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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 12:00

Quant aux maladies, dont elles parlent sans cesse, comme pour la mort, c’est beaucoup plus compliqué. Heureusement, il y a les remèdes et les médecins qui ont goût de « sauveurs » et le « Bon courage ! » qui les accompagnent. Mais, pour la mort ...


La plupart du temps, la mort de la voisine ou du voisin, on l’a vue venir ; elle nous taraudait, mais ne nous surprend pas… Celle qu’on n’attendait pas, bien que ce soit « une belle mort », ça n’efface pas le problème. D’abord ça nous renvoie à nous-mêmes, à notre propre précarité, ce n’est pas facile à supporter : ce n’est pas comme dans une famille, ça nous arrive en pleine figure très souvent… Dans le milieu on entend alors plein de trucs plus ou moins surprenants.


bon ventQuant à moi, j’essaie de laisser entendre deux choses qui me semblent plus faciles à admettre : celui qui s’en est allé a rempli son contrat, c’est dans l’ordre des choses qu’il trouve aujourd’hui le repos, et, si ça peut passer, il est maintenant accueilli par un Dieu qui l’aime auprès de qui il continue sa destinée…


Certains ne sortent plus de la Résidence que pour des enterrements et ne s’habillent plus que pour faire honneur à celui qui est parti. Ceux qui n’ont pas pu venir à la cérémonie quelquefois demandent comment ça s’est passé. « On aurait bien voulu y aller, mais on n’a pas pu pour raison de santé. » Certains éprouvent le besoin de me dire, dans une parole chargée d’émotion et de partage : « J’ai prié dans ma chambre ». En réponse : une bonne poignée de mains et échange de regard. L’acte de foi final reste ce « saut » dans l’amour que Dieu nous porte, en un abandon filial…


Au cours des obsèques, je suis très sensible au comportement de l’officiant. Je sais, par expérience, combien c’est une mission difficile ! Mais je suis maintenant dans le rang des « clients », je suis très réceptif à tout ce qui m’est proposé de voir et d’entendre et me demande sans cesse : « Comment reçoivent-ils tout ça ? ». A la sortie, rien n’est évoqué de ce qui s’est passé dans l’église ; si je le fais, je trouve rarement un écho… Les détails rituels de la cérémonie bien loin d’eux : la lumière, l’encens, l’eau bénite, les lectures… Seuls les témoignages et souvent la parole directe de l’officiant, fut-il laïc, me semblent avoir un certain retentissement.


Je crois qu’au niveau de la foi, il se passe quelque chose, au de là de l’émotion… Une interrogation est là, et je pense que la démarche collective solidaire apporte un certain soutien, quelques « lumières ». On sent, quand on se retrouve après la cérémonie, qu’il y a des choses au dedans, qui ne peuvent pas se dire… Alors on reprend la route de la Résidence à pieds ou en voiture, mais sans parler. Tous touchés, mais par quoi ?


C’est vrai qu’on en ressort plus proches. Dans les conversations, si on arrive à échanger quelques mots, on entend souvent : « C’était son heure », « Dieu l’a rappelé », comme si c’était Dieu qui décidait de la mort de chacun ; « C’était écrit »… Quelle idée de Dieu se fait-on ou du rapport de Dieu à l’homme ? De la même façon que l’on entend tous les soirs : « A demain, si Dieu le veut ! » Comment mieux gérer ce rapport de l’homme à la mort quand on en est proche et qu’on la croise si souvent ?


Aux enterrements je suis gêné car le défunt est d’abord présenté ou considéré comme un pécheur : «demandons pardon …». Je le ressens, au milieu d’eux, comme un affront : on pleure quelqu’un qu’on aime, qui nous a aimés et le premier regard ou souvenir qu’on est invité à se faire de lui, c’est de considérer qu’il a été un méchant. Je sais ce que l’on peut me répondre, mais il faut quand même avoir la foi pour ne pas se fermer sur le champ… Est-ce le péché de l’homme que Dieu considère en premier ? Quel en est l’impact réel ? Je ne sais, car c’est le début de la cérémonie ; on n’est pas encore bien dans le coup, à l’écoute…

à suivre ...

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