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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 12:08
suite de l'article de Jean-Claude Barbier (Correspondance unitarienne, n° 99, janvier 2010).

Est-il possible de mettre tous les unitariens dans une même association ou une même Eglise ?

Les unitariens français ont su tirer les leçons de l’échec de leur première association, l’Association unitarienne française (AUF), fondée en 1986, devenue "francophone" (Association unitarienne francophone) en 1992 et qui fut dissoute en janvier 2006. Les conflits d’orientation et de personnes y furent en effet très nombreux. En dépit d’un sursaut "unitaire" en novembre 2006 avec la fondation d’une Fraternelle unitarienne dont la tentative fut de réunir les non trinitaires de la mouvance protestante libérale de Théolib (soit une vingtaine de personnes), les unitariens de la communauté de Nancy et les chrétiens unitariens de l’AFCU, mais qui finalement échoua dès l’année suivante, c’est le pluralisme qui s’est peu à peu concrétisé avec la mise en place de réseaux (La Correspondance unitarienne depuis octobre 2002, la participation de Français au Regroupement francophone unitarien et universalistes RFUU), l’ouverture de forums (Unitariens francophones depuis avril 2005 à l’initiative des chrétiens unitariens, et La famille des U qui fonctionna en 2006-2007), le lancement de sites individuels, la fondation d’associations dont une dernière en novembre 2009, l'Association unitarienne universaliste francophone (AUUF).

Le "carnet d’adresses" de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) témoigne de cette richesse en initiatives du paysage unitarien français (lien
). Elle correspond, aux Etats-Unis, à la floraison d’associations unitariennes-universalistes au niveau national.

Hormis la communauté de Nancy qui n'est pas en lien avec les autres associations, la plupart des unitariens français sont en relation mutuelle et en bonne entente : ils contribuent au réseau de la Correspondance unitarienne et à la rédaction de son bulletin (nombreux auteurs, 250 destinataires), échangent au sein du groupe Yahoo Unitariens francophones (plus de 100 membres, plus de 800 messages par mois), s’inscrivent aux Newsletters des sites, participent au culte mensuel de l’Eglise unitarienne francophone, etc. Les unitariens français peuvent être évalués, à partir de leur participation à ces diverses activités, à près de 200 personnes.

Ils sont représentés par une instance nationale qui a été fondée en mars 2008, le Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF) (lien). Elle a été mise en place à l’initiative des chrétiens unitariens de l’AFCU afin de prendre le relais de leur association qui avait été acceptée comme groupe émergent par l’ICUU en avril 2006. 
C’est désormais le CUUF qui représente tous les unitariens français auprès de l’ICUU et il entend valoriser les diverses initiatives en France par son site portail, mais ses membres (qui y envoient des "délégués") restent tout à fait libres et indépendants dans leurs activités. D’une façon générale, les activités des uns sont ouvertes à tous les autres : édition de textes, forums, rencontres occasionnelles, réunions, cultes, etc.
* pour l’instant, l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), l’Association unitarienne-universaliste francophone (AUUF), le réseau de la Correspondance unitarienne, le forum Unitariens francophones, et prochainement les Amitiés islamo-francophones.

Cette même prise en considération des identités existe au niveau de notre Eglise linguistique. Les fidèles sont invités à s’y exprimer avec leur propre culture et tradition, sans aucune réserve ni tabou. Les chrétiens peuvent y parler de leur attachement à la personne de Jésus, pratiquer le partage du pain et du vin, donner le baptême et la confirmation aux fidèles qui le désirent ; les croyants s’adresser directement à Dieu, sans euphémisme ; les non-croyants parler de leurs convictions, etc. Il ne s’agit pas d’arrondir les angles afin de ne pas gêner les autres, encore moins de folkloriser les fois religieuses dans un "interfaith" affadi et fait de clichés généraux, sinon d’images d’Epinal, mais d’affirmer haut et fort nos propres convictions spirituelles et nos engagements précis et de les proposer en partage en en dégageant les valeurs universelles.

La communauté s’établit alors non point dans un quelconque dénominateur commun ou un consensus mou, mais dans l’expression, l’écoute des autres, le partage des spiritualités et des rituels, l’osmose et non la fusion, la pratique libérale de la religion étant bien entendu à la base d’un tel fonctionnement. Les religions particulières sont donc pleinement acceptées dès lors qu’elles savent partager. En cela notre Eglise n’est pas que "chrétienne" (car elle pratique l’interfaith), mais elle n’est pas non plus que "unitarienne-universaliste" car elle admet que chacun puisse vivre les valeurs universelles au sein du corpus religieux de son choix.

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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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