Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 15:32

par Richard Brodesky, membre de l'Unitarian Universalist Church of Tucson (UUCT) en Arizona et membre du conseil de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr).

 

Voici les paroles d’un chant américain très apprécié qui fait partie maintenant de notre musique folklorique. Il est chanté notamment à Thanksgiving, notre fête nationale. Il fut composée en 1848 dans l’Etat du Maine, à l’extrême nord-est du pays (remarquez l’influence de la présence française dans le nom de cet Etat). Vous pouvez retrouver cette mélodie aujourd’hui dans le morceau très aimé de Copland qui s’appelle « Appalachian Spring » (Le printemps appalachien).

 

Cette chanson provient des shakers (ceux qui s’agitent), secte religieuse issue de la guerre des camisards dans les Cévennes, en France, sous le règne de Louis XIV. Ce roi veut convertir tous les protestants de son royaume à la foi catholique, envoie un régiment (les Dragons) dans les Cévennes où une résistance se fait jour, et révoque l’Edit de Nantes en 1685, par lequel Henri IV avait accordé la liberté de culte à la minorité protestante. Des prophètes protestants des Cévennes (dont le plus célèbre est Elie Marion) trouvent alors refuge en Angleterre où ils se rapprochent des quakers. Mais, plus extrêmes dans leur austérité que les Puritains eux-mêmes, et exprimant leurs prophéties d’une façon bruyantes (ils sont surnommés « shakers », c’est-à-dire « agités »), ils sont suspects aux yeux des pouvoirs publics et de nouveau persécutés.

 

En 1774, ils prennent, accompagnés d’un certain nombre d’Anglais, la route de la Nouvelle Angleterre qu’ils vont considérer, à l’égal d’autres exilés chrétiens, comme une Terre Promise. Sous la houlette de la «mère» Anne Lee, une première communauté fut fondée dans l’Etat de New-York (elle est actuellement occupée par des soufis de la mouvance du fils de Pir Vilayet, mon ancien  maître spirituel). Bien que le célibat soit obligatoire, la communauté réussit à s’accroître car elle faisait des adeptes ; au milieu du XIXe siècle elle comptait environ 25 villages et 4 000 membres !


Les shakers prient et travaillent ensemble, mais les sexes vivent séparément. Dans leurs bâtiments on voit même deux portes et deux escaliers. Ils ont été réputés pour leurs travaux : des graines végétales, le lait condensé qu’ils furent les premiers à produire, leurs peintures, etc. Même leurs meubles rustiques et sans décoration furent repérés par les designers pour leur minimalisme et se vendent aujourd’hui très chers. Ils pratiquaient la vie commune et interdisait à leurs membres toute propriété privée. Les derniers adeptes sont morts dans les années 1970. Selon l’encyclopédie Wikipedia (lien), il n’en reste plus que 3 aujourd’hui, dans leur village de Sabbathday Lake dans l’Etat du Maine où ils accueillent des visiteurs et sympathisants lors de leurs « meetings », chaque dimanche matin.
 
Pour en savoir plus, voir le livre du sociologue français Henri Desroche, Les Shakers américains. D'un néo-christianisme à un pré-socialisme, Éd. de Minuit, 1955, 332 p.


La vidéo jointe va vous montrer la plus célèbre de leurs chansons et je vous en propose une traduction français.  Il s’agit, comme les mots le disent, d’une danse en rond.  Ils dansaient ainsi pour témoigner leur foi et leur joie. Comme tous les New-Yorkais de ma génération, j’ai appris cette chanson a l’école primaire et je la chante toujours (surtout en participant à des séances de gym !).

 

Shakers_Dancing.jpg

"Simple gifts" par la chanteur américaine Jewel

1 - ‘Tis the gift to be simple, Its a gift to be free,
C'est le don d'être simple, c’est un don d'être libre,
'Tis the gift to come down where you ought to be,
C’est le don d'aller jusque là où vous devez être,
And when we find ourselves in the place just right,
Et quand nous nous trouvons nous mêmes à l’endroit parfait,
Will be in the valley of love and delight.
C’est comme dans une vallée d'amour et de délices.


2 - When true simplicity is gained,
Lorsque une vraie simplicité est acquise,
To bow and to bend, we will not be ashamed,
Pour saluer en révérence et s’incliner, nous ne serons point en honte
To turn, turn, will be our delight,
Car tourner, tourner sera notre délice
Till by turning, turning we come round right
Jusqu'à ce qu’en tournant, tournant, nous fassions ronde parfaite.

De nouveau 1, et 2

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Richard Brodesky - dans la chorale
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
  • Contact

Recherche