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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 11:01

traduction d'un article de Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Wilfred_Cantwell_Smith sur ce théologien protestant canadien par Marie-Claire Lefeuvre (Rambouillet, France)

W. C. Smith (21 juillet 1916 – 7 février 2000), professeur de religions comparées à Harvard, s’est interrogé sur la question de la validité du concept de religion dans son ouvrage important et nuancé : " La signification et la fin de la religion " (1962)

Sa vie et sa carrière

 

 

Né au Canada, à Toronto, il est le fils de Victor Arnold Smith et de Sarah Cory Cantwell et le frère puîné d'Arnold Smith. Il est reçu à l'Université de Toronto B.A. en langues orientales avec les honneurs en 1938. Après avoir vu sa thèse rejetée à l'Université de Cambridge à cause de sa critique marxiste de l'Empire britannique aux Indes, lui et sa femme Muriel Mackenzie Struthers passent plusieurs années en Inde (1940-1946) où Smith enseigne l'histoire islamique et indienne à l'austère collège chrétien de Lahore. En 1948 il obtient son Ph.D en Langues orientales à l'Université de Princeton, puis il enseigne à l'Université de McGill où il fonde l'Institut d'études islamiques en 1952. De 1964 à 1973 Smith enseigne à la Faculté de théologie de Harvard, puis à l'Université de Dalhousie à Halifax (NS), où il crée le Département (U.E.R.) des religions. En 1978 il retourne à Harvard, puis se retire à Toronto où il meurt le 7 février 2000.

Le sens et la fin de la religion 


Dans son ouvrage le plus controversé : " The meaning and end of religion " (Le sens et la fin de la religion), Smith soutient que la religion, telle qu'elle est maintenant comprise, plutôt que d'être, comme elle est communément perçue, une catégorie universellement valide, est une construction assez récente, spécifiquement européenne. Il démontre, chapitre après chapitre, qu'aucun des dits fondateurs des grandes religions du monde n'avait eu l'intention d'en créer une. En d'autres termes, aucun d'entre eux ne s'était proposé d'en créer une telles qu'elles se présentent aujourd'hui.

Smith concède une seule exception à cette vue d'ensemble : l'islam. Dans un chapitre intitulé : Le cas particulier de l'islam, Smith, lui-même un presbytérien ordonné pasteur à l'Eglise unie du Canada, dont la spécialité académique était l'islam, argumente que le Prophète aurait été, plus que tout autre, peut-être, très alarmé si on lui avait suggéré qu'il était en train de créer une nouvelle religion. En effet, Smith précise que les Arabes n'ont même pas de mot pour traduire, strictement parlant, celui de " religion " au sens où les Européens l'entendent ; le mot din, qui sert habituellement à le traduire, en diffère par nombre de ses significations majeures.


Smith suggère que les pratiquants de toute religion construite tout au long de l'histoire n'adhèrent pas complètement à elle sans avoir fait leurs les points de vue d'observateurs étrangers à leurs convictions pour prendre de la distance avec leurs propres croyances. Le mot " religion " dans le sens qu'il a maintenant, est le produit, selon Smith, à la fois de la politique et de l'apologétique :


La religion de tout un chacun pourrait être la piété et la foi, l'obéissance, l'adoration, et une certaine conception de Dieu. Une religion qui nous lèse est un système de croyances ou de rituels, un modèle impersonnel et abstrait d'éléments perceptibles. Toutefois une critique s'en suit. Si notre propre religion, ou toute religion, est attaquée par des incroyants, par des indifférents, qui, en la conceptualisant, la schématisent obligatoirement, tout un chacun tend à venir à la rescousse de ce qui est attaqué ; c'est ainsi que ceux qui sont attachés à une croyance, tout particulièrement ceux qui la défendent rationnellement, utilisent la même méthode théorique, au point de vue extérieur, que leurs opposants. La religion, en tant qu'entité systématique, comme elle a émergé aux 17e et 18e siècles, est un concept au service de la polémique et de l'apologétique. "(édition d'origine en anglais, p. 43).


Après une étude étymologique du mot " religion " (en latin : religio), Smith prétend que ce mot, qui d'abord et pendant des siècles a révélé une attitude de l'homme dans sa relation à Dieu (p. 26), a conceptuellement dérapé et en est arrivé à signifier un " système de croyances et d'observances " (p. 29), une tradition historique qui a été institutionnalisée par un processus de réification. Là où le terme religio signifiait une piété personnelle, la " religion " fait référence à une entité abstraite (ou à un signifiant transcendantal) dont Smith affirme qu'il n'existe pas.


Smith soutient que ce terme trouvé dans les œuvres de Lucrèce et de Cicéron fut intériorisé par l'Eglise catholique, par le biais de Lactance et d'Augustin. Au Moyen Age il fut supplanté par le mot " foi ", que Smith préfère par contraste. A la Renaissance, par les œuvres du chrétien platonicien Marsile Ficin, le terme  " religio " redevint populaire ; on en retint l'emphase originelle dans la pratique personnelle, même dans " L'Institution de la religion chrétienne "(1536) de Jean Calvin. Pendant le 17e siècle des débats entre catholiques et protestants, la religion commence à signifier un système abstrait de croyances, spécialement quand il s'agit de mettre en relief des doctrines opposées. Avec les Lumières ce concept se réifie de sorte qu'Hegel, au 19e s. définit la religion comme une " marque ", " une idée transcendante qui subsiste par elle-même et qui se déploie elle-même en une expression dynamique dans le cours de l'histoire toujours changeante...quelque chose de réel en soi, une grande entité avec laquelle l'homme doit compter, un quelque chose qui précède toute sa manifestation historique " (p. 47)


Smith conclut son travail étymologique en affirmant que maintenant le mot religion a quatre significations : 1) la piété personnelle ; 2) et 3) " un système ouvert de croyances, de pratiques, de valeurs en relation avec le temps et la place de la communauté religieuse Le terme se divise en deux significations : a) la religion " idéale " du théologien, et b) le " phénomène empirique " de la tradition vécue ; et 4) une somme générique, ou une catégorie universelle, enfin la religion en général. (p. 48-9)

" La signification et la fin de la religion " (1962) reste l'ouvrage le plus important de Smith. L'écrivain qui, en retour, a adopté et appliqué le plus vigoureusement l'emphase de Smith est la religieuse Karen Armstrong [note de la traductrice : anglaise née en 1944, religieuse catholique, puis auteur et conférencière. Elle compare et rapproche les religions.] (21 juillet 1916 - 7 février 2000), professeur de religions comparées à Harvard, s'est interrogé sur la question de la validité du concept de religion dans son ouvrage important et nuancé :

Voir la bibliographie sur le site de Wikipedia en anglais
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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 00:06

Je peux résumer mon point de vue sur le panthéisme ainsi. Tout comme il y a plusieurs façons d'être théiste, il existe pareillement plusieurs panthéismes (moniste, dualiste, matérialiste ou naturaliste, idéaliste, etc.). Ces conceptions peuvent être contradictoires, voire irréconciliables.

Je me considère moniste et naturaliste. Je ne crois pas au surnaturel ni à un au-delà. Pour moi, seul l'univers dans son ensemble est divin, et je dis cela comme je dis qu'un arbre est beau. Je n'affirme pas alors que l'arbre est composé d'une substance qui s'appellerait le beau ou que l'on peut extraire du beau de l'arbre. Il s'agit d'une appréciation subjective. De même, lorsque je dis que l'univers est divin, il s'agit simplement de l'expression du sentiment de vénération que j'éprouve en contemplant l'univers comme ultime réalité, ainsi que le mystère de son existence.

Cette façon de voir est tout à fait compatible avec l'athéisme. Mais personnellement (d'autres panthéistes ne me suivront pas ici), je ne me satisfais pas d'une simple négation de l'existence de Dieu.
Pour moi, Dieu est un personnage mythique personnifiant le divin. Même s'il n'est pour moi qu'un concept, il n'en est pas moins porteur de sens. Je m'étonne souvent de constater comment il m'est possible, tout en conservant ma propre notion du divin, de me sentir en communion avec certaines expressions de foi en Dieu. J'ai parfois l'impression d'être habité par un même sentiment religieux même s'il s'exprime différemment.

Cela survient surtout si le discours est laudatif (rendre grâce à Dieu). S'il est pétitionnaire (demander à Dieu), cela m'est plus difficile, voire impossible. Un panthéiste est peut-être appelé à être plus stoïque qu'un théiste ! D'ailleurs, le système philosophique des Stoïciens de l'Antiquité était une forme de panthéisme.

En conclusion, je crois que l'unitarisme est un lieu où je peux explorer plus avant les convergences que j'ai déjà constatées entre le panthéisme et d'autres orientations théologiques, pas tant au niveau des doctrines elles-mêmes, mais davantage au niveau de l'expérience religieuse qu'elles suscitent.

par Claude Duquay (Montréal),
propos tenus au sein du groupe "CUC-en-français" le 19 décembre 2008

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 09:02

Inutile, Ô Dieu, de te demander de mettre fin à la guerre,

Car nous savons que Tu as fait l’univers

De façon à ce que l’homme trouve son chemin vers la paix,

A l’intérieur de lui et avec son prochain.


Inutile, Ô Dieu, de Te demander de mettre fin à la famine,

Car Tu nous a donné les ressources suffisantes

Pour nourrir le monde entier

Si seulement nous pouvions les utiliser sagement.


Inutile, Ô Dieu, de te demander de déraciner les préjugés,

Car Tu nous a s déjà donné des yeux

Pour voir ce qui est bon en chacun,

Si seulement nous pouvions les utiliser correctement.


Inutile, Ô Dieu de Te demander de mettre fin au désespoir,

Car Tu nous as déjà donné le pouvoir

De supprimer la misère et de donner l’espoir,

Si seulement nous pouvions utiliser notre pouvoir dans la justice.


Mais serait-il moins inutile de Te demander, Ô Dieu

De nous donner la force, la détermination et la volonté

De faire nous-mêmes au lieu de solliciter,

De devenir plutôt que de seulement souhaiter.


Jack Riemer (théologien juif contemporain) Likrat Shabbat
texte publié dans la revue trimestrielle Libre pensée chrétienne, n° 3, 2008
http://librepenseechretienne.over-blog.com

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 13:12

We rise to bow before You, Almighty,

With gratitude and in humility;

May our individual wills

Be one and bow before Your Holy Will.

 

Nous nous levons pour nous incliner devant Toi, Tout puissant

Avec reconnaissance et en toute humilité

Fasse que nos volontés individuelles s'unissent

et s'inclinent devant Ta sainte volonté .

 

As we congregate here this day,

May our thoughts be simple and noble;

With receptive hearts may we heed

The precious words of Truth.

 

Alors que nous nous assemblons ce jour

Que nos pensées soient simples et nobles

Que nos coeurs sachent s'ouvrir

pour obéir aux paroles précieuses de la Vérité.

 

Worldly riches and pleasures

Give but momentary satisfaction;

But everlasting peace for us will be,

When we love You and trust in You.

 

Les richesses et plaisirs de ce monde

ne donnent qu'une satisfaction passagère

Pour nous la paix éternelle viendra

lorsque nous T'aimerons et Te ferons confiance.

 

Hymne des unitariens du pays khasi proposé par le programme Global Lighting Chalice de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) comme prière mondiale pour le mois de décembre 2008. Traduit en français par Noëlle Colle (membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens  et du Conseil de l’Eglise unitarienne francophone).

 

Pour une présentation de l’Eglise unitarienne khasi, voir la rubrique " Khasi Unitarians (Inde) " sur le site de l’AFCU, http://afcu.over-blog.org/categorie-10389850.html

 

Photo : Hajom Kissor Singh (1865-1923), fondateur de l'Eglise unitarienne khasi

 

 

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 10:40

Le Conseil de l’Eufr est composé à ce jour de cinq membres.

D’autres communautés ou mouvements unitariens francophones peuvent proposer d’autres membres ; des personnes isolées peuvent aussi se faire connaître. Il appartiendra alors au Conseil de se prononcer à l’unanimité de ses membres pour un élargissement par cooptation.

Les membres du Conseil, qui ont été présentés par diverses communautés ou mouvements, n’en sont pas pour autant des représentants qui seraient chargés d’en défendre les intérêts. Ils doivent prendre leurs décisions en " âme et conscience " sans recevoir de mot d’ordre de la part de leur groupe d’appartenance et dans le seul but de l’intérêt de l’Eglise. D’une façon générale, les décisions devront être prises d’une façon consensuelle au sein du Conseil.

Noëlle Colle a connu l’Eglise unitarienne universaliste d’Exeter dans l’Etat du New-Hampshire lors d’un séjour de 7 ans aux Etats-Unis et en a apprécié, elle et sa famille, l’ouverture spirituelle et la tolérance. Elle a assumé de nombreuses responsabilités sociales (animation de sa copropriété, Ligue contre le cancer, participation à des chorales militantes, engagement - en sa qualité de femme d’un ancien prêtre - au mouvement " Clair Voie "). Elle a été membre du bureau national français d’Amnesty International et reste toujours très active au sein de ce mouvement. Elle est membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) et a été désignée par ce mouvement pour faire partie du conseil de l’Eufr.

 

Ajout du 3 mai 2010 : Noëlle Colle a été présidente de l'AFCU de mars 2009 à mars 2010. Elle a  demandé à être relevée de son mandat de membre du Conseil fin avril 2010. Elle reste active pour la traduction des prières mensuelles qui nous sont envoyées par l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) (lien)

Alain Lauzet, en plus de multiples activités sociales locales, a exercé des responsabilités dans la mouvance unitarienne française à partir de 2003. Il a été cofondateur et le secrétaire de l’Association unitarienne-universaliste de Paris – Île-de-France (2003-2006), président de l’Association unitarienne francophone (de septembre 2003 à janvier 2006), membre de l’Eglise unitarienne de France – Fraternité unitarienne (Nancy), coprésident fondateur de la Fraternelle unitarienne (fondée en novembre 2006). Il est membre du Regroupement unitarien universaliste francophone (RFUU). Il se définit comme " unitarien " sans autre qualificatif. Il a été présenté à ce Conseil par le réseau de la Correspondance unitarienne.

 

Ajout du 3 mai 2010 - Alain Lauzet a demandé son retrait du Conseil de notre Eglise à la fin du mois de mai 2010.  


Fulgence Ndagijimana est président de l’Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (ACUB). Il a fait des études secondaires dans un collège tenu par des Dominicains à Bujumbura (la capitale du Burundi), puis des études universitaires de philosophie à l’université de Nairobi, au Kénya. Il est gestionnaire d’une ONG anglophone implantée en Afrique de l’Est. Il a fondé l’ACUB en 2002 et a été présenté au Conseil par sa communauté.

Grégoire Bokungu est président de l’association Lisanga ya Bandimi na Nzambe (République démocratique du Congo, ex Zaïre), fondée en novembre 2007. Il a fait des études de droit et enseigne le français. Il anime une association humanitaire venant en aide aux victimes des mines de guerre, et est vice-président du Congrès national des Pygmées. Il vit à Kinshasa. Il a été présenté au Conseil par sa communauté.


Brazzaville, Alain-Patrice-YenguéAlain Patrice Yengué est président de l’Assemblée des chrétiens unitariens du Congo (ACUC) dont il est le fondateur en 2004. Il travaille à Brazzaville au Ministère de l’économie forestière et de l’environnement. Il a été présenté au Conseil par sa communauté.

Le site de l’Eufr a été fondé en juin 2008 par le réseau de la Correspondance unitarienne, lequel en assure la gestion. Le webmestre actuel est Jean-Claude Barbier (Bordeaux, France)*. Ce dernier est à la disposition du Conseil de l’Eglise et ne fait pas partie de cette instance par respect de la division du travail nécessaire à toute démocratie. * pour une présentation de ses responsabilités unitariennes voir sur le site de La Besace des unitariens (lien)

 

Le courrier concernant l’Eufr doit être adressé à la Correspondance unitarienne (lien) et sera remis aux intéressés.

Nous souhaitons bon travail à ce Conseil d’Eglise, installé ce jour, et bon vent à cette Eglise " linguistique " qui entre ainsi dans une nouvelle phase.

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 15:22

par Jacques Musset, le 7 décembre 2005, au lendemain de la sépulture de Pierre-Antoine. Texte paru dans son livre Les chemins de la naissance à soi-même. Un itinéraire spirituel " (Paris, Karthala, juillet 2007, 182 p., collection " chrétiens en liberté "), reproduit avec son autorisation.

Pierre-Antoine vient de mourir brutalement à l’âge de 51 ans. Nous fêtions, il y a un mois, le vingt-cinquième anniversaire de son mariage avec Françoise. Ils avaient rassemblé leurs familles et leurs nombreux amis. Ce fut une très belle fête, joyeuse, pleine d’entrain, dans une ambiance détendue de paix et de sérénité. P.A. semblait en bonne forme, attentif aux uns et aux autres, pétillant d’humour et de bonne humeur, habité par une joie profonde, celle du chemin parcouru et des mille découvertes qu’il avait faites durant ce quart de siècle très riche familialement, amicalement et professionnellement.

J’ai appris avec stupeur la nouvelle de sa mort à laquelle je ne m’attendais pas le moins du monde. Il était en pleine force de l’âge, en possession de tous ses moyens intellectuels, riche d’une expérience humaine mûrie par la confrontation aux événements et par l’exercice de ses responsabilités professionnelles, et animée de nombreuses passions (la mer, la musique et le chant) en dehors de son métier qui pourtant l’accaparait grandement.

Je me suis rendu hier soir chez lui, j’avais besoin de lui rendre une dernière visite. Qu’ai-je vu ? Son corps inerte allongé sur un lit, semblant dormir, les traits du visage reposés, détendus, comme concentrés sur une méditation intérieure indéfinie. Quel contraste avec le Pierre-Antoine si vivant, actif, enjoué en perpétuel mouvement ! Pierre-Antoine est mort. Il n’est plus. Ce corps qui est là a été le sien mais Pierre-Antoine s’est absenté définitivement ! Il est parti en quelques minutes. La vie s’est échappée de lui irrémédiablement. Je n’entendrai plus son rire singulier, je ne verrai plus son visage chaleureux et rieur, je ne lui parlerai plus dans le face à face.

Que devient cette vie qui, une heure avant sa mort, l’habitait, non pas la vie physique, mais ce qui faisait qu’il était cet individu unique avec ses richesses d’intelligence, ses capacités d’adaptation, sa puissance d’affection et d’amitié qui le rendait si attachant, sa faculté de gérer une équipe d’hommes et de femmes au travail, son goût pour la rencontre et l’échange, sa passion pour la musique, la mer, mais aussi pour la recherche spirituelle, qui faisait de lui un perpétuel nomade en quête du sens de sa vie ? Que devient ce qui était en lui spécifiquement humain et qui, tout en utilisant les réseaux d’ordre physiologique comme courroies de transmission  et d’expression, les transcendait infiniment ? Car le plus ne peut se réduire au moins dont il a pourtant absolument besoin. Alors où passe ce spécifiquement humain qui constitue le mystère particulier de chaque être dès lors qu’il s’humanise un tant soit peu ?

Les réponses traditionnelles ne me satisfont pas. Les unes, issues de la pensée grecque, disent que nous avons une âme spirituelle immortelle créée par Dieu à la conception et qui subsiste après la mort. Le corps ne serait que l’enveloppe de cette âme. La tradition judéo-chrétienne ajoute que l’âme du défunt, en fonction de la qualité de sa vie antérieure, rejoint le monde divin, s’attarde au purgatoire pour se purifier ou va en enfer. Elle ouvre un avenir supplémentaire à cette âme en lui promettant la résurrection de la chair au dernier jour. Les bouddhistes disent que l’esprit en nous ne meurt pas mais se réincarne jusqu’à son éveil total à son être véritable. D’autres encore affirment qu’à la mort d’un humain, rien de lui ne subsiste sinon son souvenir chez d’autres êtres ; pour eux, l’humain est né d’un développement par paliers au sein du règne des vivants évolués, développement consécutif à la nécessité de s’adapter au milieu pour survivre ; l’esprit issu de la matière retournera à la matière.

Toutes ces hypothèses sont logiques, toutes tentent d’introduire du sens dans ce qui apparaît insensé. Toutes, sauf la dernière, s’efforcent de conjurer l’angoisse chez les survivants privés de la présence d’un être cher. Elles jouent de fait pour eux un rôle compensatoire par rapport à l’absence de l’aimé et à la douleur de sa perte. Au regard de ces conceptions, tout n’est pas perdu ! Mais qu’en sait-on au juste ? Sur quoi s’appuient ces affirmations, sinon sur le besoin d’expliquer et de rendre intelligible l’inexplicable ?

Reste donc pour moi l’interrogation posée précédemment : quand l’être humain meurt que devient la réalité qui en lui ne s’exprime qu’incarnée et qui pourtant par nature ne se réduit pas à la dimension corporelle qui lui est indispensable ? S’efface- t-elle ? Se volatilise-t-elle ? Dans le cas contraire, sur quel appui subsisterait-elle ? Où ? Comment ?

Mais au fait, quand l’heure de la mort sonne-t-elle exactement ? Lorsque le cœur s’arrête de battre ? Est-ce si sûr ? En effet, quand des humains sont en train de terminer leur vie dans des conditions de dégradation psychique irrémédiables, que reste-t-il d’humain en eux au fur et à mesure que le dépérissement de leurs facultés mentales et affectives progresse, que leurs capacités relationnelles s’estompent jusqu’à devenir inexistantes ? Ces réalités que deviennent-elles ? La personne désorientée totalement, en position fœtale, qui crie, qui ne contrôle plus son corps, qui ne peut plus s’alimenter, qui ne reconnaît plus ses proches, est-elle la même que celle qui, quelques années auparavant, était si avenante, si entreprenante, si curieuse de tout, si douée pour la musique ou l’astronomie ? La vie intellectuelle, affective et spirituelle qui était la sienne propre et qui est maintenant disparue, est-elle cachée derrière les apparences ou s’est-elle évanouie purement et simplement ? Autrement dit, ce qu’on voit de cette personne que l’on a connue, aimée et dont on a reçu, est-ce réellement cette personne ou la trace physique de cette personne ?

Je repense à la galerie de gens très âgés qui peuplaient le pavillon de long séjour où séjournait ma cousine Thérèse que j’allais voir de temps à autre. Un couloir imprégné de l’odeur d’urine, des portes ouvertes d’où s’échappaient des plaintes, des gémissements, des appels informes ; derrière ces portes, des vieillards ceinturés sur leur fauteuil, le regard vide, ou recroquevillés sur leur lit les cheveux hirsutes, le corps recouvert d’un drap bouchonné…Que reste-t-il d’humain dans ces corps délabrés, ces têtes absentes, ces bouches incapables de prononcer quelques paroles sensées, ces mines hagardes ? Quelle différence avec un corps mort dont le cœur a cessé de battre et d’où s’est échappé toute respiration ? Les premiers conservent une vie végétative, des possibilités de mouvement, tandis que le second privé de toutes ses fonctions vitales qui sont définitivement arrêtées est inerte et n’est plus qu’un amas de cellules en marche vers la décomposition. Mais malgré ces différences physiologiques spectaculaires, ces deux situations n’ont-elles pas un point commun qui les rapproche infiniment plus que ce qui les sépare : dans l’un et l’autre cas, ce qui fait la spécificité d’une vie humaine, sa singularité parmi les autres espèces, a disparu irrémédiablement.

A quoi sert-t-il dès lors de défendre bec et ongles la vie de quelqu’un d’où l’humain s’est retiré, à commencer par la sienne si un jour on se trouve dans pareille situation ? Sauf à croire (de foi) que subsiste dans l’être privé de ses facultés une âme spirituelle qui garde la mémoire de ce qui a été humainement vécu auparavant, tout en étant empêchée de s’exprimer à cause de ses circuits défaillants de communication, invoquer en ce cas le respect et la dignité de la vie, est-ce un argument recevable ? La démonstration reste à faire. En tout état de cause, en admettant même cette hypothèse, à quoi servirait-il de prolonger la vie, du moins sa propre vie, dans la mesure où l’on est dans l’incapacité de vivre humainement ? Comment justifier cette vie en prison ? En ce qui me concerne, je souhaite que si je suis dans cet état d’incapacité totale de penser, de m’exprimer et d’établir des relations avec autrui, on m’aide à " tourner la page ", car je suis déjà mort, même si " cérébralement, cardiaquement, pulmonairement " la mécanique marche encore !

Mais revenons à la question première : que je sois mort-vivant ou mort " cérébralement ", que devient le " capital " d’humanité que j’aurai pu " engranger " durant mon bref passage sur la terre en m’efforçant de vivre éveillé, responsable, attentif aux autres, en expérimentant qu’en tout cela je me suis humanisé, en étant parfois étonné voire émerveillé des maturations qui se sont produites en mes terres en dépit de ce fond sans fond qui les constitue, héritage où se mêlent contradictions, médiocrités, peurs et ambiguïtés ? Je ne sais pas répondre. Et pourtant j’ose me formuler une réponse dont je sais qu’elle relève de l’invérifiable mais qui me satisfait mieux que les réponses classiques, celles des religions et celles de l’agnosticisme et de l’athéisme évoquées plus haut. Elle me paraît avoir une certaine logique elle aussi, mais à la différence des autres, elle me semble davantage honorer certaines dimensions de l’expérience vécue et, de plus, je parviens mieux à me la représenter. Je n’arrive pas en effet à imaginer l’âme immortelle qui " s’envole "  après la mort et qui passe devant le tribunal divin pour recevoir son affectation ; je ne parviens pas à concevoir la résurrection de la chair qui redonne à chacun sa pleine identité (même après avoir été dévoré par un requin ou réduit en cendres par l’incinérateur du crématorium) ; de même, les affirmations massives des prédicateurs sur la vie éternelle où se retrouveront proches et amis pour un bonheur sans fin me laissent sceptique : elles sentent un peu trop le désir de gommer la condition de finitude de l’homme et d’aider les survivants à faire " en douceur " leur travail de deuil.

Quant à la tradition bouddhiste qui soutient que l’esprit non éveillé du mort transite à travers une série de corps successifs jusqu’à son éveil total, j’en vois la logique mais cette manière très ingénieuse et concrète de concilier la responsabilité individuelle avec un devenir heureux pour l’homme pose d’autres problèmes : par exemple, puisqu’il n’y a pas de " Dieu " dans le bouddhisme, qui " manage " la grande transhumance des esprits ? On me dira que c’est un mystère, que je suis simpliste. Mais personne ne m’a encore éclairci les idées sur ces questions. Mes doutes et ma réserve s’accroissent même davantage en entendant des prêtres ou des libre-penseurs affirmer sans sourciller, avec une assurance sans pareille, ce qu’ils sont incapables de démontrer !

Pour ma part, j’avance précautionneusement sans certitude absolue. Mon explication est inspirée des perspectives de Marcel Légaut qui, tout en étant croyant en " Dieu " (on verra lequel), se méfiait viscéralement des constructions échafaudées sur le vide. Pour lui, le primat était accordé à l’expérience vécue et, à partir de là, il observait ce qui se passait en lui, il s’interrogeait et balbutiait des hypothèses. La réalité vécue, c’était sa vie qu’il a cherché à conduire le plus possible avec vérité. Ce qu’il observait, c’était une maturation intérieure jamais terminée, toujours en chantier qui l’étonnait et l’émerveillait, alors qu’il avait une vive conscience de ses limites. Son interrogation était la suivante : comment, moi homme si fragile et improbable, si conditionné et vulnérable, m’est-il possible de vivre de telles transformations intimes, de poser de tels choix ? Quelle énergie existe-t-il en moi qui rende possible la traversée de seuils jugés auparavant problématiques et impossibles ? Comment cet être que je suis, issu de la matière, plongeant ses racines dans le monde animal, est-il capable de vivre des merveilles d’humanité ?

Légaut, constatant qu’en lui " l’homme passe l’homme ", formule alors, sur la pointe des pieds, une hypothèse : il croit pouvoir avancer que cette énergie intime, cette action souterraine qui l’inspire au plus profond de lui-même est de " Dieu ", sans d’ailleurs pouvoir donner à ce mot un contenu précis, sinon qu’il nomme ainsi la réalité inspirante de ses choix et de son devenir humains, qui sont pleinement de lui et qui pourtant dépassent à ses yeux ses possibilités (Devenir soi, pp 129-137). Et il poursuit : à la mort, seul ce qui aura été humanisé dans l’homme demeure ; le reste, ce qui relève de la figuration et des apparences s’évanouira. Mais il n’affirme pas pour autant une survie individuelle de l’âme et une promesse future de résurrection. La mort affecte l’être humain dans sa totalité. Ce qui subsiste selon lui de l’être humain qui se sera humanisé au cours de sa vie demeurera dans la " mémoire " de " Dieu ", coauteur avec l’homme de l’oeuvre humaine de sa vie. Ainsi la position de Légaut concilie pour moi la reconnaissance de la finitude radicale de l’homme et la sauvegarde de ce qui se sera humanisé en lui. L’accomplissement de l’homme après la mort se fera en " Dieu " en même temps que " Dieu " s’enrichissant de cette humanité s’accomplira lui aussi dans un mouvement sans fin. Simple vue de l’esprit que cette conception aussi indémontrable que les autres ? Peut-être bien. Elle tente en tout cas de rendre compte à sa manière d’un vécu avec lequel Légaut ne veut pas tricher et d’une conviction que tout ce qui se sera humanisé dans un être ne peut disparaître purement et simplement. Au-delà de la trace concrète que l’être humain peut laisser dans les mémoires de ceux qui le suivent et dans l’avènement d’un monde plus humain, Légaut pense pouvoir affirmer davantage, au sein de sa démarche existentielle.

Au bout du compte, tout en gardant la question ouverte, l’important ne serait-il pas pour chacun de nous de cultiver, tant que nous sommes vivants  autant que nous le pouvons, cette qualité d’humanité qui fait notre grandeur et notre dignité ? De faire, avec étonnement et reconnaissance, l’expérience de cette émergence de l’humain en nous et chez autrui. D’en vérifier la fécondité. D’en éprouver une joie profonde. " Vivez tant que vous êtes vivants ! ", clame Jean Sulivan à longueur de pages. C’est un beau programme qui ne résout pas l’énigme du devenir après la mort de l’œuvre humaine réalisée en chaque être humain. Mais il se suffit à lui-même et a de quoi donner sens à une vie (1). Le reste, s’il existe, sera donné par surcroît !
(1) POHIER Jacques, Dieu fractures, Paris, éd. Le Seuil, 1985. 1ère section de la 2ème partie : La mort.

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 04:55
L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui tient ses sommets de chefs d'Etat tous les deux ans, sera accueillie ce week-end des 17-19 octobre 2008 par la ville de Québec. Nous souhaitons une bonne rencontre à nos représentants.


Voici la liste des Etats (56 membres, 2 associés et 13 observateurs)

Europe :
Etats membres : Albanie, Andorre, Belgique (Gouvernement fédéral, Communauté française), Bulgarie, France, Grèce, Luxembourg, Macédoine, Moldavie, Monaco, Roumanie, Suisse.
Etat associé : Chypre
Etats observateurs :  Autriche, Croatie, Hongrie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Ukraine.

Amérique et Caraïbes
 :
Etats membres
 : Canada (Gouvernement fédéral, Nouveau-Brunswick, Québec), Dominique, Haïti, Sainte-Lucie

Afrique noire et Océan indien
 :
Etats membres
  Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Centrafrique, Comores, Congo, Congo République démocratique, Côte d'Ivoire, Djibouti, Egypte, Gabon, Guinée, Guinée Bissau, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali, Île Maurice, Niger, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo.
Etat associé : Ghana
Etat observateur : Mozambique.

Afrique du Nord et Moyen-Orient
 :
Etats membres
 : Arménie, Egypte, Liban, Maroc, Mauritanie, Tunisie,.
Etats observateurs :  Géorgie

Asie et Pacifique
 :
Etats membres
 : Cambodge, Laos, Vanuatu, Vietnam.
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 17:00

Dans le cadre du programme "Global Chalice Lightings", la prière unitarienne mondiale pour le mois de novembre 2008 a été proposée par la toute nouvelle communauté des unitariens-universalistes de La Corogne, en Espagne, qui a tenu son premier culte au mois de septembre, et transmise par la Sociedad Unitaria Universalista de España dont elle est une congrégation

http://uucoruna.blogspot.com

Que este cáliz, que encendemos juntos aquí, impregne e ilumine este lugar, aclarando en nuestros corazones la dirección a tomar, que solemos olvidar durante la semana que va a partir.

Que ce calice, que nous venons, ensemble, d’allumer ici, imprègne et illumine ce lieu, clarifie nos cœurs afin de les orienter dans la bonne direction à prendre et que celle-ci nous guide pour la semaine qui vient.

Que sus haces de luz brillen profundamente en el alma, prendiendo en su interior sabiduría nueva y nuevos proyectos. Que simbolicen la luz del deber y el entendimiento y el esplendor de la justicia, la verdad, y que nos den calma.

Que ces lueurs de notre calice brillent profondément dans le tréfond de notre âme, y apportant une nouvelle sagesse et de nouveaux projets. Que cette lumière symbolise le devoir et la compréhension, la splendeur de la justice, la vérité, et qu’elle nous apaise.

traduction en français proposée par Jean-Claude Barbier

commentaire reçu de la Congregación Unitaria Universalista de A Coruña, le mercredi 15 octobre 08
"Dear friends, it is for us so beautiful. Really thank you and God bless you all.  Best wishes from Spain. Merci."

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 19:52

Paul Pistre est catholique et habite à Toulouse. Il est l'éditeur de la Lettre aux catholiques amis des francs-maçons (lancée en 1986 et qui en est à son 74ème numéro pour l'automne 2008). Il a été interpellé par notre texte proposant une théologie pour l'unitarisme contemporain et considère que, somme toute, un catholique peut tout à fait y souscrire dès lors qu'il fasse preuve d'ouverture. Il m'a envoyé ce texte écrit le 4 septembre, et je l'ai reproduit dans notre bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 84, octobre 08. Entre éditeurs de bulletins, que nous nous échangeons bien volontiers, naît l'amitié. Jean-Claude Barbier.

" Cher Ami, Je lis toujours avec profit les quatre pages de la Correspondance unitarienne. J’y retrouve des textes avec lesquels je consonne pleinement, comme le portrait de Jésus, signé de (mon ami) le Père Gérard Bessière. D’une manière générale, ces pages offrent des convictions intimes, ce qui est rare en 2008.
 

Le dossier sur la théologie unitarienne m’incite à réagir. Que l’unitarisme-universalisme ait le souci de rassembler et de faire communier ensemble croyants de diverses origines et non-croyants est une excellente chose. Bravo ! Mais les principaux points de la page 2 me semblent convenir tout autant à la théologie catholique actuelle.


1 – Dieu est bien le Vivant, transcendant, donneur de vie, immanent, force créatrice jaillissante, l’alpha et l’oméga dixit Teilhard que vous citez.


2 – Tout chrétien est libre de ses expressions de prière tant qu’il est seul. Mais, la nécessité de se retrouver exige des cérémonies ayant quelques règles précises. C’est vrai pour toutes les familles spirituelles (voir par exemple les maçons).


3 – Tout être ayant une foi religieuse doit faire un travail critique de son corpus religieux. Dieu sait que rien n’est plus changeant, au cours des siècles, et même aujourd’hui, selon les civilisations, que rites et rituels.


4 – Toute religion accompagne spirituellement les personnes et les groupes, sans se faire d’illusions sur ce qu’ils deviendront plus tard. Je demeure sceptique sur une famille spirituelle qui fonctionnerait " sans baptême ni acte de foi confessionnel ". Quel parti [politique] peut se passer de cartes et de programme minimum ?
 

(...) Pour prolonger le texte de G. Bessière, mais sans sa brièveté percutante, je dirai que chrétien, c’est-à-dire celui qui est marqué par le Christ, pour lui comptent avant tout paroles et gestes de Jésus. Le reste est, sinon littérature, mais constructions laborieuses de théologiens, utiles sans doute, mais toujours limitées.
 

Merci encore de ces pages denses et qui font réfléchir. Que les unitariens, comme tous ceux qui se rattachent à Jésus, progressent vers l’Unité, ultime souhait et prière formulée le soir où la Cène a été inventée, dernière clause du testament spirituel si mal réalisée à ce jour malgré de réels efforts ".

Pour recevoir la "Lettre aux catholiques amis des maçons" (abonnement de 15 euros par an), s'adresser à son éditeur :
Paul Pistre, 7 rue du Docteur Bernardbeig, 31100 Toulouse,
lettre.paulpistre@free.fr, tél. 0033/ (0)5 61 40 40 96


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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 17:31

traduction en anglais par Christian Phéline et John Kemp, de l’article de Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens, paru à la Une de la Correspondance unitarienne, n° 83, septembre 2008, " Une théologie à l’usage de l’unitarisme contemporain "

In view of the variety of creeds that exist among present day Unitarians, is it still possible to speak of a single Unitarian Theology? What have in common the historical Unitarian Church, whose credo dates back to the 16th-17th centuries, where God is providence, and universalist unitarianism, whose aim is to create a new religion?

Within the limits of this universalism, the congregations have to cope with an heterogeneity that includes not only believers but also agnostics and atheists. Tolerance and respect for others naturally have to be observed, even to the extent that the pronunciation of certain words, such as the name of God, is to be avoided, or to dilute the original rituals in a phraseologiy and gestures : the main aim of this is universality, though this may lead to banality.

Lastly, are there different theologies, or even is there for certain individuals any theology?

Although the root of the word "theology" is the Greek word "
theos” (θεος), which means god, the discipline refers to a much broader field since it means “a study of religious matters relying upon sacred texts, dogmas, and traditions” (Petit Robert); “The systematic study of the existence and nature of the divine and its relationship to and influence upon other beings" (Collins English Dictionary); "the organised body of knowledge dealing with the nature, attributes, and governance of God" (New Shorter Oxford English Dictionary, vol. 2, N-Z). Furthermore, monotheisms do not possess a monopoly since the customary, so-called pagan religions also offer a meditation upon our connections to the gods and other supranatural beings, and they possess well-defined religious corpuses comprising myths, prayers, rituals, practices, creeds and moral values.

la Théologie, porte de la cathédrale de Sens (France), XI-XVI° siècles, dessinée par Eugène Viollet-le-duc en 1856 (le visage de la statue a été vandalisée sous la Révolution française)

So, bearing anthropology in mind, it is clear that the field of theology is much wider than that of the usual circle of religious confessions to which it is restricted. It thus becomes open to criticism, and the old concept of an anthropomorphic, patriarchal god, specific to an ethnic group (the Jews), or providing safety to a chosen community of believers such as Christians or Muslims, seems no longer acceptable.

 On the other hand, adopting the atheistic point of view, science cannot progress beyond the Big Bang. The universe is better known, but the mystery of its origin remains intact. There is thus a convergence between the views of believers who no longer debate the nature of God (is He a person, an energy, a spiritual presence?) and those of atheists who acknowledge a dimension that defies human reason. They both avoid fanaticism, reclusion in undemonstrable creeds, and vain disputes. In contemporary unitarianism, a consensus has been reached concerning the mystery of Life and its spiritual dimension.

With respect to the vocabulary of reverence, the speech of the president of the Unitarian Universalist Association congregation, the Rev William G. Sinkford, in May 2003 (Corresp.unitarienne, n° 22, August 2003.), brings to an end the humanist ascendancy in Unitarian universalism, which could lead believers to adopt borderline positions.

Unitarian worship sessions have the potential to develop an emotional devotion through talks, songs and new rituals. Addressing the participants personally, these sessions become the place for expressing one’s faith. They have moved away from the Anglo-Saxon Protestant formula, which is still marked by Puritan or Calvinist sobriety, with an added rational coolness. In brief, during these sessions people mingle in an atmosphere of mutual acceptance, listening and encouragement; coffee and pastries gather the faithful around a table after the service, and the meaning of such originally pagan festivities is rediscovered. Even if no mention is made of God the transcendent Creator, Life in all its manifestations, not only human but also animal and vegetable, is magnified in a consciously ecological context.

From all these proceedings a single unitarian theology emerges that goes beyond differences between believers and non believers, taking the following forms:

1. Belief in the mystery of Life. Life has a spiritual dimension. If God exists, He must be regarded as a Creator God, the origin of our universe, giver of life. Further, if he can be conceived of as transcendent (as a Creator), He is also and above all present in the depth of his creation and of all living creatures. This has been asserted by all the Pantheists, and Pantheism offers such a synthesis. Following such a direction, but more dynamically, Process Theology asserts that God is in perpetual relation with his creatures. He does not act by himself but through us; our history, initially human, is the presence of God with Us, sharing our vicissitudes and endeavours; a stream of creative energy, always at work, internal, like that of which Teilhard de Chardin had an intuition. At all events we are situated apart from a static creationism, a linear Holy Story or a naive evolutionism.

2. This belief does not imply a predefinited cult – no credos, no acceptance of dogmas – instead it allows each to express his or her faith, convictions, in their own way. Worship may take any form of expression and is not limited to words alone – drawing, dance, music, exhibitions, expressive rituals are all valid. The language of reverence is everybody’s – no prohibition and no coding.

The mode of expression may take many different forms, but cohesion is maintained through the "rules of the game" which require everyone to speak for themselves, without attempting to engage the community, and require the community to listen without being obliged to acquiesce or disapprove – worship is liberalized.

3. If they have critically examined the body of their initial religious beliefs believers should feel at ease. The rituals proposed are somewhat different from those of the usual confessions, but the reason they are proposed is their universal value of sharing. Are they then becoming confused, aseptic, truncated, folklorised? Not if care is taken to explain their historical and religious background and its signification, which enabled their formulation.

For instance, in such a context, a Christian may break bread and share wine remembering Jesus. As Jesus is not God this ritual is performed as a fraternal act between people who value the message of the Gospel, and each is allowed to go further according to his or her personal belief in a Jesus who may have been resuscitated (Pentecostal version), or whose spirit is still alive and active (Quaker version).

Obviously, the redeeming interpretation which was understandable in the Messianic context of 1st century Judaism lacks a universal value. The traditional formulation "This is my body, given for thee", is liable to offend many, the sense of the Holy Communion is better expressed by the Didachee (60-90 AD) which refers to the fruits of the earth and of men’s work.

Other religious rituals may also be proposed, as long as as they have been considered and adapted to our modern world and they make sense to others. The value of a ritual lies not so much in the theatralisation of a gesture (amplified to an extreme in Roman Catholic, Oriental or other esoteric pomps) as in the virtue of sharing between participants, that is to say, its value as a universal sign, even though an explanation might seem necessary.

4. Unitarian religion is a spiritual accompaniment both for individuals and for groups. Its intention is neither to convert nor to keep people within the congregation but to help them go their own way and progress as individuals, even though this could lead them to other choices, away from Unitarianism. There is no spiritual guide, so sympathizers and believers enjoy the same consideration in our assemblies. The doors of the churches are now wide open, baptism and the profession of faith has been replaced by a relational ethic.

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  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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