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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 05:11

Suite


Le baptême avec la formule ternaire : « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », est celui prescrit par l’évangile de Matthieu : Jésus, dans ses apparitions post-résurrection avait donné rendez-vous aux Onze disciples (les Douze moins Judas !) sur une montagne de Galilée ; il leur dit «  […] faites disciples toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Matthieu seul : nous sommes ici en présence du Matthieu grec, donc plus tardif que les écrits lucaniens qui, eux, en restent à « la force d’en haut » qui est « promesse du Père » (Lc 24, 49) et au baptême dans l’Esprit tel qu’il est dit à maintes reprises dans les Actes. Paul, lui non plus, n’emploie jamais la formule ternaire : pour lui, Jésus est « Notre seigneur ». L’école Johannique, non plus, bien qu’elle mette en valeur la personne du Fils unique et bien aimé, l’Elu.


Est-ce donc un ajout dans la version grecque de Matthieu qui nous ait parvenue ? En tout cas la formule est bien celle de la Didaché laquelle se présente, au début du IIème siècle, comme étant la « Doctrine du seigneur transmise aux nations par les Douze apôtre ». Le versement de l’eau sur la tête, précise le texte, doit se faire trois fois de façon à accompagner la formule (VII, 3).


Par ailleurs, la Didaché est antérieure à la mise en place des évêques (épiscopes) au sens moderne du terme car elle n’en parle pratiquement pas (sinon une seule fois en XV, 1 et comme synonyme de presbyte). C’est en Asie mineure, avec les lettres d’Ignace d’Antioche que le vocabulaire se fixe et fait distinction entre les évêques, chefs d’Eglise locale, et les presbytes qui sont les simples prêtres.


La formule est aussi celle du Symbole des apôtres, lequel est pré-nicéen (d’avant le concile de Nicée qui, en 325, a entériné la divinisation du Fils) et daté lui aussi du début du IIème siècle. Formule ternaire et non pas encore trinitaire car les personnes sont distinctes et non fusionnées.


clovis bapteme vitrailFaut-il voir dans la scène du baptême de Jésus une préfiguration de cette formule ternaire ? Tous les évangiles mettent en effet en scène Jean le baptiseur, Jésus le baptisé, Dieu dont on entend la voix qui désigne son Fils (ou l’Elu, selon Jean), l’Esprit qui descend du ciel sur Jésus « comme une colombe ». A défaut de formule ternaire, il y a bien là une présentation qui l’est déjà. Manifestement ces écrits relèvent de la théologie de la Pentecôte et non d’un témoignage visuel des évènements quoi qu’ils en disent. Mais pourquoi une colombe (bible de Jérusalem) ou une palombe (bible de Chouraqui) et non pas le feu de la Pentecôte ? Est-ce le retour de la colombe qui annonça la fin du Déluge et donc d’une réconciliation avec Dieu ?

à suivre ...

 

Rémi, évêque de Reims, baptise Clovis, le roi des Francs vers 498. Le baptisé est nu dans une cuve en pierre. Le Saint-Esprit est représenté par une colombe. La main de l'évêque montre à la fois la colombe et semble amorcer une imposition des mains. C'est un flux de lumière rouge (la couleur du feu de la Pentecôre) qui inonde la scène à partir de la colombe. La France, sous la forme d'une jeune femme habillée de bleu (couleur de cette royauté), lui apporte la couronne royale.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans cérémonies et rituels
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