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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 10:00

Jean-Claude B. (Bordeaux) - J’ai commencé le culte par une louange à Dieu en regardant mon quartier du haut de ma terrasse, au soleil levant. Pour cela, je n’ai pas levé les yeux au ciel car je ne pense pas que Dieu "est au ciel". Il n’est pas forcément non plus dans les fleurs, même si j’en admire la beauté et qu’il n’en est pas loin. Mais j'ai écarté les bras car j'ai l'habitude de le faire lorsque je dis le "Notre Père", la prière à Dieu que Jésus nous a enseignée.

Ma vue s’étendait sur ce quartier et j'ai pensé à la chanson " Paris s’éveille " : ce que ce quartier allait faire dans les heures à venir, au rythme de chacun puisque nous voilà dimanche.

Merci l'Eternel ! Ô Dieu créateur, pour ce soleil qui se lève et nous réveille, puis nous accompagne dans nos activités humaines.


Ensuite, j’ai allumé mon calice. C’est un lumignon que m’avait donné Lucie-Marie C.-B. (membre de la Unitarian Universalist Fellowship of Ottawa) lors d’un atelier francophone qu’elle avait animé et qui était consacré aux "Groupes de croissance spirituelle" (lien), ceci dans le cadre de la rencontre annuelle du Conseil unitarien du Canada (CUC) en mai 2008 où j'avais été invité. Un poisson orne l’un de ses côtés et le chrétien que je suis se reconnaît bien dans ce dessin ; un coquillage à ses côtés l’accompagne et sert éventuellement à couvrir ce petit bougeoir. Je pense bien sûr à mes amis canadiens. Je le pose sur mon bureau où se trouvent mes lectures de la veille, entre autres la dernière " Lettre des amis ", le bulletin des quaker en France. Nous sommes en compagnonnage spirituel avec eux.

J’ouvre mon ordinateur et je lis la prière du mois. Cette " vérité vivante " qu’évoque notre ami canadien, le révérend John Baros-Johnson, n’est-elle pas l’assemblée elle-même des fidèles, lesquels se réunissent pour prier ensemble et faire culte ? Avec ce calice allumé, je me sens en communion fraternelle avec tous les unitariens et universalistes du monde entier ; nous sommes près d’un million ! Je pense en particulier à ceux qui vont se rencontrer très prochainement à Cluj-Napoca (Kolozsvar en hongrois), au siège de notre Eglise historique de Transylvanie. Ils représenteront tous les pays où il y a des unitariens ; ils seront comme une géographie vivante.

Ce sont en effet les personnes qui se réunissent, qui se relient les unes aux autres, qui sont, ensemble, comme une lumière qui éclaire et attire ceux qui sont isolés. Des vérités faites de chair, dès lors qu’il y a écoute mutuelle et attentive, ouverture aux autres, partage réciproque et osmose de ce qu’il y a de meilleur à donner et à recevoir. Une vérité humaine et fraternelle, bien loin des propositions intellectuelles et dogmatiques, des slogans religieux et politiques.

Faire Eglise, c’est peut-être / sans doute cela ... Faire Eglise pour que naisse cette attitude toute spirituelle qui abaisse les frontières, qui pardonne les erreurs et les fautes d’autrui dès lors qu’il y a repentance, qui voit à la fois l’humain et le divin en chaque homme, qui rejette toutes les discriminations.

C’est donc le cœur ouvert que j’ai relu avec plaisir le poème didactique de Raymond B. sur la religion. Il m’avait envoyé son recueil au début du mois de juin et je l’avais alors survolé. Ce matin, je le relis avec pleine attention et plaisir.


Il m’avait été envoyé de Belgique avec ce petit mot : " Mon épouse et moi sommes des chrétiens libres penseurs, ayant pris nos distances par rapport à toute organisation religieuse ... ". Un recueil que Raymond B. a dédié à Erasme et à Michel Servet, deux grands humanistes de notre histoire qui se sont tenus eux-aussi à l’écart des grandes institutions de leur temps afin de mieux conserver leur liberté de pensée. Vous pouvez lire ce poème sur la religion, que je viens de mettre en ligne pour le partager. Il me relie d’abord à Raymond et à sa femme, Maria Valeria, mais aussi à mes amis de la Fédération des réseaux des parvis, Micheline C. et André L., puisque ce poème leur est dédié.

Comme quoi, on se connaît de nom, on échange des courriels, on met des visages sur les noms, on se téléphone, puis on se rencontre lors de rassemblements annuels ; finalement, ce qui n’est apparemment au début qu’une mouvance, se structure progressivement de liens fraternels, d’une solidarité militante dans l’action. Et puis, au hasard des occasions, on se retrouve toujours avec plaisir. Raymond et sa femme, Micheline et André ... à la suite de Jésus, d’Erasme, de Michel Servet et d'autres. Oui, il y ainsi des lignées et des familles spirituelles qui font que nous ne sommes pas seuls dans notre vécu, dans notre combat.


Pour éteindre mon calice, je choisis de rester avec Raymond et sa femme, avec ce dernier poème, très court, plein d’humour et de philosophie et accompagné par un dessin de Marceau Constantin (deux petits vieux sur un banc public) : " Dis, Henri, que sommes venus faire sur terre ? ... Nous nous sommes rencontrés, et nous sommes tout l’un pour l’autre. C’est déjà çà ! ".

Merci Notre Dieu ! Notre Père ! je te remercie pour cette formidable capacité de fraternité que tu as mise en nos cœurs afin que nous soyons Un comme tu es Un.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans notre culte mensuel
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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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