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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:48

par Ann Fields, éducatrice religieuse, ancienne directrice des programmes pour enfants de l'Unitarian Universalist Association (UUA) of congregations


Dieu est le mot que j'emploie pour faire allusion à la source de l'émerveillement et du sens du mystère que je ressens en réfléchissant au fait que j'existe. Je pense, donc je rends hommage.


Au moment où je songe à la série de miracles qu'à la légère on appelle la vie, où je vis la permanence de ma propre conscience, d'un "moi" insaisissable qui transcende, semble-t-il, la naissance et la mort des cellules de mon cerveau; au moment où j'envisage la progression irrésistible de l'évolution du cosmos, cette histoire incroyable de la matière inerte ayant donné naissance à des créatures vivantes, sensibles, pensantes, rêveuses…J'ai le sentiment d'une réalité spirituelle qui ne cesse de déferler et de s'accroître. J'estime que nous possédons une conscience collective qui, à chaque instant, s'enrichit et devient plus vibrante, à mesure que l'univers prend conscience de lui-même.


C'est à ce phénomène que je donne le nom de Dieu – l'évolution spirituelle du cosmos, le libre flux de la création. Dieu est le déploiement, la potentialité, la nouveauté. Tout n'attend que de devenir un sacrement, déclare le pasteur unitarien-universaliste Jacob Trapp.


Il m'est difficile d'employer Dieu comme un substantif lequel doit, selon l'enseignement que j'ai reçu, désigner quelque chose: une personne, un lieu ou une chose. Un substantif doit dénoter, définir, délimiter. Il est de caractère statique, ne convenant nullement à mon sentiment du divin.


À mes yeux, Dieu est un verbe. Tirant une métaphore de la ponctuation, Dieu est non pas un point final, mais un point d'interrogation ou un point d'exclamation. Dieu n'est pas la réponse au mystère de la vie; c'est le fait de reconnaître ce mystère.


Contrairement à la divinité de la plupart des traditions, mon Dieu à moi est non pas éternel, mais émergent. Il est le processus de création permanente qui constitue le drame du cosmos. Chacun de nous participe à ce drame, à titre de figurant, en improvisant, en répondant à autrui, en inventant à chaque instant le déroulement de ce drame. Dans le cadre de mon image, Dieu n'est ni l'auteur, ni le directeur, mais l'énergie que déploient les acteurs au cours du dialogue.


Dieu est l'alternance créatrice, comme l'a déclaré l'illustre théologien Henry Nelson Wieman. Il est le processus selon lequel nous nous écoutons les uns les autres et apprenons les uns des autres et arrivons ainsi à de nouveaux degrés de sensibilisation sur le plan spirituel. Chacun d'entre nous possède une position avantageuse par rapport au monde réel. Le fait de partager nos connaissances nous enrichit tous et agrandit les horizons de chacun d'entre nous. Le monde est rempli de choses magiques, qui n'attendent patiemment qu'une plus grande lucidité de notre part, a déclaré Eden Phillpotts, auteur britannique d'un grand nombre d'ouvrages.


Ce phénomène de la conscience en expansion doit avoir lieu chez les individus d'autres espèces, tant sur notre planète que partout où existe la vie douée de sensation. J'estime qu'à la longue, ce processus est bienveillant. Malgré les tourbillons d'hostilité, de concurrence et de violence chez les individus comme chez les espèces, il semble y avoir, dans l'ensemble, un progrès dans le sens de l'amour, de l'altruisme, de la réciprocité, de la coordination – dans le sens de l'intégrité et de la sainteté. Un jour, lorsque nous aurons maîtrisé les vents, les marées et la gravité, nous offrirons à Dieu les énergies de l'amour, écrit le philosophe Teilhard de Chardin. C'est alors, dit-il que pour la deuxième fois dans l'histoire du monde, nous aurons découvert le feu.


Défiant l'entropie, défiant la probabilité, Dieu, comme l'écrivait Samuel Longfellow, est la vie qui renouvelle toute chose. Lorsque je reconnais la présence de Dieu oeuvrant par mon entremise, j'ai le sentiment d'une noble aventure et d'une éternelle validité.

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