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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 10:11

Notre Eglise est vivante. Elle réunie des hommes et des femmes, chacun avec sa propre vie, sa famille, ses moments de joie et ses peines. L’EUfr vous invite ici, dans cette rubrique " Faire-part ", à partager en toute simplicité et amitié les évènements de nos vies : la naissance de nos enfants, l’union d’un couple, la disparition d’un être cher, une réunion de famille, l’accès à un emploi, un changement heureux ou malheureux, etc.

Une communauté unitarienne, c’est d’abord une communauté d’amis qui partagent. Au sein de notre Eglise, que chacun s'y sente reconnu, compris et aimé.


Bonjour à tous. Les obsèques de mon père auront lieu cette semaine en Franche-Comté. Amicalement Jean-Charles.
"For behold, darkness shall cover the earth, and gross darkness the people...and they that dwell, that dwell in the land of the shadow of death, upon them hath the light shined."  / Car voyez, l'obscurité recouvrira la terre, et une obscurité terrible enveloppera les gens, et ceux qui demeurent, qui demeurent dans le pays de l'ombre de la mort, Sur eux la lumière a brillé ( Récitatif et aria pour basse solo tiré du livre d'Isaïe 60, 2-3 et 9,1, selon le Messie de Händel).
(message de J.-C. Sikner le lundi 2 mars 09 au groupe " Unitariens francophones ")
Jean-Charles se prépare au ministère dans le cadre de notre Eglise Eufr. Nous l’assurons de toute notre amitié et soutien en ce moment de chagrin.

Bonjour à tous. Tiffany, qui est la seconde fille de mon épouse, se prépare à sa confirmation. Elle est Togolaise et catholique. Elle a eu un baptême d'adulte lorsque nous étions au Bénin, à Porto-Novo, en juillet 1999. L'année dernière, elle a souhaité recevoir sa confirmation et suit, depuis, une préparation. Je l'aide comme je peux car les dogmes sont des choses bien abstraites pour elle ; elle a en effet été  victime d'une méningite en bas âge et n'a pas pu faire d'études au delà du cours élémentaire.
Pour elle, cette confirmation est une grande joie et elle s'y prépare avec tout son coeur. Une voisine de notre quartier l'accompagne comme marraine. L'évènement aura lieu à la cathédrale Saint-André de Bordeaux, le dimanche 24 mai 09. Partageons sa joie !
Tiffany travaille comme ouvrière dans "un établissement et service d'aide par les travail" (ESAT). Elle touille de la confiture, ou plie des cartons d'emballage, ou encore effectue d'autres travaux adaptés.
Je l'aide (comme webmestre !) pour la tenue de son blog.
(message de Jean-Claude Barbier, le samedi 4 avril 09)

Diane Nkurunziza et Libère Ntamashimikiro vous font part de leur mariage qui aura lieu le 9 mai prochain.

Libère est membre de l'Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (ACUB) depuis 3 ans ; Diane est catholique ; le mariage devait être célébré à l'église catholique, mais voilà un bébé est arrivé avant la date prévue et le mariage ne peut plus se faire comme prévu (eh oui, l'Eglise catholique du Burundi refuse le mariage dès lors qu'il y a un enfant conçu durant les fiançailles !). C'est finalement la communauté unitarienne qui accueillera les nouveaux époux.

Libère est
maître assistant au Département de Droit de l’université de Ngozi, dans le Nord du pays. Il est âgé de 32 ans. Le couple va s'installer à Bujumbura.

Notre Eglise partage leur joie et leur souhaite un heureux mariage.

Commentaire n° 1 posté par Noëlle Colle le 27/04/2009 à 12h10
je me réjouis avec vous et vous souhaite une vie pleine de bonheur. Que le ciel vous garde !
Noëlle Colle, membre du Conseil de l'Eglise et présidente de L'AFCU

Commentaire n° 2 posté par Régis Pluchet le 29/04/2009 à 20h42
Bonne fête de mariage chère Diane et cher Libère. Vous avez beaucoup de chance d'avoir déjà un bébé et c'est une occasion de plus de se réjouir de votre alliance.
Régis Pluchet, membre de l'AFCU. 

Commentaire n° 3 posté par Libère Ntamashimikiro le 30/04/2009 à 09h32
Salut Régis, merci pour les félicitations. Mais permettez-moi de rectifier une information que Jean Claude aurait mal compris. Le bébé n'est pas encore venu au monde, on l'attend en juillet, il est encore dans les entrailles de sa maman.

Commentaire n° 4 posté par Libère Ntamashimikiro le 30/04/2009 à 09h39
Bonjour Noëlle, Merci pour les félicitations.

épilogue : naissance d'un petit Tommy Jules, le 20 juillet 09

Notre communauté se réjouit de la naissance de la petite Eilwen Louise Sahar, le samedi 13 juin,  et remercie ses parents (Hervé & Eve Le Duc, Angers, France) de nous faire partager leur joie.



Grégoire Maury (Bombon,Île-de-France) : Mon amie a accouché vendredi dernier, le 7 août, d'une petite fille Lénaëlle... tout s'est bien passé et tout le monde est en bonne santé.

ndlr : Grégoire est membre du conseil de notre Eglise.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 10:01
Le blog de l'Eglise unitarienne de Norvège (Unitarforbundet Bét David *) a rendu compte de la nomination de la révérende Maria Pap comme pasteur de notre Eglise, dans un article du mardi 10 février 2009 intitulé "Ny prest for fransktalende kristenunitarer".
* il s'agit de Ferencz David (vers 1515 - 1579), fondateur et premier évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie.

le révérend Knut Klaveness Heidelberg déployant le blason de l'Eglise unitarienne de Hongrie

L'Eglise unitarienne de Norvège se situe en continuité directe de notre Eglise historique. Elle est judaïsante et pratique le sabbat. Son pasteur, le révérend Knut Klaveness Heidelberg, a été ordonné en janvier 2007, à Budapest, par la congrégation "Béla Bartok" de l'Eglise unitarienne de Hongrie,  voir sur le site des Actualités unitariennes. Il anime une petite communauté à Askim et assume le rôle d'évêque pour tous les chrétiens unitariens de son pays.

Pour les traductions du norvégien au français, vous pouvez utiliser le service de traduction de Google.
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 08:03
Vous pouvez copier notre logo, en mentionnant que c'est celui de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr), selon plusieurs formats ci-dessous (4 ko avec 100 pixels, 10 ko avec 300 pixels, 12 ko avec 500 pixels, 14 ko avec 1 200 pixels) :

























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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 07:05
Chaque communauté unitarienne présente un blason * ou un logo qui la particularise. Voir une fresque de tous ces emblèmes sur le site de l'AFCU, à la rubrique ICUU.
* pour l'Eglise unitarienne de Transylvanie (le même blason est utilisé par l'Eglise soeur de Hongrie, ainsi que par celle de Norvège) et l'Unita, la société religieuse des unitariens tchèques.

Les logos varient sur le thème du "calice" dessiné par Hans Deutch en janvier 1941, dans un contexte de résistance au nazisme et d'acceuil des émigrés (en grande majorité juifs) par le Service social des unitariens de Boston. Pour information, voir sur le site de l'AFCU.

Pour notre Eglise, nous avons superposé un calice calqué précisément sur celui utilisé par l'Eglise unitarienne de Kolozsvar (Cluj en roumain), en Transylvanie, et le drapeau de la francophonie. Cette forme de calice est déjà celle des logos de plusieurs communautés francophones : l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), l'Assemblée des chrétiens unitariens du Congo (ACUC), et Lisanga ya Bandimi na Nzambe (en RDC).

Cette proposition, de Jean-Claude Barbier, a fait l'objet d'un arrangement technique et esthétique d'un artiste breton, Petrus (voir son site d'artiste), que nous remercions vivement pour sa gracieuse collaboration.

Sur décision du Conseil de l'EUfr, les logos suivants pourront être utilisés "officiellement" :
- sur fond bleu : pour les sites Internet, sur les bannières, etc.
- sans fond : comme entête pour nos courriers
- avec le calice des unitariens tel qu'il est représenté par la plupart des communautés anglo-saxonnes : comme entête pour nos courriers en anglais.
















En plus, chaque artiste est libre de broder sur le même thème et de proposer des variantes selon sa créativité. L'unitarisme, c'est la liberté de penser, d'imaginer, de créer, de partager aux autres ses propres visions. Notre site accueillera en conséquence toutes les créations faisant sens pour notre Eglise : dessins, peintures, broderies, etc.
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 03:44
rue de l'Amérique-française à Québec

Du nom d'un ancien gouverneur français au Québec, cette association existe (voir le site ) depuis 2004 et a son siège à Saint-Germain-en-Laye, en France, là où naquit, en 1622, Louis de Buade, comte de Frontenac. Ce dernier fut gouverneur de la Nouvelle-France au XVIIème siècle (de 1672 à 1682, puis de 1689 à 1698, année de sa mort).

Vous y trouverez
les drapeaux des communautés francophones au Canada et aux Etats-Unis, à cette page.

en bleu les territoires français, d'est en ouest : Terre-Neuve, Acadie, Nouvelle-France, Baie d'Hudson, Louisiane (carte vue sur le site de l'Association Frontenac - Amériques)
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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 21:06

Lu sur le site Petrus fecit , ce poème de Petrus "pétri de matière bretonne" et reproduit avec son autorisation. Il fait partie d’un recueil poétique d’une centaine de pages intitulé SVM (Sum), non encore publié mais mis en ligne sur le site, à ce lien, pp. 70-71. Le poème est récité par l’auteur lui-même, sur fond musical, dans la partie audio du site, à ce lien 

Les unitariens n'ont pas repris à leur compte la condamnation biblique des civilisations "païennes". Mieux, certains d'entre eux retrouvent dans les rituels anciens cette complicité avec la Nature dont ils sont issus et avec laquelle ils font corps mais que le citadin a oublié. Une Nature que l'Homme sait aménager pour son meilleur confort, dont il essaie de prévoir et de contrôler les excès, mais dont il est finalement étroitement interdépendant. 

Il est bel et bien le glébeux Adam des premières pages de la Bible, l'homme que Dieu a pétri d'argile et animé de son souffle. Il est l'éleveur Abel et l'agriculteur Caïn en compétition lors du renouveau de la végétation. Il est comme Josué qui veut arrêter la course du soleil au zénith afin de capter l'énergie dont il a tant besoin. Il a la prévoyance et le chérissement de Noé vis-à-vis des animaux en survie. Il veille comme Jésus sur ses agneaux ...

Merci au poète qui, par une nuit d'écriture fulgurante, nous incite à retrouver ce lien vital. Il est du même élan que son hommage rendu en langue bretonne et avec sa foi catholique au Dieu créateur : une somptueuse Messe solennelle composée pour la cathédrale métropolitaine de Bretagne Saint-Samson à Dol, avec 12 choristes, 12 instrumentistes et 12 morceaux, composée de 1999 à 2002, à écouter sur son site 


Je suis du crachin d'équinoxe suant le vieux granit de la cathédrale multi-séculaire arraché des côtes rocheuses déjà meurtries des flots et vents depuis des millénaires. Cathédrale sans flèche, cathédrale femelle qui sous sa voûte froide vibre des chants d'enfants extatiques à Noël, comme une immense vulve les accouchant toujours depuis la nuit des temps.

Je suis du soleil roux s'écorchant aux ajoncs, pubis foisonnant et dansant au plus chaud du solstice autour du haut menhir, lui aussi de granit, mais d'un granit rose, comme la chair dressée, toisant la cathédrale ! Il se tient hors l'enceinte où naissent et vivent et meurent les chrétiens blottis autour du siège de leur mère, y retournant chercher un fond d'humanité ou pour s'y abriter de leur folie commune.

Je suis de ce cerf blanc cherchant en vain au cœur et ventre des forêts, la biche, dont le corps gît dans un sous-bois opaque, à demi-dévoré déjà par la meute aux babines blanchies de la rage des vainqueurs sacrilèges et rougies du sang pur qui fécondait d'amour la marche des saisons.


Je suis du crabe à fond de rocher, guerrier en armure terré dans son château, les pinces ouvertes à l'onde, les yeux durs hors de tête, happant le peu d'air et d'eau restant propre à satisfaire sa chair tendre et savoureuse.

Je suis du goéland planant immensément sur des non moins marées tumultueuses aux remous vert émeraude léchés d'écume. Son cri perce un vent d'ouest qui soulève les vagues de frayeur et de jouir, qui le tient immobile, en suspend éternel. À son inclination, il fond et disparaît, laissant l'œil hébété d'une tâche fugace au blanc sur blanc de l'horizon.

Je suis de la lande silencieuse sous son deuil de bruyère. Terre humide de pleurs de pauvreté congénitale, abandonnée à la nuit des feux follets des âmes oubliées, en fuite, en perdition.


Je suis de cette source claire à chanter l'oubli. Celui des maux guéris, celui de la mémoire fuyant ce monde-ci pour couler plus heureuse en l'esprit des vivants qui ont su la garder fraîchement vivifiante et limpide aux secrets.

J
e suis des arbres hauts : peupliers sentinelles au bord de courts ruisseaux, châtaigniers taciturnes chargés de bogues hérissées crevant sur les chemins, chêne serein, puissant, seigneurial au passant s'inclinant pieux devant sa sombre majesté, if aux vents de Toussaint bruissant la plainte et la douleur de l'abandon des hommes nus-debout, trépassés.

Je suis des végétaux, en piétaille innombrable envahissant le peu d'espace préservé. Fougères sempiternelles, houx soupçonneux, gui fugitif, genêt touffu et ondulant, mousse couvrant de tendresse les lits des amants jeunes échappés aux regards vicieux des bien-pensants.

Je le dis en français, justement, que je suis né au bord de ce monde, à son extrémité. Je suis un extrémiste, je vivrai jusqu'au bout. Ce bout de terre est vieux. Il aura la douceur et bonté de me prendre avec délicatesse quand me sera venu le temps d'y reposer. Qu'il m'y garde longtemps. Ce pays est usé mais reste assez gaillard pour nous montrer la voie de son bras vigoureux désignant le couchant. Voyez son excroissance, ce phallus lourd de terre faisant mouiller la mer en laquelle il se tend.


Je suis né de cela, de ces pères et ces mères. J'étais un fils avant. Je suis homme à présent. C'est ce qu'il me faut dire.
  Petrus, le 11 octobre 1997

landes bretonnes à l'île d'Ouessant

Ce soir du 11 novembre 1997, alors que je reprenais l'introduction du recueil MEMO, je dus m'arrêter immédiatement au beau milieu d'une phrase pour me jeter à la rédaction de ce poème - suite lyrique pétrie de matière bretonne. Il est curieux que la pensée, suivant une voie logique, ait aussi soudainement des fulgurances d'une toute autre nature. Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive mais c'est toujours surprenant et assez excitant. L'écriture en fut rapide et quasiment sans repentirs.

Je me sens en cela proche de l'expérience du cher Rilke pour ses non moins chères "Élégies de Duino". Je ne suis évidement pas à sa hauteur quant au résultat, mais je reste persuadé que le phénomène relève des mêmes causes. Ce qu'elles sont est une autre histoire ...
  (Petrus)

 

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 14:00

Contribution de la révérende Maria Pap, ministre de l'Eglise unitarienne de Transylvanie, à la rencontre aux Pays-Bas des pasteurs et des étudiants de l’Eglise unitarienne de Roumanie et de la Fraternité des Remonstrants, les 18-25 avril 2005. Dans les Actes publiés en anglais : "Report of the Meeting of ministers and scholars of the Transylvanian Unitarian Church in Romania and of the Remonstrant Brotherhood in The Netherlands", 115 p. multigraphiées en format A4, pp. 53-55 ; contribution traduite en français par Noëlle Colle (AFCU, France)

 

The Person of Jésus, Who do-you say I am ?

La personne de Jésus, "Pour vous qui suis-je ? " 

 

C’est la question que Jésus adressait à ses disciples et c’est la question que les chrétiens se posent depuis lors. La réponse est la plus forte source de division entre les communautés chrétiennes.

Illustration : tête en bois de Jésus à l'église de Mazilles (France)

Le fait que les principaux témoignages viennent des évangiles écrits en vue d’un objectif et considérés comme partiaux, n’aide pas à trouver cette réponse. Nous avons très peu de preuves documentaires émanant de sources non chrétiennes. Nous trouvons des références dans les Annales de Tacite qui nous disent que le chef des chrétiens " a été condamné à mort sous le règne de Tibère par le procurateur Ponce Pilate". Pline le Jeune informe l’empereur Trajan que les chrétiens " chantent un hymne au Christ en tant que Dieu ". Nous avons plusieurs références dans Joseph Flavius ; dans un des passages il parle de Jésus comme " un homme sage ... un auteur d’actions merveilleuses …un enseignant dont les hommes reçoivent la vérité avec plaisir... et la race des chrétiens dont le nom vient de lui n’a pas disparu même maintenant ". L’authenticité de ce passage fait l’objet de nombreux débats mais d’après Geza Vermes cette brève référence pourrait en fait être un authentique presque contemporain rapport de ce que les Juifs du temps de Jésus pensaient de lui : pas un Dieu, ni un hérétique mais un homme sage et l’auteur d’actions merveilleuses.

En dehors de ces premières sources romaine et juives, il nous reste les quatre évangiles qui, bien que masquant la figure de Jésus en faveur de celle du Christ, ne peuvent effacer l’humanité de Jésus. Les évangiles ne disent rien des différentes périodes de la vie de Jésus ; il n’est donc pas possible d’écrire sa biographie. Lui-même n’a pas écrit un seul mot et n’a rien fait pour s’assurer que ses paroles seraient fidèlement transmises. Il y a cependant quelques faits qui peuvent nous éclairer à son sujet. Geza Vermes en trace un profil d’après Marc :

Nom : Jésus

Nom du père : Joseph

Nom de le mère : Marie

Lieu de naissance : pas mentionné

Date de naissance : pas mentionnée

Lieu d’habitation : Nazareth, Galilée

Statut marital : pas mentionné

Profession : charpentier, faiseur de miracles, prêcheur itinérant

Nous en savons plus sur sa mort

Lieu du décès : Jérusalem

Date du décès : d’après le procurateur Ponce Pilate, entre " 26-36 A.D. " probablement l’année 30

Cause du décès : crucifixion

Lieu de l’ensevelissement : Jérusalem

J’ajouterai un point que les chrétiens ont tendance à oublier :

Nationalité : Juive.

Ce sont les grandes lignes d’une vie qui fut habillée, embellie, transformée par la passion, l’imagination, les circonstances et les besoins de ses disciples. Et le résultat fut l’Eglise chrétienne, dans laquelle les enseignements et les messages de Jésus furent masqués par les enseignements et les messages au sujet du Christ. Peter Handke, dans sa courte biographie, fait une critique convaincante de ce christianisme.


Epigraphe : " A quoi servirait-il à un homme de sauver son âme s’il perd le monde entier" 
(Matthieu 16, 26), cité par Handke.

Récit de vie : " Dieu est né la nuit du 25 décembre. La mère de Dieu l’enveloppa dans des langes . Après peu de temps il dut s’enfuir en Egypte sur un âne. Quand ses actions devinrent obsolètes, Dieu revint dans son pays parce qu’il pensait que c’était la meilleure place pour grandir. Il grandit tranquillement en âge et en sagesse .Il avait envie d’aider le monde. Il devint la joie de ses parents qui firent tout pour en faire un homme respectable. Après quelques études il devint charpentier. Mais quand le moment fut venu il abandonna les affaires à la grande déception de son père. Il sortit de l’ombre. Il ne voulait pas rester à Nazareth, mais il se mit en route et commença à parler de l’imminence du Royaume de Dieu. Il fit des miracles. Aux mariages il amusait les hôtes. Il chassait les démons. En faisant cela il mena à la ruine un éleveur de porcs. Un jour à Jérusalem il chassa les vendeurs du temple ; Il ne tenait aucun compte de l’interdiction des réunions publiques et parlait où il voulait et quand il voulait. Parce que les gens en avaient assez il suscitait leur intérêt. Cependant il prêchait pour des sourds. Plus tard il fut accusé de dresser le peuple contre les autorités en se faisant passer pour le messie attendu depuis longtemps. D’un autre côté il faut noter que Dieu n’était pas inhumain. Il n’aurait même pas fait de mal à une mouche. Il n’était pas misanthrope. Si nous passons sur sa légère tendance à frimer, fondamentalement il était inoffensif. Certains considéraient qu’il valait mieux avoir ce Dieu là que de ne pas en avoir. Mais la plupart des gens ne faisaient pas attention à lui. Le résultat fut que son cas devint mineur. Il ne se justifiait pas beaucoup et chaque fois qu’il le fit il tournait autour du sujet ; En même temps il continuait à affirmer : je suis celui qui suis. Mais le plus souvent il était silencieux. Le vendredi saint de l’année 30 ou 33 de la nouvelle ère, après un rapide et inéquitable procès, il fut crucifié.

Il dit sept mots. Un après-midi chaud et ensoleillé à 3 heures, il poussa son dernier soupir".

Au même moment on a enregistré à Jérusalem un tremblement de terre de force moyenne. Nous en avons un compte rendu indiquant des dommages matériels mineurs.

Je sais que cela peut paraître blasphématoire mais çà montre la grande distance entre le Jésus de Nazareth et le Christ des Eglises. Où nous situons-nous en tant qu’unitariens ?
Si les deux présentations se situaient aux deux bouts d’une échelle nous serions quelque part dans le milieu.


Francis David, le fondateur de notre Eglise unitarienne, comme tous les Réformés, insiste sur un retour aux enseignements de Jésus selon l’Ecriture. De la croyance en l’unité de Dieu il découle naturellement la croyance en l’humanité de Jésus. Ce fut une étape importante et dangereuse de passer, au XVIème siècle, de la croyance centrée sur le Christ à celle centrée sur Dieu. Ce fut une chose courageuse que de proclamer que Jésus était simplement un homme au lieu du Christ, seconde personne de la Trinité.

Francis David croyait que la Réforme signifiait un retour à la véritable source du christianisme qui se trouve dans les enseignements de Jésus. Jésus était et continue à être pour nous d’une importance prédominante à cause de son humanité. En tant qu’enfant de Dieu il nous montre non seulement l’amour et le pardon de notre Père mais le chemin et la possibilité de vivre selon la volonté de Dieu. La position de David par rapport à Jésus fut reprise des siècles plus tard par les chrétiens libéraux à la recherche du Jésus historique. Bien qu’à la fin cette quête ait eu un aboutissement différent de ce qu’on pouvait espérer, cela a énormément aidé à clarifier et limiter les différents comptes-rendus le concernant.

Le travail théologique commencé par Francis David fut suivi par d’autres théologiens unitariens qui ont aidé à développer notre position sur Jésus en tant que part de notre héritage libéral. Mais ...
Mais notre héritage unitarien avec tout son libéralisme n’est jamais arrivé à la conclusion finale sur la question de Jésus. Cette contradiction est principalement due au passé historique et social de notre Eglise. La lutte continuelle pour maintenir notre caractère chrétien face aux chrétiens orthodoxes qui nous en déniaient le droit, en partie à cause de nos croyances sur Jésus, a fait que, au lieu de nous affirmer nous-mêmes, nous avons essayer de le faire en nous servant des définitions faites par d’autres.

Ceci nous a fait nous arrêter au milieu du chemin.


Qui est Jésus pour nous ?
Enfant de Dieu comme nous tous, qui devient notre modèle par son humanité.Nous ne l’adorons pas mais essayons de suivre ses enseignements et son exemple. Il n’est pas notre sauveur mais il nous montre le chemin à suivre pour notre salut personnel.

Ce sont là des déclarations claires et raisonnables mais leurs implications sont problématiques même pour nous. Quels sont les problèmes fondamentaux qui se posent à nous pour comprendre Jésus ?
Bien que nous mettions l’accent sur ses enseignements nous donnons quand même une grande importance à sa vie et à ses actions. C’est compréhensible puisque nous ne le considérons pas seulement comme un professeur mais aussi comme un modèle à suivre. Ce qui pose problème ce sont les sources sur lesquelles repose notre compréhension et nos relations avec elles. Nous acceptons une partie du Nouveau Testament et rejetons les autres à la lumière de notre raison, cependant cela ne prouve ni que ces récits sont authentiques ni le contraire, simplement que nous en faisons une autre lecture. Nous voulons être certains qu’il y a accord entre ses dires et sa vie mais nous ne voulons pas séparer sa personne de ses enseignements. Nous avons tendance à négliger ou théoriser les moments de sa vie où ,selon les récits ,il ne mesurait pas son message ou se contredisait lui-même (ou l’image que nous avons de lui).

Les événements de sa vie jouent toujours une part importante dans la vie liturgique de notre Eglise et ainsi l’ombre du christianisme traditionnel rode toujours en arrière-plan. Je considère que c’est là le cordon ombilical du courant principal que nous ne voulons pas abandonner même si nos interprétations de ces événements sont différentes ou même si ces événements en eux-mêmes n’ajoutent rien à ses enseignements.

Le mi-chemin est même encore plus décelable dans notre compréhension de l’humanité de Jésus. D’après notre confession de foi " nous croyons en Jésus, le meilleur (parfait) fils de Dieu, notre véritable professeur " ; d’après notre catéchisme : " Jésus était le plus grand prophète de Dieu ".

Il y a un presque imperceptible degré qui est conflictuel avec la théologie officielle.. Nous disons que Jésus est le fils de Dieu comme nous sommes tous ses enfants, ainsi nous nous mettons sur un pied d’égalité. Cependant, en même temps, nous le qualifions de " parfait ", " le plus grand " ce qui l’éloigne de nous. Nous faisons attention en utilisant ces mots de préciser que nous ne les utilisons pas dans un sens ontologique mais éthique, cependant le malaise demeure. Entre l’image de Jésus, le Juif et Christ, le Sauveur, nos réponses demeurent à mi-chemin entre beaucoup plus et pas assez.

C’est dommage que Jésus lui-même n’ait jamais répondu à la question en titre et les récits des révélations qu’il a fait de lui-même ne sont pas fiables. Est-ce que si nous avions un journal de chaque jour de sa vie ce que nous pensons de lui serait différent ? Compterait-il plus ou moins dans notre vie si nous savions de façon certaine qui il pensait être ? Prophète, enseignant, fils de Dieu ?

Nous nous considérons comme une Eglise chrétienne, droit qui nous a été et continue à nous être contesté sur des bases théologiques.

Notre réponse à la question en titre a été et reste toujours considérée comme non satisfaisante. Je me soucie pas de ce que les autres pensent que notre réponse devrait être mais je suis préoccupée par la nécessité de la reformuler pour nous. Je pense que la question ne sera pas réglée tant que nous ne prendrons pas la peine d’aller jusqu’à la fin de notre chemin.

Pour vous qui suis-je ? ". La réponse à cette question est importante dans la mesure où nous savons ce que nous voulons en faire. Mais çà c’est une autre histoire.

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 12:08

Refrain :

Où vas-tu donc d’un pas si léger, si joyeux ?

Je vais de ce pas vite au culte de mon Eglise

C’est dimanche dans la ville, dimanche dans mes yeux

Oui, mes amis m’attendent dans un champs de lys.

Qu’a donc ton Eglise plus qu'une autre ?

On y allume le calice des unitariens

Qui donne la lumière tirée du boisseau

Pour faire, avec, le tour du monde de demain

Qu’a donc ton Eglise plus qu'une autre ?

On s’y exprime avec son cœur et ses élans,

Et, sans fard, avec ses pas de danse et ses chants

Pour partager peines et joies de la semaine

Qu’a donc ton Eglise plus qu'une autre ?

Elle accepte tous ceux qui veulent dire leur foi

avec celle des autres en belle harmonie

Pour faire du pluriel une symphonie

Qu’a donc ton Eglise plus qu'une autre ?

Elle nous fait tous grandir dans la fraternité,

Porte nos sagesses vers plus d’universel

Et, aux autres, elle nous dit d’apporter le sel.

Jean-Claude Barbier mai 2008 (chrétien unitarien, AFCU)

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 11:41

Une chorale s'est constituée au sein de notre Eglise à partir d'un noyau de trois personnes (Noëlle Colle, Alain Lauzet et Jean-Charles Sinkner), pratiquant des chorales et dont l'une joue de la musique. Notre dossier de partitions comprend déjà plus d'une vingtaine de chants. Nous invitons tous ceux qui ont du talent à se joindre à eux. Contact

Vous trouverez déjà, sur le site de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), à la rubrique " nos chants et prières ", des traductions libres en français (par Jean-Claude Barbier) de plusieurs chants qui expriment notre foi lors des cultes unitariens.

We sing the roses waiting / Nous chantons les roses qui nous attendent
, par Ralph Waldo Emerson (1802-1882), mis en musique par Alexander Ewing (1830-1895),
Spirit of life / L'esprit de Vie
, par Carolyn McDade (1935),
Come, come, whoever you are / Venez, venez qui que vous soyez, par Rumi, paroles adaptées et musique de Lynn Adair Ungar (1963),
Come, sing a song with me / Venez et chantez une chanson avec moi
, par Carolyn McDade (paroles et musique,1935),
Mother spirit, Father spirit / Esprit si maternel, Esprit si paternel
, par Norbert F. Capek (1870-1942),
Circle of song / La ronde des chants, paroles et musique de Tony Turner (2002), chant et partition sur le site canadien du CUC

I have a dream today / J'ai fait un rêve aujourd'hui, adapté par Richard Boeke, sur une musique de Diademata

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 14:39

Moi, chrétien gnostique,

Moi, taxé d’hérétique,

Libre penseur dans le respect du sacré,

Par les intégristes, suis massacré.

On me dit antéchrist, incroyant,

Dès lors que je respecte les mécréants.

 
La vérité est parmi tous sur la liste,

Gens du Livre et hindouistes,

Chamans et bouddhistes.

Pensons simplement à l’Homme,

Même si Eve a croqué la pomme.

Et le jour de la rétribution,

Avec nos frères et sœurs partagerons.


dessin d'Allegri Antonio dit Correggio (le Corrège), 1489-1534, "Eve donnant une pomme". Et si, loin de la version biblique, le geste d'Eve était celui d"un partage sincère des fruits de la Terre ? Le théologien anti-trinitaire Faust Socin (1539-1604) fut le premier à dénoncer le dogme du Péché originel hérité de la rhétorique paulinienne.


par Fabrice Béguin

Groupe unitarien de Paris

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  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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