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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:37

1 – allumons notre calice (lien) et que sa lumière brille ;

 

allumons sa flamme en lisant la prière mondiale des unitariens qui, pour ce mois, nous vient de nos amis d’Australie et de Nouvelle Zélande (lien)


2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre


marie claire lefeuvre portraitMarie-Claire LefeuvreRambouillet, protestante libérale et unitarienne, le dimanche 18 décembre 2011 - La prière de ce jour de l’Avent : Nuages, tourmente des jours, / Lumière, beauté des nuits. / Quand j’ouvre les volets, / Dans le silence, ce petit matin, / Je regarde la pleine lune, / Entourée d’un halo de nuages / Et je suis émerveillée / De la mystérieuse profondeur, / De la beauté de Ta Création, / Seigneur. /  Non, ce n’est pas par hasard ...
 

 à son poème, Marie-Claire a joint cette illustration d'Albrecht Dürer : La Vierge à l’Enfant endormi, entre saint Antoine ermite et saint Sébastien (triptyque de Dresde), panneau central et détail, vers 1496 (Dresde, Gemäldegalerie). Le triptyque fut commandé par Frédéric le Sage pour la chapelle du château de Wittenberg ( lien).


durer_vierge_enfant.png

 

giacomo tessaro portrait 2011Giacomo Tessaro - chrétien unitarien italien, Piémont -Aujourd'hui nous, unitariens italiens, fêtons, dans le cadre d'un culte à distance au moyen de Skype, trois anniversaires : la visite des Mages (6 janvier), l'édit de tolérance religieuse promulgé par le roi de Hongrie Jean Sigismond (qui règnait alors sur la Transylvanie) à la diète de Torda en 1568 (7 janvier) et la purification de Marie (8 janvier). Je voudrais remercier l'Eternel pour cette possibilité de faire partie d'une communauté de foi, comme le fait de partager ma foi avec vous aussi.

Je vous propose une prière pour la liberté religieuse que j'ai écrite il y a un an pour la commémoration de la journée de Torda : "Seigneur, nous avons voulu nous rappeler une étape de notre histoire humaine : une des premières reconnaissances de la liberté religieuse, la liberté de Te chercher selon notre conscience et dans le respect de notre prochain. Aujourd'hui encore beaucoup d'hommes veulent éteindre la flamme de la liberté et de l'honnête recherche religieuse; aide nous à tenir en vie la flamme de notre Calice, symbole de la flamme que Tu pose dans le coeur et l'esprit de chaque femme et homme depuis le moment de leur naissance. Que notre flamme symbolise l'universelle recherche de Tes voies, en n'importe quel lieu du monde et dans n'importe quel cercle religieux elle se développe."

 

3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.

 

4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins.


Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier, chrétien unitarien, BordeauxEdith, catholique belge, est militante dans les milieux réformateurs. Déjà très marquée par la mort de ses parents juifs dans les camps de concentration nazis, endeuillée par le décès de son mari avec qui elle partageait son engagement militant, voilà qu'elle vient d’apprendre qu’elle souffre d’un début d’Alzheimer. « Je suis bien décidée à faire face, à ne pas me laisser couler... pourvu que j'en trouve la force ! » me dit-elle ; elle m’a demandé aussi si c’était l’usage chez les chrétiens unitariens de prier pour les uns et les autres (son message du 20 décembre 2011). Je lui ai alors promis que nous penserons à elle lors de notre prochain culte : « Si tu le permets, je ferais part (mais simplement avec ton prénom) de ta souffrance lors de notre prochain culte qui aura lieu le dimanche 8 janvier prochain. Nous laissons à chacun l'option de croire à l'efficacité de la prière conformément à notre adhésion à la liberté de pensée, mais nous pratiquons l'accompagnement qui est fait de sympathie et de chaleur humaine, que ce soit lors des moments de joie (sous la forme d'actions de grâce adressées à Dieu) ou lors de nos maladies ou deuil. C'est prévu dans le déroulement de nos cultes. Nos communautés religieuses (unitariennes ou autres) sont là pour çà : accompagner les autres dans leurs joies et dans leurs souffrances ». Pensons à elle en sachant que c’est pour elle d’un grand réconfort : «  Cher Jean-Claude, Ta réponse m'a vraiment réconfortée! De savoir que ta communauté et toi-même allez me soutenir par votre prière m'émeut et me réconforte vraiment...merci, merci, merci ! ».

 

Suite à notre culte, Edith nous a fait parvenir le message suivant (23 janvier) : " Cher Jean-Claude, Je suis très touchée, vraiment...je ne m'attendais pas à ce que tu donnes un tel écho à ma demande ! Que Dieu te bénisse ainsi que ta communauté, qu'Il répande sa grâce sur nous tous et qu'elle abonde sur ceux et celles qui ne le connaissent pas encore!
Mon médecin vient de passer ce soir chez moi pour renouveler son ordonnance et il s'est montré beaucoup plus compréhensif et chaleureux qu'à nos rencontres précédentes... Je veux croire que c'est grâce à vos prières, car je le trouvais terriblement administratif lors de nos contacts précédents!
Je n'arrive guère à prier, tellement je suis terrifiée par ce qui m'arrive mais il me semble que je vais pouvoir entrer peu à peu dans un chemin d'acceptation et d'abandon...merci à vous tous et toutes, je sais maintenant que je ne suis pas seule sur mon chemin de croix ! "

 
5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle

 

Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier - Ce matin, chez moi de 9 à 11 heures, j'étais réuni avec des amis catholiques (Virginie mon épouse, Yves, Régine, Bernard) et baha'is (Farihe et Patricia). Chacun a apporté une fleur, ou une branche d'arbuste déjà en fleur, ou une plante en pot, afin de faire la cérémonie des fleurs. Nous avons commencé par louer Dieu en lisant le poème de Marie-Claire, une prière de Baha'ullah, le prophète fondateur des Baha'is, et celle d'une universitaire française baha'ie. Nous avons pensé à Edith et à des personnes de notre quartier qui sont également en souffrance. Enfin, nous nous sommes donnés des gestes de fraternité : le baiser de la paix et le partage du pain et de vin au nom de Jésus.

 

hibou brunYves Hibou - catholique, Paris, de passage à Bordeaux, message du 22 janvier à Jean-Claude Barbier - Je tiens à te remercier de notre célébration du partage du pain et du vin : pour moi elle fut signe d'un engagement commun dans la vie à laquelle à laquelle le christ nous appelle à vivre dans notre monde. Elle fut aussi le signe d'une convivialité fraternelle, dans le respect des convictions et de la foi de chacun montrant notre accord dans le soutien de nos engagements respectifs reconnus dans leur diversité.  C'est tout petit comme rassemblement, mais je le trouve très grand car j'y vois la vie de la grâce de Dieu parmi nous. Merci donc pour ce que tu nous donnes de vivre ce que nous sommes. Fraternellement.

 

6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « proches », « prochains » ou « lointains »

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Published by Eglise unitarienne francophone - dans notre culte mensuel
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 20:59

anzuualogonewA golden thread binds us to all that has been

and will ever be.

Here the tender soul yearns.

Here the greatest dreams are sighted.

Here the sacred flame burns.

par Mark Allstrom, proposé par

Australian and New Zealand Unitarian Universalist Association (lien)

 

Un fil d'or nous relie à tout ce qui a été et sera toujours. Ici l'âme sensible aspire. Ici, les plus grands rêves sont visibles. Ici, la flamme sacrée brûle.

 

 


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Published by Mark Allstrom - dans la méditation du mois
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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 06:25

La Perse est une petite province dans le sud de l’Iran, vaste plaine entourée de montagnes, à près de 2000m d’altitude En 555 av. J.-C., Cyrus, roi des Perses, se révolte contre son suzerain Astyage, roi des Mèdes et en 549 écrase les Mèdes à la bataille de Pasargades (sa ville natale). Il devient alors roi des Mèdes et des Perses, puis il conquiert Babylone en 539, rendant aux cités les idoles emmenées à Babylone, puis proclame en 538  un édit qui permet aux anciens captifs de regagner leurs pays d’origine – pour les Juifs, ce sera le retour d’exil. Il règne près d’une trentaine d’années et rassemble autour de la Perse un empire considérable, qui s'étend de l’Egypte à la Mer Caspienne et de la Mer Egée à l’Asie centrale.

 

empire perse

 

Il inaugure une politique de conquêtes entièrement nouvelle : au lieu de brûler la ville conquise et d’en massacrer, d’en vendre en esclavage ou d’en exiler ses habitants, il laisse ceux-ci dans leurs maisons et les soumet à un impôt raisonnable. C’est le système du Tribut, qui est versé solennellement chaque année lors des fêtes de Now Rûz (ou Norouz, le Nouvel An solaire qui est fêté le 21 mars, au début du printemps), et qui est illustré longuement sur les bas-reliefs de Persépolis, lequel palais est construit par l’un de ses successeur, Darius I qui régna 529-522 (le palais de Cyrus avait été édifié à Pasargades et son tombeau s’y trouve). L’empire est aussi nommé Achéménide, car Cyrus était descendant d’un souverain local nommé Achéménès.

 

persepolis.jpg

Persépolis

 

Shab-e-Yalda est une fête iranienne païenne qui marque à la fois la plus longue nuit de l'année et le début de l'hiver. Le Yalda est l’un des 4 jalons du calendrier solaire iranien. Il s’agit en fait de la célébration du solstice d’hiver, le 21 décembre. Yalda est une expression syriaque signifiant "naissance". Elle célèbre précisément la naissance de Mithra, le dieu du soleil. Les journées s'allongent de plus en plus et la clarté du jour l'emporte sur l'obscurité de la nuit **. Signe de cette lumière, on décore un sapin de la région – ces sapins sont dits « aryens » * –en y mettant à son faîte une étoile. Puis on savoure le "shab-tchéré" ainsi que des fruits dont le centre est rouge notamment grenades et pastèques, car le rouge représente le feu, symbole du soleil. Un tel sapin fut gravé sur les murailles de Persépolis construit il y a plus de 25 siècles et dont les archéologues ont dégagé les ruines. Cette couleur rouge s’allie au vert du sapin pour donner le drapeau iranien, rouge, blanc, vert.


yalda_1.jpg

Yalda_2.jpg
De nos jours, la fête est source de fierté nationale pour tous les Iraniens … et aussi de résistance au clergé chiite pour qui c’est une fête « païenne », non musulmane !


* Vers 1400 av. J.-C., un groupe d’Aryens (de langue « Indo-européenne ») parmi lesquels figure la branche médo-perse aurait pénétré au nord-est de l’Iran et pour se diriger progressivement vers l’ouest. Ces tribus vont passer du nomadisme au semi-nomadisme, et certaines vont se sédentariser. Parmi ces Aryens, les Mèdes sont les premiers qui s’affirment historiquement parlant au Moyen-Orient. La première mention historique à leur sujet se trouve gravée sur une tablette assyrienne datant de 843 av. J.-C. et évoquant un pays du nom de "Pârsua" situé dans la partie orientale du Kurdistan actuel. Ces Mèdes viennent de l’Ouzbékistan actuel. Après avoir séjourné près du lac Oroumîeh, les uns à l’est, qu’ils appelèrent Amadaï, et les autres à Pârsouma qui se trouvait à l’ouest, ils arrivèrent et s’installèrent dans la région à l’époque peu peuplée de ce qui deviendra Ecbatane ("carrefour des chemins" qui est l’actuelle Hamedân). Ils y cultivèrent la terre tout en restant éleveurs.


* L’Eglise chrétienne choisira le solstice d’hiver comme date de naissance de Jésus pour la même raison, car Jésus – comme Sauveur -  apporte la Lumière en ce monde. La date chrétienne est décalée de quelques jours, portée au 25 décembre, afin de correspondre au 4 semaines de l’Avent, et peut-être aussi afin de ne pas être confondue avec le calendrier des fêtes mithradiques. En contrepoint, le solstice d’été est la fête de la Saint-Jean avec Jean-Baptiste précurseur de Jésus et (dans la version chrétienne) l’annonçant comme Messie. Il y avait, à cette époque, concurrence religieuse autour des solstices car le dieu Dionysos (originaire d’Asie mineure) et ses adeptes occupaient le solstice d’hiver, alors qu’Apollos, le dieu du soleil, régnait au zénith lors du solstice d’été …


Le sapin, conservant sa ramure verte même en hiver, symbolise la vie pérenne. Il n’est donc pas surprenant qu’on le retrouve en divers contrées, notamment dans les pays germaniques d’Europe du Nord. Les cultes « païens » le célébraient lors du solstice d’hiver. Ce brave sapin a accueilli l’introduction de la fête de Saint-Nicolas … puis celle du bonhomme Noël ! Depuis, les familles chrétiennes du monde entier, sauf les puristes qui – comme les chiites d’Iran – nous rappellent qu’il s’agit d’une fête païenne comme si on ne le savait pas depuis qu’ils le répètent ! -   l’ont adopté et (parfois / souvent) y placent la crèche à son ombre pour la plus grande joie de leurs enfants … lesquels attendent (sagement) qu’on y dépose aussi à ses pieds les cadeaux attendus !


Nous remercions Farihe Parsi, baha’i française de Bordeaux de famille persane, d’avoir attiré notre attention sur l’existence de ce sapin « aryen » car il précède de beaucoup le sapin des chrétiens !

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 05:43

 De l’évêque Nicolas au Père Noël, en passant par le Petit Jésus,  

par Jean-Claude Barbier
 

 

Source principale : « Petite géographie du Père Noël » par Marc Lohez (agrégé d’histoire), Levallois-Perret, 16 décembre 2002, sur le site « Cafés géographiques » ( lien)

 

Lire aussi le livre de Martyne Perrot « Sous les images, Noël », Paris, Le Seuil, 2002, 189 pages, 45€., compte-rendu par Marc Lohez (lien).
Nous avons également utilisé des articles de Wikipedia (à « Evangile Pseudo-Matthieu », « crèche », « saint François d’Assise », etc.)


Pour une compréhension chrétienne de la fête à partir des Ecritures, voir notre dossier sur "Les Nativités" dans les Etudes unitariennes (lien)

 

Saint Nicolas


Au VIème siècle, l’évêque Nicolas (270-342) fut à la tête de la communauté chrétienne de Myre en Lycie (actuelle Smyrne, côte sud de l’actuelle Turquie). Il laisse le souvenir d’avoir distribué aux pauvres les biens qu’il hérita de sa riche famille, et ... d’avoir ressuscité trois enfants qui avaient été taillés en morceaux et mis au saloir par un méchant boucher ! Lorsque les Turcs envahirent l’Asie mineure au XIème siècle, son corps fut transféré à Bari, en Italie, et un doigt volé serait parti en Lorraine ! Son culte - il est fêté le 6 décembre - se répandit en Allemagne et en Lorraine.


Lu sur le site de la municipalité de Saint-Nicolas-le-Port : « Vers 1090, un Lorrain, Charles Aubert dit de Varangéville, rapporte de Bari une relique de Saint Nicolas, sa « dextre bénissante » qui justifie en 1101 la construction d'une première église. Après la victoire de 1477, l'accueil des pèlerins toujours plus nombreux, suscite alors la création d'une « grande église », laquelle est aussi le témoignage de reconnaissance du duc René II. C'est ainsi qu'en 1481, commence la construction de la Basilique, qui sera consacrée en 1560. Dés lors, ducs et personnages célèbres de Lorraine, princes et rois de France se succèdent pour demander la protection de Saint Nicolas. Son plan de type basilical, en forme de croix latine, ainsi que sa façade occidentale, lui confère une harmonie et en font un des édifices gothiques flamboyants le plus majestueux de Lorraine et sans doute le plus homogène d'Europe. Le trésor est composé de plusieurs pièces inestimables, dont le Bras reliquaire de Saint Nicolas en vermeil, or et argent ».


Son culte va se trouver associé aux fêtes païennes qui tournent autour du solstice d’hiver dans l’Europe du Nord, lesquelles mettent en avant les gnomes qui taquinent ou jouent des tours plus ou moins de mauvais goût aux humains (le Joulupukki finlandais est plutôt à l’origine un tourmenteur venu errer près des maisons au solstice et dont on ne se débarrassait qu’avec des cadeaux ; le Julenisse danois est plutôt un gnome plus bonasse que l’on amadoue avec une assiette de porridge ; etc.) ou bien encore les mal-morts qui jouent les fantômes hantant les maisons où ils ont vécus afin d’attirer la compassion des vivants sur leur triste sort (ils sont morts mais n’ont pas rejoint le lieu de repos assigné aux défunts et errent en conséquence avec leur souffrance) – ce sera la fête de Samain des Irlandais, devenue Halloween aux Etats-Unis.


Ors, pour amadouer ces êtres surnaturels qui surgissent à l’improviste lors de nos voyages et nous angoissent jusque dans nos habitations, sans doute tout particulièrement lorsque la nuit se fait plus noire et plus sombre au solstice d’hiver, on distribuait des friandises aux enfants déguisés ou masqués en ces êtres et, pour se rassurer une bonne fois pour toute, on illuminaient les maisons pour compenser la rareté de la lumière du jour. Mais on faisait peur aussi aux mêmes enfants en leur disant que s’ils n’étaient pas sages, ils seraient punis par des êtres maléfiques comme le Croquemitaine, Père Fouettard, Loup garou, etc.


Pour l’historien Marc Lohez (dont nous utilisons son article comme principale source, voir ci-dessus)
«  … Les fêtes chrétiennes de fin d’année en migrant vers le nord prennent place dans un période bien plus effrayante que le solstice méditerranéen encore assez lumineux. Là, les jours sont encore plus court et la nuit bien plus présente. Ce sont des temps propices pour que des cohortes d’esprits plus ou moins nombreuses, malfaisantes et morbides , sorties du folklore païen, mais bien tenaces dans l’Europe christianisée viennent tourmenter les pauvres mortels. Les parades sont connues : flambées et illuminations pour chasser les esprits, cadeaux pour les amadouer eux ou les petits gnomes protecteurs chargés de protéger les maisons et les fermes contre les importuns du solstice. Autant de personnages que le folklore des fêtes va absorber, transformer et associer au personnage principal. En migrant vers le nord, les fêtes d’hiver ont vu se renforcer le contraste entre la peur et l’espoir de renouveau et, donc, l’ambiance particulière de Noël. »


Ayant déjà fait un geste en ressuscitant trois enfants, saint Nicolas va continuer à les aimer en leur distribuant des cadeaux ! Brave saint Nicolas, les bras chargés de cadeaux !

 

Jan_Steen_fete_de_la_saint_nicolas_1.jpgjan_steen_fete_de_saint_nicolas.jpg

 Peinture de Jan Steen : Das St.Nikolausfest (la fête de saint Nicolas), vers 1665-1668.

à suivre ...

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:57

suite des articles précédents


Mais c’est la tradition chrétienne qui, par le théâtre, va introduire le sapin. La première mention, actuellement connue, d’un sapin de Noël est celle de 1521 en Alsace, où l’on joue "l’arbre d’Eden" Gn 3, 1-13 dans les mystères devant les églises. Mais déjà avant Noël, le rite du solstice d’hiver se marquait par la décoration d’un arbre avec des fleurs, des fruits, notamment des pommes, rappelant les fruits du paradis – ce qui est condamné par l’Eglise comme pratique païenne. L’adjonction d’une étoile au sapin (comme pour le sapin « aryen » du culte de Mithra !) rappellera celle qui guida les mages Mt 2, 1-12. Au XVIIe siècle, les sapins s’illuminent grâce à des coquilles de noix qu’on remplit d’huile où brûlent des mèches.


Marc Lohez évoque ensuite les Réformes protestantes : « Après quatre siècles en Europe, saint Nicolas triomphe et distribue déjà des cadeaux aux enfants le 6 décembre. Mais au cœur même de son domaine, les contrées germaniques, se prépare un coup de tonnerre qui va changer sa destinée : la Réforme. Celle-ci ne voit évidemment pas d’un bon œil le culte populaire rendu à cet évêque et saint catholique : haro sur Saint Nicolas et son baudet (il le chevauche déjà) ! Comme d’habitude, les croyances et coutumes populaires sont au moins aussi tenaces que les fougueux prédicateurs. Saint Nicolas va réagir de trois façons différentes selon un découpage nord/ouest/est : il résiste en l’état dans l’est de la France, est remplacé en partie par l’Enfant Jésus (Christkindel) en Allemagne et devient la figure populaire de Sinterklaas, contraction batave de Saint Nicolas aux Pays-Bas ».

 

436px-Marie_Leszczy-ska-_reine_de_France-_lisant_la_Bible_.jpg

Marie Catherine Sophie Félicité Leszczyńska

(Trzebnica, 23 juin 1703–Versailles, 24 juin 1768), était princesse de Pologne,

fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński et de Catherine Opalinska,

reine de France (1725–1768) après son mariage avec Louis XV,

peinte ici en train de lire la Bible, par Jean-Marc Nattier, 1748

 

A noter que la véritable diffusion du sapin se fera en France depuis l’Alsace grâce à Marie Leczynska qui l’introduit à Versailles en 1738 ; puis en Angleterre où la nouvelle reine Victoria, découvre l’arbre à Windsor, après son mariage avec Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (de culture germanique) en 1840. De Londres, le sapin sera ensuite popularisé aux Etats-Unis. L’époque victorienne le diffuse avec le repas familial autour de la dinde de Noël. Charles Dickens écrit son "Christmas Carol" (Conte de Noël) en 1843. Pour la France, après la défaite de 1875, l’arbre de Noël est symbole de résistance à l’Allemagne et de soutien à ceux qui n’acceptent pas d’avoir perdu l’Alsace. On y ajoutera au XXème siècle, du gui en souvenir des druides gaulois.

à suivre

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:08

 suite des articles précédents


Autre conséquence de la Réforme : les protestants vont préférer le sapin de Noël à la crèche ! Iconoclastes, ceux-ci pensent que les représentations humaines peuvent conduire à une idolâtrie de Jésus ; seule la croix est représentée dans les temples (et là aussi sans le corps du supplicié, par opposition aux crucifix catholiques).


Or la crèche date du VIème siècle, lorsque l’anniversaire de la naissance de Jésus fut officiellement fixée au 25 décembre. Noël remplacera progressivement les Saturnales romaines  (17-24 décembre) et la fête de la naissance de Mithra célébrée le 25 décembre avec le sacrifice d’un boeuf. La première messe de Noël fut célébrée sous Constantin en 336 en l'église Sainte Marie de l'Incarnation de Jésus, aujourd'hui Sainte Marie Majeure à Rome. Elle se fait ad praesepe, c’est à dire autour d’une crèche car les reliques principales de cette basilique sont les langes de l'enfant Jésus et des planches de la crèche (sic !). Le mot mangeoire où fut mis le nouveau né Lc 2, 7 * se dit cripia en latin d’où vient le mot de crèche.
* « et elle enfanta son fils premier-né, et elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la chambre d’hôtes » (Lc 2, 7).


Y avait-il dès cette date la représentation de l’âne et du bœuf ? l’âne, ayant transporté Marie enceinte et le bœuf qui, selon la tradition, aurait réchauffé le nouveau né de son souffle. On sait que ces animaux apparaissent dans un apocryphe chrétien datant environ de 550 à 570 : Livre de la naissance de la bienheureuse Vierge Marie et de l’enfance du Sauveur, connu sous le nom de l'Évangile du Pseudo-Matthieu. Le même livre relate ensuite des miracles que Jésus opéra durant sa fuite en Egypte (d’où le nom de Pseudo-Matthieu car Matthieu seul relate ce séjour en Egypte Mt. 2, 13-15).


Mais ce n'est probablement qu'à partir du XIIe siècle que l'on célèbrera la fête de l'Épiphanie avec l'adoration de l'enfant Jésus par les trois Mages, Gaspar, Melchior et Balthazar. Les initiales de leurs noms sont celles de la formule chrétienne de bénédiction des habitations : "Christus Mansionem Benedicat", que le Christ bénisse la maison. En Espagne, les cadeaux aux enfants sont encore donnés le jour de l’Epiphanie, le premier dimanche du mois de janvier.


C'est François d'Assise qui a créé en 1223 l’une des premières crèches vivantes en utilisant des personnages réels, à Greccio, en Italie, dans une grotte de la région où les frères mineurs avaient établi un ermitage (toujours existant), avec la coopération du Seigneur du village. Les personnages (Joseph, la Vierge Marie, les mages, les bergers, les paysans) étaient joués par les gens du village. Les animaux (l’âne, le bœuf et les moutons) aussi étaient réels. Plus tard, on plaça parfois un véritable enfant dans la mangeoire. Petit à petit, la coutume s'est répandue, sous l'influence des prédicateurs franciscains, surtout en Provence et en Italie.

Greccio_2.jpggreccio

 

Les premières crèches ressemblant à celles que nous connaissons font leur apparition dans les églises au XVIe siècle. Ce sont les Jésuites qui les ont introduites pour la première fois en modèle réduit et qui les ont diffusées dans le monde entier. Interdites à la Révolution, les crèches jouées sont miniaturisées en plâtre ou en bois et deviennent domestiques. Seule la Provence, conserve, intacte la tradition, en y ajoutant au cours du 19e siècle, les santons (du latin santorum, petit saint) qui évoquent la simplicité franciscaine de la scène.


En tout cas, les enfants continuent à avoir leurs doses de friandises : après avoir reçu les cadeaux que les parents donnent aux gnomes ou aux mal-morts pour les amadouer (et les renvoyer loin des habitations), après avoir reçu les cadeaux apportés cette fois-ci  par saint Nicolas le 6 décembre, voilà maintenant les cadeaux donnés à l’occasion de la naissance de Jésus cette fois-ci à Noël. Finalement, ce n'est qu'après ces relais que la naissance du Petit Jésus fut le prétexte pour donner des cadeaux aux enfants !

 

En Espagne, ce sont les « rois » mages qui, à l’Epiphanie le premier dimanche du mois de janvier, leur apportent les cadeaux en souvenir de ceux que les mages venues d’Orient apportèrent à Jésus nouveau-né : "Ayant ouvert leurs cassettes, ils lui offrirent en offrande de l'or et de l'encens et de la myrrhe" Mt 2, 11. A noter que, de leurs côtés, les enfants juifs, lors de la fête de Hannouka, elle aussi courant de décembre, reçoivent également des friandises ! 

à suivre ...

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 19:56

suite des articles précédents


Nouveau tournant historique : les Hollandais fondent, en 1626, sur la façade orientale du Nouveau-Monde, sur les bords de l’Hudson, New-Amsterdam (la Nouvelle Amsterdam – laquelle deviendra New-York après sa prise par les Anglais). Ils y introduisent la légende de Sinterklaas,  cette fois-ci venant chaque année d’Espagne (qui devait donc garder quelque lustre mythique de son riche passé du siècle précédent) avec Piet-le-Noir en bateau, apportant ses cadeaux qu’il distribue ensuite grâce à un cheval volant.

 

sapin_noel_geographie.jpgMarc Lohez nous explique ensuite la mutation de saint Nicolas en Père Noël : Pendant plus d’un siècle pourtant, il rentre en sommeil, efficacement concurrencé par le Thanksgivings des Puritains qui voyaient d’un mauvais œil ce mitré aux origines papistes. En revanche, la lutte contre la métropole britannique va lui redonner des couleurs et préparer sa mutation du début du XIXe siècle. Exhumé par l’auteur new-yorkais W. Irving, Sinterklaas va devenir St Nick dans le poème du pasteur Moore (1823), avec deux innovations majeures : il vient dans la nuit de Noël et non plus le 6 décembre, et son cheval est remplacé par un traîneau tiré par des rennes. Au passage, l’ex-saint catholique est devenu un ... elfe fumeur de pipes en terre.


Les illustrateurs new-yorkais vont se charger du reste : Thomas Nast représente le Père Noël, encore court sur patte et fumeur de pipe, comme un héros nordiste (il apparaît d’abord pour réconforter les soldats de Lincoln), puis, à partir de 1885 comme un habitant du pôle nord. Un demi-siècle plus tard, Haddon Sublom commence la série de publicités, pour une célèbre boisson gazeuse brunâtre, qui va fixer le costume rouge-et-blanc de « Santa Claus » (1931-1964) ; le reste appartient à l’histoire de la puissance médiatique des Etats-Unis. Mais un petit pays couvert de sapins va réussir à se tailler un espace dans cette épopée : la Finlande ; en 1927, une émission de radio finlandaise pour enfant, décréta que le Père Noël ne pouvait pas vivre au Pôle Nord, étant dans l’impossibilité d’y nourrir ses rennes. Sa résidence était donc en Laponie, au Korvatunturi, à la Montagne de l’oreille, 483 m. 

à suivre ...

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 08:05

La forêt de Puvenelle est proche de Jozainville dans le département de Meurthe et Moselle ; elle a été le lieu de violents combats durant la guerre de 14-18. Elle fait partie des sites touristiques et historiques de la vallée de l'Esch et a été depuis aménagée pour des randonnées pédestres.

 

puvenelle.jpg


" Je ne connais pas l'origine de ce nom de Puvenelle. Forêt domaniale, située au-dessus d'une colline qui monte raide, lieux de combats acharnés "en 14..." comme l'attestent les cimetières de ceux "tombés au Champ d'honneur" où mon père m'emmenait, et où j'ai commencé mon initiation sur la diversité religieuse avec les croix blanches, les pierres surmontées de l'étoile de David et les arcades orientales au croissant de lune, leur orientation vers l'est.

 

Mon père était l'homme de la forêt ; son appartenance à ce corps des Eaux et Forêts, auquel il était très attaché (l'Office national des forêts, ONF, ce fut le début d'autre chose, un peu comme la Révolution) a fait que je m'y sentais chez moi, et que j'y allais seule, par tous les temps. 


Le passage des sapins verts au rideau noir de petits conifères à feuilles caduques était un endroit -limite, peu fréquenté, c'est le moins qu'on puisse dire, pas de joggers, un peu effrayant ; je n'y ai jamais rencontré qu'un pauvre goupil, qui ne pouvait espérer aucune clémence, accusé qu'il était de porter la rage,  le début des "mesures de précaution" en ayant fait une cible (de substitution) de choix, en ce temps-là. " (Françoise Abraham, message du 13 décembre 2011 au groupe "Religions" du Réseau d'échange réciproque des savoirs RERS de Gradignan Malartic, Gironde).

 

NOËL en FORÊT

Là-bas dans la vallée
Les lumières se sont allumées
À travers les sapins verts

Derrière le rideau noir
Ils viennent
Ils viennent tous pour voir
Des foyers le seuil ouvert

Le grand vent s’est mis à souffler
Et c’est Noël ce soir

Il souffle, souffle. Nuages se déchirent
Les sapins se balancent
Et les fumées de la vallée
En font des encensoirs
Toute la forêt soupire…
Le soupir vient et s’amplifie
Il atteint maintenant la vallée
Les nuages se sont écartés
Et pourtant la lune s’est cachée
Elle qui d’habitude se rit
De ce qui arrive à la terre

Mais c’est Noël ce soir

Les sapins sont musique
Et dansent avec bonheur
Aux craquements rythmiques
Des branches des batteurs

Et toute la forêt scande
Ces chants en son honneur
Que son peuple l’entende
La venue du Seigneur

Les portes se sont refermées
Le vent s’est aussi apaisé
Quelque chose est changé

Les branches se serrent
Les feuilles sèches
En grand manteau d’hiver
Ont fait une crèche
Au Fils du Seigneur

C’est un bébé. Il n’a pas peur
Et la forêt comme une mère
A réchauffé le froid amer
Et berce Son sommeil en chœur

Derrière les portes refermées
Les gens n’ont pas compris
Ils sont toujours trop occupés
Par tous leurs vains soucis

Là-haut, là-haut dort l’Amour
Ouvre tes bras, ouvre ton cœur
Qu’il soit pur et sans détour
Car ce bébé c’est ton sauveur.

 

Françoise Abraham, 27/12/1969, forêt de Puvenelle

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:34

temple_de_nantes_vitraux_et_orgues.jpgCes prières ont été dites le samedi 3 décembre 2011 par le pasteur de l’Eglise protestante réformée (ERF) de Nantes et Loire-Atlantique, Mme Caroline Schrumpf, pour la cérémonie d’adieu à Hubert Tournès, militant catholique décédé le 24 novembre 2011, et qui, depuis son déménagement de La Baule à Nantes en 2010, préférait fréquenter la communauté protestante. Elles encadrent un message du même pasteur qui a été publié sur le site des chrétiens unitariens sous le titre : « à Hubert Tournès : ces oliviers qu’il aimait tant » ( lien), suite à l’hommage qui lui a été rendu sur ce même site dès l’annonce de son décès ( lien). Au delà de la cérémonie d'adieu à notre ami, ces prières peuvent bien entendu aider d'autres familles en deuil et c'est dans cette intention que nous avons mis des étoiles à la place des noms. Photo : temple protestant de Nantes, vitraux et orgues.
 
paroles d’accueil –

 

Ensemble aujourd’hui, nous voulons évoquer son parcours de vie, et aussi écouter, dans la Bible, la parole que Dieu veut nous dire. La Bible nous transmet l’écho de toutes nos questions humaines, de toutes nos expériences profondes : la joie, la détresse, la générosité et l’épreuve, la fidélité et la trahison, l’amour, l’amitié. Elle nous dit comment Dieu veut allier sa parole à la nôtre, son amour au nôtre, ses questions aux nôtres, sa vie à la nôtre.
La vie des humains est comparée à un souffle, à la fois puissant et fragile. Il est écrit que la vie de l’homme est comme une fleur qui s’épanouit et se fane. Notre vie porte en elle sa grandeur, sa beauté et en même temps sa finitude. La vie de *** a été belle et fragile, complexe et simple, généreuse et meurtrie … comme toutes nos existences.
Aujourd’hui, je vous invite à vous tenir dans la confiance et dans la reconnaissance pour *** dont la route s’est enfouie désormais dans la tendresse de Dieu. La mort de nos proches nous met brutalement face à nos questions, à nos doutes, à nos angoisses. Dans ces moments là, il est bon de se retrouver et de se confier nous aussi, comme nous le pouvons, dans cette tendresse que Dieu nous offre. Aujourd’hui, il nous dit « Je me tiens à la porte et je frappe … ». Il ne fait rien de plus … Il nous appartient d’ouvrir la porte.


première prière  - elle introduit une présentation du parcours de vie du défunt et les témoignages des membres de sa famille et des amis


Seigneur Dieu, / Nous voulons te dire notre peine, / même si nous n’avons pas trop l’habitude de te parler. / Nous voulons te parler de nous et de *** et de ce qu’il est pour nous. / Nous cherchons le visage de celui que nous avons perdu. / Il était des nôtres, et nous avons perdu cette part de nous-même. / Il nous souriait et son sourire nous manque. / Il aimait la vie, et sa vision de la vie nous manque./
Seigneur Dieu, / Nous te disons notre peine d’avoir perdu ***, un mari, un père, un grand-père, un ami. Entends nos cœurs, reçois nos prières, nos silences, nos questions. / Nous les déposons, simplement au creux de tes mains. Amen.


Seconde prière –


Notre Dieu, nous te disons merci pour les vivants qui ont traversé la terre depuis l’aube des temps jusqu’à maintenant et qui lui ont donné sa marque humaine. Merci pour les vivants, qui ont traversé la terre et dont les paroles de pardon, les gestes d’amour, les actes de courage, les chansons d’espoir et de joie sont parvenus jusqu’à nous et nous ont permis de tenir debout dans l’existence. Merci pour les vivants qui ont traversé la terre, éclairés par ta Parole et qui nous ont révélé la lumière de ton visage. Merci pour les vivants qui ont traversé notre vie en déposant la tendresse dans le déroulement de nos jours. Sans eux, notre existence serait restée une longue marche solitaire et vide.
Merci pour leur amour, leur présence et leur regard ; ils nous ont fait naître à, la vie de chaque jour. Merci pour l’espérance que tu enracines en nous, grâce à Jésus, le Vivant, ton Fils, passeur de toutes nuits et de toutes les morts.
Dieu, Père de tendresse et ami des hommes, en ce jour, nous faisons mémoire de *** dans la confiance que son nom est inscrit dans la paume de ta main, et qu’il ne s’en effacera jamais. Il a trouvé sa paix dans ta paix, et sa plénitude dans sa bienveillance.
Nous te confions nos vies, nous te confions particulièrement *** et *** et leurs familles.

 

Envoi –


Au bout de la route, il n’y a pas la route, mais le terme du pèlerinage.
Au bout de l’ascension, il n’y a pas l’ascension, mais le sommet.
Au bout de la nuit, il n’y a pas la nuit, mais l’aurore.
Au bout de l’hiver, il n’y a pas l’hiver, mais le printemps,
Au bout de la mort, il n’y a pas la mort, mais la vie.
Au bout du désespoir, il n’y a pas le désespoir, mais l’espérance.
Au bout de l’humanité, il n’y a pas l’homme, mais Dieu.


Bénédiction –

 

Que Dieu vous bénisse et vous garde. Qu’il nous bénisse et nous garde tous, présents et absents, visibles et invisibles, pour le temps et pour l’éternité. Amen

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Published by Caroline Schrumpf - dans le travail de deuil
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 15:32

par Richard Brodesky, membre de l'Unitarian Universalist Church of Tucson (UUCT) en Arizona et membre du conseil de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr).

 

Voici les paroles d’un chant américain très apprécié qui fait partie maintenant de notre musique folklorique. Il est chanté notamment à Thanksgiving, notre fête nationale. Il fut composée en 1848 dans l’Etat du Maine, à l’extrême nord-est du pays (remarquez l’influence de la présence française dans le nom de cet Etat). Vous pouvez retrouver cette mélodie aujourd’hui dans le morceau très aimé de Copland qui s’appelle « Appalachian Spring » (Le printemps appalachien).

 

Cette chanson provient des shakers (ceux qui s’agitent), secte religieuse issue de la guerre des camisards dans les Cévennes, en France, sous le règne de Louis XIV. Ce roi veut convertir tous les protestants de son royaume à la foi catholique, envoie un régiment (les Dragons) dans les Cévennes où une résistance se fait jour, et révoque l’Edit de Nantes en 1685, par lequel Henri IV avait accordé la liberté de culte à la minorité protestante. Des prophètes protestants des Cévennes (dont le plus célèbre est Elie Marion) trouvent alors refuge en Angleterre où ils se rapprochent des quakers. Mais, plus extrêmes dans leur austérité que les Puritains eux-mêmes, et exprimant leurs prophéties d’une façon bruyantes (ils sont surnommés « shakers », c’est-à-dire « agités »), ils sont suspects aux yeux des pouvoirs publics et de nouveau persécutés.

 

En 1774, ils prennent, accompagnés d’un certain nombre d’Anglais, la route de la Nouvelle Angleterre qu’ils vont considérer, à l’égal d’autres exilés chrétiens, comme une Terre Promise. Sous la houlette de la «mère» Anne Lee, une première communauté fut fondée dans l’Etat de New-York (elle est actuellement occupée par des soufis de la mouvance du fils de Pir Vilayet, mon ancien  maître spirituel). Bien que le célibat soit obligatoire, la communauté réussit à s’accroître car elle faisait des adeptes ; au milieu du XIXe siècle elle comptait environ 25 villages et 4 000 membres !


Les shakers prient et travaillent ensemble, mais les sexes vivent séparément. Dans leurs bâtiments on voit même deux portes et deux escaliers. Ils ont été réputés pour leurs travaux : des graines végétales, le lait condensé qu’ils furent les premiers à produire, leurs peintures, etc. Même leurs meubles rustiques et sans décoration furent repérés par les designers pour leur minimalisme et se vendent aujourd’hui très chers. Ils pratiquaient la vie commune et interdisait à leurs membres toute propriété privée. Les derniers adeptes sont morts dans les années 1970. Selon l’encyclopédie Wikipedia (lien), il n’en reste plus que 3 aujourd’hui, dans leur village de Sabbathday Lake dans l’Etat du Maine où ils accueillent des visiteurs et sympathisants lors de leurs « meetings », chaque dimanche matin.
 
Pour en savoir plus, voir le livre du sociologue français Henri Desroche, Les Shakers américains. D'un néo-christianisme à un pré-socialisme, Éd. de Minuit, 1955, 332 p.


La vidéo jointe va vous montrer la plus célèbre de leurs chansons et je vous en propose une traduction français.  Il s’agit, comme les mots le disent, d’une danse en rond.  Ils dansaient ainsi pour témoigner leur foi et leur joie. Comme tous les New-Yorkais de ma génération, j’ai appris cette chanson a l’école primaire et je la chante toujours (surtout en participant à des séances de gym !).

 

Shakers_Dancing.jpg

"Simple gifts" par la chanteur américaine Jewel

1 - ‘Tis the gift to be simple, Its a gift to be free,
C'est le don d'être simple, c’est un don d'être libre,
'Tis the gift to come down where you ought to be,
C’est le don d'aller jusque là où vous devez être,
And when we find ourselves in the place just right,
Et quand nous nous trouvons nous mêmes à l’endroit parfait,
Will be in the valley of love and delight.
C’est comme dans une vallée d'amour et de délices.


2 - When true simplicity is gained,
Lorsque une vraie simplicité est acquise,
To bow and to bend, we will not be ashamed,
Pour saluer en révérence et s’incliner, nous ne serons point en honte
To turn, turn, will be our delight,
Car tourner, tourner sera notre délice
Till by turning, turning we come round right
Jusqu'à ce qu’en tournant, tournant, nous fassions ronde parfaite.

De nouveau 1, et 2

 

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Published by Richard Brodesky - dans la chorale
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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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