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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 11:22

On peut se dire au revoir plusieurs fois, par David Servan-Schreiber. Ed. Robert Laffont, 2011, 160 p., 14 €. Présentation par Régis Pluchet.


Dans ce petit livre paru en mai dernier, deux mois avant son décès, le Dr David Servan-Schreiber (DSS) nous livre un témoignage bouleversant. Comme le titre l’indique, c’est un témoignage d’espérance. C’est aussi un testament qu’il veut « jubilatoire » ! Jeune chercheur en neuropsychiatrie aux Etats-Unis, il apprend, il y a vingt ans, qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau. Cette nouvelle va transformer de fond en comble son approche des malades et de la maladie.

 

david_servan_schreiber.jpg

 

Il fait connaître cette approche dans deux livres qui ont rencontré une audience internationale considérable : Guérir (consacré au stress et la dépression) et Anticancer, parus aux éd. Laffont et en poche chez Pocket. Il y plaide pour une alimentation équilibrée et pour une « médecine des émotions », basée sur des techniques psychothérapiques nouvelles et des méthodes de relaxation et de méditation.


Son dernier livre est l’occasion d’un bilan, en réponse à ceux qui s’interrogent sur la valeur de ses recommandations, au moment où son cancer va l’emporter. Il y a quand même survécu vingt ans, ce qui est déjà beaucoup ! Sa réflexion sur la mort qui l’approche, nourrie par le travail d’accompagnement de personnes en fin de vie qui a souvent marqué sa vie professionnelle, est empreinte d’un grand humanisme et d’une profonde spiritualité, même s’il reste agnostique.


L’humour est pour lui un allié indispensable face à la mort. Cela ne l’empêche pas de vivre des moments très difficiles. Pris par des hallucinations effrayantes, DSS se répète le texte du psaume que lui ont offert deux pasteurs protestants : «  L’Eternel est mon berger …. Quand je marche dans la vallée des ombres de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi » et conclut : « Je ne suis pas sûr de croire tout à fait au berger divin, mais le psaume 23 exerce un effet puissant apaisant mes angoisses nocturnes ».

 

Quand j’ai lu son livre, je sortais de clinique après une lourde intervention chirurgicale. Pendant cette période pénible, j’avais fait deux rêves magnifiques, mais aussi deux cauchemars pendant lesquels je me suis mis à crier pour appeler au secours (ce qui ne m’arrive jamais), parce que je me faisais enlever par des inconnus. En lisant ce psaume, j’ai compris que, même si j’étais dans une situation moins dramatique que DSS, j’avais frôlé moi aussi « la vallée des ombres de la mort ». Grâce à son témoignage j’ai relu plusieurs fois ce psaume et j’ai pu moi-même constater l’effet apaisant de cette lecture, ainsi que celle de la relecture des psaumes en général. Merci au deux David : le mythique berger, roi et poète d’il y a trois mille ans et le médecin des corps et des âmes d’aujourd’hui !

 

David Servan-Schreiber est auteur de Guérir (2003), Anticancer (2007), On peut se dire au revoir plusieurs fois (2010). Il est mort d'un cancer contre lequel il luttait depuis de nombreuses années le 24 juillet 2011. Voir sa biographie sur le site "Culture Club" ( lien).

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