Notre Eglise accompagne tous ceux qui sont dans la peine et le
deuil et qui nous le disent.
Pour tous ceux qui ont un "travail" de deuil à faire, Régis Pluchet, dans le numéro de novembre 2009 d’Alternative santé (pp. 16-17), attire notre attention sur les
travaux du psychiatre Christophe Fauré, spécialisé dans l’accompagnement des personnes en fin de vie et de leurs proches. Celui-ci distingue 4 étapes du deuil :
1 - Le choc, la sidération – phase qui peut être accompagnée d’une sorte de déni avec anesthésie des émotions ;
2 - une fuite en avant, parfois dans une activité débordante et dans l’impression que l’on va retrouver le défunt à tout moment ;
3 - au bout de 6 à 10 mois, une déstructuration où l’on prend pleinement conscience que la personne décédée ne reviendra jamais plus. La douleur peut devenir beaucoup plus forte et être même accompagnée de colère, de révolte ou de culpabilité, ou se transformer en vécu dépressif.
4 - enfin, la restructuration qui est un nouvel
équilibre.
L’accompagnement (qui implique la reconnaissance de l’endeuillé) par les proches, par l’entourage, par les communautés religieuses ou des associations, ou si nécessaire par des "psy" est
important. Egalement les modes d’expression personnelle (écriture, peinture, silence, petits rituels).
Voir le site du Dr Christophe Fauré "traverserledeuil.com" et ses livres : Vivre le deuil au jour le jour (éd.
Albin Michel), Après le suicide d’un proche, vivre le deuil et se reconstruire (éd. Albin Michel). Lire aussi le livre posthume de la grande pionnière de
l’accompagnement des mourants que fut le Dr Elisabeth Kübler-Ross : Sur le chagrin et sur le deuil (en collaboration avec David
Kessler ; aux éditions J.-C. Lattès).
Ce mois d’octobre, plusieurs membres de notre communauté unitarienne francophone ont vécu le deuil : plusieurs décès au sein des populations pygmées de République démocratique du Congo qui sont
membres de l’Eglise unitarienne "Lisanga ya Bandimi Na Nzambe" (lien) ; au Québec, le décès de
la mère de Danièle C. ; en France, ceux de la tante de Michel L. et des grands-mères maternelles de Séverine G. (lien) et de Fabien M., et puis tous ceux dont nous
n’avons pas eu connaissance.
Face à la mort, les unitariens respectent les croyances personnelles et intimes : y a-t-il une vie après la
mort ? une survie de l’âme ? une résurrection ? une réincarnation ? un espace des ancêtres ? du divin ? un Royaume de Dieu ? Conformément à leur tradition, les unitariens n’entendent imposer
aucune certitude. D’une façon minimaliste certains peuvent dire qu’un défunt survit en tout cas
dans le cœur de ses proches, de ceux qui l’ont connu, apprécié ou aimé, qu’il survit par ses œuvres, par le souvenir qu’il laisse derrière lui comme un sillage, par le chérissement dont il fait
l’objet, par le fleurissement de sa tombe ou autres rituels de souvenir.
Voici le poème de Michel L. qui vient de perdre une tante dont il s’occupait avec attention puisqu’il en avait la curatelle et qui lui était chère. Son poème, écrit le jour de la Toussaint,
pourrait s’intitulé de l’ascension de l’âme à la communion des saints, ce qu’illustre cette très belle illustration que nous a envoyée Yohann.
En souvenir de nos cher(e)s disparu(e)s et pour consoler notre cœur
Nos défunts nous manquent,
c'est la douleur de l'absence,
cruelle, parfois brûlante,
mais nous le savons,
ce n'est pas celle de l'anéantissement,
car, en vérité,
les défunts sont, à tout jamais,
plus vivants que nous,
et nous les reverrons quand l'heure
du départ aura sonné pour nous,
quand le Dieu qui nous aime
nous ouvrira ses bras.
Oui, il en est ainsi,
c'est cela que nous disent
l'immensité des cieux,
l'ordonnance de l'univers,
la sainteté des élus,
la bonté ineffable, presque inhumaine
de nombreux humains
et le sourire apaisé
du masque mortuaire
de tant d'aimés,
pour qui nous prions
et qui prient pour nous
dans la Communion des saints,
Amen !
par Michel Luciani. L’auteur aborde aussi ce thème de la communion des vivants et des morts sur l'un de ses sites "Le fils du prophète" (lien)