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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:18

 note de Jean-Claude Barbier, le 17 août 2010, parue dans les "Libres propos" de la Correspondance unitarienne, n° 112, février 2012 ; traduit en italien par Giacomo Tessaro et mis en ligne le 31 janvier 2012 sur le site de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU) (lien).

 

Le culte commence avec un rituel : des paroles et des gestes codifiées, une mise en scène cérémonielle, une mise en relation avec un dieu sous la guidance d’un clergé. On se met en règle avec le Ciel ; on se situe dans la bonne moralité. L’enseignement : homélie, prédications, sermons, méditations, vont dans le même sens et rappellent les devoirs et ce qu’il faut faire.

 

animaux--benediction.jpgLes bénédictions prennent en charge les sentiments des fidèles : les enfants, mais aussi des animaux domestiques chéris, des biens qui marquent la promotion sociale comme les voitures et les maisons, ou encore les bâteaux qui affrontent les périls de la mer.


Pour certains, le culte se personnalise avec la piété, la dévotion. Le fidèle recherche alors le contact direct, la relation privilégiée avec son dieu ou un intermédiaire. Il lui fait part de sa vie, de ses difficultés, de ses souffrances.


Lorsque l’assemblée réunit des gens de même croyance, qui ont souscrit à un même credo, qui est héritière d’une même tradition, il en résulte une force communautaire s’exprimant lors de slogans répétés à l’unisson, de prières et des cantiques communautaires dites d’un même cœur, d’un même élan, soutenus par un harmonium ou des orgues tonitruantes afin de les amplifier jusqu’au ciel. La prédication rappelle sans cesse les vérités admises au sein de l’assemblée confessante. Il peut même y avoir des repliements communautaires si l’assemblée se sent en hostilité avec d’autres religions.


Et puis il y a les Eglises « famille » où se réunissent – chacune à part - les minorités religieuses, les ethnies de l’immigration, les quartiers pauvres, les nouveaux quartiers, etc. L’accent est alors mis sur la rencontre entre semblables, entre personnes qui sont à la recherche d’une solidarité locale, qui se rallient à un signe visible, à un trait commun. Les croyances sont alors secondaires. Le succès des ecclésioles de la mouvance pentecôtiste néo-évangélique charismatique est lié en grande partie à ce besoin de sociabilité.


La tradition unitarienne, en préconisant la liberté de pensée, va miser sur des cultes chrétiens minimalistes, sans bavardage théologique et avec seulement les sacrements basiques (baptême, confirmation, communion). Puis avec le christianisme d’ouverture et plus encore avec la tradition américaine de l’unitarisme-universalisme, les assemblées vont procéder à des échanges spontanés et divers (de foi, de méditation, d’événement de vie, etc.) entre participants. L’interfaith qui y est pratiqué repose sur la tolérance, l’acceptation de la diversité religieuse et spirituelle, la reconnaissance de la foi vécue des autres, l’écoute mutuelle. C’est finalement dans ces échanges de type démocratique que la communauté se constitue, se solidifie, perdure.


Bien entendu, les cas concrets que nous pouvons observer n’entrent pas dans une seule des catégories que nous venons d’énoncer, mais sont à cheval sur plusieurs modèles de notre typologie, mais celle-ci est utile pour discerner les accents majeurs, les ressorts intimes d’une assemblée, le ciment d’une communauté.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans notre culte mensuel
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  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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