Dimanche 21 mars 2010
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L’anglais est devenue la langue de communication pour toutes les rencontres
internationales, y compris pour les unitariens du monde entier. En plus, chaque site a intérêt d’avoir une rubrique en anglais afin d’être accessible aux élites de tous les pays. C’est ce que notre
Eglise s’est d’ailleurs empressée de faire en ouvrant une rubrique «
English translation » afin que nos meilleurs articles soient universellement accessibles.
Ceci dit, les aires linguistiques constituent des espaces de communication plus intenses et plus populaires. Ils sont en plus appelés à devenir les nouvelles
frontières de nos solidarités. Déjà les anciennes frontières politiques de la France d’avec les pays francophones voisins (Wallonie, Brabant, Suisse romane, Monaco, Andorre) ne sont pratiquement
plus perceptibles. Langue et culture rimant de pair, les frontières linguistiques seront aussi des frontières culturelles. Ces dernières décennies, poètes, artistes et chanteurs ont été de
véritables ponts entre le Québec, la France et la Belgique. Entre la France et l’Afrique noire francophone, ce sont les Eglises et les Ong qui ont été des tisseurs de liens. Etc.
Les unitariens de tous les pays ont pris conscience de l’importance de l’anglais plus facilement que d’autres mouvances car leur religion s’est développée très
largement dans les pays anglo-saxons ; par contre des efforts restent à faire pour valoriser les autres langues. Quelques signes sont cependant à noter car ils nous encouragent : la prière envoyée
chaque mois à toutes les congrégations locales par notre réseau mondial, l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) est rédigée dans la langue de celui qui l’a
proposée, puis doublée en anglais – et notre Eglise, à réception, la traduit en français et en portugais (plus en basque et en occitan pour le mois dernier !) ; la même instance a accepté comme
membre associé le réseau unitarien-universaliste des espérantistes (UU Esperanto Network) ; au Canada, pays officiellement bilingue, le Conseil unitarien du Canada (CUC) à un
forum d’information intitulé « CUC en français » et son site comporte une rubrique en français ; à Montréal, la pasteur qui est d’origine américaine, la
révérende Diane Rollert, a fait l’effort d’apprendre le français ; à Philadelphie, aux Etats-Unis, un groupe francophone prie avec nous lors de nos cultes mensuels. Cela bouge ! Mais une
politique linguistique plus volontariste et plus systématique serait souhaitable.
Nous rappelons que, en mai 2008, avec nos amis québécois, dans le cadre d’une rencontre nationale du CUC, nous avons lancé l’Appel
d’Ottawa (lien). Le premier effet en fut la fondation de notre Eglise un mois après, en juin 2008 – la première
Eglise "linguistique" existante sur la Toile. Mieux, en hébergeant un site portugais, notre Eglise francophone affirme plus largement encore le multiculturalisme qui doit permettre à notre Humanité
de conserver toutes ses traditions.
Oui, après une mondialisation marquées par l’adoption de l’anglais comme langue utilitaire, nous avons à reconstruire la tour de Babel !
C’est en effet avec nos propres langues que nous louons le mieux l’Eternel et que nous aimons communiquer avec plaisir et humour avec nos semblables.
Par Jean-Claude Barbier
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Publié dans : l'Appel francophone d'Ottawa
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