Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 08:47

La matrice originelle - ou - l'appel à l'extase

Dieu, existe-t-il depuis toujours ?
Le temps, n'est-il qu'un leurre pour la conscience ?
Nul ne le sait, et nul ne le saura jamais

Dieu a créé la matière de sa propre matière
Dieu a créé l'esprit de son propre esprit
Dieu a créé l'univers

Et la matière a grossi, jusqu'à former des galaxies
Et des trous noirs à l'infini

Et l'esprit s'est enrichi
Pour entrevoir et éprouver, le miracle de la foi
Pour entendre et apprécier, la science des nombres
Pour expérimenter et juger, l'amour de la raison

Dieu, existe-t-il depuis toujours ? 
Le temps, n'est-il qu'un leurre pour la conscience
Nul ne le sait, et nul ne le saura jamais


Dieu a créé la vie, pour que le corps trouve la joie
Dieu a créé la mort, pour que l’aura trouve sa voie
Dieu a créé l'au-delà
Et l'âme trépasse, d’une existence à l’autre
Pour muer son instinct en orgueil
Et son orgueil en salut

Et le coeur se déchire, de béatitudes en tortures
Pour accepter sa propre chute
Et accéder à son divin avenir

illustration : le baiser par Klimt Gustav "Dieu a créé la vie, pour que le corps trouve la joie"

Cécyl vit à Vannes, dans le Morbihan (France) et vient de publier ce très beau recueil de poèmes aux éditions lulu.com. Il anime un site consacré à la poésie. Il fait partie de la communauté de blogs "Religions en toute liberté" qui est animée par le réseau de la Correspondance unitarienne.

Repost 0
24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 12:03
J'ai eu l'occasion de découvrir pendant mes vacances un livre passionnant qui remet les pendules à l'heure, en matière d'histoire, de géographie, de religion et de politique : Comment fut inventé le peuple juif par Shlomo Sand (éd. Fayard).

Sand rappelle d'abord que les textes bibliques sur les origines du peuple hébreu (Abraham, Moïse, Josué, Salomon) sont des mythes élaborés à Babylone, ce qui est reconnu par la majorité des historiens. Il n'y a pas eu de sortie d'Egypte, ni d'Exode dans le désert, ni, heureusement, de conquête sanglante d'une Terre soi-disant promise.

Bien que les recherches de Shlomo Sand, historien israélien, ne portent pas directement sur le christianisme, celui-ci est évoqué à de nombreuses reprises, notamment dans sa contribution à l'élaboration du mythe du peuple juif et dans ses rapports conflictuels entre chrétiens et juifs. Il est intéressant de noter que les musulmans ont longtemps été plus tolérants vis à vis des juifs que les chrétiens et cela jusqu'à un passé récent où la tendance s'est inversée.
 

Mais le plus étonnant, c'est la thèse centrale : il n'y a pas un peuple juif, mais plusieurs peuples de religion juive. Les juifs qui émigrent en Israël depuis soixante ans sont pour la plupart des descendants de juifs de différents peuples convertis soit pacifiquement soit par la force à cette religion (et notamment de Khazars et de Berbères) et non des juifs forcés à l'exil après la destruction du Temple. Après l'écrasement des révoltes juives par les Romains, il n'y a pas eu d'exil et les descendants des Juifs d' il y a deux mille ans sont ... les Palestiniens !

Les sionistes du début du XXème siècle, qui ont été les précurseurs de l'Etat d'Israël et qui étaient souvent agnostiques, le savaient. Même s'ils croyaient être eux-mêmes des descendants du peuple juif, ils espéraient que leurs racines communes avec les Palestiniens, faciliteraient leur intsallation. Des contacts positifs ont d'ailleurs eu lieu entre les premiers colons sionistes et et les Palestiniens, mais aussi des heurts que les Britanniques se sont employés à attiser.

Le livre de Shlomo Sand remet en question les notions de Terre sainte et de Peuple élu. L'auteur établit des faits sur la base de recherches très élaborées et sans aucun esprit de polémique. Humaniste épris de paix dans la justice, il souhaite que son livre contribue à trouver des solutions au conflit entre Israêl et la Palestine, ce qui nécessite la transformation d'Israël en une véritable démocratie qui cesse de faire de sa population arabe-palestinienne des citoyens de seconde zone. Ces propositions, nécessaires pour avancer vers la paix, lui semblent avoir hélas peu de chances d'être entendues.

On trouve un excellent résumé du livre par Shlomo Sand lui-même dans un article du Monde diplomatique, d'août 2008, en accès libre
Repost 0
Published by Régis Pluchet - dans la bibliothèque de l'EUfr
commenter cet article
23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 19:50

prière écrite par Jean-Claude Barbier pour le compte de l’Eglise unitarienne francophone et traduite en anglais par Noëlle Colle. Elle a été présentée à l'ICUU par l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU, France). 

 

Allumons le calice qui symbolise notre foi !
Faisons ce geste tous ensemble,
ou bien encore le même jour pour ceux qui sont isolés et se joignent à nous.
Encourageons-nous mutuellement et fraternellement.
Partageons notre foi avec notre cœur, de grande convivialité.
Agissons pour un monde plus vert,
développons notre planète en la laissant bleue,
transmettons l’espérance arc-en-ciel à nos enfants.
Donnons la Vie à notre tour.

Let us light the chalice which stands
for our faith !
Let us all unite together in this gesture,
or on the same day,
for those who cannot be with us,
Let us all encourage each other fraternally
Let us share our faith with our hearts,
interacting together
Let us act for a greener world
and develop our planet,
preserving its blue
Let us pass on rainbow colored
hope to our children
Let us in turn give life.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans la méditation du mois
commenter cet article
20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 00:37

par Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux), article à la Une publié dans la Correspondance unitarienne, n° 94, août 2009, 3 p.

Lorsqu’à la suite des prêches convainquant du Hongrois David Ferencz, les anti-trinitaires de Transylvanie commencèrent à faire Eglise entre eux, en 1568, ils se dénommèrent tout simplement " chrétiens " et parlèrent de leur assemblée " d’un commun accord ". Ce n’est que par la suite que le terme d’unitarien leur fut attribué, à l’initiative d’ailleurs des calvinistes pour qui ce terme était un sobriquet désignant ceux qui n’ont à la bouche que le mot unité.

Historiquement, les unitariens font donc partie des confessions chrétiennes, avec un acte de foi à la clé (une "confession") - Dieu existe et il est Un -, un enseignement – celui de Jésus-Christ – et un catéchisme s’y inspirant, des cultes dominicaux, des sacrements (baptême – y compris celui d’enfants -, communion – dite depuis Lord Supper - , et confirmation), une organisation ecclésiale distincte (avec un évêque et un conseil presbytéral), etc.

Séparés à la fois des luthériens et des calvinistes, la nouvelle confession fut – en Pologne et en Transylvanie – la benjamine des Réformes protestantes du XVIème siècle. A noter qu’il est surprenant que certains historiens fassent encore l’impasse sur ce dernier fleuron car, s’il resta très minoritaire, il n’en continua pas moins son chemin en Angleterre, puis aux Etats-Unis et enfin dans de très nombreux pays du monde entier, anglophones d’abord puis dans d’autres aires linguistiques.

Une Eglise est fondamentalement une rencontre d’hommes et de femmes qui sont d’accord pour se réunir ensemble et pratiquer un culte.

Pendant longtemps, on a cru que cet accord commun reposait sur un socle de croyances communes et la relation à une hiérarchie. Les premiers à avoir ouvert une brèche dans ce consensus confessionnel furent des pasteurs anglais et irlandais qui, au nom de la lecture personnelle de la Bible et de l’honnêteté de la conscience, refusèrent de prêter serment à la confession de foi anglicane, non point par désaccord sur le contenu même de la dite confession, mais par principe de liberté de conscience. Dans la tradition protestante, on ne peut en effet contraindre le pasteur à aborder des sujets sur lesquels il ne souhaite pas s’exprimer : l’objection de conscience y est respectée. Il y eut donc des pasteurs non jurant, "non-subscribing ", mais les Eglises n’en conservèrent pas moins leur credo à l’usage des fidèles.

Aux Etats-Unis d’abord, apparurent des " Eglises du Christ " qui, elles, refusèrent toute dénomination particulière : on s'affirme d’abord chrétien, disciple de Jésus-Christ avant tout. Elles se dirent non-dénominationnelles, se référant directement aux Evangiles et au kérygme de la Pentecôte.

L’unitarisme, confession chrétienne parmi les autres confessions, évolua aux Etats-Unis de la fin du XIXème siècle vers une Eglise de type non seulement progressiste (au niveaux du dogme, de l’exégèse, des engagements sociaux) mais libérale avec acceptation de croyances diverses. Au nom des valeurs humaines prônées par l’Evangile, les assemblées unitariennes ouvrirent leurs portes à des agnostiques, voir même à des non croyants en Dieu (appelés aux Etats-Unis " humanistes "), puis à d’autres croyants : bouddhistes, soufis, baha’is, juifs, etc. Depuis la fusion en 1962 entre les congrégations unitariennes et l’Eglise universaliste d’Amérique, elles se dénomment " unitariennes-universalistes ".

Or ces assemblées, devenues hétérogènes au niveau des croyances, continuent à se maintenir, à fonctionner et font preuve d’une belle vitalité. Quel est donc leur secret ?

Elles n’ont plus Dieu comme référence commune puisque certains se disent agnostiques et athées ! Elles n’ont plus la Bible comme enseignement puisque les chrétiens n’y sont pas entre eux seuls !

Il y a d’abord, pour ces " libéraux " un élargissement du cadre religieux


1) A l’image d’un Dieu qui se révèle chez des prophètes (ce qui donne autant de religions particulières), à celle du Dieu providentiel des théistes, répondant ou non aux prières de ses dévots, se substitue un Dieu créateur de ce Monde, auteur du Big-bang initial, immanent dans sa Création, en même temps " en nous ", nous éclairant de notre intérieur plus que nous guidant, agissant " par nous " nous disent les théologiens du Process. Sans aller jusque là, d’autres évoqueront tout simplement " le mystère de la Vie ", l’accord se faisant de toute façon sur la dimension spirituelle de la vie.


Bref, s’il n’y a plus accord sur le mot de " Dieu ", manifestement trop chargé de sens contradictoires, il y a bel et bien un accord sur une vie basée sur des valeurs humaines, le respect de la Vie (les unitariens sont fondamentalement des écologistes !), le souci de vivre selon une éthique universelle, l’engagement pour un monde sans exclusion ni discrimination et plus fraternel.

2) L’enseignement de Jésus-Christ, celle de la Bible toute entière, demeurent bien entendu une référence dans la plupart des congrégations unitariennes-universalistes américaines, mais ces apports juif et chrétien ne sont plus exclusifs de ceux des autres religions et sagesses de l’Humanité. Ils sont placés sur le même plan que les autres et c’est la contribution de chacun au progrès universel de l’humanité qui est désormais mise en avant.


Mais cette ouverture ne peut se faire que s’il y a une pratique libérale de la religion.


Cette pratique libérale s’est affirmée dès le début de l’unitarisme avec l’affirmation protestante de la liberté de conscience et, chose nouvelle pour l’époque, le refus des contraintes ecclésiales et temporelles en matière de religion (en 1568 la diète de Turda, en Transylvanie, interdit de faire violence aux pasteurs si l’on est pas d’accord avec eux et reconnaît tous les cultes existants d’alors – catholique, luthérien, calviniste, anti-trinitaire). Les unitariens ont toujours été opposées aux Inquisitions catholiques et protestantes de leur époque.

Puis cette pratique libérale s’est développée au sein de l’unitarisme au cours des siècles. Au XVIIème siècle les unitariens ont été rejoints dans cette pratique par la Fraternité des Remonstrants (en Hollande), puis par les protestants libéraux européens du XIXème siècle, puis, tout récemment, depuis la fin du XXème siècle, toujours en Europe, par une mouvance catholique contestataire, réformatrice et non dogmatique (réunie en France au sein de la Fédération des réseaux des Parvis, en Belgique au sein de Pour un autre visage de l’Eglise et de la Société - Pavés -, et dans de nombreux pays dans Nous sommes aussi l’Eglise et autres mouvements.

Non seulement cette pratique pousse à respecter les itinéraires religieux et spirituels des autres, à plus de tolérance et d’ouverture, mais aussi elle sait organiser les échanges, à commencer par l’écoute attentive de la foi des autres, par le soucis de se rejoindre sur l’essentiel, parfois au-delà des énoncés et des balbutiements, par l’encouragement mutuel à s’exprimer.

L’aboutissement en est un partage de la foi des uns et des autres dans une ambiance conviviale et fraternelle. Alors que les confessions réunissent les fidèles par des affirmations communautaires (credo, chants dogmatiques, sermons, etc.), la pratique libérale, quant à elle, mise sur l’expression individuelle conforme à la liberté de pensée et son accueil au sein de l’assemblée. C’est en quelque sorte une fraternité par le bas et non plus par le haut.

Nombre de communautés unitariennes restent organisées sur une base confessionnelle.

C’est le cas de nos Eglises historiques en Transylvanie et en Hongrie, des Eglises plus récentes dans d’autres pays européens qui affirment leur continuité avec ces premières Eglises (Norvège, Suède, Espagne, à Berlin en Allemagne, à Boston aux Etats-Unis avec la King’s Chapel, au Nigeria en Afrique), et des assemblées chrétiennes unitariennes qui se sont formées à partir des années 1990 en Grande-Bretagne, France, Italie et en Afrique noire francophone (Burundi, Congo Brazzaville, Congo RDC, Togo). Pour la France et régions francophones voisines, l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), fondée en février 1997 sous le patronage du protestant libéral Théodore Monod, affirme dans ses statuts la croyance en Dieu et l’enseignement de Jésus.

Mais l’EUfr est une Eglise post-confessionnelle

Au niveau de notre aire linguistique, celle de la Francophonie, nous avons fondé, en juin 2008, l’Eglise unitarienne francophone (EUfr), qui est un espace de service pour tous les unitariens parlant le français et qui se trouvent cultuellement isolés, et aussi pour être un espace de partage pour les communautés francophones existantes. Les Canadiens francophones étant de sensibilité unitarienne-universaliste, c’est un modèle post-confessionnel qui a été adopté de facto, même si, pour l’instant, la grande majorité des unitariens francophones sont des chrétiens.

L’EUfr est donc ouverte à tous et pas seulement aux seuls chrétiens. Nous l’avons déjà présentée, dans notre bulletin n° 90, avril 2009, comme offrant à tous " son espace de prière ". Elle repose sur la liberté de conscience, l’affirmation de la foi des uns et des autres, et la mise en partage. C’est ce qu’elle propose précisément lors de ses cultes mensuels (le premier dimanche de chaque mois) : culte de maison à l’initiative de chacun et selon sa propre tradition religieuse ou spirituelle, puis partage au niveau du site de l’Eglise. Deux cultes ont déjà eu lieu, les dimanches 7 juin et 5 juillet ; le prochain aura lieu le dimanche 2 août.

Certains chrétiens restent attachés à la formule confessionnelle – mais au sein d’une assemblée de ce type n’est-ce pas désormais illusoire de penser qu’il y a cohésion au niveau des croyances ? Combien de paroisses, catholiques ou protestantes se trouvent écartelées entre des courants violemment contradictoires (dogmatique ou libéral, conservateur ou progressiste, etc.).

D’autres chrétiens, au contraire, sans rien renier de la richesse de leur voie, préfèreront cet élargissement à toutes les sagesses du monde entier pour plus de fraternité et d’universel. Certains d’ailleurs trouvent déjà cet élargissement au sein d’une loge maçonnique.

En tout cas, dans le modèle post-confessionnel, rien n’empêche le chrétien de dire sa foi en Dieu et de lui adresser ses louanges, de confier son chérissement pour Jésus et de partager le pain et le vin au nom de ce même Jésus, de faire part de son intérêt pour la lecture de la Bible, de ses méditations à partir de cette riche tradition. Il sera écouté par tous les autres, comme lui aussi écoutera les autres et recevra leur message.

Une communauté d’expression, d’écoute et d’encouragement mutuelle, d’inter conviction, de partage de la richesse de nos traditions ; finalement une communauté de culte bien à l’image de nos sociétés modernes ; et puis et surtout un espace où l’on retrouve le parler vrai, sans langue de bois, sans les formules toutes faites, sans l’hypocrisie des mots, sans bondieuseries, sans prosélytisme …et où la parole n’est plus monopolisée par des dignitaires et des clercs.

dessin collectif d'enfants de l'Eglise unitarienne de Montréal avec les symboles de leurs convictions religieuses ou philosophiques mis dans un calice. Photo J.-C. Barbier, mai 2008.

Une communauté où chacun est invité à approfondir sa propre foi, sa propre identité, afin de mieux la partager aux autres. A terme, l’enjeu est celui d’un monde qui peut s’universaliser (et non s’uniformiser) en gardant toute la richesse de sa diversité culturelle, religieuse et spirituelle.

C’est Gandhi qui invitait chaque croyant à l’excellence, chacun dans sa propre voie, à être de bons hindouistes, de bons musulmans, de bons chrétiens, etc. Nous grimpons la même montagne, chacun selon son propre chemin, disait aussi Théodore Monod. En cela, l’inter religieux doit être une dynamique de partage et non pas un simple face à face fait de monologues juxtaposés.

Oui, la pratique libérale va jusqu’au partage réciproque de nos fois individuelles.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans les piliers de l'Eglise
commenter cet article
19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 23:51

"Le témoignage d’une unitarienne-universaliste sur la pratique libérale des congrégations nord-américaines"
par Jo-Anne Elder-Gomes
(congrégation unitarienne-universaliste de Fredericton, Nouveau Brunswick, Canada),
message du vendredi 10 avril 09 au groupe Yahoo d’information et de discussion Unitariens francophones, publié dans les "Libres-propos" du bulletin n° 94, août 2009 de la Correspondance unitarienne.


Pour moi l'idée d'une religion libérale est très importante. On m'a expliqué que le mot libéral avait d'autres connotations en français, alors j'aimerais esquisser une petite explication de ce que le terme implique pour les unitariens-universalistes nord-américains.

Pour résumer, une religion libérale serait une tradition qui embrasse la diversité théologique et la recherche personnelle de la foi, du sens de la vie, de la philosophie, du divin (ici on n'essaie pas de limiter par un nom ce que moi, personnellement, j'appelle volontiers " Dieu ").

Plutôt qu'un seul credo, dogme ou texte sacré, les pratiquants se basent sur leurs propres expériences et sur leur raison pour définir leurs croyances. Les principes que nous affirmons nous guident dans nos relations avec les autres (le respect, l'entraide, la compassion, la justice sociale), plutôt que sur la voie que nous pouvons emprunter pour arriver à la vérité. En affirmant ces principes, nous assumons notre responsabilité de vivre une communauté (un groupe, une fraternité - " fellowship " - une congrégation ou une Église), sur la base de relations personnelles positives et de pratiques démocratiques.

" Libéral " se définit donc par opposition à une autorité qui existerait en dehors de nous et nous dicterait comment agir. Nous nous permettons donc de remettre en question les idées reçues, les actions des institutions et les décisions à prendre pour arriver à un monde plus juste et plus ouvert. Libéral veut dire ouverture d'esprit.

Même si, en Amérique de Nord les unitariens-universalistes ont plutôt tendance à s'associer à des partis politiques progressistes, et leurs instances nationales (Unitarian Universalist Association UUA pour les Etats-Unis, Canadian Unitarian Council CUC pour le Canada) à prendre parti sur des questions d'orientation sexuelle, d'avortement (pro-choix), de mariage homosexuel, etc., chacun reste en définitive libre de ses propres choix et peut opter pour des valeurs traditionnelles.

bannière d'une congrégation unitarienne-universaliste du Canada, vue au rassemblement national d'Ottawa, mai 2008, photo. J.-C. Barbier

En fait, parmi les gens que je côtoie le dimanche matin, je ne sais pas toujours ce qu'ils pensent, ce qu'ils croient, etc. Nous prenons des décisions ensemble, mais comme chacun a choisi de se montrer respectueux et ouvert d'esprit, on arrive à des consensus ou bien à des votes majoritaires qui dépassent les divergences d’opinion. J'imagine que sans une rencontre hebdomadaire, en l’occurrence un culte dominical en une église, c'est difficile d'imaginer ce genre de communauté que nous essayons de construire et comment nous vivons cette expérience. Mais pour moi, " libéral " veut dire libre. Nous affirmons l'importance de respecter la liberté de penser des autres et nous chérissons la nôtre.

Être libéral selon le dictionnaire Merriam-Webster veut dire être ouvert d'esprit, libre des contraintes de dogmatisme et d'autorité, être généreux et croire en la bonté fondamentale de l'humanité. La religion est définie comme ce qui nous relie à ce que nous avons de plus essentiel, aux aspects les plus importants de la vie. De là découle aussi un grand défi : si nous sommes ouverts d'esprit, si nous ne reconnaissons pas les contraintes imposées par une quelconque autorité, alors qui peut décider, qu'est-ce qui peut déterminer ces questions d'ultime importance ?

Note bibliographique :
Il y a un excellent article sur la question, écrit par un pasteur unitarien-universaliste intitulé "What is Liberal Religion ? ". L'article "Liberal Religion" dans Wikipedia est également à lire.

Repost 0
Published by Jo-Anne Elder-Gomes - dans les piliers de l'Eglise
commenter cet article
15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 09:03

DALL’OGLIO Paolo, 2009 - Amoureux de l'islam, croyant en Jésus, avec la collaboration de Eglantine Gabaix-Hialé et une préface de Régis Debray, aux éditions de l’Atelier, Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), 176 p., paru en avril, 18 euros à La Procure


Au coeur du désert syrien, Paolo Dall'Oglio, s.j., a fondé la communauté monastique de Deir Mar Moussa. Dédiée au dialogue islamo-chrétien, la communauté, mixte et oecuménique, accueille tout au long de l'année des milliers de musulmans ainsi que des visiteurs de toutes nationalités. Fort de ses trente ans d'expérience et d'engagement, Paolo Dall'Oglio, en dialogue avec Églantine Gabaix-Hialé, prend ici position sur la relation entre l'Église, plus spécifiquement l'Église catholique, et la religion musulmane.

Comment vivre ensemble et à quoi bon vivre ensemble ? Quelle est l'originalité des deux religions ? Comment s'opèrent l'évangélisation et l'inculturation de la foi chrétienne en milieu musulman ? Quelle est la valeur théologique de la prophétie de Muhammad du point de vue chrétien ?

Face à la résurgence des théologies exclusives, à la mode depuis qu'une certaine peur de l'Islam a fait surface, le lecteur trouvera ici une position de théologie d'ouverture, explicitement assumée comme inclusive, les exigences radicales de la foi chrétienne y étant vécues en profondeur. L'ambition de cet ouvrage est de proposer une espérance que seul l'engagement en faveur de l'autre rendra légitime et réaliste.

Avis de Jean-Claude Barbier :

L'auteur parle-t-il seulement de lui-même en citant, au singulier, "croyant en Jésus" ? Ambiguité du titre !  Que veut dire d'ailleurs "croire en Jésus" ? Est-ce croire qu'il est Dieu ?

Ce témoignage est certes intéressant, mais peut-on aller plus loin ?
En s'appuyant sur la théologie unitarienne comme quoi Jésus est simplement homme, donc au même niveau que Muhammad et autres prophètes et sages de l'Humanité, des musulmans peuvent tout à fait établir une relation privilégiée à celui qu'ils nomment Issa et qu'ils vénèrent déjà, tout en restant parfaitement musulmans.

Du moins est-ce là une possibilité. Nous ne pouvons que souhaiter qu'elle se concrétise un jour ou l'autre. On a déjà des juifs "messianiques" qui récupèrent la figure de Jésus (ce qui est parfaitement légitime de leur part puisque Jésus était un rabbin juif) ; on a eu, aux Etats-Unis, des athées "for Jesus" ; pourquoi pas demain des musulmans "for Jesus" ?

Repost 0
Published by Eglise unitarienne francophone - dans la bibliothèque de l'EUfr
commenter cet article
15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 08:43

PICON Raphaël, 2009 - Dieu en procès, Paris : éditions de l’Atelier, 120 p. , sorti en avril,  16,15 euros sur le site d’Amazon

Présentation de l'éditeur :

Caricatures, pamphlets, sketches, images publicitaires ... La critique à l'égard du religieux va bon train. Raphaël Picon s'interroge sur les conditions et les limites de cette critique. Les événements récents démontrent qu'elle n'est jamais simple, ni pour les institutions ni pour les individus. Et pourtant, elle est nécessaire et essentielle au développement des religions si l'on veut éviter qu'elles ne deviennent tyranniques et liberticides.

Se poser la question de la critique de nos images de Dieu, c'est aussi s'interroger sur la crédibilité de ce dernier. Dieu est-il à situer dans le domaine du rationnel ou au-delà du raisonnable ? Si l'on souhaite répondre aux quêtes de sens contemporaines, le discours sur Dieu ne peut que faire appel à la réflexion et donc à la critique.

Biographie de l'auteur :

Raphaël Picon est professeur de théologie à la Faculté libre de théologie protestante de Paris et doyen de cette faculté. Spécialiste des théologies du pluralisme, il est rédacteur en chef du mensuel Évangile et liberté. Il a notamment publié : " Le Christ à la croisée des religions " (Van Dieren Éditeur, 2003), " Le protestantisme, la foi insoumise ". avec L. Gagnebin (Flammarion, 2005).

Repost 0
Published by Eglise unitarienne francophone - dans la bibliothèque de l'EUfr
commenter cet article
9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 11:21

Les astrophysiciens n’ont pas encore rencontré Dieu, mais ils commencent à comprendre ce qui s'est passé à la suite du Big-bang.

Au début (estimé à 14 milliards d’années), il y avait de l’énergie, de l’espace et des " forces " (gravitation, nucléaire, électromagnétique, radioactivité).

Les croyants personnaliseront cela en désignant Dieu comme créateur de cet embryon d’univers alors que les non croyants s’abstiendront de cette hypothèse. En tout cas, match nul entre les matérialistes (car la matière n’est pas première !) et les croyants (car Dieu n’est pas désigné nommément). Les unitariens-universalistes proposent de concilier tout le monde en évoquant tout simplement le mystère de la Vie.


Voici les propos d'Agnès Acker, astrophysicienne :

" L’énergie, très concentrée et très chaude, était soumise à une puissante " force " d’expansion de l’espace, une dilatation qui a entraîné un refroidissement de l’univers. C’est ce dernier phénomène qui a permis une " cristallisation " d’une partie de l’énergie en matière […]. Les premières particules – les plus élémentaires connues sont les quarks – sont alors apparues. A environ un milliard de degré, 3 quarks se sont rassemblés pour former le proton, noyau de l’hydrogène, puis une partie de celle-ci est devenue de l’hélium. A partir de là, l’univers s’est arrêté de fabriquer de la matière.

Tant que l’univers était très chaud, il était empli d’une soupe d’hélium, d’hydrogène et d’électrons, d’un chaos de particules élémentaires. Dans ce milieu totalement opaque, aucune lumière ne pouvait émerger (les photons ne pouvaient pas passer car ils étaient absorbés). Cet univers très primitif reste inobservable.

C’est dans l’univers âgé de quelques centaines de milliers d’années, et refroidi à environ 3 - 4 000 degrés, que les premiers atomes ont pu se former et que les photons ont pu traverser l’espace. La première image que nous avons de l’univers a été prise lorsqu’il était âgé d’à peu près 400 000 ans, par le satellite Cobe, en 1990. "


Puis les étoiles prirent le relais de la fabrication d’éléments. " La gravitation a permis de porter la température du cœur des étoiles en formation à quelques millions de degrés. Cela a déclenché en leur sein des réactions nucléaires et conduit, dans le centre des étoiles très massives, à la fabrication de tous les éléments chimiques que nous connaissons. A la fin de leur vie, les étoiles éjectent leur contenu et enrichissent la matière interstellaire des éléments qu’elles ont fabriquées. Les nouvelles étoiles qui se forment sont donc riches de tout ce que les autres étoiles ont fabriqué "

La Terre et les planètes que nous connaissons sont toutes âgées d’à peu près 4,5 milliards d’année.

En conclusion, au terme d’une longue évolution, l’homme est formé de poussières d’étoiles !


propos recueillis par Claire Reuillon auprès d’Agnès Acker, astrophysicienne à l’Observatoire de Strasbourg et professeur à l’université de cette même ville (Valeurs mutualistes, n° 260, mai-juin 2009, pp. 32-33)
.

Repost 0
Published by d'après Agnès Acker - dans croyants-non croyants
commenter cet article
7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 15:55
David R. (Fort-de-France) - Ce dimanche à 9h 45, seul, j'ai allumé la flamme, debout, récité la prière mensuelle, puis dit : Que vous soyez bénis, vous, chrétiens ou non, qui aimez la Vie et qui voulez fonder une fraternité universelle, spirituelle. Que vous soyez bénis, vous qui aspirez au Bien. Amen. J'ai joint les mains quelques minutes en silence en pensant à tous ceux qui ont communié ce matin.
 
Lucie-Marie G.-B. (Ottawa) - En prenant connaissance de votre culte du dimanche j'ai beaucoup apprécié votre "langage spirituel", votre ouverture et votre accueil. C'est formidable il faut vraiment continuer. Il me fera plaisir de retourner vous visiter. Présentement je continue ma responsabilité concernant les groupes de croissance spirituelle ; ces groupes sont pour moi une "vraie nourriture".

voir la prédication de notre pasteur, la révérende Maria Pap, "La famille de Jésus", faite à l'occasion de son séjour au mois de mai auprès de la communauté chrétienne unitarienne du Burundi et qu'elle nous a adressée pour notre culte.

Notre prochain culte aura lieu le dimanche 2 août.

Repost 0
Published by Eglise unitarienne francophone - dans notre culte mensuel
commenter cet article
7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 13:00
par la révérende Maria Pap, ministre du culte de l'Eglise unitarienne de Transylvanie et titulaire de la chaire de notre Eglise, à l'occasion de notre culte mensuel du mois de juillet 09.

" Comme Jésus parlait encore à la foule, sa mère et ses frères se tenaient dehors et cherchaient à lui parler. Quelqu’un lui dit : Ta mère et tes frères se tiennent dehors et cherchent à te parler. Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis il étendit la main sur ses disciples et dit : Voici ma mère et mes frères. En effet, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui là est mon frère et ma soeur et ma mère." (Mt 12, 46-50).

Jésus enseignant aux foules

Pendant longtemps, ce récit m’a paru bien étrange et contraire à l’image de Jésus que je m'étais faite. Comme enfant, et plus tard comme étudiante en théologie et de la Bible, j’avais devant mes yeux un Jésus gentil, tendre, compatissant. Un Jésus qui avait un mot d’amour, un geste de solidarité et d’espérance envers tous ceux qui se tournaient vers lui. Or, dans ce texte, le même Jésus renie sa mère et ses frères et, pour moi, c’était incompréhensible. Pourquoi cette amertume, pourquoi ce geste indigne de lui ?


A premier vue, peut-être que ce rejet prend-il ses racines à la suite du témoignage qu’il fit dans la synagogue de Nazareth, où il avait scandalisé tout le monde, y compris ses parents. Il avait alors lu un passage d’Isaïe concernant l’arrivée du Messie et il eut l’audace de dire que, par lui, tout s’accomplira.
Son amertume vis-à-vis de sa famille venait-elle de là ? Il avait dit alors : " Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents et dans sa maison ".


Mais, lui qui nous a enseigné de pardonner soixante-dix sept fois ne pourrait-il pas pardonner à sa famille ce qu’il a ressenti alors comme une offense ? Oui, cela nous fait très mal quand nous ne sommes pas compris par ceux que nous aimons. Il est en effet plus facile de pardonner à des gens inconnus ou qui ne touchent pas notre vie en profondeur.

Mais la vérité s’avère un peu différente et, parfois dans notre vie familiale, nous devons réaliser avec la même amertume de Jésus qu’aimer n’est pas nécessairement comprendre. On peut aimer sans comprendre (et nombre de couples se vivent ainsi) comme on peut comprendre sans aimer (lorsqu’il nous faut par exemple comprendre les raisons et accepter des évènements contre son gré).


N’être pas compris par sa famille, c’est toujours douloureux, mais ce n’est pas impardonnable ! On ne pourrait d’ailleurs pas vivre comme famille, comme communauté sans la possibilité quasi journalière de se réconcilier.

Interrogeons-nous sur cette attitude de Jésus. Cette offense non pardonnée est-elle le fait d’un Jésus, fils et frère, ou plutôt d’un Jésus prophète de Dieu ? Peut-être que pour Jésus l’incompréhension de sa famille à son égard est-elle moins douloureuse que leur incompréhension de la parole de Dieu ?
Dans le récit, il y en a un rejet particulier, la parenté, et une acceptation universelle. Or ils sont indissolublement liés.


J’ai finalement compris ce message à partir de mon expérience personnelle.


Je suis une enfant adoptée. Ma mère biologique, ne voulant pas de moi, me donna en adoption à un couple qui était sans enfant. Jusqu’à présent, je n’avais jamais lié ce récit des évangiles à ma vie personnelle, parce que j'ai toujours considéré mes parents adoptifs comme mes vrais parents. Leur amour envers moi, le soucis qu’ils ont eu pour moi, leur travail pour faire mon bonheur m’ont toujours rassurée que j’étais bien leur fille. C’est là un exemple que la famille n'est pas toujours une question de biologie, de liens de sang ou de coutume d’un pays.

Certes, ces liens biologiques sont d'habitude à la base d’une famille, mais ils ne suffisent pas. Une vraie famille doit être plus que de simples relations de parenté ; il faut y ajouter l’amour, des responsabilités assumées, des peines et bonheurs partagés ...


Dans cette optique, le geste de Jésus n’est pas tant un rejet que l’acceptation de la grande famille des enfants de Dieu.


Etre dans la grande famille de Jésus n’a été et ne sera jamais facile. Regardons d’abord ses disciples, ceux qui furent les plus proches de lui. Combien de fois n’ont-ils pas été indignes d’appartenir à cette famille ? Combien de fois n’ont-ils pas compris les paroles de leur Enseignant ? Ils se sont querellés pour des questions de préséance, ont demandé à être récompensés pour leur fidélité, et finalement l’ont abandonné en plein péril ; puis Pierre l’a renié par trois fois. Et pourtant, malgré toutes ces faiblesses humaines, ils ont eu le courage, à la Pentecôte, de continuer le travail de Jésus, proclamant l’Evangile et établissant les premières communautés chrétiennes.

Faire partie de la famille de Jésus n'est pas un fait accompli, mais un devoir pour lequel nous devons travailler chaque jour. Nous avons aussi nos faiblesses, nos tendances à nous disputer, notre aveuglement à nous séparer de gens que pourtant nous aimons, etc.

Jésus nous rappelle que nous sommes tous les membres d'une grande famille liés non pas par des liens de sang, mais par des liens d'amour vis-à-vis de notre Père et envers les autres.

Chaque fois que nous assumons notre responsabilité d’humain, de chrétien, d’enfant de Dieu, nous renforçons notre adhésion à cette grande famille. Chaque fois que nous avons le courage de pardonner, d’aimer et d’espérer malgré tout, nous sommes les parents, les fils, les mères, les frères et les soeurs de Jésus.

Dans cette communauté ouvrons notre coeur, notre âme, notre conscience pour déceler l’esprit de Dieu dans notre vie, pour recevoir la force et l’amour de vivre, et de travailler comme membres de la famille de Jésus, en faisant la volonté de notre Père.
Ainsi soit-il. Amen.

Repost 0
Published by Maria Pap - dans la chaire du pasteur
commenter cet article

Présentation

  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
  • Contact

Recherche