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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 09:38

A teológia gyakorlata, a gyakorlat teológiája (La pratique de la théologie, la théologie de la pratique), par Maria Pap, 2004, sur le site de l’Eglise unitarienne de Hongrie, traduit en français par l’auteur.


La révérende Maria Pap a pu bénéficier en août 2003 d’une bourse d’études d’un an dans le cadre du programme Balazs Ferenc, à la Faculté de théologie unitarienne de Berkeley – la Starr King – en Californie. Ce texte a été écrit au début de 2004 à partir du constat que, aux Etats-Unis, la formation des ministres insiste davantage sur la dimension sociale de son rôle.

L’enseignement théologique en Transylvanie est construit sur la pratique de la théologie, pendant que l’enseignement américain l’est sur la "théologie de la pratique". En Transylvanie, on assure les fondements théologiques sur lesquels doit s’appuyer le futur pasteur pour servir sa paroisse. Cette priorité dérive de la tradition protestante, qui est d’enseigner l’Evangile.

Au XXIè siècle, avec la globalisation, l’effondrement de la société traditionnelle, une telle préparation ne suffit plus pour le travail quotidien du pasteur, sa présence et son rôle au sein de la communauté. On ne peut plus isoler la paroisse (communauté singulière, avec sa dynamique et ses traits particuliers) du village ou de la ville où elle se trouve, de l’ensemble de l’Eglise comme institution à laquelle elle se rattache et de la société en général.

En Transylvanie la situation d’une paroisse s’avère différente selon que les Roumains de langue hongroise y sont minoritaires ou non (par rapport aux autres Roumains), ou encore que les unitariens sont nombreux ou non par rapport aux autres chrétiens (orthodoxes, uniates, catholiques, calvinistes, luthériens, etc.). On doit étudier la spécificité d’une paroisse, son environnement social, politique, économique, religieux, son histoire et sa culture (pour comprendre la manière dont elle conduit ses affaires), son potentiel et ses ressources (démographique, économique, monétaire, symbolique, etc.), sa dynamique du pouvoir (qui l’exerce ? comment ? dans quel but ?).

Et la paroisse dans le contexte de la société ? Dans la plupart des cas la paroisse est juste une partie de la communauté villageoise ou citadine, souvent minoritaire. Le pasteur doit-il se mêler de la politique locale ou non ? Son engagement politique doit-il être explicite ou implicite ? Doit-il prendre position sur les questions économiques, surtout quand il constate la précarité dans laquelle vivent certains ou la majorité de ses paroissiens et les risques de désintégration de la communauté ?

Comment pouvons-nous faire face à ces problèmes, trouver des réponses, aider notre communauté ? En cela les sciences sociaux peuvent aider le pasteur dans sa pratique. Par rapport à l’enseignement théologique traditionnel, c’est une ouverture, un élargissement pour pouvoir mieux répondre aux défis de la société postmoderne. L’enseignement théologique américain a reconnu ces défis depuis longtemps. En plus de la théologie, il enseigne la sociologie, l’anthropologie culturelle, la science du politique et du management. Toutes ces études ont pour but d’aider le pasteur a servir son communauté au-delà des seules situations religieuses.

Je considère cela comme relevant de la pratique de la théologie, c’est-à-dire lorsque la vie quotidienne devient ainsi la base du discours théologique. Comment ? Quand une paroisse enseigne et transmet ses valeurs, elle fait de la théologie. Quand la communauté enseigne les enfants, les jeunes, quand elle prend ses responsabilités dans la vie de la société, elle fait de la théologie. Certes, une telle théologie n’en est pas pour autant forcément la théologie officielle de l’Eglise, mais l’individualité, la force et la capacité de survie de nos paroisses sont données par cette "théologie pratique", qui se situe en quelque sorte à un niveau infra, au-dessous de la "grande théologie".

bannière de l'Eglise unitarienne de JoJobbagyfalva-Nyaradszereda en Transylvanie : l'écologie a été ici mise en avant à partir du thème du blason traditionnel de l'Eglise. Photo, révérend Sandor Szilard 2006

Devons-nous nous occuper de ces questions ? Pensons-y ! La reconnaissance et l’enseignement d’une telle théologie en concordance avec la théologie de notre Eglise, pourrait nous aider à servir mieux nos communautés. Il est vrai que de la théorie jusqu’à la pratique, le chemin est long.

S’il était aussi aisé de faire ce qui doit l’être, de savoir ce qu’il est bon de faire, les chapelles seraient des Eglises et les cabanes des pauvres gens des palais de princes. Qui se conforme a ses sermons est un bon prédicateur. J’apprendrais plutôt à vingt personnes ce qu’il est à propos de faire, que je ne serais l’une des vingt à suivre mes instructions. " (Shakespeare, " Le marchand de Venise ")

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Published by Maria Pap - dans la chaire du pasteur
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commentaires

Noëlle Colle 09/02/2009 12:17

Bien sûr que nous devons nous occuper de ces questions et surtout ne pas nous contenter de prier sans écouter et agir pour le monde qui nous appelle.Bon courage Maria
bien fraternellement
Noëlle Colle

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  • : Eglise unitarienne francophone
  • Eglise unitarienne francophone
  • : Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
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