréhension singulière de Dieu, que nous pouvons échanger avec autrui dans une pensée spirituelle toujours plus vivante et renouvelée, plus approfondie et créatrice, grâce à l'interprétation et à la transmission.

Dieu, comme polarité d'immanence et de transcendance qui nous traverse et nous enrichit... si on prend le temps de l'écouter et de le ressentir, en ouvrant notre sensibilité à lui. Ce qui nous permet d'apprécier encore plus la vie, et d'aimer plus intensément et profondément qu'en étant juste matérialiste.

 

Mis en message le 15 juillet 2014 au sein du groupe "Unitariens francophones" sur Facebook ( lien) par Daniel, lequel se dit proche de l'unitarisme-universalisme. Voici la présentation par lui-même de son parcours : 

"Je suis de culture d'origine catholique, mais je me suis intéressé aux sagesses orientales. J'ai vécu un an en Chine comme professeur d'université dans la seconde université de Chine, y enseignant la linguistique-informatique aux aspirants chercheurs et doctorants (notamment "La sémantique des mondes possibles" de Richard Montague), ainsi que le français langue étrangère et la civilisation française de bac+1 à bac+4, dans l'une des capitales historiques du taoïsme (Wuhan), J'ai été initié au bouddhisme par Mogchok Rinpoche de Marseille, un moine tibétain disciple du Dalaï Lama, et j'ai eu des voisins indiens qui m'ont un peu expliqué l'hindouisme,  J'ai également beaucoup apprécié la lecture de Savitri, de Sri Aurobindo (à lire en anglais), dans laquelle je me replonge souvent, une très grande poésie lumineuse, et en même temps manuel de yoga et mythologie indienne. Je m'intéresse vraiment aux universaux de toutes les religions, soufisme compris. Ceci explique cela pour la composition du texte que j'ai écrit. J'y ai écrit ma conception de Dieu.

 J'ai une formation en intelligence artificielle et sciences du langage. Je suis actuellement ingénieur en intelligence artificielle et traitement automatique du langage naturel. J'ai également fait des études de Lettres modernes."

 

Précisions apportées par l'auteur le 19 juillet 2014
La noosphère n'est pas Dieu ; mais elle est le produit de l'immanence et de la transcendance de Dieu sur l'univers, qui devient conscience, par des êtres conscients qui le peuplent. Dieu n'est pas un océan infini d'énergie. Ca, c'est physique. Dieu est un océan infini d'énergie spirituelle, qui est une forme particulière d'énergie, différente de l'énergie physique au sens d'Einstein, même si on peut imaginer des relations de communication entre ces deux formes d'énergie. C'est pourquoi, il faut rajouter l'adjectif "spirituelle". L'univers est une création de Dieu. Mais ce n'est pas Dieu. Ce n'est que l'une de ses facettes. Il s'agit du rapport d'une partie au tout.

C'est une vision qui se rapproche du bouddhisme et du soufisme iranien, tout en étant chrétienne. D'ailleurs dans ce cadre, pour ceux qui désirent croire en Jésus comme Dieu incarné sur Terre, la porte ne leur est pas fermée, car cela reste possible. Que Dieu s'incarne dans l'univers qu'il a créé. J'aime les possibles qui excluent le moins de monde possible. Dans un tel cadre, le saint esprit chrétien peut-être vu comme la dialectique entre l'individu et Dieu.


Daniel est aussi très concerné par le conflit israélo-palestinien et la défense de la liberté d'expression (en cela il soutient l'humoriste franco-camerounais Dieudonné). Il intervient sur Médiapart sous le pseudonyme de "Duduche" et sur Facebook sous le nom de "Daniel Jésus Combiendit".

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 19:14

Compilation réalisée par Doris Hunter dans les années 2000 *. Doris Hunter, dans ces années là, était pasteur émérite à la First Universalist Society, Rockport, Massachusetts. Présentement, elle est co-responsable du chapitre de l'International Association of Religious Freedom (IARF) aux Etats-Unis.

* La traduction de ce document a été rendue possible grâce à une subvention de la Convention universaliste de l’État de New York et mise en ligne sur le site du Mouvement unitarien-universaliste au Québec (MUUQ) ; reproduction autorisée sur le site de notre EgliseVersion en pdf sur le site du MUUQ.
 
Etats-Unis--calice-sur-vitrail-2.jpgAu cours de siècles, des femmes et des hommes ont tenté de formuler leur expérience de la divinité. Les uns, les yeux tournés vers le ciel, se sont écriés : "Dieu, Père toutpuissant". D'autres se sont repliés sur eux-mêmes et ont chuchoté "Om". D'autres encore, conscients du caractère intimidant et mystérieux de la présence divine, ont choisi de ne pas verbaliser cette expérience.


Aujourd'hui nous, héritiers de la tradition unitarienne-universaliste, rejoignons la postérité de ceux qui, depuis toujours, tentent d'identifier et de comprendre notre expérience de ce qui est ineffable et transcendant. Nous cherchons à nous libérer des notions patriarcales et anthropomorphiques de Dieu. Nos tentatives ne sont pas toujours couronnées de succès. Toutefois, elles reflètent de façon réaliste notre volonté de trouver, dans ce mot "Dieu", des dimensions nouvelles.


Les six textes qui suivent témoignent de cette lutte en vue de trouver des notions de Dieu qui seront dynamiques, et qui seront pertinentes dans le contexte des sociétés de notre époque.


1 - "Au coeur du réel", par Arthur Foote, pasteur émérite à la Unity Church, St-Paul, Minnesota


2 - "Une création permanente", par Ann Fields, éducatrice religieuse, ancienne directrice des programmes pour enfants de l'Unitarian Universalist Association (UUA) of congregations


3 - "Difficile à exprimer", par Richard A. Kellaway, pasteur, First Unitarian Church, New Bedford,Massachusetts


4 – "L'expérience humaine", par Alice Blair Wesley, pasteur unitarienne-universaliste, a exercé ses fonctions auprès d'Eglises au Maryland, au New Jersey et au Texas.


5 - "Le choix personnel", par Paul H. Beattie, ancien pasteur de First Unitarian Church, Pittsburgh, Pennsylvanie


6 - "La lutte intérieure", par Marni Harmony est une pasteure unitarienne-universaliste ayant exercé ses fonctions auprès d'Eglises dans le Maryland, en Pennsylvanie et au Wisconsin.

 

à suivre

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 19:06

par Arthur Foote, pasteur émérite à la Unity Church, St-Paul, Minnesota


À mes yeux, écrivait James Martineau, éminent unitarien anglais, il faut avouer que c'est une très grande chose de croire en Dieu tout simplement. Il est sûrement difficile d'éviter sincèrement de croire en Lui et de le faire comme il se doit. Mais il est impossible de comprendre vraiment la portée de cette croyance. Il ne s'agit pas de la professer à la légère, mais de chercher en toute humilité à y parvenir. On peut la trouver non pas à la fin d'un syllogisme, mais aux sources les plus intimes et les plus pures de nos sentiments. Elle n'est pas un don instantané de l'intelligence, mais le prix que doit mériter une vie d'amour et de courage.


Je trouve aussi qu'il est difficile de croire en Dieu puisqu'on ne peut éviter sincèrement de croire en Lui mais qu'il est difficile de le faire comme il se doit. Pour ce qui est des dieux, j'estime que ce sont tous des créations humaines, et ne crois nullement à la réalité du surnaturel. Le mot "Dieu" ne signifie donc pas, à mes yeux, l'Être Suprême, une Personne Divine. Il est l'affirmation d'un principe cohérent et rationnel au sein de la vie et de l'univers. Il illustre ma conviction selon laquelle, malgré les tragédies personnelles et l'absence de toute solution définitive, la vie vaut véritablement la peine d'être vécue, et la réalité est au plus haut point valable.


Tous les dieux, y compris celui du judaïsme, de la chrétienté et de l'islam, sont issus de notre expérience d'un aspect divin de l'existence, de notre sensibilisation à une réalité sacrée. Nous pouvons laisser tomber les anciens symboles, mais nous connaissons encore la soif de vérité, des bienfaits de l'amour et de la beauté, et l'impératif moral au fond de nous-mêmes. Pour désigner tout cela, on a le plus souvent recours au mot "Dieu".


Le sens de ce mot évolue et s'accroît selon notre compréhension de ce qu'il représente. Mais la variété de ses acceptions ne me porte nullement à l'abandonner. Tout comme le mot "amour", il paraît quasiment indispensable, car il s'entoure de plusieurs notions essentielles. C'est le mot de la piété. Je comprends pourquoi, de nos jours, un bon nombre de personnes hésitent à l'employer. On peut difficilement en bannir les connotations anthropomorphiques et surnaturelles. Cependant, il est plus dangereux de l'abandonner que de la conserver. Si nous entendons vivre sur le plan religieux, c'est-à-dire en contact avec l'ensemble de la réalité, en faisant preuve de sensibilité, de gratitude et en toute confiance, il nous faut un vocabulaire évoquant nos sentiments et exprimant notre enthousiasme. Nous avons besoin du langage de la poésie tout autant que du vocabulaire scientifique.


Dieu est non pas une proposition à démontrer, mais une réalité à ressentir. Il est non pas quelque chose à définir, mais une réalité à connaître dans le cadre d'un engagement de l'esprit envers la vérité, dans le cadre des exigences de la justice, de la prédominance de la beauté, et du caractère sacré de l'amour.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:48

par Ann Fields, éducatrice religieuse, ancienne directrice des programmes pour enfants de l'Unitarian Universalist Association (UUA) of congregations


Dieu est le mot que j'emploie pour faire allusion à la source de l'émerveillement et du sens du mystère que je ressens en réfléchissant au fait que j'existe. Je pense, donc je rends hommage.


Au moment où je songe à la série de miracles qu'à la légère on appelle la vie, où je vis la permanence de ma propre conscience, d'un "moi" insaisissable qui transcende, semble-t-il, la naissance et la mort des cellules de mon cerveau; au moment où j'envisage la progression irrésistible de l'évolution du cosmos, cette histoire incroyable de la matière inerte ayant donné naissance à des créatures vivantes, sensibles, pensantes, rêveuses…J'ai le sentiment d'une réalité spirituelle qui ne cesse de déferler et de s'accroître. J'estime que nous possédons une conscience collective qui, à chaque instant, s'enrichit et devient plus vibrante, à mesure que l'univers prend conscience de lui-même.


C'est à ce phénomène que je donne le nom de Dieu – l'évolution spirituelle du cosmos, le libre flux de la création. Dieu est le déploiement, la potentialité, la nouveauté. Tout n'attend que de devenir un sacrement, déclare le pasteur unitarien-universaliste Jacob Trapp.


Il m'est difficile d'employer Dieu comme un substantif lequel doit, selon l'enseignement que j'ai reçu, désigner quelque chose: une personne, un lieu ou une chose. Un substantif doit dénoter, définir, délimiter. Il est de caractère statique, ne convenant nullement à mon sentiment du divin.


À mes yeux, Dieu est un verbe. Tirant une métaphore de la ponctuation, Dieu est non pas un point final, mais un point d'interrogation ou un point d'exclamation. Dieu n'est pas la réponse au mystère de la vie; c'est le fait de reconnaître ce mystère.


Contrairement à la divinité de la plupart des traditions, mon Dieu à moi est non pas éternel, mais émergent. Il est le processus de création permanente qui constitue le drame du cosmos. Chacun de nous participe à ce drame, à titre de figurant, en improvisant, en répondant à autrui, en inventant à chaque instant le déroulement de ce drame. Dans le cadre de mon image, Dieu n'est ni l'auteur, ni le directeur, mais l'énergie que déploient les acteurs au cours du dialogue.


Dieu est l'alternance créatrice, comme l'a déclaré l'illustre théologien Henry Nelson Wieman. Il est le processus selon lequel nous nous écoutons les uns les autres et apprenons les uns des autres et arrivons ainsi à de nouveaux degrés de sensibilisation sur le plan spirituel. Chacun d'entre nous possède une position avantageuse par rapport au monde réel. Le fait de partager nos connaissances nous enrichit tous et agrandit les horizons de chacun d'entre nous. Le monde est rempli de choses magiques, qui n'attendent patiemment qu'une plus grande lucidité de notre part, a déclaré Eden Phillpotts, auteur britannique d'un grand nombre d'ouvrages.


Ce phénomène de la conscience en expansion doit avoir lieu chez les individus d'autres espèces, tant sur notre planète que partout où existe la vie douée de sensation. J'estime qu'à la longue, ce processus est bienveillant. Malgré les tourbillons d'hostilité, de concurrence et de violence chez les individus comme chez les espèces, il semble y avoir, dans l'ensemble, un progrès dans le sens de l'amour, de l'altruisme, de la réciprocité, de la coordination – dans le sens de l'intégrité et de la sainteté. Un jour, lorsque nous aurons maîtrisé les vents, les marées et la gravité, nous offrirons à Dieu les énergies de l'amour, écrit le philosophe Teilhard de Chardin. C'est alors, dit-il que pour la deuxième fois dans l'histoire du monde, nous aurons découvert le feu.


Défiant l'entropie, défiant la probabilité, Dieu, comme l'écrivait Samuel Longfellow, est la vie qui renouvelle toute chose. Lorsque je reconnais la présence de Dieu oeuvrant par mon entremise, j'ai le sentiment d'une noble aventure et d'une éternelle validité.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:43

par Richard A. Kellaway, pasteur, First Unitarian Church, New Bedford, Massachusetts


Toute vie religieuse est tout d'abord une expérience vécue, et les symboles religieux sont une tentative d'exprimer cette expérience. Depuis les origines de l'humanité, on a créé des dieux afin de personnifier les sommets et les profondeurs, les joies et les désastres de la vie humaine. Les caractéristiques attribuées à un dieu en disent habituellement plus long sur celui qui y croit que sur la divinité elle-même. Lorsque nous étudions le contraste entre la théologie de Jean Calvin et celle de Ralph Waldo Emerson, nous en apprenons davantage au sujet de ces deux auteurs que sur la nature de Dieu. Les individus et les religions ont, depuis ses origines, étendu et formulé le sens du mot "Dieu". Et pourtant, j'estime que ce mot n'est pas facile à employer.


Lorsque j'entends parler et lorsque je parle de Dieu, cela évoque un bon nombre d'images effrayantes et ridicules ayant peuplé mon enfance et je soupçonne qu'elles ont peuplé celle de plusieurs de mes interlocuteurs. Ce mot crée plus de confusion qu'il m'apporte d'éclaircissements. S'agit-il du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ou du dieu du processus cosmique? S'agit-il d'un bon dieu luttant contre le mal au sein de la création ou d'un dieu englobant tout le réel, la création tout comme la destruction ?


Lorsque je tente d'exprimer ce que j'ai vécu au cours de moments décisifs de mon existence, j'ai le sentiment d'être proche de ce que d'autres appellent Dieu. À la suite de la lutte ardue que nécessite l'acceptation joyeuse et divertissante du moi qui se dissimule derrière mes masques, il y a des moments où je puis sortir de ma réserve afin d'établir des liens avec autrui. Tout à coup, j'ai le sentiment de l'unité qui existe entre moi-même, la nature et l'humanité. J'ai le vif sentiment que la même énergie se retrouve en moi-même tout comme dans les astres, dans les intempéries et chez les oiseaux de mer. Au cours de tous ces moments je ressens qu'il y a, au coeur même du réel, une vitalité qui englobe tout. Je fais partie d'un processus gigantesque, tantôt merveilleux, souvent dévastateur. Alors même qu'à la longue il détruira mon identité personnelle, j'ai le sentiment que rien n'est définitivement perdu, que toute action est liée, de façon inextricable, au vaste enchaînement de l'être. Quel qu'il soit, ce que nous appelons Dieu existe en moi, pour le meilleur ou pour le pire. J'ai la liberté de choisir, mais je suis toujours responsable.


La religion, lorsqu'elle fige l'expérience par l'exercice de l'autorité, afin de dissimuler des décisions humaines sous le voile de sanctions divines, cause le plus grand tort à l'humanité. Trop souvent, noms et croyances se substituent à l'expérience et aux élans sincères. La réalité que nous avons personnifiée sous la forme de dieux n'existe pas sur des maîtres-autels et dans des textes anciens. Elle est l'éternelle immobilité sous-jacente au changement et à l'énergie créatrice du processus cosmique. Puissions-nous aller au-delà du langage afin de vivre cette réalité.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:37

par Alice Blair Wesley, pasteur unitarienne-universaliste, a exercé ses fonctions auprès d'Eglises au Maryland, au New Jersey et au Texas.

Je suis l'auteur d'une pièce de théâtre devant être jouée dans une église. Le personnage principal était incapable de prier, bien qu'il l'ait souhaité ardemment. Ses normes sur le plan intellectuel lui interdisaient d'accepter la seule notion de Dieu dont il était conscient. Et pourtant, sans la moindre gêne, il employait constamment le mot Dieu! comme un juron. Les frustrations de cet individu ont pris tout d'abord la forme de l'humilité, puis celles du discernement et de la joie après qu'il eut avoué qu'en disant "Dieu!" il exprimait une vérité existentielle qui était bien la sienne. Pour lui, cette vérité existentielle était difficile à atteindre. Elle différait juste assez de ce qu'il avait été capable d'accepter pour la rendre quasi inaccessible. Ma pièce de théâtre mettait en scène la mentalité de notre époque, honnête mais confuse et assoiffée sur le plan spirituel, qui en vain est à la recherche de Dieu. Par la suite, le point de mire est non plus ce qu'il nous est impossible de croire, mais ce que nous vivons déjà sans le reconnaître.


Une bonne part de ce que l'on dit de Dieu est confus et dénué de sens, ayant été coupé de son contenu vital. S'il doit de nouveau avoir un sens, nous devons en retracer les racines dans la subjectivité humaine. On ne peut "démontrer" une expérience vécue. Mais on peut en vérifier la cohérence à la lumière de notre expérience et de celle d'autrui. En faisant preuve de rigueur sur le plan rationnel, nous pouvons ensuite affirmer qu'une réalité objective correspond à ce qu'il y a de divin et de sacré dans notre vie.


Je décris comme suit les expériences concrètes sur lesquelles se fonde un discours valable au sujet de Dieu.  

 

Il y a, en premier lieu, le respect mêlé de crainte, le sentiment d'une dépendance totale à l'égard de ce mystère, auteur de l'être au sein duquel nous vivons. Le fait d'oublier ce mystère risque de nous appauvrir, mais nous ne pouvons nous en séparer. C'est une réalité.


En deuxième lieu, il faut se rendre compte que la réalité nous impose des impératifs sur le plan moral. Ces impératifs comportent une foule de nuances: la relativité sur le plan historique, le conditionnement social, les mécanismes biologiques de stimulus-réponse, la libido, etc. À la longue, notre conscience exige de rechercher et de dire la vérité, de créer de la beauté, et de rendre justice à autrui dans un esprit de compassion: ce sont là les impératifs naturels de l'existence humaine. Ces impératifs, nous n'en sommes pas les auteurs, nous sommes incapable de les manipuler au delà d'un certain minimum. Sinon, nous sommes manipulés vers le chaos de la désintégration sur les plans psychologique et social. Ce sont là des réalités.


Il y a, en troisième lieu, l'expérience de la liberté. Les choix s'offrent à nous, en grand nombre ou en petit nombre, mais ils sont réels. Il nous est loisible de réagir à ces impulsions par un épanouissement dans le cadre du culte. Nous devons obéir aux exigences de notre conscience. Cette liberté, nous ne l'avons pas créée, il ne nous appartient pas de la manipuler, bien que nous puissions en user ou en abuser. C'est une réalité.


En quatrième lieu, il y a l'expérience de la libération. Nous sommes des êtres foncièrement sociables. Nous sommes toujours, dans une certaine mesure, captifs des conséquences que produisent les abus de liberté, de notre part et de la part d'autrui. Nous sommes captifs des limites de notre esprit. Et pourtant, à maintes reprises, aussi bien sûr le plan personnel que sur le plan historique, nous avons connu le renouveau, inspiré par la liberté, qui surmonte ces conséquences et formule des idées nouvelles et créatives qu'ils appliquent à l'ordre social. Les notions des objectifs divins au cours de l'histoire de l'humanité découlent du sens de l'orientation inhérente à l'expérience de la libération. Le sens de l'orientation, tout comme la connaissance des possibilités de la trahir, sont des réalités.


À mes yeux il ne peut y avoir qu'une seule réponse à toutes ces réalités de l'expérience humaine – une exclamation empreinte de vénération – Toi mon Dieu!

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:30

par Paul H. Beattie, ancien pasteur de First Unitarian Church, Pittsburgh, Pennsylvanie.


La religion unitarienne-universaliste ne comportant aucun credo, il appartient à chaque unitarien-universaliste de décider si la notion de Dieu est un élément essentiel de ses croyances personnelles. Selon la tradition judéo-chrétienne, Dieu était une personne surnaturelle avec laquelle on pouvait communiquer et qui s'immisçait dans le fonctionnement matériel de l'univers. Toutefois, les théologiens les plus savants ont depuis longtemps laissé tomber cette notion. Dieu a effectivement été redéfini de manière à être compatible avec une vision naturaliste du monde. Selon le théologien Paul Tillich, Dieu serait le fondement de l'être. Selon Tillich, Dieu est la structure de tout ce qui existe ou, comme l'affirme le philosophe Alfred North Whitehead, le principe de la concrétion. Henry Nelson Wieman, théologien unitarien-universaliste, voyait en Dieu le principe de la créativité fonctionnant en tout chose. Aux yeux de certains unitariens-universalistes, Dieu serait la Nature même.


Ceux pour qui une terminologie théiste est salutaire, peuvent faire un usage constructif de ces diverses définitions de Dieu, et de beaucoup d'autres encore. Ces redéfinitions vont parfois jusqu'à ne faire de Dieu qu'un idéal humain, comme celle de John Dewey, pour qui Dieu était l'aboutissement total de l'idéal humain.


Il y a un bon nombre de motifs de conserver la notion de Dieu, soit le maintien de la tradition et des communications plus faciles avec les religions traditionnelles. Et surtout, le théiste croit volontiers que la notion de Dieu est un soutien sur le plan émotif et satisfaisante sur le plan intellectuel. Par contre, un bon nombre d'unitariens-universalistes n'estiment pas que la notion de Dieu soit salutaire dans le cadre de l'activité religieuse. Ils sont d'avis que si les religions théistes sont efficaces, c'est non pas parce que les notions métaphysiques traditionnelles seraient vraies, mais parce qu'il y a dans la nature humaine des besoins et des aptitudes fondamentales auxquelles peuvent répondre diverses formules religieuses.


Feuerbach et Freud, parmi les premiers humanistes, voyaient dans les divinités et dans la religion des projections du psychisme humain. L'humaniste élabore une religion ou une conception de la vie sans avoir recours à la notion de Dieu. Selon les humanistes, il y a, pour tout sentiment vécu par un théiste, une émotion équivalente dans le système de référence humaniste. Là où le théiste parle de providence divine, l'humaniste parle de destin; lorsque le théiste parle de grâce, l'humaniste parle de hasard heureux. Lorsque le théiste est mû par les émanations de l'Esprit-saint, l'humaniste vit des "expériences de pointe".


Chacun des unitariens-universalistes emploie les expressions qui lui paraissent les plus utiles pour formuler ses croyances personnelles. Le bonheur que l'on trouve dans une religion ne comportant aucun credo se retrouve largement dans le dialogue significatif où les intéressés partagent divers symboles religieux et dans le rôle qu'ils jouent dans la vie de chacun.


Après des années de recherches, je suis davantage plongé dans une terminologie humaniste pour le domaine de la religion, tout d'abord pour deux raisons. En premier lieu, la notion de Dieu, malgré les ré-interprétations dont elle a fait l'objet, comporte trop d'éléments passéistes. J'estime que le mot Dieu a fait son temps, et qu'il ne vaut plus la peine de le réinterpréter. En second lieu, la notion de Dieu ne peut facilement s'intégrer aux renseignements que nous fournissent constamment les chercheurs et les penseurs actuels. La psychologie, la sociologie, la biologie, l'anthropologie, ce sont là les matières premières à partir desquelles on peut élaborer une religion moderne.

 

Les théologiens se croient tenus de placer la religion sur le lit de Procuste de la notion de Dieu. Je préfère édifier nos croyances à partir des êtres humains et de notre situation sur cette planète, à la lumière des interprétations fournies par des connaissances nouvelles, et non plus sur une théologie formée d'éléments trop périmés pour intégrer pleinement l'état actuel de nos connaissances.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:24

par Marni Harmony, une pasteure unitarienne-universaliste ayant exercé ses fonctions auprès d'Eglises dans le Maryland, en Pennsylvanie et au Wisconsin.


Quelle que soit la notion de Dieu chez l'un ou l'autre d'entre nous, il est vrai, semble-t-il, que cette notion comportait une grande sagesse pour nos ancêtres et en comporte encore pour un bon nombre de nos voisins sur cette planète. Si Dieu ne veut rien dire aux yeux de certains croyants libéralistes, nous devons du moins trouver comment formuler les vérités et les révélations jadis associées à Dieu qui demeurent valables à nos yeux. Cette union et ce rapport dynamiques entre l'idéal et le concret – union que d'aucuns qualifient de Dieu – doivent être maintenus dans nos esprits. Notre volonté scientifique et rationnelle de connaître tous les faits doit se joindre à l'acceptation du mystère et au fait que nous ignorons certaines choses. Lorsque nous prenons au sérieux l'expérience du divin, nous affirmons que notre humanité s'épanouit dans le cadre de ces dilemmes entre la connaissance et le mystère, le doute et la croyance.


Chacun d'entre nous doit poser ses propres questions, et il appartient à chacun d'aboutir à ses propres notions des réalités suprêmes. Comme le disait Ralph Waldo Emerson, c'est par une porte secrète que Dieu s'introduit dans chaque individu. En vérité, j'estime qu'il est impossible de nier la lutte intérieure incessante qui se poursuit avec mes propres cauchemars, avec mes propres rêves, avec moi-même et avec Dieu. Durant notre parcours, nous devons façonner, à partir des matières brutes et grossières de notre moi et de notre monde, quelque chose de vrai et de significatif. Le long de ce parcours, il faut traverser les sombres espaces qui séparent les étoiles, et les transformer en lumière. Ce parcours nous entraîne dans les profondeurs d'un tourbillon où il faut ouvrir les yeux et tendre les bras, jusqu'à ce que nous ayons acquis le droit d'en revendiquer le centre de gravité. Pour moi, ce parcours, c'est Dieu.


Dieu est une inspiration. Dieu est l'image de la perfection, de la sagesse, de la sainteté, de la salubrité. C'est cette image toujours présente que je dois m'efforcer d'atteindre et vers laquelle je dois orienter mon âme. Le Dieu qui m'appelle est non pas un Dieu de la tradition, des lois, des contrats ou des rhétoriques, mais plutôt un dieu de l'essentiel et un dieu présent. Ce Dieu, bien qu'il semble nous atteindre à partir de l'au-delà, se retrouve au coeur même de tout ce qu'il y a de plus vivant dans l'expérience humaine. En voyant plus loin que les scissions qui nous séparent, nous nous rapprochons de la lumière bénéfique qu'est l'unité de Dieu.


Comment démontrer l'existence de Dieu ? Comment démontrer l'existence de l'amour ? On ne peut en démontrer l'existence que par la réalité de sa présence, que par les témoignages vivants apportant la certitude que l'on est aimé. On a le sentiment de Dieu et c'est alors qu'on le connaît.

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