Partager l'article ! les identités qui sont nôtres: salutations de Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitarien ...
salutations de Jean-Claude Barbier, secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), à l’Eglise unitarienne de Montréal (EUM) lors du culte en anglais du dimanche 25 mai 2008
Très Cher(e)s Ami(e)s,
Je vous dis ma joie d’être accueilli par vous. Je vous connaissais jusqu’à présent par le site Internet de votre Eglise et celui
du Mouvement universaliste unitarien du Québec (MUUQ), et surtout, depuis février 2004, par une correspondance régulière avec plusieurs d’entre vous ainsi que des échanges dans le cadre
de forums : " Unitariens francophones ", " CUC-en-français " et " Histoire d’U ". C’est donc une grande joie que d’être aujourd’hui, avec vous tous, dans une
relation encore plus directe, de face à face, et si fraternelle.
Je vous salue au nom de tous les unitariens francophones de France, de Belgique et de Suisse.
Je salue votre belle communauté
ce matin rassemblée pour le culte.
Je vous salue avec votre histoire et vos traditions.
Je vous salue pour la sagesse dont vous faites preuve pour, non seulement accepter et gérer la diversité qui existe en votre sein, mais aussi et
surtout pour la valoriser.
Faire que chacun apporte, selon l’appel de Paul, ses qualités, ses talents et ses dons, son intelligence et ses intuitions, ses élans du cœur, sa compassion aux autres, ses
engagements sociaux et politiques, mais aussi, lui-même, tout simplement, avec ses propres identités ethnique, linguistique, culturelle, religieuse, citoyenne, politique. Et là, je ne suivrai pas Paul lorsqu’il dit qu’en Christ il n’y a plus de Juifs, de Païens, ni de Romains,
car l’identité est irréductible, non négociable, non arrangeable. Elle
imprègne notre personne, la transcende dans un destin collectif qui est volontairement assumé au titre de patrimoine commun.
Ces identités, elles sont à dire, à exprimer, à proclamer, à crier s’il le faut au temps des oppressions, à être au cœur de nos résistances comme nous le rappelle la fête juive d’Hannoucha et le
drapeau des hussites qui, au début du XVème siècle, revendiquaient la communion sous les deux espèces en arborant un calice – ce calice qui, vous le savez, deviendra nôtre (1).
le mémorial des Familles souches à la Maison des aïeux, à Sainte-Famille, dans l'île d'Orléans, en aval de la ville de Québec. Photo Jean-Claude Barbier, mai
2008
Elles résistent, ces identités, aux colonialismes et aux impérialistes, aux hégémonies et aux encadrements de toute sorte.
Elles ne sont pas à diluer dans de l’eau, ni à mettre dans nos poches, encore moins à cacher honteusement derrière notre dos, puisqu’elles sont autant de lumières pour l’Humanité dont nous
voulons préserver la riche diversité. L’Evangile ne nous dit-il pas que la lampe à huile, si l’on veut qu’elle éclaire toute la maison, ne saurait se mettre sous le
boisseau ?
Si elles sont à transmettre, ces identités, à nos voisins, à nos amis, à nos enfants ; si elles s’énoncent d’une façon claire et nette comme la limpidité d’une source ; si, parfois,
elles parlent haut et fort comme un shofar ou un clairon ; elles savent aussi se faire intimes et discrètes, douces et murmurantes, en tout cas non violentes.
Elles sont faites pour le dialogue, pour entrer dans des assemblées élargies, animer des réseaux, participer à des fédérations. Elles sont respectueuses des personnes. Elles ne sont pas faites,
vous le savez bien, pour s’imposer aux autres. Elles se donnent, se partagent, invitent les autres à leurs fêtes et communiquent leur joie.
texte paru à la Une du bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 82, août 2008.
Pour les sommaires des bulletins, voir le site documentaire de La Besace des
unitariens
Déjà dans nos bulletins antérieurs et du même auteur (à lire sur le site "Profils de liberté") :
" Se dire au-delà des étiquettes des
orthodoxies ", n° 43, mai 2005 ;
" L’unitarisme est-il un évolutionnisme ? ", n° 56 – juin
2006,
" L’unitarisme dans l’éventail des croyances ", n° 64, février 2007 ;