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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 19:06

par Arthur Foote, pasteur émérite à la Unity Church, St-Paul, Minnesota


À mes yeux, écrivait James Martineau, éminent unitarien anglais, il faut avouer que c'est une très grande chose de croire en Dieu tout simplement. Il est sûrement difficile d'éviter sincèrement de croire en Lui et de le faire comme il se doit. Mais il est impossible de comprendre vraiment la portée de cette croyance. Il ne s'agit pas de la professer à la légère, mais de chercher en toute humilité à y parvenir. On peut la trouver non pas à la fin d'un syllogisme, mais aux sources les plus intimes et les plus pures de nos sentiments. Elle n'est pas un don instantané de l'intelligence, mais le prix que doit mériter une vie d'amour et de courage.


Je trouve aussi qu'il est difficile de croire en Dieu puisqu'on ne peut éviter sincèrement de croire en Lui mais qu'il est difficile de le faire comme il se doit. Pour ce qui est des dieux, j'estime que ce sont tous des créations humaines, et ne crois nullement à la réalité du surnaturel. Le mot "Dieu" ne signifie donc pas, à mes yeux, l'Être Suprême, une Personne Divine. Il est l'affirmation d'un principe cohérent et rationnel au sein de la vie et de l'univers. Il illustre ma conviction selon laquelle, malgré les tragédies personnelles et l'absence de toute solution définitive, la vie vaut véritablement la peine d'être vécue, et la réalité est au plus haut point valable.


Tous les dieux, y compris celui du judaïsme, de la chrétienté et de l'islam, sont issus de notre expérience d'un aspect divin de l'existence, de notre sensibilisation à une réalité sacrée. Nous pouvons laisser tomber les anciens symboles, mais nous connaissons encore la soif de vérité, des bienfaits de l'amour et de la beauté, et l'impératif moral au fond de nous-mêmes. Pour désigner tout cela, on a le plus souvent recours au mot "Dieu".


Le sens de ce mot évolue et s'accroît selon notre compréhension de ce qu'il représente. Mais la variété de ses acceptions ne me porte nullement à l'abandonner. Tout comme le mot "amour", il paraît quasiment indispensable, car il s'entoure de plusieurs notions essentielles. C'est le mot de la piété. Je comprends pourquoi, de nos jours, un bon nombre de personnes hésitent à l'employer. On peut difficilement en bannir les connotations anthropomorphiques et surnaturelles. Cependant, il est plus dangereux de l'abandonner que de la conserver. Si nous entendons vivre sur le plan religieux, c'est-à-dire en contact avec l'ensemble de la réalité, en faisant preuve de sensibilité, de gratitude et en toute confiance, il nous faut un vocabulaire évoquant nos sentiments et exprimant notre enthousiasme. Nous avons besoin du langage de la poésie tout autant que du vocabulaire scientifique.


Dieu est non pas une proposition à démontrer, mais une réalité à ressentir. Il est non pas quelque chose à définir, mais une réalité à connaître dans le cadre d'un engagement de l'esprit envers la vérité, dans le cadre des exigences de la justice, de la prédominance de la beauté, et du caractère sacré de l'amour.

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