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André Gounelle, pasteur de l’Eglise réformée de France (ERF),
théologien protestant libéral, professeur honoraire à la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier, a écrit, entre autres nombreux ouvrages, " Parler de Dieu " en 1998 (Paris, Le Foyer de l'Âme), texte réédité en 2004 aux éditions Van Dierens, 166 p. Collection "Foyer de l'Âme" (en vente à 22 euros TTC à la librairie par correspondance L’Arrêt aux pages).
Il s'exprime de nouveau sur ce sujet dans un article d' Evangile et
Liberté (n° 220, juin-juillet 2008, p. 4) avec un article tout simplement intitulé "Dieu". Nous en reproduisons ici un passage concernant plus directement la thématique
de notre série.
Dieu
Ce que Dieu est en lui-même, nous l’ignorons ; nous sommes incapables d’en parler justement et complètement. Par contre, nous pouvons dire ce qu’il représente pour nous, comment il nous touche ou
nous affecte. Pour ma part, quand on m’interroge, je mets l’accent sur quatre points [ndlr : voir l'article en entier], en soulignant que mes propos, fondés
sur une expérience partielle et défectueuse de Dieu, ne prétendent pas le définir... (…)
Dieu d’Abraham et Dieu des philosophes
On oppose souvent le " Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob " (une personne vivante avec qui on a une relation de type " je-tu ") au " Dieu de philosophes et des
savants " (un " élan vital " ou une réalité " océanique ", quelque chose d’impersonnel et d’abstrait).
Cette opposition ne me convainc pas ; Dieu n’est pas seulement une personne. Il est aussi autre chose et bien davantage, non pas infra mais supra personnel. " Il y a une sorte de profanation, écrit Emerson (pasteur et philosophe américain, 1803-1882), à dire que Dieu est personnel. Il n’est plus
alors qu’un grand homme, c’est trop peu ". De même Charles Wagner affirme : " Dieu est infiniment plus qu’une
personne ".
Dans la rencontre de personne à personne avec Dieu, nous percevons un aspect ou une face de son être, mais pas l’ensemble ou la totalité. Aussi, loin d’exclure le Dieu des philosophes, le croyant
en a besoin pour comprendre un peu mieux (ou un peu moins mal) Celui à qui dans la foi il s’adresse en lui disant " tu ".