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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 18:37

Quand la poésie rejoint les équations pourrait être le sous-titre caché du film documentaire réalisé par Caroline Puig-Grenetier.

femme astronaute vue sur le blog de Colette, plate-forme d'Over-blog. Plus près du mystère de la Vie du fait de sa féminité et de son aventure spatiale ?

La réalisatrice, qui n'en est pas à son coup d'essai, avoue sa gratitude à Thierry Magnin de l'avoir emmenée sur ces chemins-là. Grâce à la finesse des transitions et d'une composition d'ensemble en touches impressionnistes, le spectateur avance à pas mesurés dans les théories des super cordes, touche du doigt les principes de non séparabilité, le principe anthropique, s'aventure sur les chemins des mystères insondables de la physique quantique, guettant au passage le moment où ces scientifiques-croyants ou croyants-scientifiques nous diraient voilà : Dieu est là !

Eh bien, non. "Le commencement dans le temps et l'espace nous échappe mais il s'agit de ne pas mettre Dieu comme une explication" explique Thierry Magnin, Monsieur Loyal très à l'aise pour faire le départ entre son costume cravate de scientifique et son aube de croyant. Chacun de ses amis scientifiques et croyants, embarqué dans l'aventure du film, s'exprime face-caméra. Dans L'homme entre science et religion, le spectateur touche sans cesse les limites du savoir scientifique sans jamais toucher "aux fruits interdits de l'arbre de la connaissance".

Au détour d'un plan, entrecoupées de pauses méditatives, les paroles que vont chercher nos plongeurs en eaux profondes sont nombreuses, des perles qui cassent nos schémas classiques -humains trop humains ?- de perception de la réalité comme ce concept de vide habité par les vibrations ou celui du mur de Planck autour de la singularité initiale "où toutes les lois de la physique explosent". On se prend de vertige devant l'enthousiasme communicatif de chacun, devant les questions soulevées qui restent avec des réponses comme en suspens sur l'infini de l'univers, les mystères de la conscience et de l'origine.

Alors quid des réponses apportées par la religion ? "Dieu n'est pas de l'ordre du savoir", résume à merveille Philippe Deterre, biologiste et prêtre à la Mission de France. "La science que peuvent faire les croyants est la même science qui part d'hypothèses et qui va vers de la cohérence. En revanche, c'est Dieu qui me pousse à faire de la science à travers la tradition biblique. Derrière le chaos il y a du cosmos, ordonné par le Logos. Derrière l'apparent silence, il y a de la parole".

Une question que Thierry Magnin reprend au vol : " La question pour le bibliste est : qu'est-ce qui nous fait exister ? Quelle est notre origine à tout instant : la parole et la relation à Dieu qui donne le sens. C'est le souffle de Dieu. L'homme ne serait-il pas lui-même habité par un infini ? "

compte-rendu de Jean-Pierre Jusselme, Eglise à St-Etienne (France), écrit en mai 08 et paru dans le bulletin "Quelques nouvelles", n° 213, juillet-août 2008, de la mouvance des Amis de Marcel Légaut.
Pour plus ample information sur cette mouvance : http://legaut.chez-alice.fr/ 

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 20:10

par Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), " Réflexion " au culte francophone du dimanche 25 mai de l’Eglise unitarienne de Montréal (EUM) (2ère partie), publiée dans la Correspondance unitarienne, n° 81, juillet 08.

Ndlr : Contrairement aux Eglises historiques de l'unitarisme qui sont restées dans la sphère chrétienne, les congrégations unitariennes-universalistes se sont ouvertes aux croyants issus d'autres cultures religieuses et, d'une façon inclusive, aux agnostiques et aux athées. En cela, elles tiennent compte de la moindre pertinence actuelle de la distinction entre croyants et non croyants. L' "éloge" ci-dessous est prononcé par un chrétien unitarien, ce qui témoigne combien les unitariens de diverses sensibilités cohabitent très fraternellement au sein de la mouvance unitarienne contemporaine.

"L’unitarisme-universalisme n’est pas un refuge pour agnostiques et athées qui, aux Etats-Unis, sont sommés de déclarer une religion d’appartenance, ni une auberge espagnole où chacun amènerait sa religion, ni un supermarché des croyances, ni une religion à la carte, ni une dérive du christianisme, ni un laisser faire et un laisser aller au nom d’un libéralisme des convictions et des mœurs.

Il s’agit, avec l’unitarisme-universalisme, ni plus ni moins, de baliser, par des pratiques et des attitudes, une nouvelle approche du religieux par une sortie des religions particulières au bénéfice d’une appréhension d’emblée universelle du mystère de la Vie.

De même que le théisme du Siècle des lumières s’est détaché des religions révélées, au bénéfice d’une contemplation directe des lois de la Nature, de même l’unitarisme-universalisme s’est émancipé du christianisme pour mieux embrasser les valeurs universelles qu’il rappelle dans ses sept principes. 

calice de la First Unitarian Congregation of Ottawa, près d'un arbre vivant afin de mieux célébrer le mystère de la Vie et notre devoir de respecter l'environnement ; photo Jean-Claude Barbier, mai 2008

Larguez les amarres ", dit la Tribune libre unitarienne dans son premier éditorial du début de 2005. Projet certes ambitieux, que certains peuvent considérer comme utopique, mais je témoigne ici du début de sa réalisation.

Oui, les unitariens-universalistes constituent des communautés fraternelles où il fait bon vivre.

Oui, de leurs rassemblements, émane une conviviale fraternité faite de paroles d’accueil à l’adresse de tous ceux qui souffrent de discrimination, de gestes symboliques qui relient les Hommes entre eux, de bannières colorées brandies au nom de leur communauté.

Oui, ils vivent une spiritualité active que Lucie-Marie Castonguay-Bower nous a dit être l’Amour même, lors de ce rassemblement national d’Ottawa où elle nous présenta les groupes de " croissance spirituelle " qui sont promus au sein de votre mouvement.

Assurément, le pari de l’unitarisme-universalisme est en train d’être tenu. Une belle et forte tradition s’est déjà formée. Je ne peux que vous encourager dans votre religion, dans votre foi, dans la voie qui est la vôtre, que vous avez choisie et que vous aimez.

Nous nous retrouvons d’ailleurs tous, les uns les autres, au sein de l’unitarisme contemporain dont vous connaissez la dimension internationale en pleine expansion.

C’est dorénavant au sein de cet ensemble que nous pouvons situer notre culture francophone, dans une relation triangulaire entre unitariens du Québec, ceux de l’Afrique noire francophone, et ceux de l’Europe francophone. Dans cette relation chacun apporte ses talents, ses activités, son identité, son enthousiasme.

L’enthousiasme ! Je choisis volontiers ce dernier mot comme finale de ce rappel de notre historique qui nous est commun, où nous avons croisé nos chemins, réuni nos forces, noué des amitiés, car l’enthousiasme n’est-il pas la qualité première des pionniers ?"

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 14:08
L'Eglise unitarienne francophone (EUfr) se joint aux festivités qui marquent le 400ème anniversaire de la ville de Québec.

le programme des festivités :
http://monquebec2008.sympatico.msn.ca/MonQuebec2008/
http://fr.wikipedia.org/wiki/400e_anniversaire_de_Qu%C3%A9bec

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 08:14

L’Eglise unitarienne francophone (Eufr) demandera-t-elle son adhésion à l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) ?

Certainement pas !

une représentation par pays

La représentativité auprès de l’ICUU se fait pays par pays et non pas par aire linguistique. Les unitariens francophones du Canada sont représentés auprès de l’ICUU par le Conseil unitarien du Canada (CUC), ceux du Burundi et du Congo Brazzaville par leur association respective, et ceux de France par l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) *
* en attendant que le Conseil des unitariens et universalistes de France (CUUF) devienne fonctionnel

Lisanga ya bandimi na Nzambé, au Congo RDC, va demander sa reconnaissance comme groupe en émergence. Il reste la Belgique et la Suisse qui ne sont pas représentées à l’ICUU car elles ne disposent pas encore d’une communauté unitarienne. Les unitariens de ces pays se sont mis en relation avec l’AFCU ou le réseau de la Correspondance unitarienne.

Rappelons aussi que notre Eglise n'a pas vocation à se substituer aux communautés existantes dans l'espace francophone. Elle n'est nullement un relais vers le haut. Si elle constitue effectivement pour ces communautés un point de repère, elle n'est nullement englobante et se veut simplement un espace de rencontre, partagée, d'harmonie, sans plus ni moins.

le cas particulier de l’EUU

Seule exception à la règle, l’European Unitarian Universalists * (EUU), qui regroupe les communautés anglophones en Europe (à Paris, Genève, Amsterdam, région de Bonn), est membre à part entière à l’ICUU. Elle est aussi, par ailleurs membre de l’importante association américaine, l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations.

* les deux termes unitarian et universalist sont généralement mis à égalité puisque résultant d’une fusion en 1961 entre deux partenaires confessionnels, l’Eglise universaliste américaine et l’Association unitarienne américaine. Les unitariens qui se réfèrent à cette fusion historique sont dits et se disent unitariens-universalistes, le trait d’union (en français) spécifiant l’égalité des deux termes et leur association. L’EUU rompe cet équilibre en mettant un pluriel à " universalists " et en faisant d' " unitarian " un qualificatif, ce qui donne le sens suivant : " les unitariens européens qui sont universalistes ".

l’appel d’Ottawa

Toutefois, suite à l’internationalisation de l’unitarisme et de l’universalisme, il faudra bien que l’ICUU, à plus ou moins long terme, accorde une place aux aires linguistiques. Celles-ci, en effet, facilitent les relations en leur sein. Notre mouvance comporte des élites qui savent manier l’anglais, même si ce n’est pas toujours performant au niveau de l’oral, mais aussi des milieux populaires qui en sont plus éloignés.

Respectons les identités nationales, respectons les langues des peuples, respectons leur histoire et leurs coutumes.

Une embrassade dans les rues de Turin, photo Jean-Claude Barbier, juin 2007.

L’Appel francophone d’Ottawa * (mentionné sur ce site dans la rubrique "les piliers de l'Eglise") demande précisément que les sites, celui de l’ICUU et ceux des congrégations comportant des minorités linguistiques, ouvrent des pages en conséquence.

Il ne s’agit pas seulement d’exigence, pour le respect des identités, mais aussi d’efficacité afin que notre mouvance devienne vraiment internationale et touche davantage les milieux populaires.

Nous appelons à ce que chaque grande aire linguistique s’organise. Notre Eglise, dont la base est linguistique, se veut en cela un prototype.


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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 09:05

Un poème de Marcel Perrier, évêque de Pamiers (depuis 2000), en Ariège (dont le chef-lieu départemental est Foix), intitulé "Quel Dieu ?" * et publié en 2002 dans Paroles et paraboles, aux éditions L’édelweiss, Bourg Saint-Maurice, France
* dieu est écrit avec une mininuscule pour les dieux en général et un dieu en particulier, mais avec une majuscule lorsqu'il s'agit du dieu des monothéistes, pour eux unique et seul existant : Dieu.

Je ne crois pas au dieu qui dirigerait tout, tous les évènements, chaque instant de nos vies.
Mais je crois en un Dieu qui crée nos libertés, quels que soient nos chemins.

Je ne crois pas au dieu qui laisserait tomber, après quelques années, ses enfants au néant.
Mais je crois en un Dieu, Père toujours fidèle, serviteur de la vie.

Je ne crois pas au dieu qui pourrait décider de la mort des vivants, fixant le jour et l’heure.
Mais je crois en un Dieu qui fait vivre les morts d’une étincelle de vie.

Je ne crois pas au dieu derrière les nuages, spectateur bien lointain de l’histoire des hommes.
Mais je crois en un Dieu venu en Jésus-Christ * partager notre vie

Je ne crois pas au dieu surveillant pointilleux de tous nos manquements.
Mais je crois en un Dieu passionné de bonheur, vivant d’Esprit d’Amour, dynamisant nos cœurs.

* référence au dogme de l’Incarnation auquel les chrétiens unitariens n’adhèrent pas 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:47

Let this flame symbolize the divine spark of light
embedded in all living beings.
May its flame lead us to greater knowledge and tolerance.
May its warmth lead us to deeper love and compassion.
And may its light lead us toward greater wisdom and understanding.
Yes, each of us is but a tiny flame.
But together we can enlighten the world!

Que cette flamme soit le symbole
de la divine étincelle de lumière au cœur de tout être humain
que sa flamme nous conduise vers une plus grande connaissance et tolérance
que sa chaleur nous fasse découvrir un plus profond amour et compassion
que sa lumière nous mène vers davantage de sagesse et d'entendement.
Oui chacun de nous n'est qu'une flamme minuscule,
mais, ensemble, nous pouvons éclairer le monde !

Prière du mois de juin proposée par Lene Lund Shoemaker, de l’Eglise unitarienne danoise (
www.unitarisme.dk), à toutes les congrégations unitariennes du monde entier, dans le cadre du programme Global Chalice Lightings. Elle a été traduite en français par Noëlle Colle et adaptée par Jean-Claude Barbier

Fondée en 1900 par des unitariens britanniques et norvégiens, l’Eglise unitarienne danoise est restée inféodée à la British General Assembly of Unitarian and Free Christian Churches. Elle en est toujours membre à part entière avec droit de vote. Le cordon ombilical n’a donc pas été coupé. L’assemblée fonctionne d’ailleurs avec un simple ministre laïc et n’a pas encore un pasteur.

Elle annonce une centaine de familles comme membres auxquels s’ajoutent des sympathisants. Elle est membre fondatrice de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), donc depuis 1994. Elle est aussi membre de l’International Association of Religious Freedom (IARF).


lieu de culte érigé en 1927 grâce à une donation de Nina Grieg, veuve du célèbre compositeur Edvard Grieg.

Dans le contexte de déchristianisation, mais aussi de désaffection vis-à-vis des religions en général, elle a opté pour une orientation "humaniste". Ce choix est aussi celui des unitariens finlandais
http://www.netlife.fi/~nl02067/uu  mais cette fois-ci avec une référence directe à l'unitarisme-universalisme. Par contre, la Norvège et la Suède ont des Eglises unitariennes qui sont chrétiennes http://www.unitarforbundet.org

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Published by Lene Lund Shoemaker pour la prière - dans la méditation du mois
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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 12:07

André Gounelle, pasteur de l’Eglise réformée de France (ERF), théologien protestant libéral, professeur honoraire à la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier, a écrit, entre autres nombreux ouvrages, " Parler de Dieu " en 1998 (Paris, Le Foyer de l'Âme), texte réédité en 2004 aux éditions Van Dierens, 166 p. Collection "Foyer de l'Âme" (en vente à 22 euros TTC à la librairie par correspondance L’Arrêt aux pages).

Il s'exprime de nouveau sur ce sujet dans un article d' Evangile et Liberté (n° 220, juin-juillet 2008, p. 4) avec un article tout simplement intitulé "Dieu". Nous en reproduisons ici un passage concernant plus directement la thématique de notre série.



Dieu

Ce que Dieu est en lui-même, nous l’ignorons ; nous sommes incapables d’en parler justement et complètement. Par contre, nous pouvons dire ce qu’il représente pour nous, comment il nous touche ou nous affecte. Pour ma part, quand on m’interroge, je mets l’accent sur quatre points [ndlr : voir l'article en entier], en soulignant que mes propos, fondés sur une expérience partielle et défectueuse de Dieu, ne prétendent pas le définir... (…)

Dieu d’Abraham et Dieu des philosophes

On oppose souvent le " Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob " (une personne vivante avec qui on a une relation de type " je-tu ") au " Dieu de philosophes et des savants " (un " élan vital " ou une réalité " océanique ", quelque chose d’impersonnel et d’abstrait).

Cette opposition ne me convainc pas ; Dieu n’est pas seulement une personne. Il est aussi autre chose et bien davantage, non pas infra mais supra personnel. " Il y a une sorte de profanation, écrit Emerson (pasteur et philosophe américain, 1803-1882), à dire que Dieu est personnel. Il n’est plus alors qu’un grand homme, c’est trop peu ". De même Charles Wagner affirme : " Dieu est infiniment plus qu’une personne ".

Dans la rencontre de personne à personne avec Dieu, nous percevons un aspect ou une face de son être, mais pas l’ensemble ou la totalité. Aussi, loin d’exclure le Dieu des philosophes, le croyant en a besoin pour comprendre un peu mieux (ou un peu moins mal) Celui à qui dans la foi il s’adresse en lui disant " tu ".

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 10:17

Dieu à la place d’un point d’interrogation

"Une religion, qu'est-ce d'autre qu'une doctrine qui explique quelque chose que l'on ne comprend pas (l'existence de l'univers, de la vie, de la pensée ...) par quelque chose que l'on comprend encore moins (Dieu) ?"
Présentation de la philosophie, 2000, Paris : Albin Michel, 217 p.

croyants et incroyants, nous ne sommes séparés que par ce que nous ignorons.

" Au fond, à la lecture des évangiles, ce qui fait la valeur d’une vie humaine, est-ce le fait que la personne en question croit ou pas en Dieu,
qu’elle croit ou pas en une vie après la mort ? S’agissant de ces deux questions, la seule vérité, pour vous comme pour moi, c’est que nous n’en savons rien ! Croyants et incroyants, nous ne sommes séparés que par ce que nous ignorons. Il serait paradoxal d’attacher plus d’importance à ce que nous ignorons, qui peut sembler nous séparer, qu’à ce que nous connaissons très bien, d’expérience, et qui nous rapproche : ce qui fait la valeur d’une vie humaine, ce n’est pas la foi, ce n’est pas l’espérance, c’est la quantité d’amour et de courage dont on est capable. " A-t-on encore besoin d'une religion ?  2003, sous la direction d'Alain Houziaux, avec André Comte-Sponville, Bernard Feillet et Alain Rémond, Paris, Les Editions de l'Atelier, 94 pages.

La religion est-elle nécessaire aux valeurs ?

"Avez-vous besoin de croire en Dieu pour penser que la sincérité vaut mieux que le mensonge, que la générosité vaut mieux que l'égoïsme, que le courage vaut mieux que la lâcheté, que la douceur et la compassion valent mieux que la violence et la cruauté, que l'amour vaut mieux que la haine ?" (idem)


intégrisme et spiritualité

"Le retour à la religion a pris, ces dernières années, une dimension spectaculaire, parfois inquiétante. On pense d’abord aux pays musulmans. Mais tout indique que l’Occident, dans des formes certes différentes, n’est pas à l’abri du phénomène. Retour de la spiritualité ? On ne pourrait que s’en féliciter. Retour de la foi ? Ce ne serait pas un problème. Mais le dogmatisme revient avec, trop souvent, et l’obscurantisme, et l’intégrisme, et le fanatisme parfois. On aurait tort de leur abandonner le terrain. Le combat pour les Lumières continue, il a rarement été aussi urgent, et c’est un combat pour la liberté.

Un combat contre la religion ? Ce serait se tromper d’adversaire. Mais pour la tolérance, pour la laïcité, pour la liberté de croyance et d’in-croyance. L’esprit n’appartient à personne. La liberté non plus.

(…) J’ai horreur de l’obscurantisme, du fanatisme, de la superstition. Je n’aime pas davantage le nihilisme et la veulerie. La spiritualité est une chose trop importante pour qu’on l’abandonne aux fondamentalistes. La tolérance, un bien trop précieux pour qu’on la confonde avec l’indifférence ou la mollesse. Rien ne serait pire que de nous laisser enfermer dans un face à face mortifère entre le fanatisme des uns – quelle que soit la religion dont ils se réclament - et le nihilisme des autres. Mieux vaut les combattre tous, sans les confondre et sans tomber dans leurs travers respectifs. La laïcité est le nom de ce combat. Reste, pour les athées, à inventer la spiritualité qui va avec".
L’esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu, 2006, Paris, Albin Michel.

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 08:57

Note inédite de Jean-Claude Barbier en date du 3 mai 2004, "Croyants - non croyants". Nous reprenons ce titre pour lancer, avec cette note, une série sur ce site.

S'il existe des Eglises, des associations et des mouvements identitaires au sein de l'unitarisme contemporain, par contre l'acceuil des agnostiques et des athées en recherche spirituelle est de mise pour les services et la participation aux activités. En cela, nous sommes inclusifs.  D'une façon plus radicale, au-delà de cet accueil, les congrégations unitariennes-universalistes ouvrent leurs portes indistinctement aux croyances et il arrive souvent que les "humanistes" deviennent majoritaires en leur sein.

Pour un débat en ce qui concerne le christianisme unitarien, voir le Manifeste d'Avignon sur le site de l'AFCU et l'article à la Une de la Correspondance unitarienne "Christianisme d'ouverture et post-christianisme : faut-il inviter les autres à faire partie de nos communautés chrétiennes ?", n° 65, mars 2007.

la fin d'un clivage

La déchristianisation qui touche l’Europe occidentale entraîne une recomposition du religieux dont l’un des effets est d’atténuer, voir même de gommer le clivage croyants - non croyants. Des mouvements, et parfois des Eglises locales, pratiquent désormais un christianisme d’ouverture en accueillant toute personne en recherche spirituelle, sans que soit exigé au préalable une profession de foi au terme d’un catéchuménat.

Inversement, l’athéisme militant a su composer avec la plupart des croyants, dès lors que ces derniers ont pleinement accepté les valeurs d’une société laïque et démocratique.

Un climat d’indifférence théologique s’est d'ailleurs instauré et peu de croyants s’adonnent encore aux polémiques orales ou écrites entre religions et confessions différentes. La plupart des familles sont touchées par le pluralisme religieux, spirituel, philosophique de nos sociétés modernes, et les changements d’appartenance sont désormais admis.

Sur ce fond sociologique, divers mouvements remettent en cause les dogmatiques chrétiennes au nom de la raison (en cela ils sont les héritiers du socinianisme du XVIème siècle), des progrès des sciences naturelles (la terre est ronde et non plus plate, tourne autour du soleil, les espèces animales et humaines sont apparues progressivement et en interaction les unes des autres, etc.) et des sciences des religions (recentrage sur le Jésus historique, meilleure connaissance du judaïsme et du christianisme naissant, etc.). Les croyants disposent désormais d’une exégèse des textes qui fait largement appel aux scientifiques.

Dès lors, des dogmes tombent : le Péché originel, c’est quoi dans le contexte de l’émergence des hominidés ? Et alors que fait-on de l’Immaculée conception s’il n’y a pas eu de Chute à partir d’un paradis ? Et quel rôle attribuer au Christ s’il n’y a plus besoin de rédempteur ? Qu’en est-il aujourd’hui de la représentation anthropomorphique d’un Dieu "père" qui dérangerait ponctuellement les lois de la Nature pour que passe son action providentielle en faveur de tel ou tel dévot ? L’interrogation et le doute, naguère taxés de manque de foi, ne sont plus rejetés ; au contraire, une foi sans doute est celle du " charbonnier " et devient même suspecte d’aveuglement ...

De plus en plus de croyants vivent leur foi comme un engagement personnel, comme un choix de vie, et témoignent des valeurs qu’ils vivent, mais ne considèrent plus leur foi comme une référence universelle et absolue que tout le monde devrait adopter. Ils admettent que d’autres options soient faites et que toutes les sagesses du monde se valent dès lors qu’elles ne sont pas totalitaires et manipulées par des gourous pervers ou des forces politiques. Le prosélytisme apparaît comme un comportement archaïque, un harcèlement déplacé violant notre liberté de conscience et de choix.

Nous avons à réfléchir à l’évolution des mentalités et des comportements dans un contexte citoyen où les sagesses, athéisme inclus, doivent apprendre à cohabiter pacifiquement, à dialoguer sans polémique et à agir ensemble.

quelques enjeux pratiques


Les communautés religieuses doivent-elles ou non s’ouvrir à des personnes agnostiques, voire athées, qui se disent en recherche spirituelle ? L’adhésion aux dogmes, la conversion, le baptême, la situation matrimoniale, sont-ils encore des conditions préalables pour entrer dans une communauté ? Doivent-ils être encore mis en avant ou bien ne sont-ils pas dorénavant inscrits dans des itinéraires spirituels ?


Certains questions morales et éthiques et les débats de société relèvent-ils encore des religions ou bien du politique ? Le christianisme devenant une sagesse parmi d’autres se doit de susciter des débats ouverts, avec d’autres courants religieux ou philosophiques et non plus traiter certaines questions en intra muros. La réflexion doit se faire de plus en plus au niveau de la cité, entre tous les acteurs concernés, renouant ainsi avec l’Agora des villes antiques.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans croyants-non croyants
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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 10:28

 source : documents de la First Unitarian Church of San Jose (Californie, États-Unis), traduits et adaptés par le Rassemblement francophone unitarien universaliste d’Ottawa, présentés à l’atelier en français " Groupe de croissance spirituel ", lors de la Rencontre annuelle du Conseil unitarien du Canada (CUC) en mai 2008 à Ottawa, par Lucie-Marie Castonguay-Bower et Elaine Hartman, envoyés le 11 juin à l'Eglise unitarienne francophone (EUfr). Résumé sur ce site par Jean-Claude Barbier.

Pour plus amples informations :
lucie.marie@rogers.com



Lucie-Marie Castonguay-Bower à la rencontre nationale du CUC, à Ottawa en mai 2008. Photo J.-C. Barbier


que vous apportera votre participation ?

Le Groupe vous apportera une expérience différente des groupes d’éducation religieuse pour adultes, d’étude, de soutien ou de toute autre chose que vous faites dans votre communauté ou congrégation, de même que des réseaux amicaux. Par son cadre ouvert, protecteur, enrichissant, par une attention mutuelle, interactive les un(e)s pour les autres, le Groupe facilitera votre croissance spirituelle. Il vous aidera :

- à chercher votre voie et à évoluer selon votre propre rythme, à votre façon, en parlant de votre histoire, en apprenant, en respectant et en aimant les autres, en contribuant au groupe selon votre temps disponible et vos moyens.

- à découvrir quelles sont vos vraies valeurs et à les exprimer dans vos actions et votre vie quotidienne ;
- à mieux reconnaître et à apprendre à utiliser vos talents spirituels ;
- à vous affirmer davantage et à vous sentir accepté(e) ;
- à faire l’expérience de l’attention aux autres et d’échanges dans la confiance et l’intimité

Par leur contenu et leur déroulement, on veut que les réunions encouragent l’intimité, un engagement sérieux par rapport aux sujets religieux et spirituels et qu’elles mènent à l’expression de nos principes et valeurs dans nos actions ... Le coeur du contenu est l’histoire de vie partagée des membres du groupe en réponse à des thèmes d’orientation qui portent à réflexion, et les enseignements que nous en tirons

le déroulement d’une séance

Chaque réunion a été préparée par une note qui a été distribuée par l’animateur(trice) 15 jours à l’avance. Cette note contient une explication du sujet, accompagnée de questions, exercices, et citations parmi lesquels vous pourrez choisir.

La séance s’ouvre comme lors d'une assemblée dominicale : la flamme du calice est allumée, une prière dite, suivie d’un moment de silence.

Un tour de table des participants est effectué ; chacun, en une ou deux minutes partage une bonne ou moins bonne chose de sa semaine. Chacun écoute sans réagir. Pour les premières réunions, un tel tour de table sert de brise glace.

La prise de parole n’est pas obligée et quelqu’un peut très bien ne pas intervenir, mais chacun y est invité avec douceur puisque le groupe valorise précisément l’expression et donne l’occasion d’être écouté avec attention et emphatie. A défaut de prise de parole ou en supplément à ses propos, quelqu’un peut apporter un ou des objets, une image, etc., qui font sens pour lui et dont il veut partager la valeur.

Un participant peut requérir la confidentialité s'il le juge nécessaire.

Ce premier contact se poursuit par des lectures apportées par les uns et les autres ; ou bien c’est la lecture d’un même texte lu à tour de rôle, ou encore d'une même voix.

A propos du sujet du jour, chacun donne librement son opinion. Les autres écoutent attentivement ; il n’y a pas de réplique, ni de discussion ; les autres membres écoutent. Chaque personne parle lorsqu’elle est prête ; il n’y a pas d’ordre préétabli ; parfois, il peut y avoir une pause entre deux personnes afin de pouvoir absorber les idées de celui ou celle qui vient de parler.

Il peut s’ensuivre un temps d’échange une fois que tout le monde a parlé ; toutefois ce n’est pas un débat. Cela donne une occasion de faire part d’idées qui ont pu surgir pendant le partage. On demande alors que les interventions soient brèves et positives.

Il convient bien entendu d’éviter les apartés car le groupe doit être uni dans l’écoute de celui qui parle.

À l’occasion, un événement ou une situation particulière concernant un membre du groupe a besoin d’être souligné par ce qu’on appelle un rituel de vie. Cela se fait habituellement à la fin d’une réunion régulière. Il existe divers rituels, tant pour les événements heureux que malheureux. L’animatrice(teur) expliquera le rituel au besoin.

En fin de séance : un chant simple et l’extinction de la flamme.

l'organisation du groupe

Le groupe discute de sa propre organisation et il est demandé à chacun d’en respecter les décisions. Il est de règle d’avertir l’animateur(trice) en cas d’absence.

Les séances ne doivent pas dépasser les 90 minutes (une heure et demi) afin de ne pas lasser l’attention.

L’animateur(trice) prépare et anime les réunions. Il facilite l’expression des uns et des autres, notamment pour les nouveaux venus. Son style est non directif, mais il doit faire respecter le bon déroulement et le timing.

Suivant la fréquence des rencontres, les participant(e)s aiment rester ensemble au moins un an, après quoi, ils (elles) peuvent choisir de se joindre à un autre groupe ou peut-être d'en former un nouveau.

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Published by Lucie-Marie Castonguay-Bower - dans les piliers de l'Eglise
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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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