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Partage du pain de seigle ou de campagne
Pain dur et sec des jours de solitude
Pain d’épice des jours de fêtes
Pain rassis de nos non-dits et de nos silences
Pain insipide de nos échecs et de nos désespoirs
Pain brûlé de nos vies stressées
Pain cuit et recuit au feu de nos braises,
Aux flammes de nos enthousiasmes et de nos coups de cœur
Pain savoureux de nos créations collectives…
par Gisèle Vandercammen (Mouvement chrétien pour la paix, lequel fait partie de la fédération belge
Pavés : " Pour un autre visage d’Eglise et de société "), Publié dans le bulletin PAVÉS n° 13 (décembre 2007).
Rompre le pain est un rituel juif fait à domicile par chaque père de famille afin de " bénir "* Dieu. Jésus faisait ce geste avec ses disciples, jusqu’au dernier repas connu sous le nom
de Cène. Les familles chrétiennes ont repris cette tradition, souvent en marquant d’une croix la croûte du pain avec le couteau, lors du bénédicité. Selon la Didachée (60-90 après J.-C.), le pain
est " le fruit de la Terre et du Travail des hommes ".
* dire du bien, remercier Dieu pour ses bienfaits, lui rendre grâces, le
louer.
Aujourd’hui notre alimentation de nantis s’est considérablement diversifiée, mais le pain a nourri des générations entières et a évité la famine à bien des gens. Beaucoup de familles, en respect
pour cet aliment, s’abstiennent de jeter le pain à la poubelle et reconvertissent les vieilles miches par des recettes appropriées ; à défaut, nos amis les animaux s’en régalent.
les disciples d'Emmaüs, tableau de Jean-marie Pirot-Arcabas
Le dimanche de Pâques de l’an 30, Céphas (un autre que le Pierre que nous connaissons) et un autre disciple se rendent à Emmaüs, village proche de Jérusalem. Le matin, le tombeau où avait été
déposé Jésus à la veille du sabbat, a été retrouvé vide et ils sont en pleine expectative. Un voyageur inconnu fait route avec eux et leur explique les Ecritures, puis, le soir venu, à l’auberge,
rompe le pain. Les deux disciples ressentent alors fortement la présence de Jésus ... une présence au niveau de la mémoire d’un être cher qu’on vient de perdre et qui nous a marqué pour la
vie
" Et c’est, quand il s’installe à table avec eux, il prend le pain, bénit, partage et leur donne.
Leurs yeux s’ouvrent. Ils le reconnaissent. Puis il devient invisible et leur échappe. Ils se disent entre eux : " Notre cœur ne brûlait-il pas en nous-mêmes, quand il nous parlait sur
la route et ouvrait pour nous les Ecrits " (selon Luc, 30-32) .
Un partage du pain a été fait par Diane Rollert, pasteur de l’Eglise unitarienne de Montréal, lors du culte en français le 25 mai 2008. D. Rollert est unitarienne-universaliste, de
culture juive. Ce partage du pain s’est fait en toute simplicité, chacun donnant à ce rituel le sens qui lui sied, selon ses propres convictions.