Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 05:43

 De l’évêque Nicolas au Père Noël, en passant par le Petit Jésus,  

par Jean-Claude Barbier
 

 

Source principale : « Petite géographie du Père Noël » par Marc Lohez (agrégé d’histoire), Levallois-Perret, 16 décembre 2002, sur le site « Cafés géographiques » ( lien)

 

Lire aussi le livre de Martyne Perrot « Sous les images, Noël », Paris, Le Seuil, 2002, 189 pages, 45€., compte-rendu par Marc Lohez (lien).
Nous avons également utilisé des articles de Wikipedia (à « Evangile Pseudo-Matthieu », « crèche », « saint François d’Assise », etc.)


Pour une compréhension chrétienne de la fête à partir des Ecritures, voir notre dossier sur "Les Nativités" dans les Etudes unitariennes (lien)

 

Saint Nicolas


Au VIème siècle, l’évêque Nicolas (270-342) fut à la tête de la communauté chrétienne de Myre en Lycie (actuelle Smyrne, côte sud de l’actuelle Turquie). Il laisse le souvenir d’avoir distribué aux pauvres les biens qu’il hérita de sa riche famille, et ... d’avoir ressuscité trois enfants qui avaient été taillés en morceaux et mis au saloir par un méchant boucher ! Lorsque les Turcs envahirent l’Asie mineure au XIème siècle, son corps fut transféré à Bari, en Italie, et un doigt volé serait parti en Lorraine ! Son culte - il est fêté le 6 décembre - se répandit en Allemagne et en Lorraine.


Lu sur le site de la municipalité de Saint-Nicolas-le-Port : « Vers 1090, un Lorrain, Charles Aubert dit de Varangéville, rapporte de Bari une relique de Saint Nicolas, sa « dextre bénissante » qui justifie en 1101 la construction d'une première église. Après la victoire de 1477, l'accueil des pèlerins toujours plus nombreux, suscite alors la création d'une « grande église », laquelle est aussi le témoignage de reconnaissance du duc René II. C'est ainsi qu'en 1481, commence la construction de la Basilique, qui sera consacrée en 1560. Dés lors, ducs et personnages célèbres de Lorraine, princes et rois de France se succèdent pour demander la protection de Saint Nicolas. Son plan de type basilical, en forme de croix latine, ainsi que sa façade occidentale, lui confère une harmonie et en font un des édifices gothiques flamboyants le plus majestueux de Lorraine et sans doute le plus homogène d'Europe. Le trésor est composé de plusieurs pièces inestimables, dont le Bras reliquaire de Saint Nicolas en vermeil, or et argent ».


Son culte va se trouver associé aux fêtes païennes qui tournent autour du solstice d’hiver dans l’Europe du Nord, lesquelles mettent en avant les gnomes qui taquinent ou jouent des tours plus ou moins de mauvais goût aux humains (le Joulupukki finlandais est plutôt à l’origine un tourmenteur venu errer près des maisons au solstice et dont on ne se débarrassait qu’avec des cadeaux ; le Julenisse danois est plutôt un gnome plus bonasse que l’on amadoue avec une assiette de porridge ; etc.) ou bien encore les mal-morts qui jouent les fantômes hantant les maisons où ils ont vécus afin d’attirer la compassion des vivants sur leur triste sort (ils sont morts mais n’ont pas rejoint le lieu de repos assigné aux défunts et errent en conséquence avec leur souffrance) – ce sera la fête de Samain des Irlandais, devenue Halloween aux Etats-Unis.


Ors, pour amadouer ces êtres surnaturels qui surgissent à l’improviste lors de nos voyages et nous angoissent jusque dans nos habitations, sans doute tout particulièrement lorsque la nuit se fait plus noire et plus sombre au solstice d’hiver, on distribuait des friandises aux enfants déguisés ou masqués en ces êtres et, pour se rassurer une bonne fois pour toute, on illuminaient les maisons pour compenser la rareté de la lumière du jour. Mais on faisait peur aussi aux mêmes enfants en leur disant que s’ils n’étaient pas sages, ils seraient punis par des êtres maléfiques comme le Croquemitaine, Père Fouettard, Loup garou, etc.


Pour l’historien Marc Lohez (dont nous utilisons son article comme principale source, voir ci-dessus)
«  … Les fêtes chrétiennes de fin d’année en migrant vers le nord prennent place dans un période bien plus effrayante que le solstice méditerranéen encore assez lumineux. Là, les jours sont encore plus court et la nuit bien plus présente. Ce sont des temps propices pour que des cohortes d’esprits plus ou moins nombreuses, malfaisantes et morbides , sorties du folklore païen, mais bien tenaces dans l’Europe christianisée viennent tourmenter les pauvres mortels. Les parades sont connues : flambées et illuminations pour chasser les esprits, cadeaux pour les amadouer eux ou les petits gnomes protecteurs chargés de protéger les maisons et les fermes contre les importuns du solstice. Autant de personnages que le folklore des fêtes va absorber, transformer et associer au personnage principal. En migrant vers le nord, les fêtes d’hiver ont vu se renforcer le contraste entre la peur et l’espoir de renouveau et, donc, l’ambiance particulière de Noël. »


Ayant déjà fait un geste en ressuscitant trois enfants, saint Nicolas va continuer à les aimer en leur distribuant des cadeaux ! Brave saint Nicolas, les bras chargés de cadeaux !

 

Jan_Steen_fete_de_la_saint_nicolas_1.jpgjan_steen_fete_de_saint_nicolas.jpg

 Peinture de Jan Steen : Das St.Nikolausfest (la fête de saint Nicolas), vers 1665-1668.

à suivre ...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
  • Contact

Recherche