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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:37

par Alice Blair Wesley, pasteur unitarienne-universaliste, a exercé ses fonctions auprès d'Eglises au Maryland, au New Jersey et au Texas.

Je suis l'auteur d'une pièce de théâtre devant être jouée dans une église. Le personnage principal était incapable de prier, bien qu'il l'ait souhaité ardemment. Ses normes sur le plan intellectuel lui interdisaient d'accepter la seule notion de Dieu dont il était conscient. Et pourtant, sans la moindre gêne, il employait constamment le mot Dieu! comme un juron. Les frustrations de cet individu ont pris tout d'abord la forme de l'humilité, puis celles du discernement et de la joie après qu'il eut avoué qu'en disant "Dieu!" il exprimait une vérité existentielle qui était bien la sienne. Pour lui, cette vérité existentielle était difficile à atteindre. Elle différait juste assez de ce qu'il avait été capable d'accepter pour la rendre quasi inaccessible. Ma pièce de théâtre mettait en scène la mentalité de notre époque, honnête mais confuse et assoiffée sur le plan spirituel, qui en vain est à la recherche de Dieu. Par la suite, le point de mire est non plus ce qu'il nous est impossible de croire, mais ce que nous vivons déjà sans le reconnaître.


Une bonne part de ce que l'on dit de Dieu est confus et dénué de sens, ayant été coupé de son contenu vital. S'il doit de nouveau avoir un sens, nous devons en retracer les racines dans la subjectivité humaine. On ne peut "démontrer" une expérience vécue. Mais on peut en vérifier la cohérence à la lumière de notre expérience et de celle d'autrui. En faisant preuve de rigueur sur le plan rationnel, nous pouvons ensuite affirmer qu'une réalité objective correspond à ce qu'il y a de divin et de sacré dans notre vie.


Je décris comme suit les expériences concrètes sur lesquelles se fonde un discours valable au sujet de Dieu.  

 

Il y a, en premier lieu, le respect mêlé de crainte, le sentiment d'une dépendance totale à l'égard de ce mystère, auteur de l'être au sein duquel nous vivons. Le fait d'oublier ce mystère risque de nous appauvrir, mais nous ne pouvons nous en séparer. C'est une réalité.


En deuxième lieu, il faut se rendre compte que la réalité nous impose des impératifs sur le plan moral. Ces impératifs comportent une foule de nuances: la relativité sur le plan historique, le conditionnement social, les mécanismes biologiques de stimulus-réponse, la libido, etc. À la longue, notre conscience exige de rechercher et de dire la vérité, de créer de la beauté, et de rendre justice à autrui dans un esprit de compassion: ce sont là les impératifs naturels de l'existence humaine. Ces impératifs, nous n'en sommes pas les auteurs, nous sommes incapable de les manipuler au delà d'un certain minimum. Sinon, nous sommes manipulés vers le chaos de la désintégration sur les plans psychologique et social. Ce sont là des réalités.


Il y a, en troisième lieu, l'expérience de la liberté. Les choix s'offrent à nous, en grand nombre ou en petit nombre, mais ils sont réels. Il nous est loisible de réagir à ces impulsions par un épanouissement dans le cadre du culte. Nous devons obéir aux exigences de notre conscience. Cette liberté, nous ne l'avons pas créée, il ne nous appartient pas de la manipuler, bien que nous puissions en user ou en abuser. C'est une réalité.


En quatrième lieu, il y a l'expérience de la libération. Nous sommes des êtres foncièrement sociables. Nous sommes toujours, dans une certaine mesure, captifs des conséquences que produisent les abus de liberté, de notre part et de la part d'autrui. Nous sommes captifs des limites de notre esprit. Et pourtant, à maintes reprises, aussi bien sûr le plan personnel que sur le plan historique, nous avons connu le renouveau, inspiré par la liberté, qui surmonte ces conséquences et formule des idées nouvelles et créatives qu'ils appliquent à l'ordre social. Les notions des objectifs divins au cours de l'histoire de l'humanité découlent du sens de l'orientation inhérente à l'expérience de la libération. Le sens de l'orientation, tout comme la connaissance des possibilités de la trahir, sont des réalités.


À mes yeux il ne peut y avoir qu'une seule réponse à toutes ces réalités de l'expérience humaine – une exclamation empreinte de vénération – Toi mon Dieu!

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  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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