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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 01:59

échange sur la notion de "mystère" au sein du groupe de discussion sur Yahoo Unitariens francophones (lien) (le vendredi 20 mai à propos de la Transsubstantiation, version catholique du partage du pain et du vin) :


Roger_Gau.jpgRoger Gau, chrétien unitarien, Blagnac près de Toulouse - Pour jouer un peu sur les mots : La définition de mystère est “ce qui n’est pas compris”, alors comment comprendre ce qui ne peut être compris.
Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier, chrétien unitarien, Gradignan près de Bordeaux  - Le raisonnement peut construire le mystère. C'est le bon sens qui nous sauve ! et non la Raison ; car celle-ci argumente et peut tout prouver en utilisant des concepts. (…) La Raison délire ! Sauve qui peut.
Bruno Cadez portraitBruno Cadez, catholique, Lille - En effet. Je ne veux pas faire dans l'anti intellectualisme primaire, mais c'est aussi pour cela que je me suis éloigné des Eglises dites officielles, ou du moins que je m'en détache. On peut tout expliquer effectivement à coups de concepts. Et s'éloigner de ce que l'on vit concrètement et de ce que l'on ressent. Cette force de vie intérieure que je ressens quand je fais silence ou quand je m'ouvre à l'autre. Pas besoin de toutes ces explications complexes pour communier à la vie. Mais la spiritualité n'est pas la seule à être victime de ces travers ultra rationalistes. Il n'est qu'à voir ce qui a pu être fait avec les idéologies (et j'en sais quelque chose !).
Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier - les religions font partie des constructions idéologiques, des superstructures dirait Marx. Elles sont choses bien humaines, et non pas de Dieu. Elles prétendent nous parler de Dieu, mais finalement ce sont leurs représentations qu'elles ont de Dieu ou des dieux. Parfois, elles partent d'expériences spirituelles tout à fait intéressantes, mais comme Bruno le dit, on n'a pas besoin de jargonner pour nous présenter ces expériences. Il y a trop souvent une bulle métaphysique et institutionnelle qui se développe à partir des origines et qui occupe tout le champ religieux au détriment des expériences spirituelles vécues.

 

Accompagnons l'action de grâce d'Issa Badarou-Soulé, musulman béninois

 

Albert6.jpgAlbert Gandomou, chrétien, Cotonou (Bénin), fondateur du mouvement Chrétiens pour changer le monde (CPCM,  lien), message du 17 juin 2011 - [...] une messe d’action de grâce à laquelle nous invite notre ami, le ministre Issa Badarou-Soulé. Il ne fait pas partie du tout nouveau gouvernement formé fin mai 2011 par le président Thomas Boni YAYI [...]. Pour marquer son retour  à sa vie de simple citoyen, notre ami a demandé une messe d’action de grâce qui sera célébrée le dimanche 19 juin 2011, à la cathédrale Notre-Dame de Lourdes à Porto-Novo. Le musulman qu’il est va sûrement en faire de même dans les tous prochains jours à la mosquée. Mais il a choisi de commencer par un lieu de culte chrétien.


Issa B. s’est toujours montré très proche de CPCM et ceci bien avant sa nomination, intervenue le 22 octobre 2008, au poste de ministre de l’Economie maritime et des infrastructures portuaires. En 2007 il a présidé l’une des manifestations qui ont marqué le 10e anniversaire de notre mouvement, à savoir le colloque organisé à l’INFOSEC à Cotonou sur le thème « Le Dieu de Jésus est le Dieu des exclus ». En juin 2008, il a parrainé le colloque international sur le dialogue inter religieux réuni par CPCM dans la grande salle de conférence de l’Institut des Artisans de Justice et Paix à Cotonou. Plus de cent cinquante participants ont accepté de réfléchir avec nous sur le thème suivant : « Dialogue inter religieux : En finir avec toutes les formes d’exclusion ». Et en juin 2008, alors qu’il était ministre, il a accepté de venir s’asseoir au milieu de nous pour participer à notre table ronde internationale des 26 et 27 sur le thème ci-après : « Dialogue inter religieux : contribution des religions à la construction de la paix ».


Né à Noël, il porte le prénom d’Issa qui veut dire Jésus pour les musulmans. Est-ce pour cela qu’il sait se montrer si humble, si véridique et surtout si respectueux de son prochain ? Ce qu’il nous dit souvent à nos rencontres, c’est que, pour lui, un musulman est d’abord chrétien. Et ceci nous permet, à CPCM, de comprendre le sens de sa démarche de dimanche prochain. Aussi voudrais-je inviter tous ceux d’entre vous qui le peuvent, en particulier ceux qui vivent à Porto-Novo, Cotonou et environs, à venir prier à ses côtés et rendre grâce à Dieu de tous ses bienfaits. [Une délégation de 5 membres du CPCM a assisté à cette messe d'action de grâce].

Accompagnons Régis de notre amitié fraternelle le jour de son opération et pour sa convalescence

 

R-gis-Pluchet--2009.jpgRégis Pluchet, protestant libéral et unitarien, Le Mans, message du lundi 20 juin - Cher-e-s Ami-e-s. Voici quelques nouvelles. Après quelques jours à Noirmoutier, je suis en pleine forme ... pour affronter ma seconde intervention chirurgicale. Je rentre en clinique ce mardi, je suis opéré le lendemain mercredi 22 juin au début de l'après-midi pendant cinq à six heures et serai en soin intensif pendant plusieurs jours. Sortie de clinique prévue le 6 juillet, suivi de convalescence pendant plusieurs semaines à domicile.
Si vous le pouvez envoyez moi une prière, quelques notes de musique ou un peu de lumière en allumant une bougie ce mercredi matin, afin de mobiliser mes forces vitales, de guider au mieux la main du chirurgien et de rester le plus serein possible dans l'épreuve. Je ne lirai très probablement pas vos réponses et éventuels messages de sympathie et vous n'aurez sans doute pas de mes nouvelles avant la mi-juillet. Mais je vous en remercie d'avance de votre soutien. Cordialement.

Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier - Cher Régis. Nous te souhaitons du courage dans cette épreuve et nous louons l'habileté et la compétence de nos chirurgiens qui font des "miracles". Nous allons penser très fort à toi durant cette journée de mercredi et j'allumerai la bougie du calice de l'AFCU. Nous pensons aussi à ta compagne et à tes proches.
Bruno Cadez portraitBruno Cadez - Mon cher Régis, Que la Source de vie à laquelle j'essaye de me relier chaque jour t'accompagne et t'accorde ce qui est le mieux pour toi. J'allumerai une bougie ce mercredi et rédigerai une prière.
Nicolas Semaille - Je prie pour toi. Cordialement

laurent trouve gaston lagaffeLaurens Trobat, protestant unitarien, Pau – J'ai allumé sur le Net une bougie pour Régis. Vous pouvez faire de même en allant sur le site de gratefulness.org en langue française (lien). Spécifiez que vous voulez que votre bougie soit dans le groupe "unita" (pour « unitariens »). Vous pouvez même envoyer un lien à Régis (s'il regarde son ordi ce soir, la bougie restant allumée 48 h sur le site). Sinon à partir du site des chrétiens unitariens-universalistes américains ( lien) et cliquer dans la colonne latérale en bas de page à droite sur "light a candle".


candle_title.jpg


Sur la page de présentation du site : « Dans de nombreuses traditions, allumer les bougies est un acte sacré qui exprime plus que ce que les mots peuvent exprimer. Il s'agit d'être remerciant. Depuis des temps immémoriaux, on allume des bougies dans des lieux sacrés. Pourquoi le cyberespace ne devrait-il pas être sacré ?
Peut-être que vous voudrez commencer ou terminer votre journée par le rite sacré d'allumer une bougie sur ce site; ou bien vous pourrez vouloir allumer une bougie d'anniversaire pour un ami. Un simple mot pour vous guider est nécessaire. Ralentissez et faites-le avec toute votre attention. A partir de maintenant vous serez guidé pas à pas. »

Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier - Merci Laurens pour cette initiative. J'ai allumé une bougie et demain matin j'allumerai le calice de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU).


hibou brunYves Le Hibou, catholique, Paris - La bougie : elle est lumière mais aussi  "veilleuse" et je la vois bien comme  "accompagnement".  

 

ndlr -1) Voir aussi le message de Yann en commentaire de cette page. 2) Régis a subi une opération de plus de 4 heures. Il est toujours, ce 1er juillet, aux soins intensifs.

 

Allumons notre calice et prions avec tous les unitariens et universalistes du monde entier en récitant notre prière mondiale de ce mois de juillet (lien).

 

giacomo_tessaro_portrait.jpegGiacomo Tessaro - chrétien unitarien, Borgosesia, dans le Piémont, Italie - Plongeons-nous dans le mystère de Dieu, lequel n'est que le mystère de notre vie et de notre relation avec notre prochain. Ignorons toute polémique, toute discussion que ne sert pas à notre difficile croissance. Découvrons notre cher Dieu jour après jour, nuit après nuit, en cherchant de déchiffrer Ses messages qui sont pour nous, seulement pour nous. C'est à nous de faire le premier pas dans le mystère. Nous ne serons pas déçus. Salutation des unitariens italiens.

 

Alfarange.jpgFabien Issa - chrétien esotérique, département des Yvelines - Unitariens, unitariennes, sympathisants, je vous embrasse tous ! Que ce baiser soit ma participation d'aujourd'hui au culte. Mes pensées vous accompagnent, à défaut de prier (je ne crois pas en la prière ! lol !).

 

Si vous voulez vous joindre à nous pour ce culte, cliquer ci-dessous sur "commentaire" ou bien envoyer votre message à la Correspondance unitarienne (adresse).

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 02:50

calice_porte_par_trois_hommes.jpgen kirundi : Guhura kw’abantu kugurura imiryango myiinshi. Kwinjira mu mico y’abandi no kugurikira uburyo bundi bwo gutahura no gukora ibintu. Kwitaho abandi bica birakura muri twebwe umutima wokwitanga uturoresha kubandi mu kubitangira atakwikunda kugiyemwo. Uno musi, muri aka gatondo, nitwatse iri tara ryo kugurukira abandi, yo gutangarira bishasha biduteza imbere eka mbere no gukorera hamwe gukomeye.


en français : La rencontre entre les peuples renferme des possibilités inattendues. Expériences culturelles et ouverture à de nouvelles façons de comprendre et de faire les choses. L’attention à l’autre se développe et un esprit de détachement nous tourne vers l’autre dans un service désintéressé. Aujourd’hui, ce matin, allumons une flamme d’ouverture à l’autre, de curiosité enrichissante et de coopération active.
 

en anglais : When people meet, endless possibilities emerge. New cultural experiences and openness to new ways of understanding and doing things. A special attention to the other and a sense of service beyond self develop. Today, this morning, let us light the chalice for openness, willingness to grow, enriching curiosity, and active cooperation.

cette prière a été proposée par Fulgence Ndagijimana,

fondateur et responsable de l'Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (ACUB)( lien)

 

natalia_reverdin_effront.jpgNatalia Reverdin Effront, pasteur protestante catalane, diplômée de la Faculté de théologie protestante de Genève, habite à Rubi, en Catalogne, pour contact voir sur Facebook - traduction catalane (mais compréhensible aussi en français) : Un Monde Uni Généreux Intelligent Solidaire Humain et avec Amour. Je me suis inspirée du mot Umugisha, qui veut dire "bénédiction" en kirundi (photo de mon album "Vacances 2009").

 

burundi_umugisha.jpg

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 00:00

Dans QUELQUES NOUVELLES, bulletin de la mouvance Marcel Légaut édité par Antoine Girin. n° 241, février 2011 et n° 242, mars 2011, (pour contact,  lien), une bibliographie établie par Antoine Girin.
 

 

Dialogue avec Teilhard - 1958
La vérité de l'action - 1962
Le problème de Dieu inscrit dans l'Evolution - 1963 - livre marqué par la pensée de Heidegger : l'Être (le Sein) et le Sujet de l'Exister.
Valeur spirituelle du profane (les énergies du Monde et l'exigence religieuse) - 1963
La vérification religieuse - recherche d'une spiritualité pour le temps de l'incertitude – 1964


Ces cinq ouvrages publiés au Cerf avant le retour d'Olivier Rabut à l'état laïc correspondent à une prise de conscience à l'intérieur de son univers religieux, de la nécessité d'une recherche rigoureuse et ouverte sur le contenu doctrinal du christianisme. Le souhait d'équipes pluridisciplinaires est exprimé déjà dans «Dialogue avec Teilhard» : «... seul un travail d'équipe groupant au moins un savant un philosophe et un théologien pourra éclairer les questions difficiles auxquelles Teilhard s'est attaqué (...) Il faut souhaiter que des équipes très attentives étudient, non seulement les questions traitées par Teilhard, mais toutes celles qui élargissent la science et qui, partant d'elle, conduisent à un humanisme et une sagesse. »


L'expérience religieuse fondamentale - Casterman - 1968
Un christianisme d'incertitude – L'Epi - 1968


Dans ces deux livres, 0livier Rabut distingue l'impulsion spirituelle et la doctrine. Il écrit «c'est bien l'impulsion spirituelle issue du Christ qui m'oblige aujourd'hui à mettre la doctrine en question (...) car l'évangile exige la probité de l'esprit poussée au besoin jusqu'à l'héroïsme. Il réclame aussi que l'on écoute les vérités, même partielles portées par le monde, y compris par les incroyants «La vérité vous délivrera». Pour être fidèle, on sent le besoin de garder l'incertitude, mais pas n'importe quelle incertitude. La vraie fidélité est novatrice.


Le doute et l'absolu - Gallimard - 1971 - est peut-être l'ouvrage le plus riche de finesse psychologique et de sensibilité humaine. Il rejoint en profondeur la réflexion de ceux et celles qui prennent le temps d'essayer de saisir le mystère de la Vie, de l'Etre, du Réel. 0livier Rabut y affirme que le doute est salutaire et que les tourments qui l'accompagnent aident à pressentir un enseignement spirituel constructif sans l'abri d'une doctrine mais en relation avec notre condition humaine réelle. Il invite à rechercher un sens juste du mystère, une harmonie aux forces créatrices et un éveil à l'expérience des spirituels. "Je cherche une nouvelle spiritualité ou un comportement qui soit à peu près accordé aux exigences aujourd'hui pressenties, ou une façon de vivre qui ouvre l'homme au lieu de le fermer, qui l'ouvre à tout, même si c'est obscur, inconnaissable. On réclame la visée humaine intégrale, mais le but à atteindre est une sagesse modeste, accessible à tous". (p. 12)


Le Mal, question sur Dieu - Casterman – 1971 – 0livier Rabut développe l'idée que le mal ne vient ni de Dieu ni de l'homme, mais qu'il est la conséquence de l'acte initial de la création. Il n'en demeure pas moins que le problème du mal devient, au moins pour une part, celui des choix collectifs de l'humanité. "Le mal, écrit-il, nous entraîne dans un pays où l'on parle une langue étrangère, un pays dont les lois sont incompréhensibles et pourtant ce pays s'inscrit dans le Réel comme l'humanité et la joie".


Jésus sans uniforme - Gallimard – 1973 – 0livier Rabut, dans la plus totale liberté, à travers la tradition comme à travers les questions contemporaines et sa propre expérience de chrétien et de scientifique (O.R. est polytechnicien et s'est beaucoup intéressé à la physique quantique), apporte une lumière dans une approche de Jésus qui provoque tout homme, croyant ou incroyant, au questionnement sur l'ultime. « Que serait l'Evangile s'il ne conduisait à la liberté spirituelle ? et que serait cette liberté si je n'osais voir et dire ce que je vois ? L'Evangile passe l'Evangile. »


olivier_rabut_l-apres_croyance.jpgPeut-on moderniser le christianisme ? - Cerf - 1986 - Après un long silence, 0livier Rabut reprend la plume et montre que les atermoiements autour de Vatican Il sur la liturgie, la pastorale, le mariage des prêtres, la sexualité... masquent la recherche essentielle qui devrait porter sur la Vérité du Dogme. Il s'interroge toutefois longuement sur cette Présence-Absence révélée par la Bible et appelée "shekhinah" : "la Réalité qui se laisse deviner est invisible, impalpable ... et j'ai besoin de m'accorder au mystère du Réel. Une visée dépassante paraît appartenir à la structure de l'être humain, dépassante d'une médiocrité où il est facile de se complaire."


L'Après-Croyance - Cerf – 1990 – 0livier Rabut propose à ceux qui doutent, mais ne renoncent pas à toute exigence spirituelle, une voie d'humanisation largement inspirée de l'évangile. Il veut "unir la plénitude spirituelle à la rigueur de la recherche, tracer un chemin de pensée sans résultats préconçus, remettre en question les fondements mêmes", il regrette "une dogmatique définie et immuable" et conclut "Je suis inséparable des autres, inséparable d'une culture et d'une lignée spirituelle, bien plus, non seulement de l'humanité, mais de la totalité de l'univers."

à suivre ...

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 23:25

suite de l'article précédent

 

articles publiés

 

olivier_rabut_jesus_sans_uniforme.jpgEn 1971, dans la Revue théologique de Louvain, à propos du Livre de Jacques Monod "Le Hasard et la Nécessité" 0livier Rabut dit son admiration pour ce livre passionnant. Toutefois Rabut regrette que l'auteur, lorsqu'il sort du domaine de la biologie, énonce des évidences hâtives et sommaires : Cette question, souligne Rabut, est peut-être la question du siècle : comment passer de la démarche scientifique à une vue d'ensemble dont l'homme a besoin autant que de science ; peut-on traiter, sans une démarche originale, les problèmes qu'on appelle philosophiques, ceux qui concernent le destin de l'homme et  la nature dernière de la réalité ( ... ) Je suis en accord profond avec l'auteur mais au dernier moment, je dois rompre : il conclut trop vite, il tourne trop court, il schématise ( ... ) On ne peut sommairement nier l'existence d'une Source sans fonder cette négation sur une raison. Après avoir indiqué qu'il partage avec ferveur les perspectives du dernier chapitre Ethique de la connaissance comprise comme une subordination de l'action à la Vérité, le "Vouloir" étant éclairé par le "connaître", Rabut émet le vœu que ces questions fondamentales soient reprises avec de grands moyens scientifiques et philosophiques, et surtout avec un sens aigu de la structure complexe de tels problèmes.

En 1975, dans ETUDES cette réflexion se continue sous le titre "Recherche théologique et rigueur scientifique". Rabut énonce ce que pourrait être l'idéal commun des théologiens et des scientifiques. Il met en parallèle les présupposés de la réflexion religieuse et les axiomes de la science, les premiers ne sont pas discutés alors que les seconds sont la base transitoire jusqu'à ce qu'une découverte les remplace par d'autres. Rabut considère que l'immuabilité doctrinale ne s'inscrit pas dans un processus de Vie et montre qu'une telle recherche valoriserait le meilleur du christianisme et la crédibilité de l'Eglise.

La même anéne, "Communiquer l'Essentiel" dans ETUDES reprend l'idée que la fermentation suggérée par l'Evangile doit être recherchée et développée pour elle-même sans la figer en constructions mentales nées du vieil homme. La loi que Jésus a dénoncée lorsqu'elle entravait le développement de l'homme n'est-ce pas l'outre toujours trop vieille pour le vin nouveau, n'est-ce pas une doctrine qui se veut LA réponse définitive alors qu'elle devrait être question ouverte à une recherche sans fin.

En 1976 dans ESPRIT : "Brouillard sur l'infaillibilité" Olivier Rabut développe l'idée qui lui est chère : les certitudes spirituelles du christianisme sont réelles, les certitude doctrinales sont improbables.


Manuscrits non édités


" Passion pour le problème religieux - récit d'une vie " : 0livier Rabut n'est pas seulement une pensée, il est un homme façonné et malmené par les événements. Ces pages éclairent sa passion pour la vérité.

" Physique quantique et problème de Dieu " : 0livier Rabut a travaillé cet ouvrage de nombreuses années, l'enrichissant des apports d'une correspondance suivie avec des scientifiques et des théologiens. Il met en parallèle les avancées de la physique et un approfondissement de certaines intuitions philosophiques et métaphysiques, ainsi : La physique quantique entraîne un beau renouvellement de nos perspectives. Je ne crois absolument pas que le réel soit aboli. Tout au contraire nous gagnons à nous y intéresser plus qu'à nos propres sensations, idées et initiatives... le pré nous apparaît vert, cela dépend de notre œil, mais c'est bien le pré que nous voyons. 0livier Rabut constate que la recherche dans la ligne d'Einstein et de Louis de Broglie ou même celle de Copenhague, qui pousse plus loin la révision de l'idée de matière, ne prouve pas une source de sens. Il indique que les certitudes sont rares et qu'il y a urgence d'assouplir nos schémas, voire nos postulats, mais il affirme parallèlement que tout homme est appelé à entrer dans un mouvement d'ampleur cosmique : Tout humain sent confusément qu'il peut à la fois se construire et exprimer la puissance du monde ... c'est pourquoi chacun désire s'accomplir, améliorer sa vie, être davantage, sortir de soi, accueillir les forces constructives et en faire de la vie humaine... mais celui qui a un souci ombrageux de la Vérité doit reconnaître qu'il ne sait pas quelle Origine le féconde.. l'incertitude spéculative est supportable... qu'il y ait ou non une source de sens, l'univers se présente comme un gigantesque banc d'essais... Je suis membre de l'univers. Tout ce qui va vers plus de sens est ma patrie. 0livier Rabut conclut : Les risques d'une vie humaine sont terribles. Bien naïf celui qui n'a pas vu la présence des abîmes ou croit bénéficier contre eux de garanties décisives. Mais il faut choisir et dire comme Platon «Le risque est beau» : le risque impliqué par notre appartenance à l'Univers. Dans ce manuscrit, l'auteur réaffirme, à partir des plus récentes découvertes scientifiques, ce qui est la trame de l'ensemble de son oeuvre : une ferme déclaration d'incertitude envers toute explication de l'Origine et de l'Ultime et ceci par respect de la Vérité, la Vérité qui, pour 0livier Rabut a un caractère absolu et l'a conduit à des ruptures radicales.

"L'inconscient dans le dogme" : Ce dernier ouvrage a mobilisé les dernières forces de l'auteur : L'extrême qualité d'une vie qui se conforme à l'idéal évangélique montre que l'évangile est Vérité... mais cela n'implique pas que le credo soit conceptuellement vrai ... les dogmes ne manifestent pas la Vérité métaphysique, mais les exigences d'une force psychique installée au cœur du groupe chrétien. Dans l'ouvrage précédent, le problème de Dieu est posé face à l'évolution de la physique, ici l'auteur désire montrer que l'élaboration de la doctrine s'est réalisée sous la poussée d'un besoin collectif de certitudes : le problème de Dieu et surtout celui de la doctrine est ici posé face à l'évolution des sciences humaines.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 16:07

Partageons nos prières et nos méditations, nos peines et nos joies

 

Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier, Bordeaux, chrétien unitarien, message du 29 mai 2011 - La prière mondiale des unitariens pour le mois de juin fait mémoire de la vie et de l'oeuvre de Norbert Capek (1870-1942), pasteur unitarien tchèque. Vous la trouverez dans notre rubrique consacrée à ces prières ( lien). Vous pouvez l'utiliser lors de notre prochain culte, qui aura lieu le dimanche 5 juin.

 

marie claire lefeuvre portraitMarie-Claire Lefeuvre, Rambouillet, protestante libérale et unitarienne, message du 29 mai 2011 - Pour ce prochain culte, ma prière d'actions de grâce, ma prière du souvenir, ira donc, comme Jean-Claude nous l'a suggéré, vers Norbert Capek, martyr unitarien.  Je me joins à son souhait, et, à partir d'un site sur la toile parmi d'autres à son sujet, en anglais ( lien), je choisis un passage de citations que je traduis ici, pour célébrer la mémoire de ce grand homme :

 

norbertcapek.jpgNe se référant à aucun système théologique en particulier, Norbert Capek célébrait en chaque âme le " cri caché pour l'harmonie et l'Infini ". "Toute personne, écrivait-il, incarne Dieu, et dans chacun d'entre nous Dieu lutte pour une traduction plus élevée de lui-même." "La religion ne périra jamais, parce que les êtres humains ne peuvent être que religieux, ignorant la forme même de toute religion.". "Avant tout, la religion devrait donner cette harmonie intérieure, condition préalable à toute force intérieure, à toute bonne santé, à toute bonne humeur, victorieuse, à toute vie créatrice."

 

"C'est mon idéal", écrivait-il, "que la religion unitarienne dans notre pays signifie une culture plus élevée, ... de nouvelles attitudes envers la vie, et pratiquement un nouvel être humain ... " Il sentait que la tâche de l'Eglise "devait placer la vérité au-dessus de la tradition, l'esprit au-dessus de l'écriture, la liberté au-dessus de l'autorité, et le progrès au-dessus de la réaction". 

 

Je joins à ce "Merci à Dieu", cet autre remerciement, celui d'avoir Jean-Claude, notre webmestre sur la Toile, qui assume l'interface et le relais de nos échanges.

 

Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier - Nous partageons le deuil de nos amis de l'Association culturelle des Amis de Marcel Légaut (ACML) qui viennent de perdre l'une des leurs, Pierrette Bourrat, qui fut des tous premiers débuts. Elle est décédée le 28 mai et la cérémonie d'accompagnement a eu lieu le 1er juin. Nos amis nous annoncent avec leur discrétion habituelle qu' "elle aussi est passée sur l'autre rive". Nos pensées fraternelles vont aussi à son mari, Raymond.

Nos amis de Marcel Légaut ont été également endeuillés ce même mois par la mort d'Edith Delos, présidente des Amis de Jean Sulivan et qui a été une grande et belle figure militante de la spiritualité chrétienne ( lien).

 

richard brodesky portraitRichard Brodesky, Tucson en Arizona, Etats-Unis, unitarien-universaliste - Hier soir, mon fils, Josh, nous a téléphoné pour nous annoncer ses fiançailles. On en est très content. Michelle est une jeune femme extraordinaire. Elle est en train de terminer une maitrise en développement économique des communautés à l’University de California—Davis. Elle s’intéresse à la formation des communautés et surtout à la sécurisation de l’alimentation autrement dit aux systèmes de produire et distribuer la nourriture surtout aux pauvres. Mary et moi, nous estimons ses idéaux. Vous pouvez y voir les effets de son héritage mennonite et amish.

 

michelle_josh.jpg

 

Roger Gau, Blagnac, banlieue de Toulouse, chrétien unitarien - Je viens d’allumer ma bougie. Je vous souhaite un bon culte et un bon dimanche. Suite à l’annonce de Richard sur le blog, Meilleurs vœux pour les fiançailles de Josh et Michelle. Merci pour la très belle photo des enfants. Fraternellement.

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 16:49

This Global Chalice Lighting is submitted in French and English by the Eglise unitarienne francophone as homage to Norbert Čapek. It is to be used during June 2011.


farandole.jpg

"La farandole" par Germaine Rees, artiste peintre en Alsace, voir son site (lien)

 

 

Chaque fois que je vois une fleur, je pense à toi,
Chaque fois que je vois une fleur, je pense à nous,
Car nous assemblons les fleurs, n’est-ce pas ?
Pour qu’elles forment un éventail arc-en-ciel
Pour qu’elles fassent bouquets
Pour qu’elles fassent Eglise.
On dit que, dans ta Bohème natale,
Elles sont si nombreuses au printemps
tant belles et mutines
Qu’elles courent et dansent dans les prés
Célébrant la vie en farandole de liberté.

 

coquelicotsEach time I see a flower, I think of you.
Each time I see a flower, I think of us.
For we gather flowers, do we not?
So that they may bloom into a fan-shaped rainbow
and make up lovely bouquets,
making up the Church.
They say there are so many of them
in your native Bohemia,
so beautiful and lively,
that they run and dance in the fields
celebrating life in a frolic of freedom.

 

par Jean-Claude Barbier, Eglise unitarienne francophone (EUfr)

  poème rédigé en juin 2010, publié sur le site de l'EUfr le 8 juin 2010 en version française ( lien), puis le 10 juin en anglais et en français dans la rubrique "English translation" ( lien).

 

Pour en savoir plus sur le pasteur unitarien tchèque Norbert Capek (1870-1942) et la cérémonie des fleurs qu'il institua au sein de sa congrégation dans les années 1920, voir la rubrique sur le site de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) consacrée à ce rituel original ( lien)

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 01:27

vu par un franc-maçon de Rite écossais ancien et accepté, chrétien unitarien


Le Suprême conseil de France, juridiction gardienne pour la France du Rite écossais ancien et accepté (REAA), rappelait à l’occasion du deuxième centenaire de notre Rite que par l’invocation « A la gloire du Grand Architecte de l’Univers », le maçon ne s’obligeait pas à honorer une entité divine personnalisée mais simplement à témoigner de l’admiration révérencieuse que lui inspirait le mystère de la Création à l’œuvre dans le monde. « En adhérant à la devise « ordo ab chao », poursuivait-il, le maçon de Rite écossais reconnaît l’existence d’un Principe d’Ordre à l’œuvre dans l’univers. Et la devise « Deus meumque jus » lui signale sa double nature : divine, relevant de l’Etre universel dont il procède – humaine, soumettant ses actes à la seule détermination de sa conscience d’homme libre."


J’ai le sentiment que tout est dit dans les trois propositions de ce passage.


la puissance de l'Être

 

L’admiration révérencieuse naît de l’intuition de la présence mystérieuse en nous et dans le monde manifesté d’une force de vie, de la puissance de l’Etre, qui nous fonde à la racine de notre être. La prise de conscience de cette réalité spirituelle constitue la Révélation première, universelle, Lumière intérieure enracinée au cœur de l’âme humaine, comme le rappelle l’évangile de Jean.


Mais l’esprit de l’homme est ainsi fait que les divergences apparaissent dès que nous tentons de conceptualiser la réalité mystérieuse que nous pressentons. Les doctrines métaphysiques ou les dogmes religieux sont en effet formulations de l’expérience qu’ont les hommes du sacré, au moyen de mots humains, trop humains, toujours relatifs et changeants. Paraphrasant Me Eckhart, nous pourrions dire que le Principe n’est Dieu que lorsque des hommes sont là pour le concevoir, utilisant alors des mots substitués pour évoquer son indicible réalité.


« Comprenons bien, nous dit un rituel maçonnique, que le Principe suprême que nous traduisons par ce symbole est ineffable et lui donner un nom (Dieu, Allah, Yahvé), c’est le rapetisser à la mesure humaine donc le profaner ».


Mais comprenons bien aussi qu’il ne s’agit pas là d’une condamnation des voies traditionnelles qui toutes tentent d’exprimer à leur manière le lien au Principe, sur la base de révélations historiques dont la franc-maçonnerie n’a pas à juger la pertinence. Le maçon Ecossais par contre les relativise car il sait que la représentation que nous nous faisons de la Présence immanente et transcendante est toujours inappropriée, ébauche infidèle, source d’idolâtrie pour qui ne comprend plus son lien de dépendance avec le Principe métaphysique qu’elle cherche à rendre sensible à l’homme.


Il nous faut dès lors rester au plus près de la formule symbolique et tenter d’en éprouver le sens premier, avant qu’il ne soit pollué par les représentations mentales ou les anthropomorphismes. C’est l’essence même de la spiritualité maçonnique. Car c’est bien une spiritualité non religieuse (au sens confessionnel du terme) qui nous réunit dans nos loges, l’intuition de l’Unité primordiale qui donne sens à la multiplicité, l’expérience craintive et confiante à la fois d’un Principe premier, source d’un Ordre mystérieux faisant du monde éclaté un Cosmos.

 

l'initiation maçonnique


Pour les artisans maçons du Moyen-âge, l’expression « Grand Architecte de l’Univers » manifestait avec les mots du métier l’ordre profond du monde créé. L’architecte trace les plans de l’édifice et surveille sa construction. Fénelon disait que celui qui élève un côté du bâtiment n’est qu’un maçon, mais celui qui a pensé tout l’édifice et en a les proportions dans la tête, celui-là est l’architecte. Ce symbole évoque donc l’unité du temple à construire, et l’harmonie qui s’étend de l’homme au cosmos. C’est un symbole universel, archétypal, présent dans de nombreuses aires de civilisations.


Il n’est nul besoin de partager les théories cycliques véhiculées par la pensée orientale pour constater, dans le monde moderne, une perte de conscience généralisée du lien avec le Principe et conséquemment la dissolution de la conscience de l’ordre traditionnel. Il nous revient donc d’en recueillir et cultiver les traces, disséminées dans le corpus symbolique des différentes traditions, comme dans l’enseignement des Sciences sacrées, et d’en assurer la transmission.

 

C’est l’objet même de l’initiation, le but qu’elle se propose. Ainsi, l’initiation maçonnique par la voie particulière d’une initiation de métier, est, comme toutes les voies ésotériques, dévoilement progressif de la manifestation du divin dans le Cosmos et découverte de l’Ordre sacré. Au-delà de la simple intelligence formelle des choses, elle constitue une interpellation spirituelle adressée à chacun de nous, afin de poursuivre par un travail personnel la transformation de notre être, et d’atteindre par la conformité à l’harmonie universelle, la réintégration dans notre état essentiel, celui mythique, de l’âge d’or, celui de l’Homme véritable.

 

une polarité en l'Homme


Mais l’homme, dans la quête de son être essentiel est constamment partagé entre deux sentiments antinomiques : celui d’une présence immanente de l’Etre et, dans le même temps le sentiment opposé d’une altérité, l’impression d’être étranger à sa propre essence. Ces deux intuitions fondamentales forment une polarité et une tension permanentes constitutives de la condition humaine.


Unité et séparation d’avec le Principe expriment la vérité profonde d’une réalité ontologique traduite au plan du symbolisme religieux par le mythe de la Création et de la Chute. Elles fondent à la fois l’autonomie de l’homme et sa liberté, et sa dépendance vis à vis de la Puissance d’être qui lui communique la vie. Le réel intègre dès lors, à la fois, la dimension du profane et du sacré. Profane lorsqu’il est vu en lui-même, indépendamment de son unité avec le Principe, sacré quand il est vécu comme épiphanie.


Tout être et toute chose sont ainsi sacrés et profanes tout à la fois, et peuvent devenir vecteurs d’un divin immanent. Mais ils renvoient au divin au-delà d’eux-mêmes, et l’infini que l’on veut y saisir s’échappe sans cesse, laissant l’homme perpétuellement blessé et son désir inassouvi.


Faudrait-il donc désespérer de pouvoir dépasser jamais ce déchirement qui nous interdit la plénitude du sacré ?


Non car l’Esprit peut saisir l’esprit humain pour le hisser au-delà de lui-même et par l’action créatrice de la foi surmonter sans les annihiler les contradictions inhérentes à notre condition. Mais qu’on ne se méprenne pas, la foi (ou confiance dans la Réalité ultime) est un phénomène universel, qui ne se réduit pas à la dimension religieuse. Il intègre en effet une dimension initiatique, qui loin de toute approche dogmatique, privilégie l’expérience de la Présence sacrée au sein du cosmos. L’initié, par une approche empirique, découvre alors dans la connaissance intérieure de lui-même et du monde le sens de la vie, perçoit qu’il est étincelle divine et s’ouvre à la Transcendance salvatrice.


La sacralisation du temps et de l’espace recrée au sein de la Loge, oasis spirituel au sein d’un monde sécularisé, un temps et un espace privilégiés où le maçon s’efforcera de retrouver la dimension de réconciliation de l’essence et de l’existence, dans l’Unité reconquise de son être. Car c’est bien d’une reconquête qu’il s’agit : au moyen de l‘ésotérisme spécifique à la Maçonnerie, et par la magie propre au symbolisme et à la démarche initiatique, la reconquête pour lui-même et le monde qui l’entoure, de cette dimension perdue du réel, qui seule permettra le dépassement de nos ambiguïtés et de nos contradictions.

 

quadro_reaa_grande.jpg

 

en lien avec ma foi chrétienne


Toute conclusion sur le thème du Grand Architecte de l’Univers ne peut être que provisoire et personnelle. Elle doit me permettre par contre de faire le lien entre la démarche initiatique et la foi chrétienne à laquelle j’adhère.


La voie initiatique est ainsi pour moi le complément indispensable de mon attachement à la voie de la Révélation biblique : la fidélité maintenue du Rite écossais au corpus symbolique judéo-chrétien, même s’il ne s’agit plus aujourd’hui que d’une référence culturelle, permet en effet un enrichissement spirituel prenant appui sur cette forme traditionnelle, tout en préservant l’accès à l’Universel. Aucun croyant, dans cette évolution, ne doit craindre une perte de substance, elle offre en effet le moyen providentiel de renouer avec l’Alliance noachique et la révélation première. Dieu n’abroge aucune de ses alliances, et la Vérité est une, au-delà des formes.


Car le symbole du Grand Architecte de l’Univers m’unit par delà les confessions de foi à tous les croyants. J’entends par croyants, non pas ceux qui adhérent à une religion positive ni même ceux qui font profession de croire en Dieu, mais ceux d’entre les hommes qui sont à l’écoute de la Transcendance, quel que soit le nom qu’ils lui donnent, et même s’ils ne souhaitent pas la nommer. Ceux là sont en quête de la Tradition, du Sacré, du Divin.


Ils sont des cherchants, car si le Divin se dérobe toujours, c’est la vie même que le chercher, jusqu’à ce que l’Orient éternel nous ouvre la Connaissance du mystère de l’Etre.


Yves Lecornec

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 01:27

We speak different languages. We live on different continents. And yet we share a common love, a common faith, and a common destiny. We share a commitment to create a world where compassion guides us, where all are cherished, where all are free.
We light this chalice in recognition of our enduring connections, in honor of our shared legacy, and in anticipation of the future we shall create together.


Hablamos idiomas diferentes y vivimos en continentes distintos, pero compartimos un amor común, una fe común y un destino común. Compartimos el compromiso de crear un mundo en el que nos guíe la compasión, donde todos seamos amados, donde todos seamos libres.
Encendemos este cáliz en reconocimiento de nuestras relaciones duraderas, en honor de nuestro legado compartido y en la expectativa del futuro que crearemos juntos.


Peter Morales, Unitarian Universalist Association of Congregations (UUA), Etats-Unis

 

Peter_Morales_et_dalai_lama.jpgPeter_morales_et_dalai_lama_IARF.jpg

rencontre entre le Dalaï Lama et Peter Morales (président de l'UUA) lors d'une conférence de l'International Association for Religious Freedom (IARF)

 

Nous parlons des langues différentes. Nous vivons sur des continents distincts. Et pourtant, nous partageons un amour commun, une foi commune, et un destin commun. Nous partageons un même engagement pour créer un monde où la compassion nous guidera, où chacun sera chéri, où nous serions tous libres.
Nous allumons ce calice en reconnaissance de nos relations durables, en l'honneur de notre héritage partagé, et en anticipation de l'avenir que nous devons créer ensemble.

 

traduit en français par Jean-Claude Barbier, Bordeaux

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 03:57

par Jacques Meurice, prêtre ouvrier en retraite.

L’histoire des prêtres ouvriers est une longue suite de découvertes. Depuis les premières expériences dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO), imposé par l’occupant durant la guerre 40-45, jusqu’aujourd’hui, où la plupart d’entre eux sont à la retraite, les prêtres ouvriers n’ont pas cessé de découvrir.

 

A peine sortis de leurs couvents, des collèges où ils étaient professeurs ou des paroisses où ils étaient vicaires, ils ont aussitôt découvert la vraie vie, celle où, comme tout le monde, il faut faire la file dans les bureaux d’embauche, celle où on va sans relâche d’une usine à l’autre à la recherche d’un travail, où on lit avec empressement et une certaine anxiété les offres d’emploi dans les journaux, le matin…Mais aussi, ils ont certainement découvert alors une certaine liberté, la liberté qu’on ressent quand on est devenu un homme comme les autres, qui doit vivre uniquement de son travail, qui n’est plus repéré dans la rue comme un notable, qui ne porte plus de titre. Ils sont sortis du statut de clerc, d’ecclésiastique, et se sont alors rendu compte de ce que cela avait pu avoir d’étouffant, d’immature parfois, d’irréel en quelque sorte. Il n’est pas impossible que certains d’entre eux aient ressenti cette nouvelle liberté à la façon d’un homme qui sort de prison, où il serait resté un certain temps !

Rien ne peut permettre à un évêque de contraindre un prêtre à devenir prêtre ouvrier. Ce n’est pas prévu, ni comme promotion, ni comme sanction par le droit canon ! Tous les prêtres ouvriers sont donc des volontaires. Mais quand il arrive à un évêque d’envoyer un prêtre en usine - chose devenue très rare aujourd’hui pour ne pas dire obsolète, ou même largement inconvenante - il l’envoie avec pour mission de ramener le monde ouvrier à l’église et à l’Eglise. C’est en quelque sorte, dans son esprit, un missionnaire qui va franchir certaines frontières sociales pour ramener du bon côté de celles-ci un troupeau qui s’est égaré. Il faut bien dire que ce fut rarement le cas. Le taux de réussite, envisagé de cette façon, est absolument décevant, proche du zéro % dans la plupart des cas. Et les églises, chez nous, n’ont pas cessé de se vider. Cela n’a pas empêché le Père Chenu, dominicain théologien  et expert au Concile Vatican II, de dire que « les prêtres ouvriers avaient été l’évènement religieux le plus important depuis la révolution française ».

En écrivant Les saints vont en enfer, paru chez Robert Laffont en 1952, vendu à plus de 1.600.000 exemplaires, Gilbert Cesbron a sans doute idéalisé leur expérience, tout en décrivant très bien les conditions  de vie qui étaient les leurs. Il a montré avec beaucoup de talent comment ils s’étaient fondus dans la masse, comment ils avaient pris à bras le corps les problèmes de travail, de logement, de misère... Comment, dans les années 50, ils s’étaient engagés dans les mouvements pour la paix, comment ils avaient été impliqués dans la lutte des classes avec les militants du parti communiste. En fait, ils ont découvert alors le besoin pour le peuple de s’unir pour lutter, ils sont entrés dans les organisations syndicales, ils ont manifesté et participé à des actions politiques. On les a vus sur des barricades, aux grandes grèves de 60 en Belgique, de 68 en France. Ils ont agité des drapeaux, le plus souvent des rouges. Ils se sont battus pour la classe ouvrière. Certains ont été arrêtés, ont connu la prison. Ils avaient découvert plus que l’amour du prochain, c’était la camaraderie, la solidarité qui leur paraissait s’imposer comme un objectif évangélique.

En 1954, sous la direction de Pie XII, le Vatican a interdit les prêtres ouvriers, sans tenir aucun compte des initiatives et des intuitions du cardinal Suhard à Paris, et d’autres évêques, un peu partout. Un délai très court leur a été imposé pour quitter le travail et regagner paroisses et couvents. Certains se sont soumis à cette décision par pur esprit d’obéissance, aveugle et inconditionnelle sans doute, mais dans la souffrance. D’autres ont protesté, refusé de se soumettre, avançant une réelle objection de conscience. Leurs engagements n’étaient-ils pas devenus le sens de leur vie ? Ils ont continué, dans la souffrance aussi, et ont été amenés à prendre progressivement leurs distances d’avec l’institution ecclésiastique qui les rejetait. C’était aussi l’année où en plein hiver l’abbé Pierre lançait son appel en faveur des sans logis, à Paris.

On a dit que Rome n’avait rien compris de tout cela. Ce n’est pas sûr. Rome devait avoir soupçonné quelle était la grande découverte des prêtres ouvriers, ce qui explique en partie son attitude. Car les prêtres ouvriers commençaient à dire et à écrire alors, que les valeurs évangéliques auxquelles ils tenaient le plus et à la recherche desquelles ils s’étaient entièrement consacrés, ils les avaient découvertes, à l’état quasi naturel, au sein du milieu ouvrier. Il s’agissait essentiellement du sens de la justice sociale, du goût pour la vérité, du droit à la liberté, du partage des biens dans l’entraide et la fraternité, de la solidarité et de l’égalité, de l’attention et de la préférence portées au faible, au petit, au dernier… En bref, le contenu des béatitudes énoncées par Jésus. Après l’avoir longtemps et souvent cherché en vain dans les institutions de l’Eglise, ils pensaient en avoir finalement découvert l’ébauche et au moins les prémices dans le monde du travail. De missionnaires ils devenaient explorateurs, découvreurs, et le résultat de leur découverte était de première importance. Car enfin, où se trouvait finalement livré le vrai message chrétien ? Etait-ce dans la cathédrale avec son or, ses rites, sa liturgie et son sacré ou n’était-ce pas dans l’atelier, le laminoir, le chantier, avec sa camaraderie, son partage et sa fraternité ? Un choix ne s’imposait-il pas ? Jésus n’avait-il pas renversé les échoppes des marchands dans le portique du temple ? N’avait-il pas dit que la vérité n’était pas à rechercher à Jérusalem ni à Garizim, dans les temples, mais dans le cœur et l’esprit de chaque homme ?

pretres_ouvriers.jpgPour beaucoup de prêtres ouvriers la question s’est donc posée de savoir où se trouvait le christianisme et ce qu’il devait être. Ce n’est pas une question courante et habituelle mais pour beaucoup d’entre eux, la découverte du monde du travail s’est accompagnée d’un pas décisif qui était plus un engagement qu’une rupture. Il devenait difficile pour eux de garder des contacts et de vivre des relations sur deux plans aussi différents. Des choix se sont imposé à eux de plus en plus clairement : l’Evangile ou l’institution, car de toute évidence les deux ne coïncidaient pas. Si certains ont alors rejeté l’obligation du célibat et relativisé la promesse d’obéissance faite à l’évêque, si certains ont alors pris des engagements syndicaux ou des responsabilités politiques, c’était dans la logique des choses et on ne peut pas dire pour autant, comme certains l’ont fait, qu’ils avaient choisi la voie royale pour sortir de l’Eglise.

La grande découverte des prêtres ouvriers ce sont les valeurs évangéliques vécues par les pauvres, les petits, et cela a provoqué chez eux une contestation radicale d’un système ecclésiastique qui avait au cours des siècles accumulé sur ces valeurs, des rites, des dogmes, des sacrements, qui finalement les trahissaient beaucoup plus qu’ils ne les traduisaient et les livraient au monde.

La grande découverte des prêtres ouvriers n’a pas transformé l’Eglise pour autant, car le nombre de prêtres s’est progressivement réduit à l’extrême en Occident, ainsi que les emplois ouvriers, d’ailleurs. Un prêtre qui voudrait vivre aujourd’hui une intégration totale à la société ne devrait-il pas devenir plutôt chômeur, demandeur d’emploi permanent ? On reproche parfois aux prêtres ouvriers qui survivent aujourd’hui d’avoir acquis une mentalité d’ancien combattant, par rapport à l’Eglise institutionnelle, mais est-ce vraiment leur faute, et n’était-ce pas pour beaucoup le dernier combat ?

Ils ne sont pourtant pas les seuls à avoir fait cette découverte. En Amérique latine principalement, du temps des dictatures militaires, les théologiens de la libération ont également compris quels étaient les engagements qui s’imposaient à ceux qui voulaient vivre l’Evangile. Jean-Paul II les a condamnés sans appel et n’a pas hésité à supprimer dans le Magnificat qu’il lui est arrivé de chanter en Colombie, les deux lignes qui les justifiaient : Il a renversé les puissants de leur trône et Il a élevé les opprimés.

Les mouvements qui ont, durant des années, mené la contestation dans l’Eglise, comme Echanges et Dialogue, qui avait recueilli les signatures de plus de mille prêtres francophones, avaient eux aussi fait cette découverte et pris des engagements dans ce sens. On a refusé de les écouter et les vocations se sont faites dès lors de plus en plus rares. Les jeunes ne sont cependant pas moins généreux. Peut-être ont-ils compris eux aussi qu’il valait mieux chercher l’Evangile là où il était ?

Jacques Meurice a publié :
Adieu l’Eglise, chemin d’un prêtre ouvrier, L’Harmattan, Paris, 2004, 159 p.
présentation par Jean-Claude Barbier dans la Correspondance unitarienne, n° 54, avril 2006 ( lien)
 Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes ; Golias, Villeurbanne, 2009
présenté dans les Actualités unitariennes le 27 juin 2009 (lien), puis le 13 novembre 2009 (lien)

Correspondance unitarienne © 2011

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 18:26

Didier Long, Jésus de Nazareth, juif de Galilée, Paris, Presses de la Renaissance, avril 2011.

 

didier_long_jesus_galilee.jpgprésentation par l'auteur (message reçu par la Correspondance unitarienne le 2 mai 2011) :

 

 Il s’agit d’un portrait de Jésus de Nazareth à la lumière de la spiritualité juive du Ier siècle et des dernières recherches historiques sur les écoles de sagesse de l'Antiquité. C’est le premier tome d’un diptyque. Le second : « L’invention du christianisme » paraitra l’hiver prochain et retracera la naissance du christianisme dans l’empire gréco-romain.

 

en 4ème de couv :

 

Depuis vingt siècles, Jésus laisse rarement indifférent. Mais l’homme de Nazareth reste un personnage largement méconnu, trop soumis à la fantaisie des interprétations les plus diverses. Pour comprendre qui il était, l’auteur invite à découvrir sa vie à la lumière du judaïsme du Ier siècle et des recherches historiques les plus récentes sur les écoles de sagesse de l’Antiquité. Les Évangiles doivent être lus pour ce qu’ils sont : les supports d’une tradition religieuse orale vivante née dans un contexte juif. Ils font partie des midrashim, ces recueils de commentaires oraux des paroles d’un maître juif, mis par écrit en temps de crise pour ne pas perdre son enseignement. Ils sont le reflet de pratiques spirituelles qui doivent être décryptées comme telles. On ne peut comprendre les récits évangéliques qu’au coeur de la pratique qui les a vu naître et les a ensuite portés, qu’à la lumière du livre des Psaumes, le manuel du hassid (sage/fidèle), et de la grande prière d’Israël. Voilà l’arrière-fond permanent de tradition vivante sans lequel le « Jésus de l’histoire » et son étrange destin nous resteraient définitivement inaccessibles.

 

Le lecteur suivra Jésus à la synagogue de son enfance à Nazareth ; au désert, où Jean-Baptiste pratique un curieux geste de baptême un jour de Kippour et où vivent les mystérieux Esséniens ; au cœur de cette « Galilée des païens » qui engendre exorcistes, révolutionnaires et messies. Peu à peu se dégage le portrait déroutant d’un maître spirituel pharisien appartenant à la mouvance populaire des hassidim, au cœur des conflits de mouvements religieux concurrents qui se disputent l’identité juive sous le joug romain. On découvre l’enracinement de Jésus, sa proximité affective et sensible avec Dieu, son profond amour de la Torah. À travers l’histoire de l’homme Jésus, se pose une question lancinante : Qui est cet homme ?

 

Voir la vidéo de l'auteur sur YouTube où il explique son livre :

 


 

Didier Long a déjà écrit un très beau livre sur Jésus : " Jésus, le rabbin qui aimait les femmes ", présent dans la bibliothèque de notre Eglise ( lien)

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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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