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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 18:44

suite des pages précédentes


Réaliser progressivement cet idéal d'une vie consacrée pour tous et pour chacun à la pratique de la vertu et par là même à la culture harmonique de toutes nos facultés intellectuelles, esthétiques et morales: c'est là tout le programme de l'Eglise libérale.


Accepter personnellement ce programme, en prenant l'engagement de nous y conformer dans la mesure de nos forces : c'est la seule profession de foi exigée comme condition d'entrée dans cette Eglise toute laïque et toute morale. Le christianisme libéral n'admet aucun credo collectif, il n'impose à l'Eglise, prise dans son ensemble, aucun dogme, aucun catéchisme comme règle obligatoire de foi commune.


Ce n'est pas qu'il érige en principe le scepticisme ou qu'il considère toutes les doctrines comme également bonnes et vraies. Mais il ne fait pas dépendre nécessairement la. vie morale d'un système quelconque ; il fonde l'association religieuse sur une base exclusivement pratique, sans songer à en faire à aucun degré une société doctrinale. Il appelle à s'y rassembler, pour apprendre à vivre toujours plus noblement, tous les hommes de bonne volonté.

 

Que leurs différentes croyances théoriques soient plus ou moins en harmonie logique avec leurs déterminations morales, ce n'est certes pas chose indifférente, mais c'est ce que l'Eglise n'a pas à réglementer : l'Eglise n'est pas chargée de faire la police des intelligences. Elle se borne à rappeler à chacun le devoir du travail, de l'effort et de la réflexion personnelle, et autant que possible met à la portée de tous des moyens d'instruction et de développement. Proscrivant d'une manière absolue comme un principe immoral la foi aveugle, la foi d'autorité ; reconnaissant dans la diversité infinie des opinions une des conditions de la vie intellectuelle, elle repousse tout ce qui tendrait à imposer une passive et dégradante uniformité d'opinions. Elle ne diminue en rien par là l'énergie et la profondeur des convictions individuelles, car ce ne sont pas les doctrines, ce sont seulement les hommes qu'elle veut concilier en les réunissant dans une sphère supérieure à toutes les diversités de la théorie : elle n'atténue pas les convictions, mais elle rapproche les cœurs en vue d'une œuvre pratique de libre et affectueuse coopération morale.


L'Eglise libérale reçoit dans son sein tous ceux qui sont d'accord comme hommes à entreprendre vigoureusement le travail de leur commune amélioration spirituelle, sans s'informer si comme savants, comme philosophes, comme théologiens, ils professent le théisme, le panthéisme, le supranaturalisme, le positivisme, le matérialisme ou tout autre système. S'il se trouvait même des hommes qui prétendissent être athées et qui néanmoins prissent comme les autres le sérieux engagement de participer de toutes leurs forces à cet effort moral que supposent les mots culte du bien et amour de l'humanité, l'Eglise libérale devrait les recevoir au même rang que tous leurs frères, non comme athées, mais comme hommes.


Par la même raison, l'Eglise libérale admet indistinctement des personnes appartenant par leur origine aux diverses communions chrétiennes sans y attacher plus d'importance qu'à leurs différences de nationalité. Elle n'oublie pas sans doute qu'en fait, c'est par le protestantisme qu'a été ébauchée au XVIe siècle, et développée au XIXe la notion d'une société à la fois profondément religieuse et entièrement libérale. Aussi plus qu'aucune autre Eglise nationale ou dissidente, revendique-t-elle hautement le droit de se dire la fille aînée de la Réforme et même sa seule fille légitime, la plus protestante de toutes les Eglises protestantes, la plus réformée de toutes les Eglises réformées. Mais le vrai protestantisme, ainsi entendu, n'est plus une secte, c'est une religion qui garde tout ce qu'ont de bon toutes les religions particulières sans garder leur particularisme. Aussi cette forme moderne et définitive du protestantisme que nous nommons l'Eglise libérale, tout en se présentant aux catholiques et aux protestants, comme l'expression du christianisme pur, peut-elle en même temps se présenter aux Juifs, comme le développement de leur religion, puisque c'est dans le mosaïsme qu'ont été admirablement ébauchés les deux grands préceptes de la religion éternelle de l'Humanité.


D'une manière plus générale encore, l'Eglise libérale exclut de son sein que les intolérants, que ceux qui excluent leurs frères sous un prétexte dogmatique quel qu'il soit.
 

à suivre ...

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Published by Ferdinand Buisson et ses amis - dans le manifeste de 1869 pour une Eglise libérale
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 18:07

 suite des articles précédents


Si malgré cette largeur de libre examen, nous gardons le nom de christianisme, pour une religion qui admet l'absolue liberté des opinions, ce n'est pas seulement afin de constater le lien qui nous rattache au passé religieux de notre race et de notre pays. C'est que l'Eglise libérale s'adresse à la société tout entière et non à quelques esprits spécialement cultivés; elle s'adressera avant tout au peuple, qui n'a le choix jusqu'à présent qu'entre des Eglises autoritaires et l'absence de toute vie spirituelle commune. A des hommes et à des femmes qui n'ont eu ni le temps ni les moyens de se familiariser avec le langage de l'abstraction, il faut présenter non une théorie générale, mais un type historique et concret, une personnalité humaine qui soit à elle seule tout un programme vivant. Or nous ne connaissons aucun type plus entier, plus élevé, plus saisissant pour tous les cœurs et pour tous les esprits cultivés ou non que celui de Jésus de Nazareth, l'initiateur de la seule vraie religion: la religion de la conscience et de la liberté.


Jésus, fils d'un ouvrier, simple ouvrier lui-même, sentant dans son âme ce Dieu que d'autres cherchaient dans des miracles extérieurs, se proclamant dans le langage de son pays fils de Dieu, au nom de sa conscience et appelant tous les hommes à devenir fils de Dieu comme lui, par l'amour et par la sainteté ;

Jésus s'assignant pour mission de sauver les hommes du vice et du péché, faisant luire pour cela devant eux par sa parole et par sa vie le plus bel idéal de moralité humaine qu'on pût concevoir, entraînant ainsi vers la sainteté et par la seule force de la sainteté, non pas une élite, mais la masse et le rebut même de l'Humanité ;

Jésus croyant assez à la puissance du bien sur l'âme humaine pour sentir que son exemple serait décisif et que l'avenir lui appartenait, prêchant avec assurance en termes clairs, populaires et touchants, non seulement la vertu, mais la recherche ardente de la perfection morale, demandant, commandant la réforme sévère, non seulement des actes et de la conduite, mais des plus secrètes dispositions du cœur ;

Jésus opposant au formalisme étroit de l'orthodoxie de son temps le culte du pur amour en esprit et en réalité ;

Jésus vivant avec cette foi constante en sa mission et prêt à mourir pour la féconder de son sang,

Jésus mourant enfin avec la certitude qu'il léguait à ses disciples par sa vie, par sa doctrine et par sa mort une force qui vaincrait le monde, celle de la foi, celle du dévouement ;

Jésus souffrant le martyre comme il avait fait le bien, non pas en Dieu mais en homme, sans affecter une impassibilité orgueilleuse, sans cacher ses angoisses et ses défaillances, mais puisant dans sa conscience pleine de Dieu, le calme héroïsme de la charité sans bornes ;

Jésus sur la croix expirant sans une pensée de haine, sans une parole de reproche et en priant pour, ses bourreaux,

 

— ce Jésus de l'Evangile en dit plus aux âmes à qui nous le présentons comme notre programme, que les formulaires les plus minutieux : il offre réunis en une seule figure éternellement admirable, sinon tous les traits, du moins les traits essentiels de l'idéal moral dispersés ailleurs et nulle part aussi profonds ni aussi purs.

 

Aussi croyons nous fermement qu'il n'y a pas un seul homme de bien, — quelle qu'ait été son éducation intellectuelle, sociale ou religieuse, — qui ne soit prêt à répondre par un hommage non d'adoration, mais de libre et respectueux assentiment à cet homme qui crie à tous les hommes : Soyez parfaits ! Juif, catholique, protestant, rationaliste, libre penseur, athée même, tout homme sent sa conscience remuée en face d'un pareil exemple; et c'est celle commotion morale, c'est ce trouble divin, cette toute puissante impulsion communiquée à l'âme qui est la seule chose essentielle dans la religion.

 

Tous aussi, par là même, comprendront sans peine ce que veut dire et ce qu'exige une Eglise qui se borne à demander : « Voulez-vous prendre Jésus pour modèle, vous inspirer du même esprit qui l'inspira ? Croyez-vous en lui, c’est-à-dire sentez-vous, quand il vous les montre personnifiées en lui-même, ces réalités invisibles et divines : la justice et la vérité, le devoir et le droit, l'amour et la sainteté ? En face de ce maître spirituel, sentez-vous l'horreur de vos fautes, le repentir, la honte, le dégoût du mal, et l'ardent besoin de devenir meilleurs ?

à suivre ...

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Published by Ferdinand Buisson et ses amiscophone - dans le manifeste de 1869 pour une Eglise libérale
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 17:52

suite des articles précédents


Prendre pour but d'activité l'imitation effective de l'idéal évangélique, et par là même l'imitation de tous les hommes d'élite qui avant et après Jésus ont vécu à des degrés divers de la même vie, c'est assez montrer que le christianisme libéral ne prétend pas être un christianisme facile. La réforme à laquelle il travaille n'est pas un relâchement dans l'austérité de la conduite et dans le dévouement au bien ; c'est au contraire un effort pour concentrer sur la vie pratique et sur ses graves devoirs toute l'attention et toutes les forces qui se perdent aujourd'hui dans d'inutiles discussions théologiques ou dans les vaines pratiques du bigotisme catholique, juif ou protestant.


« En nous déclarant chrétiens libéraux, nous acceptons la discipline et la tradition morale du christianisme, non pas comme absolue ni infaillible, mais parce que dans son fond elle nous paraît être l'écho fidèle de la conscience, la voix de Dieu dans l'âme. Nous tenons pour un droit et un devoir, d'abord d'affranchir notre piété et notre activité morale de la croyance et aussi énervante que trompeuse, à une intervention surnaturelle de Dieu, rare ou permanente, ancienne ou contemporaine; ensuite de séculariser la religion en l’appelant à sanctifier non pas une vie humaine restreinte et mutilée par l'ascétisme, mais la vie humaine dans toutes ses applications normales, famille, cité, science, art, industrie. Nous prenons donc racine dans la tradition humaine toute entière sans nous enchaîner à la lettre d'un passé spécial, juif, catholique ou protestant. Nous ne voulons être ni une synagogue, ni une secte, fût-ce même la plus respectable de toutes, mais l'Eglise universelle, la cité hospitalière de tous ceux qui librement veulent croire et vivre en Dieu, aimer et servir leurs frères, concevoir et réaliser l'idéal humain ! » (Paroles de M. Félix Pétaux, à la fin de sa quatrième conférence à Neuchâtel).


Nous n'adoptons donc le christianisme libéral qu'en nous réservant très expressément d'en développer et d'en perfectionner de jour en jour suivant le progrès de nos lumières, le principe et les applications. Le titre que nous prenons exprime seulement le fait que les vieilles Eglises ne nous suffisent plus et que pourtant nous ne voulons pas vivre dans l'isolement d'une négation stérile, ni renoncer aux bienfaits de la tradition religieuse librement interprétée, ni surtout nous priver de toutes les forces vives qu'engendre le libre et sympathique échange des idées et des sentiments. Nous sentons le devoir de remplir en ce domaine I comme en tous les autres, la condition normale de la vie humaine, la loi de l'association.

Nous voulons donc :


Une Eglise, mais sans sacerdoce,
Une religion, mais sans catéchisme,
Un culte, mais sans mystères,
Une morale, mais sans théologie,
Un Dieu, mais sans système.


Nous voulons enfin et nous croyons trouver dans le christianisme libéral :
Une religion de liberté

qui défende à l'homme de fléchir devant une autorité prétendue infaillible, pape, Bible ou synode;
Une religion de conscience,

qui ne fasse croire à personne, que son salut dépend de telle ou telle opinion ;
Une religion de raison,

qui n'étouffe jamais l'essor hardi de la pensée, mais encourage la science et prêche le progrès ;
Une religion d'action,

qui habitue à considérer comme hommes religieux, non pas ceux qui ont le plus de foi dogmatique, de formules pieuses ou de sentimentalité mystique, mais ceux qui en réalité font le plus d'efforts pour être bons, ceux qui ont la vie morale la plus riche et la plus élevée ;
Une religion d'égalité,

qui donne à tous non seulement les mêmes droits et les mêmes devoirs, mais les mêmes moyens de les remplir en fondant la société religieuse sur une base indépendante de toute théologie et de toute philosophie, en ôtant par là même toute raison d'être à la tutelle dogmatique d'un clergé quelconque ;
Enfin et surtout, une religion d'amour

qui rapproche autant que les autres désunissent, qui subordonne tout à la morale et qui ne la subordonne à rien, qui apprenne aux hommes non plus à se damner réciproquement pour des dogmes inintelligibles, mais à s'entraider et à s'entr'aimer pour le bien commun de l'Humanité.

à suivre

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Published by Ferdinand Buisson et ses amis. - dans le manifeste de 1869 pour une Eglise libérale
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 17:45

suite des articles précédents et fin


Tels sont les principes, sauf à les développer, à les préciser, et à les modifier s’il y a lieu sur tous les points secondaires. C’est au nom de ces principes que nous prenons en résumé les trois résolutions suivantes :


I – Nous demandons que dans le plus bref délai possible toutes les Eglises soient séparées de l’Etat.
II – Nous demandons qu’à côté des Eglises orthodoxes [ndlr : protestantes voulant maintenir l’orthodoxie, calviniste en l’occurrence], se prépare activement la constitution d’une Eglise libérale gardant la substance morale du christianisme, sans dogmes obligatoires, sans miracles, sans livre infaillible et sans autorité sacerdotale.
III – Provisoirement et pour travailler avec toute la maturité nécessaire à l’organisation ultérieure de l’Eglise libérale, nous invitons tous ceux qui adoptent les idées fondamentales de ce manifeste, à se constituer en société, sous le nom d’Union du christianisme libéral, pour aviser aux moyens de propager leurs principes et de les réaliser, soit avant, soit après la séparation.


Nous livrons ce qui précède à la méditation sérieuse de tous. Il ne serait peut-être pas convenable de provoquer des adhésions immédiates. Nous aimons mieux attendre pour les recueillir le moment où chacun aura pu en délibérer avec sa conscience et prendre froidement une décision définitive.


Signé : Le Comité d’initiative, Neuchâtel, le 3 février 1869


Sur le contexte historique de ce manifeste, voir notre article en plusieurs pages « Le protestantisme libérale en Europe (2) – en Suisse avec Ferdinand Buisson » dans la rubrique « sur le protestantisme libéral » de notre site documentaire La Besace des unitariens (lien).

 

Ajout du 11 mai 2012 - Le Manifeste vient d'être également reproduit par Nicolas Friedli, ce 10 mai, sur un site suise de Théologie (lien)

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Published by Ferdinand Buisson et ses amis - dans le manifeste de 1869 pour une Eglise libérale
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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 17:21

« NOTRE DIEU ET LE VÔTRE NE FONT QU’UN DIEU UNIQUE » (CORAN, 29,46)
 

Abdou-Diouf.jpg

 

Abdou Diouf, un beau témoignage de croyant


Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, musulman, se perçoit comme le fils spirituel de Léopold Sédar Senghor, le catholique, premier président du Sénégal. Diouf est aujourd’hui le secrétaire général de l’Organisation de la Francophonie.  Quelques extraits d’une conversation avec Christophe Chaland, dans la revue Panorama en juin 2011 proposés ici par Philippe De Briey (lettre circulaire " A l'écoute de notre Source", n°4) :


« Quand on a des racines, on a des ailes. Il faut essayer d’aller plus haut ! ». « Il faut, au-delà de nos différences confessionnelles, que nous ayons des valeurs communes et universelles pour vivre ensemble. »


«  La religion est du domaine social. Mais elle ne doit pas influencer sur les institutions publiques citoyennes. Les différentes religions peuvent faire des pas ensemble. Même sur le plan spirituel. Rappelez-vous le Père Teillard de Chardin, qui disait ‘Tout ce qui monte converge’.  A condition de ne pas toucher au dogme, au culte, aux rites. Enfin, dans la laïcité telle que nous la concevons, nous admettons qu’il y ait de gens qui ne croient pas. »


La question de la liberté religieuse est un point qui fait difficulté avec l’islam ? 


« Je le sais. Cela me fait de la peine quand je vois que dans certains pays on ne favorise pas la pratique d’autres religions. »
« Depuis les débuts de mon mariage (sa femme est catholique pratiquante), tous les jours, mon épouse me lit la Bible. Je connais tout de la Bible. Je connais aussi le Coran, bien sûr. Ma racine, c’est le Coran. Je pratique ma religion. Je fais mes cinq prières quotidiennes, je fais même des prières facultatives. Mais quand on a des racines, on a des ailes ! Il faut essayer d’aller plus haut ».  « Chaque acte que je pose, je le pose après avoir prié. Et après l’avoir posé, je suis en action de grâce. Je le dis en toute humilité : mes succès, je les attribue à Dieu. Tous. Pour les échecs, je considère que je n’ai pas été à la hauteur de la mission que Dieu m’a confiée. »
« Les valeurs universelles fondent notre humanité commune. Et nous devons les pratiquer tous ensemble. »  « Une société théocratique ne peut fonctionner dans le monde moderne. »
« Je vis d’espérance ! Je suis un pessimiste de la raison mais un optimiste de la volonté et de la foi.  J’aime le triptyque que l’on trouve dans les textes chrétiens : la foi, l’espérance et la charité. Cela va ensemble. Au bout du compte la lumière l’emportera sur les forces des ténèbres. »  « Dans mon panthéon, avec Abraham, le Christ, Mahomet et d’autres, il y a la Vierge Marie et sainte Thérèse de Lisieux. »
 

 

Citations choisies par Philippe De Briey :

 

Le Coran enseigne à se montrer équitables dans les relations avec les non-musulmans. 29:46- « Ne discutez avec les gens des Ecritures de la manière la plus courtoise, sauf avec ceux d'entre eux qui sont injustes. Dites-leur : Nous croyons à ce qu'on nous a révélé et à ce qu'on vous a révélé. Notre Dieu et le vôtre ne font qu’un Dieu unique, et nous lui sommes soumis ».    
Dans la 1ère Epitre de Pierre, il est écrit (3 : 15-16) : « Soyez toujours prêts à justifier votre espérance à ceux qui vous en demandent compte. Mais que ce soit avec douceur et respect, en ayant une bonne conscience ».
Et dans l’évangile selon Matthieu (7,12) : «Tout ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux. C’est la Loi et les prophètes ».

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 04:44

1 – allumons notre calice (lien), ou une simple bougie, et que sa lumière brille

Vous pouvez lire la prière mondiale des unitariens pour ce mois de février qui nous a été envoyée par nos amis italiens, Alessandro Falasca et Lawrence Sudbury (lien).


2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre


richard brodesky portraitRichard Brodeskyunitarien-universaliste de l’Eglise de Tucson, en Arizona (lien), message du 13 janvier – Je vous transfère une vidéo que je viens de recevoir d’une de mes belles sœurs comme vœux de Nouvel an. Cette vidéo, de la soprano norvégienne Sissel Kyrkjebø (née en 1969 à Bergen), plus simplement connue par son prénom, Sissel, chante "Amazing" ; elle dit tout ce qu’il y a à dire : réjouissez-vous tous car le chant est étonnant. [ndlr - Amazing avait été déjà chanté sous deux autres versions lors d'un de nos cultes précédents, celui du dimanche 4 septembre 2011, lien]

 

 

3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.

 

Roger_Gau.jpgRoger Gau - chrétien unitarien, Blagnac près de Toulouse - (suite à sa lecture de l'article de Marian Hillar sur Leo et Faust Socin, lien ) "Je me sens désormais chrétien unitarien avec de nombreux points communs avec le socinianisme. Lors du culte de demain, j’aurai une profonde pensée pour Lelio et Faust Socin que j’ai vraiment découverts à la lecture de cet article" (son message du samedi 4 février). Je viens d’allumer le calice pour le culte de ce jour et de lire la prière des unitariens.

 

4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins


Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbierchrétien unitarien, Bordeaux - Pensons très fort à Yves qui va subir une opération pour un kyste très douloureux et placé dans un endroit délicat. Voici ce qu’il m’a écrit le 22 janvier : « je suis handicapé par un kyste grossissant situé sur un carrefour de nerfs sortant des vertèbres et sur un lieu d'insertion musculaire. Résultat: très grande difficulté de marche et douleurs très violentes. Je passerai une IRM jeudi et on verra. Assez fatigué par les traitements et la souffrance, je n'ai pas répondu à tes divers courriers … ». L'IRM a abouti au constat d'une colonne lombaire en très mauvais état, non opérable, et les douleurs ne peuvent être apaisées que par des infiltrations. Message de Yves ce 4 février : " Merci Jean-Claude de penser à moi demain ; moi aussi, de ma chambre, je penserai à vous. Je souhaite que votre rencontre soit chaleureuse et vous apporte Lumière et Paix ".


Pensons aussi à Roberto Rosso, fondateur de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU) et président de la Communion italienne unitarienne (lien) et qui, lui aussi, va subir une opération très délicate qu'il m'a annoncée dans un message du 18 janvier : " Le 29,  je serais à l'hôpital pour une difficile opération à la thyroïde à cause d'un alarmant adénome [tumeur]. C'est possible que cela entraîne des complications à ma condition générale d'handicapé. J'espère que tous sera ok et de te revoir bientôt  ...". Aux dernières nouvelles son opération s'est bien passée.

 

giacomo tessaro portrait 2011Giacomo Tessaro - chrétien unitarien, Piémont (Italie) - Aujourd'hui je voudrais rappeler notre révérend Roberto Rosso qui a été opéré. Prions le Seigneur pour lui et pour tous ceux qui souffrent dans les hôpitaux. Il serait beau que la souffrance fasse naître la foi dans l'âme de ceux qui la vivent, tout comme les malades qui rencontraient Jésus.

 

forêt lumiere samantha aout 2011Sam - protestante de l'Eglise réformée, France - Merci à Richard Brodecky pour la magnifique vidéo, pensées à vous tous et particulièrement à Yves et Roberto Rosso. Face à la souffrance je préfère me taire, mais je pense à vous.

 

5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle


6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « proches », « prochains » ou « lointains »

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 12:38

paru dans la Correspondance unitarienne du mois de février 2012, n° 112

 

L’Eglise unitarienne francophone EUfr, depuis juin 2009, propose un culte mensuel, chaque premier dimanche du mois, basé sur la célébration libre (pratiquée entre autres dans les communautés chrétiennes de base CCB de la mouvance catholique réformatrice et la tradition unitarienne-universaliste américaine de l’interfaith). Il s’agit d’un culte « on line », ouvert à tous. Sur le site de l’Eglise, à la rubrique « nos cultes mensuels » (lien), une mise en place a lieu – une semaine à l’avance – proposant l’ordre du culte suivant :


1 – allumons notre calice (ou une simple bougie) et que sa lumière brille ;


2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ;
dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre ;


3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs,
ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience,

que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire ;


4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins ;


5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle ;


6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité ;


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « proches », « prochains » ou « lointains ». 

 

Chacun est invité à faire culte chez lui avec sa famille, ses voisins ou ses amis, ou bien encore au sein d’une communauté locale de son choix, et à envoyer sa participation au webmestre (contact), soit avant comme contribution, pendant (le dimanche matin correspondant) ou après pour faire part aux autres de son vécu cultuel.

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Published by Correspondance unitarienne - dans notre culte mensuel
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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:52

« Au hasard des échanges sur Facebook, la déclaration d'un écologiste qui présente sa religion comme "Terre-Mère". J'ai trouvé cela très beau », transmis par Jean-Claude Barbier, le 17 septembre 2010, au sein du groupe « Croissance spirituelle » (lien). Paru dans la Correspondance unitarienne du mois de février 2012, n° 112.


crosseJe n'adhère a aucune religion en particulier, et si j'ai écrit Terre-Mère, c'est en toute simplicité mais non sans sincérité : je prône et agis avec le plus grand respect pour les éléments de la nature. Ayant grandi en pleine ville et y ayant vécu pratiquement toute ma vie (comme tout le monde), j'ai décidé d'écouter plutôt ma conscience et changer de cap !


Je ne connais pas grand chose concrètement à l'écologie mais j'y vais de tout ce que je peux faire dans mon quotidien. J'étudie de façon autonome sur le sujet et je m'intéresse aussi beaucoup au développement personnel et à la spiritualité. Seulement pour moi, contrairement, à ce que j'ai pu rencontrer dans mon entourage, la spiritualité se doit de se ramener vers du concret. Ce que je veux dire est que j'inclus dans ma démarche tous les éléments de notre existence, comme les instincts, l'Ego, etc. Je pense que chaque partie de nous peut nous servir à grandir SI en harmonie avec un tout et SI vécu avec conscience. Nous ne pouvons pas, à mon avis, faire une démarche personnelle remplie de bonnes réflexions et de bonnes intentions sans considérer notre environnement...


Et puis que dire autre de plus vrai que simplement ce sujet et sa réalité m'interpellent. La faune et la flore m'ont toujours très attiré même lorsque j'étais tout petit et que je vivais dans le béton.


Alors, je ne suis pas un Amérindien avec toutes leurs belles connaissances sur les thèmes d'animaux, etc., (peut-être dans une autre vie) mais je vis en fonction du respect de Terre-Mère et je m'engage de plus en plus de façon réelle et concrète dans ma vie de tous les jours... tout simplement.


P.S. : je ne sais pas quelle est ma mascotte mais j'ai rencontré plusieurs fois, en méditation profonde, le loup et la libellule.

 

Jean-Claude Barbier : « Ce que vous dites concernant les diverses formes de spiritualité est tout à fait pertinent. Les spiritualités de type gnostique : gnose chrétienne comme celle de l'Evangile de Thomas (déjà un peu avec l'Evangile de Jean), les Roses-Croix, les dualismes des bogomiles puis des cathares, etc., sont des appels à l'élévation de l'âme par un processus de séparation d'avec les pesanteurs corporelles et matérielles. Tandis que les spiritualités de type "païennes", procédant par osmose voire fusion avec la Nature, prennent l'être entier et le laissent sur terre.

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Published by présenté par Jean-Claude Barbier - dans la sagesse des Anciens
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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:18

 note de Jean-Claude Barbier, le 17 août 2010, parue dans les "Libres propos" de la Correspondance unitarienne, n° 112, février 2012 ; traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne le 31 janvier 2012 sur le site de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU) (lien).

 

Le culte commence avec un rituel : des paroles et des gestes codifiées, une mise en scène cérémonielle, une mise en relation avec un dieu sous la guidance d’un clergé. On se met en règle avec le Ciel ; on se situe dans la bonne moralité. L’enseignement : homélie, prédications, sermons, méditations, vont dans le même sens et rappellent les devoirs et ce qu’il faut faire.

 

animaux--benediction.jpgLes bénédictions prennent en charge les sentiments des fidèles : les enfants, mais aussi des animaux domestiques chéris, des biens qui marquent la promotion sociale comme les voitures et les maisons, ou encore les bâteaux qui affrontent les périls de la mer.


Pour certains, le culte se personnalise avec la piété, la dévotion. Le fidèle recherche alors le contact direct, la relation privilégiée avec son dieu ou un intermédiaire. Il lui fait part de sa vie, de ses difficultés, de ses souffrances.


Lorsque l’assemblée réunit des gens de même croyance, qui ont souscrit à un même credo, qui est héritière d’une même tradition, il en résulte une force communautaire s’exprimant lors de slogans répétés à l’unisson, de prières et des cantiques communautaires dites d’un même cœur, d’un même élan, soutenus par un harmonium ou des orgues tonitruantes afin de les amplifier jusqu’au ciel. La prédication rappelle sans cesse les vérités admises au sein de l’assemblée confessante. Il peut même y avoir des repliements communautaires si l’assemblée se sent en hostilité avec d’autres religions.


Et puis il y a les Eglises « famille » où se réunissent – chacune à part - les minorités religieuses, les ethnies de l’immigration, les quartiers pauvres, les nouveaux quartiers, etc. L’accent est alors mis sur la rencontre entre semblables, entre personnes qui sont à la recherche d’une solidarité locale, qui se rallient à un signe visible, à un trait commun. Les croyances sont alors secondaires. Le succès des ecclésioles de la mouvance pentecôtiste néo-évangélique charismatique est lié en grande partie à ce besoin de sociabilité.


La tradition unitarienne, en préconisant la liberté de pensée, va miser sur des cultes chrétiens minimalistes, sans bavardage théologique et avec seulement les sacrements basiques (baptême, confirmation, communion). Puis avec le christianisme d’ouverture et plus encore avec la tradition américaine de l’unitarisme-universalisme, les assemblées vont procéder à des échanges spontanés et divers (de foi, de méditation, d’événement de vie, etc.) entre participants. L’interfaith qui y est pratiqué repose sur la tolérance, l’acceptation de la diversité religieuse et spirituelle, la reconnaissance de la foi vécue des autres, l’écoute mutuelle. C’est finalement dans ces échanges de type démocratique que la communauté se constitue, se solidifie, perdure.


Bien entendu, les cas concrets que nous pouvons observer n’entrent pas dans une seule des catégories que nous venons d’énoncer, mais sont à cheval sur plusieurs modèles de notre typologie, mais celle-ci est utile pour discerner les accents majeurs, les ressorts intimes d’une assemblée, le ciment d’une communauté.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans notre culte mensuel
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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 19:20

en italien :

Possa questo calice rappresentare noi davanti a te, o Vita infinita.
Possa il gambo essere la fermezza della nostra fede, la coppa essere la nostra anima che ti accoglie,

e la candela che brucia l'impegno delle nostre vite.
Possa la fiamma che stiamo accendendo essere la scintilla del Divino nel nostro spirito, l'unità dei nostri cuori con il suo calore, la nostra ricerca di una vera fratellanza di tutti gli esseri umani con il suo ascendere, la testimonianza della nostra ostinata speranza con il suo splendore.

Fai che il gambo non vacilli nelle difficoltà. che la coppa non si riempia di illusioni, che la candela non si esaurisca in tentazioni,

fai che la fiamma non si estingua nella rinuncia ma che sia sempre il faro della nostra ricerca spirituale.

Amen.

Alessandro Falasca and Lawrence Sudbury, Comunione Unitariana Italiana ( lien)

en anglais :

May this chalice we light represent us in front of you, oh Infinite Life.
May its stem be the steadiness of our faith, its cup our soul receiving you and its candle which burns the engagement of our life.
May the flame we are lighting be the spark of Divinity inside our spirit, the unity of our hearts its warmth, our search for a true brotherhood of all human beings its ascension, the testimony of our obstinate hope its brightness.
Let the the stem not wobble in difficulties, the cup not get filled with illusions, the candle not be exhausted by temptations.
Let the flame never extinguish in renunciation but may it always be our lighthouse in our spiritual quest.
Amen

calice_expressionniste.jpgen français :

Que ce calice que nous allumons puisse nous représenter en face de Toi, Ô Vie infinie.
Que son pied soit comparable à la fermeté de notre foi, sa coupe comme notre âme t’accueillant et sa bougie qui brûle, à l’image de l’engagement de nos vies.
Que la flamme que nous allumons soit l'étincelle du divin en notre esprit, de l'unité de nos cœurs, la chaleur, de notre recherche d'une vraie fraternité de tous les êtres humains, l’ascension, et le témoignage de notre espérance obstinée, sa luminosité.
Que le pied de ce chalice ne glisse pas dans les difficultés, que sa coupe ne soit pas remplie d'illusions, et que sa bougie ne s’épuise dans les tentations.

Ne laissez jamais cette flamme s’éteindre dans le renoncement, mais qu’elle soit un phare dans notre quête spirituelle.
amen.

traduction Jean-Claude Barbier

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Published by Alessandro Falasca et Lawrence Sudbury - dans la méditation du mois
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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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