Notre Eglise organise un culte mensuel le premier dimanche de chaque mois. La préparation de ce culte se fait une semaine auparavant et vous pouvez envoyer dès maintenant votre participation à l’éditeur de ce site ( lien) - ou bien encore après avoir fait le culte chez vous ou au sein d’une communauté. Nous vous proposons de suivre l’ordre suivant :


1 – allumons notre calice (lien), ou une simple bougie, et que sa lumière brille

2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre


richard brodesky portraitRichard Brodeskyunitarien-universaliste de l’Eglise de Tucson, en Arizona (lien), message du 13 janvier – Je vous transfère une vidéo que je viens de recevoir d’une de mes belles sœurs comme vœux de Nouvel an. Cette vidéo, de la soprano norvégienne Sissel Kyrkjebø (née en 1969 à Bergen), plus simplement connue par son prénom, Sissel, chante "Amazing" ; elle dit tout ce qu’il y a à dire : réjouissez-vous tous car le chant est étonnant. [ndlr - Amazing avait été déjà chanté sous deux autres versions lors d'un de nos cultes précédents, celui du dimanche 4 septembre 2011, lien]

 

 

3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.


4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins


Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbierchrétien unitarien, Bordeaux - Pensons très fort à Yves qui va subir une opération pour un kyste très douloureux et placé dans un endroit délicat. Voici ce qu’il m’a écrit le 22 janvier : « je suis handicapé par un kyste grossissant situé sur un carrefour de nerfs sortant des vertèbres et sur un lieu d'insertion musculaire. Résultat: très grande difficulté de marche et douleurs très violentes. Je passerai une IRM jeudi et on verra. Assez fatigué par les traitements et la souffrance, je n'ai pas répondu à tes divers courriers … ».

Pensons aussi à Roberto Rosso, fondateur de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU) et président de la Communion italienne unitarienne (lien) et qui, lui aussi, va subir une opération très délicate qu'il m'a annoncée dans un message du 18 janvier : " Le 29,  je serais à l'hôpital pour une difficile opération à la thyroïde à cause d'un alarmant adénome [tumeur]. C'est possible que cela entraîne des complications à ma condition générale d'handicapé. J'espère que tous sera ok et de te revoir bientôt  ...".


5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle


6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « proches », « prochains » ou « lointains »

Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 04:44
- Par Eglise unitarienne francophone - Publié dans : notre culte mensuel - Communauté : Unitariens
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paru dans la Correspondance unitarienne du mois de février 2012, n° 112

 

L’Eglise unitarienne francophone EUfr, depuis juin 2009, propose un culte mensuel, chaque premier dimanche du mois, basé sur la célébration libre (pratiquée entre autres dans les communautés chrétiennes de base CCB de la mouvance catholique réformatrice et la tradition unitarienne-universaliste américaine de l’interfaith). Il s’agit d’un culte « on line », ouvert à tous. Sur le site de l’Eglise, à la rubrique « nos cultes mensuels » (lien), une mise en place a lieu – une semaine à l’avance – proposant l’ordre du culte suivant :


1 – allumons notre calice (ou une simple bougie) et que sa lumière brille ;


2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ;
dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre ;


3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs,
ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience,

que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire ;


4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins ;


5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle ;


6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité ;


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « proches », « prochains » ou « lointains ». 

 

Chacun est invité à faire culte chez lui avec sa famille, ses voisins ou ses amis, ou bien encore au sein d’une communauté locale de son choix, et à envoyer sa participation au webmestre (contact), soit avant comme contribution, pendant (le dimanche matin correspondant) ou après pour faire part aux autres de son vécu cultuel.

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 12:38
- Par Correspondance unitarienne - Publié dans : notre culte mensuel - Communauté : Religions en toute liberté
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« Au hasard des échanges sur Facebook, la déclaration d'un écologiste qui présente sa religion comme "Terre-Mère". J'ai trouvé cela très beau », transmis par Jean-Claude Barbier, le 17 septembre 2010, au sein du groupe « Croissance spirituelle » (lien). Paru dans la Correspondance unitarienne du mois de février 2012, n° 112.


crosseJe n'adhère a aucune religion en particulier, et si j'ai écrit Terre-Mère, c'est en toute simplicité mais non sans sincérité : je prône et agis avec le plus grand respect pour les éléments de la nature. Ayant grandi en pleine ville et y ayant vécu pratiquement toute ma vie (comme tout le monde), j'ai décidé d'écouter plutôt ma conscience et changer de cap !


Je ne connais pas grand chose concrètement à l'écologie mais j'y vais de tout ce que je peux faire dans mon quotidien. J'étudie de façon autonome sur le sujet et je m'intéresse aussi beaucoup au développement personnel et à la spiritualité. Seulement pour moi, contrairement, à ce que j'ai pu rencontrer dans mon entourage, la spiritualité se doit de se ramener vers du concret. Ce que je veux dire est que j'inclus dans ma démarche tous les éléments de notre existence, comme les instincts, l'Ego, etc. Je pense que chaque partie de nous peut nous servir à grandir SI en harmonie avec un tout et SI vécu avec conscience. Nous ne pouvons pas, à mon avis, faire une démarche personnelle remplie de bonnes réflexions et de bonnes intentions sans considérer notre environnement...


Et puis que dire autre de plus vrai que simplement ce sujet et sa réalité m'interpellent. La faune et la flore m'ont toujours très attiré même lorsque j'étais tout petit et que je vivais dans le béton.


Alors, je ne suis pas un Amérindien avec toutes leurs belles connaissances sur les thèmes d'animaux, etc., (peut-être dans une autre vie) mais je vis en fonction du respect de Terre-Mère et je m'engage de plus en plus de façon réelle et concrète dans ma vie de tous les jours... tout simplement.


P.S. : je ne sais pas quelle est ma mascotte mais j'ai rencontré plusieurs fois, en méditation profonde, le loup et la libellule.

 

Jean-Claude Barbier : « Ce que vous dites concernant les diverses formes de spiritualité est tout à fait pertinent. Les spiritualités de type gnostique : gnose chrétienne comme celle de l'Evangile de Thomas (déjà un peu avec l'Evangile de Jean), les Roses-Croix, les dualismes des bogomiles puis des cathares, etc., sont des appels à l'élévation de l'âme par un processus de séparation d'avec les pesanteurs corporelles et matérielles. Tandis que les spiritualités de type "païennes", procédant par osmose voire fusion avec la Nature, prennent l'être entier et le laissent sur terre.

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 10:52
- Par présenté par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la sagesse des Anciens - Communauté : Religions en toute liberté
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 note de Jean-Claude Barbier, le 17 août 2010, parue dans les "Libres propos" de la Correspondance unitarienne, n° 112, février 2012

 

Le culte commence avec un rituel : des paroles et des gestes codifiées, une mise en scène cérémonielle, une mise en relation avec un dieu sous la guidance d’un clergé. On se met en règle avec le Ciel ; on se situe dans la bonne moralité. L’enseignement : homélie, prédications, sermons, méditations, vont dans le même sens et rappellent les devoirs et ce qu’il faut faire.

 

animaux--benediction.jpg Les bénédictions prennent en charge les sentiments des fidèles : les enfants, mais aussi des animaux domestiques chéris, des biens qui marquent la promotion sociale comme les voitures et les maisons, ou encore les bâteaux qui affrontent les périls de la mer.


Pour certains, le culte se personnalise avec la piété, la dévotion. Le fidèle recherche alors le contact direct, la relation privilégiée avec son dieu ou un intermédiaire. Il lui fait part de sa vie, de ses difficultés, de ses souffrances.


Lorsque l’assemblée réunit des gens de même croyance, qui ont souscrit à un même credo, qui est héritière d’une même tradition, il en résulte une force communautaire s’exprimant lors de slogans répétés à l’unisson, de prières et des cantiques communautaires dites d’un même cœur, d’un même élan, soutenus par un harmonium ou des orgues tonitruantes afin de les amplifier jusqu’au ciel. La prédication rappelle sans cesse les vérités admises au sein de l’assemblée confessante. Il peut même y avoir des repliements communautaires si l’assemblée se sent en hostilité avec d’autres religions.


Et puis il y a les Eglises « famille » où se réunissent – chacune à part - les minorités religieuses, les ethnies de l’immigration, les quartiers pauvres, les nouveaux quartiers, etc. L’accent est alors mis sur la rencontre entre semblables, entre personnes qui sont à la recherche d’une solidarité locale, qui se rallient à un signe visible, à un trait commun. Les croyances sont alors secondaires. Le succès des ecclésioles de la mouvance pentecôtiste néo-évangélique charismatique est lié en grande partie à ce besoin de sociabilité.


La tradition unitarienne, en préconisant la liberté de pensée, va miser sur des cultes chrétiens minimalistes, sans bavardage théologique et avec seulement les sacrements basiques (baptême, confirmation, communion). Puis avec le christianisme d’ouverture et plus encore avec la tradition américaine de l’unitarisme-universalisme, les assemblées vont procéder à des échanges spontanés et divers (de foi, de méditation, d’événement de vie, etc.) entre participants. L’interfaith qui y est pratiqué repose sur la tolérance, l’acceptation de la diversité religieuse et spirituelle, la reconnaissance de la foi vécue des autres, l’écoute mutuelle. C’est finalement dans ces échanges de type démocratique que la communauté se constitue, se solidifie, perdure.


Bien entendu, les cas concrets que nous pouvons observer n’entrent pas dans une seule des catégories que nous venons d’énoncer, mais sont à cheval sur plusieurs modèles de notre typologie, mais celle-ci est utile pour discerner les accents majeurs, les ressorts intimes d’une assemblée, le ciment d’une communauté.

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 10:18
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : notre culte mensuel - Communauté : Religions en toute liberté
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en italien :

Possa questo calice rappresentare noi davanti a te, o Vita infinita.
Possa il gambo essere la fermezza della nostra fede, la coppa essere la nostra anima che ti accoglie,

e la candela che brucia l'impegno delle nostre vite.
Possa la fiamma che stiamo accendendo essere la scintilla del Divino nel nostro spirito, l'unità dei nostri cuori con il suo calore, la nostra ricerca di una vera fratellanza di tutti gli esseri umani con il suo ascendere, la testimonianza della nostra ostinata speranza con il suo splendore.

Fai che il gambo non vacilli nelle difficoltà. che la coppa non si riempia di illusioni, che la candela non si esaurisca in tentazioni,

fai che la fiamma non si estingua nella rinuncia ma che sia sempre il faro della nostra ricerca spirituale.

Amen.

Alessandro Falasca and Lawrence Sudbury, Comunione Unitariana Italiana ( lien)

en anglais :

May this chalice we light represent us in front of you, oh Infinite Life.
May its stem be the steadiness of our faith, its cup our soul receiving you and its candle which burns the engagement of our life.
May the flame we are lighting be the spark of Divinity inside our spirit, the unity of our hearts its warmth, our search for a true brotherhood of all human beings its ascension, the testimony of our obstinate hope its brightness.
Let the the stem not wobble in difficulties, the cup not get filled with illusions, the candle not be exhausted by temptations.
Let the flame never extinguish in renunciation but may it always be our lighthouse in our spiritual quest.
Amen

calice_expressionniste.jpg en français :

Que ce calice que nous allumons puisse nous représenter en face de Toi, Ô Vie infinie.
Que son pied soit comparable à la fermeté de notre foi, sa coupe comme notre âme t’accueillant et sa bougie qui brûle, à l’image de l’engagement de nos vies.
Que la flamme que nous allumons soit l'étincelle du divin en notre esprit, de l'unité de nos cœurs, la chaleur, de notre recherche d'une vraie fraternité de tous les êtres humains, l’ascension, et le témoignage de notre espérance obstinée, sa luminosité.
Que le pied de ce chalice ne glisse pas dans les difficultés, que sa coupe ne soit pas remplie d'illusions, et que sa bougie ne s’épuise dans les tentations.

Ne laissez jamais cette flamme s’éteindre dans le renoncement, mais qu’elle soit un phare dans notre quête spirituelle.
amen.

traduction Jean-Claude Barbier

Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 19:20
- Par Alessandro Falasca et Lawrence Sudbury - Publié dans : la prière du mois - Communauté : Unitariens
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1 – allumons notre calice (lien) et que sa lumière brille ;

 

allumons sa flamme en lisant la prière mondiale des unitariens qui, pour ce mois, nous vient de nos amis d’Australie et de Nouvelle Zélande (lien)


2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre


marie claire lefeuvre portraitMarie-Claire LefeuvreRambouillet, protestante libérale et unitarienne, le dimanche 18 décembre 2011 - La prière de ce jour de l’Avent : Nuages, tourmente des jours, / Lumière, beauté des nuits. / Quand j’ouvre les volets, / Dans le silence, ce petit matin, / Je regarde la pleine lune, / Entourée d’un halo de nuages / Et je suis émerveillée / De la mystérieuse profondeur, / De la beauté de Ta Création, / Seigneur. /  Non, ce n’est pas par hasard ...
 

 à son poème, Marie-Claire a joint cette illustration d'Albrecht Dürer : La Vierge à l’Enfant endormi, entre saint Antoine ermite et saint Sébastien (triptyque de Dresde), panneau central et détail, vers 1496 (Dresde, Gemäldegalerie). Le triptyque fut commandé par Frédéric le Sage pour la chapelle du château de Wittenberg ( lien).


durer_vierge_enfant.png

 

giacomo tessaro portrait 2011Giacomo Tessaro - chrétien unitarien italien, Piémont -Aujourd'hui nous, unitariens italiens, fêtons, dans le cadre d'un culte à distance au moyen de Skype, trois anniversaires : la visite des Mages (6 janvier), l'édit de tolérance religieuse promulgé par le roi de Hongrie Jean Sigismond (qui règnait alors sur la Transylvanie) à la diète de Torda en 1568 (7 janvier) et la purification de Marie (8 janvier). Je voudrais remercier l'Eternel pour cette possibilité de faire partie d'une communauté de foi, comme le fait de partager ma foi avec vous aussi.

Je vous propose une prière pour la liberté religieuse que j'ai écrite il y a un an pour la commémoration de la journée de Torda : "Seigneur, nous avons voulu nous rappeler une étape de notre histoire humaine : une des premières reconnaissances de la liberté religieuse, la liberté de Te chercher selon notre conscience et dans le respect de notre prochain. Aujourd'hui encore beaucoup d'hommes veulent éteindre la flamme de la liberté et de l'honnête recherche religieuse; aide nous à tenir en vie la flamme de notre Calice, symbole de la flamme que Tu pose dans le coeur et l'esprit de chaque femme et homme depuis le moment de leur naissance. Que notre flamme symbolise l'universelle recherche de Tes voies, en n'importe quel lieu du monde et dans n'importe quel cercle religieux elle se développe."

 

3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.

 

4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins.


Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier, chrétien unitarien, BordeauxEdith, catholique belge, est militante dans les milieux réformateurs. Déjà très marquée par la mort de ses parents juifs dans les camps de concentration nazis, endeuillée par le décès de son mari avec qui elle partageait son engagement militant, voilà qu'elle vient d’apprendre qu’elle souffre d’un début d’Alzheimer. « Je suis bien décidée à faire face, à ne pas me laisser couler... pourvu que j'en trouve la force ! » me dit-elle ; elle m’a demandé aussi si c’était l’usage chez les chrétiens unitariens de prier pour les uns et les autres (son message du 20 décembre 2011). Je lui ai alors promis que nous penserons à elle lors de notre prochain culte : « Si tu le permets, je ferais part (mais simplement avec ton prénom) de ta souffrance lors de notre prochain culte qui aura lieu le dimanche 8 janvier prochain. Nous laissons à chacun l'option de croire à l'efficacité de la prière conformément à notre adhésion à la liberté de pensée, mais nous pratiquons l'accompagnement qui est fait de sympathie et de chaleur humaine, que ce soit lors des moments de joie (sous la forme d'actions de grâce adressées à Dieu) ou lors de nos maladies ou deuil. C'est prévu dans le déroulement de nos cultes. Nos communautés religieuses (unitariennes ou autres) sont là pour çà : accompagner les autres dans leurs joies et dans leurs souffrances ». Pensons à elle en sachant que c’est pour elle d’un grand réconfort : «  Cher Jean-Claude, Ta réponse m'a vraiment réconfortée! De savoir que ta communauté et toi-même allez me soutenir par votre prière m'émeut et me réconforte vraiment...merci, merci, merci ! ».

 

Suite à notre culte, Edith nous a fait parvenir le message suivant (23 janvier) : " Cher Jean-Claude, Je suis très touchée, vraiment...je ne m'attendais pas à ce que tu donnes un tel écho à ma demande ! Que Dieu te bénisse ainsi que ta communauté, qu'Il répande sa grâce sur nous tous et qu'elle abonde sur ceux et celles qui ne le connaissent pas encore!
Mon médecin vient de passer ce soir chez moi pour renouveler son ordonnance et il s'est montré beaucoup plus compréhensif et chaleureux qu'à nos rencontres précédentes... Je veux croire que c'est grâce à vos prières, car je le trouvais terriblement administratif lors de nos contacts précédents!
Je n'arrive guère à prier, tellement je suis terrifiée par ce qui m'arrive mais il me semble que je vais pouvoir entrer peu à peu dans un chemin d'acceptation et d'abandon...merci à vous tous et toutes, je sais maintenant que je ne suis pas seule sur mon chemin de croix ! "

 
5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle

 

Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier - Ce matin, chez moi de 9 à 11 heures, j'étais réuni avec des amis catholiques (Virginie mon épouse, Yves, Régine, Bernard) et baha'is (Farihe et Patricia). Chacun a apporté une fleur, ou une branche d'arbuste déjà en fleur, ou une plante en pot, afin de faire la cérémonie des fleurs. Nous avons commencé par louer Dieu en lisant le poème de Marie-Claire, une prière de Baha'ullah, le prophète fondateur des Baha'is, et celle d'une universitaire française baha'ie. Nous avons pensé à Edith et à des personnes de notre quartier qui sont également en souffrance. Enfin, nous nous sommes donnés des gestes de fraternité : le baiser de la paix et le partage du pain et de vin au nom de Jésus.

 

hibou brunYves Hibou - catholique, Paris, de passage à Bordeaux, message du 22 janvier à Jean-Claude Barbier - Je tiens à te remercier de notre célébration du partage du pain et du vin : pour moi elle fut signe d'un engagement commun dans la vie à laquelle à laquelle le christ nous appelle à vivre dans notre monde. Elle fut aussi le signe d'une convivialité fraternelle, dans le respect des convictions et de la foi de chacun montrant notre accord dans le soutien de nos engagements respectifs reconnus dans leur diversité.  C'est tout petit comme rassemblement, mais je le trouve très grand car j'y vois la vie de la grâce de Dieu parmi nous. Merci donc pour ce que tu nous donnes de vivre ce que nous sommes. Fraternellement.

 

6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « proches », « prochains » ou « lointains »

Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 18:37
- Par Eglise unitarienne francophone - Publié dans : la prière du mois - Communauté : Religions en toute liberté
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anzuualogonew A golden thread binds us to all that has been

and will ever be.

Here the tender soul yearns.

Here the greatest dreams are sighted.

Here the sacred flame burns.

par Mark Allstrom, proposé par

Australian and New Zealand Unitarian Universalist Association (lien)

 

Un fil d'or nous relie à tout ce qui a été et sera toujours. Ici l'âme sensible aspire. Ici, les plus grands rêves sont visibles. Ici, la flamme sacrée brûle.

 

 


Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 20:59
- Par Mark Allstrom - Publié dans : la prière du mois - Communauté : Unitariens
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La Perse est une petite province dans le sud de l’Iran, vaste plaine entourée de montagnes, à près de 2000m d’altitude En 555 av. J.-C., Cyrus, roi des Perses, se révolte contre son suzerain Astyage, roi des Mèdes et en 549 écrase les Mèdes à la bataille de Pasargades (sa ville natale). Il devient alors roi des Mèdes et des Perses, puis il conquiert Babylone en 539, rendant aux cités les idoles emmenées à Babylone, puis proclame en 538  un édit qui permet aux anciens captifs de regagner leurs pays d’origine – pour les Juifs, ce sera le retour d’exil. Il règne près d’une trentaine d’années et rassemble autour de la Perse un empire considérable, qui s'étend de l’Egypte à la Mer Caspienne et de la Mer Egée à l’Asie centrale.

 

empire perse

 

Il inaugure une politique de conquêtes entièrement nouvelle : au lieu de brûler la ville conquise et d’en massacrer, d’en vendre en esclavage ou d’en exiler ses habitants, il laisse ceux-ci dans leurs maisons et les soumet à un impôt raisonnable. C’est le système du Tribut, qui est versé solennellement chaque année lors des fêtes de Now Rûz (ou Norouz, le Nouvel An solaire qui est fêté le 21 mars, au début du printemps), et qui est illustré longuement sur les bas-reliefs de Persépolis, lequel palais est construit par l’un de ses successeur, Darius I qui régna 529-522 (le palais de Cyrus avait été édifié à Pasargades et son tombeau s’y trouve). L’empire est aussi nommé Achéménide, car Cyrus était descendant d’un souverain local nommé Achéménès.

 

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Persépolis

 

Shab-e-Yalda est une fête iranienne païenne qui marque à la fois la plus longue nuit de l'année et le début de l'hiver. Le Yalda est l’un des 4 jalons du calendrier solaire iranien. Il s’agit en fait de la célébration du solstice d’hiver, le 21 décembre. Yalda est une expression syriaque signifiant "naissance". Elle célèbre précisément la naissance de Mithra, le dieu du soleil. Les journées s'allongent de plus en plus et la clarté du jour l'emporte sur l'obscurité de la nuit **. Signe de cette lumière, on décore un sapin de la région – ces sapins sont dits « aryens » * –en y mettant à son faîte une étoile. Puis on savoure le "shab-tchéré" ainsi que des fruits dont le centre est rouge notamment grenades et pastèques, car le rouge représente le feu, symbole du soleil. Un tel sapin fut gravé sur les murailles de Persépolis construit il y a plus de 25 siècles et dont les archéologues ont dégagé les ruines. Cette couleur rouge s’allie au vert du sapin pour donner le drapeau iranien, rouge, blanc, vert.


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De nos jours, la fête est source de fierté nationale pour tous les Iraniens … et aussi de résistance au clergé chiite pour qui c’est une fête « païenne », non musulmane !


* Vers 1400 av. J.-C., un groupe d’Aryens (de langue « Indo-européenne ») parmi lesquels figure la branche médo-perse aurait pénétré au nord-est de l’Iran et pour se diriger progressivement vers l’ouest. Ces tribus vont passer du nomadisme au semi-nomadisme, et certaines vont se sédentariser. Parmi ces Aryens, les Mèdes sont les premiers qui s’affirment historiquement parlant au Moyen-Orient. La première mention historique à leur sujet se trouve gravée sur une tablette assyrienne datant de 843 av. J.-C. et évoquant un pays du nom de "Pârsua" situé dans la partie orientale du Kurdistan actuel. Ces Mèdes viennent de l’Ouzbékistan actuel. Après avoir séjourné près du lac Oroumîeh, les uns à l’est, qu’ils appelèrent Amadaï, et les autres à Pârsouma qui se trouvait à l’ouest, ils arrivèrent et s’installèrent dans la région à l’époque peu peuplée de ce qui deviendra Ecbatane ("carrefour des chemins" qui est l’actuelle Hamedân). Ils y cultivèrent la terre tout en restant éleveurs.


* L’Eglise chrétienne choisira le solstice d’hiver comme date de naissance de Jésus pour la même raison, car Jésus – comme Sauveur -  apporte la Lumière en ce monde. La date chrétienne est décalée de quelques jours, portée au 25 décembre, afin de correspondre au 4 semaines de l’Avent, et peut-être aussi afin de ne pas être confondue avec le calendrier des fêtes mithradiques. En contrepoint, le solstice d’été est la fête de la Saint-Jean avec Jean-Baptiste précurseur de Jésus et (dans la version chrétienne) l’annonçant comme Messie. Il y avait, à cette époque, concurrence religieuse autour des solstices car le dieu Dionysos (originaire d’Asie mineure) et ses adeptes occupaient le solstice d’hiver, alors qu’Apollos, le dieu du soleil, régnait au zénith lors du solstice d’été …


Le sapin, conservant sa ramure verte même en hiver, symbolise la vie pérenne. Il n’est donc pas surprenant qu’on le retrouve en divers contrées, notamment dans les pays germaniques d’Europe du Nord. Les cultes « païens » le célébraient lors du solstice d’hiver. Ce brave sapin a accueilli l’introduction de la fête de Saint-Nicolas … puis celle du bonhomme Noël ! Depuis, les familles chrétiennes du monde entier, sauf les puristes qui – comme les chiites d’Iran – nous rappellent qu’il s’agit d’une fête païenne comme si on ne le savait pas depuis qu’ils le répètent ! -   l’ont adopté et (parfois / souvent) y placent la crèche à son ombre pour la plus grande joie de leurs enfants … lesquels attendent (sagement) qu’on y dépose aussi à ses pieds les cadeaux attendus !


Nous remercions Farihe Parsi, baha’i française de Bordeaux de famille persane, d’avoir attiré notre attention sur l’existence de ce sapin « aryen » car il précède de beaucoup le sapin des chrétiens !

Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 06:25
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : nos fêtes, cérémonies et rituels - Communauté : Religions en toute liberté
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 De l’évêque Nicolas au Père Noël, en passant par le Petit Jésus,  

par Jean-Claude Barbier
 

 

Source principale : « Petite géographie du Père Noël » par Marc Lohez (agrégé d’histoire), Levallois-Perret, 16 décembre 2002, sur le site « Cafés géographiques » ( lien)

 

Lire aussi le livre de Martyne Perrot « Sous les images, Noël », Paris, Le Seuil, 2002, 189 pages, 45€., compte-rendu par Marc Lohez (lien).
Nous avons également utilisé des articles de Wikipedia (à « Evangile Pseudo-Matthieu », « crèche », « saint François d’Assise », etc.)


Pour une compréhension chrétienne de la fête à partir des Ecritures, voir notre dossier sur "Les Nativités" dans les Etudes unitariennes (lien)

 

Saint Nicolas


Au VIème siècle, l’évêque Nicolas (270-342) fut à la tête de la communauté chrétienne de Myre en Lycie (actuelle Smyrne, côte sud de l’actuelle Turquie). Il laisse le souvenir d’avoir distribué aux pauvres les biens qu’il hérita de sa riche famille, et ... d’avoir ressuscité trois enfants qui avaient été taillés en morceaux et mis au saloir par un méchant boucher ! Lorsque les Turcs envahirent l’Asie mineure au XIème siècle, son corps fut transféré à Bari, en Italie, et un doigt volé serait parti en Lorraine ! Son culte - il est fêté le 6 décembre - se répandit en Allemagne et en Lorraine.


Lu sur le site de la municipalité de Saint-Nicolas-le-Port : « Vers 1090, un Lorrain, Charles Aubert dit de Varangéville, rapporte de Bari une relique de Saint Nicolas, sa « dextre bénissante » qui justifie en 1101 la construction d'une première église. Après la victoire de 1477, l'accueil des pèlerins toujours plus nombreux, suscite alors la création d'une « grande église », laquelle est aussi le témoignage de reconnaissance du duc René II. C'est ainsi qu'en 1481, commence la construction de la Basilique, qui sera consacrée en 1560. Dés lors, ducs et personnages célèbres de Lorraine, princes et rois de France se succèdent pour demander la protection de Saint Nicolas. Son plan de type basilical, en forme de croix latine, ainsi que sa façade occidentale, lui confère une harmonie et en font un des édifices gothiques flamboyants le plus majestueux de Lorraine et sans doute le plus homogène d'Europe. Le trésor est composé de plusieurs pièces inestimables, dont le Bras reliquaire de Saint Nicolas en vermeil, or et argent ».


Son culte va se trouver associé aux fêtes païennes qui tournent autour du solstice d’hiver dans l’Europe du Nord, lesquelles mettent en avant les gnomes qui taquinent ou jouent des tours plus ou moins de mauvais goût aux humains (le Joulupukki finlandais est plutôt à l’origine un tourmenteur venu errer près des maisons au solstice et dont on ne se débarrassait qu’avec des cadeaux ; le Julenisse danois est plutôt un gnome plus bonasse que l’on amadoue avec une assiette de porridge ; etc.) ou bien encore les mal-morts qui jouent les fantômes hantant les maisons où ils ont vécus afin d’attirer la compassion des vivants sur leur triste sort (ils sont morts mais n’ont pas rejoint le lieu de repos assigné aux défunts et errent en conséquence avec leur souffrance) – ce sera la fête de Samain des Irlandais, devenue Halloween aux Etats-Unis.


Ors, pour amadouer ces êtres surnaturels qui surgissent à l’improviste lors de nos voyages et nous angoissent jusque dans nos habitations, sans doute tout particulièrement lorsque la nuit se fait plus noire et plus sombre au solstice d’hiver, on distribuait des friandises aux enfants déguisés ou masqués en ces êtres et, pour se rassurer une bonne fois pour toute, on illuminaient les maisons pour compenser la rareté de la lumière du jour. Mais on faisait peur aussi aux mêmes enfants en leur disant que s’ils n’étaient pas sages, ils seraient punis par des êtres maléfiques comme le Croquemitaine, Père Fouettard, Loup garou, etc.


Pour l’historien Marc Lohez (dont nous utilisons son article comme principale source, voir ci-dessus)
«  … Les fêtes chrétiennes de fin d’année en migrant vers le nord prennent place dans un période bien plus effrayante que le solstice méditerranéen encore assez lumineux. Là, les jours sont encore plus court et la nuit bien plus présente. Ce sont des temps propices pour que des cohortes d’esprits plus ou moins nombreuses, malfaisantes et morbides , sorties du folklore païen, mais bien tenaces dans l’Europe christianisée viennent tourmenter les pauvres mortels. Les parades sont connues : flambées et illuminations pour chasser les esprits, cadeaux pour les amadouer eux ou les petits gnomes protecteurs chargés de protéger les maisons et les fermes contre les importuns du solstice. Autant de personnages que le folklore des fêtes va absorber, transformer et associer au personnage principal. En migrant vers le nord, les fêtes d’hiver ont vu se renforcer le contraste entre la peur et l’espoir de renouveau et, donc, l’ambiance particulière de Noël. »


Ayant déjà fait un geste en ressuscitant trois enfants, saint Nicolas va continuer à les aimer en leur distribuant des cadeaux ! Brave saint Nicolas, les bras chargés de cadeaux !

 

Jan_Steen_fete_de_la_saint_nicolas_1.jpg jan_steen_fete_de_saint_nicolas.jpg

 Peinture de Jan Steen : Das St.Nikolausfest (la fête de saint Nicolas), vers 1665-1668.

à suivre ...

Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 05:43
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : nos fêtes, cérémonies et rituels - Communauté : Religions en toute liberté
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Mais c’est la tradition chrétienne qui, par le théâtre, va introduire le sapin. La première mention, actuellement connue, d’un sapin de Noël est celle de 1521 en Alsace, où l’on joue "l’arbre d’Eden" Gn 3, 1-13 dans les mystères devant les églises. Mais déjà avant Noël, le rite du solstice d’hiver se marquait par la décoration d’un arbre avec des fleurs, des fruits, notamment des pommes, rappelant les fruits du paradis – ce qui est condamné par l’Eglise comme pratique païenne. L’adjonction d’une étoile au sapin (comme pour le sapin « aryen » du culte de Mithra !) rappellera celle qui guida les mages Mt 2, 1-12. Au XVIIe siècle, les sapins s’illuminent grâce à des coquilles de noix qu’on remplit d’huile où brûlent des mèches.


Marc Lohez évoque ensuite les Réformes protestantes : « Après quatre siècles en Europe, saint Nicolas triomphe et distribue déjà des cadeaux aux enfants le 6 décembre. Mais au cœur même de son domaine, les contrées germaniques, se prépare un coup de tonnerre qui va changer sa destinée : la Réforme. Celle-ci ne voit évidemment pas d’un bon œil le culte populaire rendu à cet évêque et saint catholique : haro sur Saint Nicolas et son baudet (il le chevauche déjà) ! Comme d’habitude, les croyances et coutumes populaires sont au moins aussi tenaces que les fougueux prédicateurs. Saint Nicolas va réagir de trois façons différentes selon un découpage nord/ouest/est : il résiste en l’état dans l’est de la France, est remplacé en partie par l’Enfant Jésus (Christkindel) en Allemagne et devient la figure populaire de Sinterklaas, contraction batave de Saint Nicolas aux Pays-Bas ».

 

436px-Marie_Leszczy-ska-_reine_de_France-_lisant_la_Bible_.jpg

Marie Catherine Sophie Félicité Leszczyńska

(Trzebnica, 23 juin 1703–Versailles, 24 juin 1768), était princesse de Pologne,

fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński et de Catherine Opalinska,

reine de France (1725–1768) après son mariage avec Louis XV,

peinte ici en train de lire la Bible, par Jean-Marc Nattier, 1748

 

A noter que la véritable diffusion du sapin se fera en France depuis l’Alsace grâce à Marie Leczynska qui l’introduit à Versailles en 1738 ; puis en Angleterre où la nouvelle reine Victoria, découvre l’arbre à Windsor, après son mariage avec Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (de culture germanique) en 1840. De Londres, le sapin sera ensuite popularisé aux Etats-Unis. L’époque victorienne le diffuse avec le repas familial autour de la dinde de Noël. Charles Dickens écrit son "Christmas Carol" (Conte de Noël) en 1843. Pour la France, après la défaite de 1875, l’arbre de Noël est symbole de résistance à l’Allemagne et de soutien à ceux qui n’acceptent pas d’avoir perdu l’Alsace. On y ajoutera au XXème siècle, du gui en souvenir des druides gaulois.

à suivre

Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 20:57
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : nos fêtes, cérémonies et rituels - Communauté : Religions en toute liberté
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Autre conséquence de la Réforme : les protestants vont préférer le sapin de Noël à la crèche ! Iconoclastes, ceux-ci pensent que les représentations humaines peuvent conduire à une idolâtrie de Jésus ; seule la croix est représentée dans les temples (et là aussi sans le corps du supplicié, par opposition aux crucifix catholiques).


Or la crèche date du VIème siècle, lorsque l’anniversaire de la naissance de Jésus fut officiellement fixée au 25 décembre. Noël remplacera progressivement les Saturnales romaines  (17-24 décembre) et la fête de la naissance de Mithra célébrée le 25 décembre avec le sacrifice d’un boeuf. La première messe de Noël fut célébrée sous Constantin en 336 en l'église Sainte Marie de l'Incarnation de Jésus, aujourd'hui Sainte Marie Majeure à Rome. Elle se fait ad praesepe, c’est à dire autour d’une crèche car les reliques principales de cette basilique sont les langes de l'enfant Jésus et des planches de la crèche (sic !). Le mot mangeoire où fut mis le nouveau né Lc 2, 7 * se dit cripia en latin d’où vient le mot de crèche.
* « et elle enfanta son fils premier-né, et elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la chambre d’hôtes » (Lc 2, 7).


Y avait-il dès cette date la représentation de l’âne et du bœuf ? l’âne, ayant transporté Marie enceinte et le bœuf qui, selon la tradition, aurait réchauffé le nouveau né de son souffle. On sait que ces animaux apparaissent dans un apocryphe chrétien datant environ de 550 à 570 : Livre de la naissance de la bienheureuse Vierge Marie et de l’enfance du Sauveur, connu sous le nom de l'Évangile du Pseudo-Matthieu. Le même livre relate ensuite des miracles que Jésus opéra durant sa fuite en Egypte (d’où le nom de Pseudo-Matthieu car Matthieu seul relate ce séjour en Egypte Mt. 2, 13-15).


Mais ce n'est probablement qu'à partir du XIIe siècle que l'on célèbrera la fête de l'Épiphanie avec l'adoration de l'enfant Jésus par les trois Mages, Gaspar, Melchior et Balthazar. Les initiales de leurs noms sont celles de la formule chrétienne de bénédiction des habitations : "Christus Mansionem Benedicat", que le Christ bénisse la maison. En Espagne, les cadeaux aux enfants sont encore donnés le jour de l’Epiphanie, le premier dimanche du mois de janvier.


C'est François d'Assise qui a créé en 1223 l’une des premières crèches vivantes en utilisant des personnages réels, à Greccio, en Italie, dans une grotte de la région où les frères mineurs avaient établi un ermitage (toujours existant), avec la coopération du Seigneur du village. Les personnages (Joseph, la Vierge Marie, les mages, les bergers, les paysans) étaient joués par les gens du village. Les animaux (l’âne, le bœuf et les moutons) aussi étaient réels. Plus tard, on plaça parfois un véritable enfant dans la mangeoire. Petit à petit, la coutume s'est répandue, sous l'influence des prédicateurs franciscains, surtout en Provence et en Italie.

Greccio_2.jpg greccio

 

Les premières crèches ressemblant à celles que nous connaissons font leur apparition dans les églises au XVIe siècle. Ce sont les Jésuites qui les ont introduites pour la première fois en modèle réduit et qui les ont diffusées dans le monde entier. Interdites à la Révolution, les crèches jouées sont miniaturisées en plâtre ou en bois et deviennent domestiques. Seule la Provence, conserve, intacte la tradition, en y ajoutant au cours du 19e siècle, les santons (du latin santorum, petit saint) qui évoquent la simplicité franciscaine de la scène.


En tout cas, les enfants continuent à avoir leurs doses de friandises : après avoir reçu les cadeaux que les parents donnent aux gnomes ou aux mal-morts pour les amadouer (et les renvoyer loin des habitations), après avoir reçu les cadeaux apportés cette fois-ci  par saint Nicolas le 6 décembre, voilà maintenant les cadeaux donnés à l’occasion de la naissance de Jésus cette fois-ci à Noël. Finalement, ce n'est qu'après ces relais que la naissance du Petit Jésus fut le prétexte pour donner des cadeaux aux enfants !

 

En Espagne, ce sont les « rois » mages qui, à l’Epiphanie le premier dimanche du mois de janvier, leur apportent les cadeaux en souvenir de ceux que les mages venues d’Orient apportèrent à Jésus nouveau-né : "Ayant ouvert leurs cassettes, ils lui offrirent en offrande de l'or et de l'encens et de la myrrhe" Mt 2, 11. A noter que, de leurs côtés, les enfants juifs, lors de la fête de Hannouka, elle aussi courant de décembre, reçoivent également des friandises ! 

à suivre ...

Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 20:08
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : nos fêtes, cérémonies et rituels - Communauté : Religions en toute liberté
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Nouveau tournant historique : les Hollandais fondent, en 1626, sur la façade orientale du Nouveau-Monde, sur les bords de l’Hudson, New-Amsterdam (la Nouvelle Amsterdam – laquelle deviendra New-York après sa prise par les Anglais). Ils y introduisent la légende de Sinterklaas,  cette fois-ci venant chaque année d’Espagne (qui devait donc garder quelque lustre mythique de son riche passé du siècle précédent) avec Piet-le-Noir en bateau, apportant ses cadeaux qu’il distribue ensuite grâce à un cheval volant.

 

sapin_noel_geographie.jpgMarc Lohez nous explique ensuite la mutation de saint Nicolas en Père Noël : Pendant plus d’un siècle pourtant, il rentre en sommeil, efficacement concurrencé par le Thanksgivings des Puritains qui voyaient d’un mauvais œil ce mitré aux origines papistes. En revanche, la lutte contre la métropole britannique va lui redonner des couleurs et préparer sa mutation du début du XIXe siècle. Exhumé par l’auteur new-yorkais W. Irving, Sinterklaas va devenir St Nick dans le poème du pasteur Moore (1823), avec deux innovations majeures : il vient dans la nuit de Noël et non plus le 6 décembre, et son cheval est remplacé par un traîneau tiré par des rennes. Au passage, l’ex-saint catholique est devenu un ... elfe fumeur de pipes en terre.


Les illustrateurs new-yorkais vont se charger du reste : Thomas Nast représente le Père Noël, encore court sur patte et fumeur de pipe, comme un héros nordiste (il apparaît d’abord pour réconforter les soldats de Lincoln), puis, à partir de 1885 comme un habitant du pôle nord. Un demi-siècle plus tard, Haddon Sublom commence la série de publicités, pour une célèbre boisson gazeuse brunâtre, qui va fixer le costume rouge-et-blanc de « Santa Claus » (1931-1964) ; le reste appartient à l’histoire de la puissance médiatique des Etats-Unis. Mais un petit pays couvert de sapins va réussir à se tailler un espace dans cette épopée : la Finlande ; en 1927, une émission de radio finlandaise pour enfant, décréta que le Père Noël ne pouvait pas vivre au Pôle Nord, étant dans l’impossibilité d’y nourrir ses rennes. Sa résidence était donc en Laponie, au Korvatunturi, à la Montagne de l’oreille, 483 m. 

à suivre ...

Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 19:56
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : nos fêtes, cérémonies et rituels - Communauté : Religions en toute liberté
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La forêt de Puvenelle est proche de Jozainville dans le département de Meurthe et Moselle ; elle a été le lieu de violents combats durant la guerre de 14-18. Elle fait partie des sites touristiques et historiques de la vallée de l'Esch et a été depuis aménagée pour des randonnées pédestres.

 

puvenelle.jpg


" Je ne connais pas l'origine de ce nom de Puvenelle. Forêt domaniale, située au-dessus d'une colline qui monte raide, lieux de combats acharnés "en 14..." comme l'attestent les cimetières de ceux "tombés au Champ d'honneur" où mon père m'emmenait, et où j'ai commencé mon initiation sur la diversité religieuse avec les croix blanches, les pierres surmontées de l'étoile de David et les arcades orientales au croissant de lune, leur orientation vers l'est.

 

Mon père était l'homme de la forêt ; son appartenance à ce corps des Eaux et Forêts, auquel il était très attaché (l'Office national des forêts, ONF, ce fut le début d'autre chose, un peu comme la Révolution) a fait que je m'y sentais chez moi, et que j'y allais seule, par tous les temps. 


Le passage des sapins verts au rideau noir de petits conifères à feuilles caduques était un endroit -limite, peu fréquenté, c'est le moins qu'on puisse dire, pas de joggers, un peu effrayant ; je n'y ai jamais rencontré qu'un pauvre goupil, qui ne pouvait espérer aucune clémence, accusé qu'il était de porter la rage,  le début des "mesures de précaution" en ayant fait une cible (de substitution) de choix, en ce temps-là. " (Françoise Abraham, message du 13 décembre 2011 au groupe "Religions" du Réseau d'échange réciproque des savoirs RERS de Gradignan Malartic, Gironde).

 

NOËL en FORÊT

Là-bas dans la vallée
Les lumières se sont allumées
À travers les sapins verts

Derrière le rideau noir
Ils viennent
Ils viennent tous pour voir
Des foyers le seuil ouvert

Le grand vent s’est mis à souffler
Et c’est Noël ce soir

Il souffle, souffle. Nuages se déchirent
Les sapins se balancent
Et les fumées de la vallée
En font des encensoirs
Toute la forêt soupire…
Le soupir vient et s’amplifie
Il atteint maintenant la vallée
Les nuages se sont écartés
Et pourtant la lune s’est cachée
Elle qui d’habitude se rit
De ce qui arrive à la terre

Mais c’est Noël ce soir

Les sapins sont musique
Et dansent avec bonheur
Aux craquements rythmiques
Des branches des batteurs

Et toute la forêt scande
Ces chants en son honneur
Que son peuple l’entende
La venue du Seigneur

Les portes se sont refermées
Le vent s’est aussi apaisé
Quelque chose est changé

Les branches se serrent
Les feuilles sèches
En grand manteau d’hiver
Ont fait une crèche
Au Fils du Seigneur

C’est un bébé. Il n’a pas peur
Et la forêt comme une mère
A réchauffé le froid amer
Et berce Son sommeil en chœur

Derrière les portes refermées
Les gens n’ont pas compris
Ils sont toujours trop occupés
Par tous leurs vains soucis

Là-haut, là-haut dort l’Amour
Ouvre tes bras, ouvre ton cœur
Qu’il soit pur et sans détour
Car ce bébé c’est ton sauveur.

 

Françoise Abraham, 27/12/1969, forêt de Puvenelle

Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 08:05
- Par Françoise Abraham - Publié dans : nos fêtes, cérémonies et rituels - Communauté : Religions en toute liberté
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temple_de_nantes_vitraux_et_orgues.jpg Ces prières ont été dites le samedi 3 décembre 2011 par le pasteur de l’Eglise protestante réformée (ERF) de Nantes et Loire-Atlantique, Mme Caroline Schrumpf, pour la cérémonie d’adieu à Hubert Tournès, militant catholique décédé le 24 novembre 2011, et qui, depuis son déménagement de La Baule à Nantes en 2010, préférait fréquenter la communauté protestante. Elles encadrent un message du même pasteur qui a été publié sur le site des chrétiens unitariens sous le titre : « à Hubert Tournès : ces oliviers qu’il aimait tant » ( lien), suite à l’hommage qui lui a été rendu sur ce même site dès l’annonce de son décès ( lien). Au delà de la cérémonie d'adieu à notre ami, ces prières peuvent bien entendu aider d'autres familles en deuil et c'est dans cette intention que nous avons mis des étoiles à la place des noms. Photo : temple protestant de Nantes, vitraux et orgues.
 
paroles d’accueil –

 

Ensemble aujourd’hui, nous voulons évoquer son parcours de vie, et aussi écouter, dans la Bible, la parole que Dieu veut nous dire. La Bible nous transmet l’écho de toutes nos questions humaines, de toutes nos expériences profondes : la joie, la détresse, la générosité et l’épreuve, la fidélité et la trahison, l’amour, l’amitié. Elle nous dit comment Dieu veut allier sa parole à la nôtre, son amour au nôtre, ses questions aux nôtres, sa vie à la nôtre.
La vie des humains est comparée à un souffle, à la fois puissant et fragile. Il est écrit que la vie de l’homme est comme une fleur qui s’épanouit et se fane. Notre vie porte en elle sa grandeur, sa beauté et en même temps sa finitude. La vie de *** a été belle et fragile, complexe et simple, généreuse et meurtrie … comme toutes nos existences.
Aujourd’hui, je vous invite à vous tenir dans la confiance et dans la reconnaissance pour *** dont la route s’est enfouie désormais dans la tendresse de Dieu. La mort de nos proches nous met brutalement face à nos questions, à nos doutes, à nos angoisses. Dans ces moments là, il est bon de se retrouver et de se confier nous aussi, comme nous le pouvons, dans cette tendresse que Dieu nous offre. Aujourd’hui, il nous dit « Je me tiens à la porte et je frappe … ». Il ne fait rien de plus … Il nous appartient d’ouvrir la porte.


première prière  - elle introduit une présentation du parcours de vie du défunt et les témoignages des membres de sa famille et des amis


Seigneur Dieu, / Nous voulons te dire notre peine, / même si nous n’avons pas trop l’habitude de te parler. / Nous voulons te parler de nous et de *** et de ce qu’il est pour nous. / Nous cherchons le visage de celui que nous avons perdu. / Il était des nôtres, et nous avons perdu cette part de nous-même. / Il nous souriait et son sourire nous manque. / Il aimait la vie, et sa vision de la vie nous manque./
Seigneur Dieu, / Nous te disons notre peine d’avoir perdu ***, un mari, un père, un grand-père, un ami. Entends nos cœurs, reçois nos prières, nos silences, nos questions. / Nous les déposons, simplement au creux de tes mains. Amen.


Seconde prière –


Notre Dieu, nous te disons merci pour les vivants qui ont traversé la terre depuis l’aube des temps jusqu’à maintenant et qui lui ont donné sa marque humaine. Merci pour les vivants, qui ont traversé la terre et dont les paroles de pardon, les gestes d’amour, les actes de courage, les chansons d’espoir et de joie sont parvenus jusqu’à nous et nous ont permis de tenir debout dans l’existence. Merci pour les vivants qui ont traversé la terre, éclairés par ta Parole et qui nous ont révélé la lumière de ton visage. Merci pour les vivants qui ont traversé notre vie en déposant la tendresse dans le déroulement de nos jours. Sans eux, notre existence serait restée une longue marche solitaire et vide.
Merci pour leur amour, leur présence et leur regard ; ils nous ont fait naître à, la vie de chaque jour. Merci pour l’espérance que tu enracines en nous, grâce à Jésus, le Vivant, ton Fils, passeur de toutes nuits et de toutes les morts.
Dieu, Père de tendresse et ami des hommes, en ce jour, nous faisons mémoire de *** dans la confiance que son nom est inscrit dans la paume de ta main, et qu’il ne s’en effacera jamais. Il a trouvé sa paix dans ta paix, et sa plénitude dans sa bienveillance.
Nous te confions nos vies, nous te confions particulièrement *** et *** et leurs familles.

 

Envoi –


Au bout de la route, il n’y a pas la route, mais le terme du pèlerinage.
Au bout de l’ascension, il n’y a pas l’ascension, mais le sommet.
Au bout de la nuit, il n’y a pas la nuit, mais l’aurore.
Au bout de l’hiver, il n’y a pas l’hiver, mais le printemps,
Au bout de la mort, il n’y a pas la mort, mais la vie.
Au bout du désespoir, il n’y a pas le désespoir, mais l’espérance.
Au bout de l’humanité, il n’y a pas l’homme, mais Dieu.


Bénédiction –

 

Que Dieu vous bénisse et vous garde. Qu’il nous bénisse et nous garde tous, présents et absents, visibles et invisibles, pour le temps et pour l’éternité. Amen

Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 18:34
- Par Caroline Schrumpf - Publié dans : le travail de deuil - Communauté : Religions en toute liberté
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par Richard Brodesky, membre de l'Unitarian Universalist Church of Tucson (UUCT) en Arizona et membre du conseil de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr).

 

Voici les paroles d’un chant américain très apprécié qui fait partie maintenant de notre musique folklorique. Il est chanté notamment à Thanksgiving, notre fête nationale. Il fut composée en 1848 dans l’Etat du Maine, à l’extrême nord-est du pays (remarquez l’influence de la présence française dans le nom de cet Etat). Vous pouvez retrouver cette mélodie aujourd’hui dans le morceau très aimé de Copland qui s’appelle « Appalachian Spring » (Le printemps appalachien).

 

Cette chanson provient des shakers (ceux qui s’agitent), secte religieuse issue de la guerre des camisards dans les Cévennes, en France, sous le règne de Louis XIV. Ce roi veut convertir tous les protestants de son royaume à la foi catholique, envoie un régiment (les Dragons) dans les Cévennes où une résistance se fait jour, et révoque l’Edit de Nantes en 1685, par lequel Henri IV avait accordé la liberté de culte à la minorité protestante. Des prophètes protestants des Cévennes (dont le plus célèbre est Elie Marion) trouvent alors refuge en Angleterre où ils se rapprochent des quakers. Mais, plus extrêmes dans leur austérité que les Puritains eux-mêmes, et exprimant leurs prophéties d’une façon bruyantes (ils sont surnommés « shakers », c’est-à-dire « agités »), ils sont suspects aux yeux des pouvoirs publics et de nouveau persécutés.

 

En 1774, ils prennent, accompagnés d’un certain nombre d’Anglais, la route de la Nouvelle Angleterre qu’ils vont considérer, à l’égal d’autres exilés chrétiens, comme une Terre Promise. Sous la houlette de la «mère» Anne Lee, une première communauté fut fondée dans l’Etat de New-York (elle est actuellement occupée par des soufis de la mouvance du fils de Pir Vilayet, mon ancien  maître spirituel). Bien que le célibat soit obligatoire, la communauté réussit à s’accroître car elle faisait des adeptes ; au milieu du XIXe siècle elle comptait environ 25 villages et 4 000 membres !


Les shakers prient et travaillent ensemble, mais les sexes vivent séparément. Dans leurs bâtiments on voit même deux portes et deux escaliers. Ils ont été réputés pour leurs travaux : des graines végétales, le lait condensé qu’ils furent les premiers à produire, leurs peintures, etc. Même leurs meubles rustiques et sans décoration furent repérés par les designers pour leur minimalisme et se vendent aujourd’hui très chers. Ils pratiquaient la vie commune et interdisait à leurs membres toute propriété privée. Les derniers adeptes sont morts dans les années 1970. Selon l’encyclopédie Wikipedia (lien), il n’en reste plus que 3 aujourd’hui, dans leur village de Sabbathday Lake dans l’Etat du Maine où ils accueillent des visiteurs et sympathisants lors de leurs « meetings », chaque dimanche matin.
 
Pour en savoir plus, voir le livre du sociologue français Henri Desroche, Les Shakers américains. D'un néo-christianisme à un pré-socialisme, Éd. de Minuit, 1955, 332 p.


La vidéo jointe va vous montrer la plus célèbre de leurs chansons et je vous en propose une traduction français.  Il s’agit, comme les mots le disent, d’une danse en rond.  Ils dansaient ainsi pour témoigner leur foi et leur joie. Comme tous les New-Yorkais de ma génération, j’ai appris cette chanson a l’école primaire et je la chante toujours (surtout en participant à des séances de gym !).

 

Shakers_Dancing.jpg

"Simple gifts" par la chanteur américaine Jewel

1 - ‘Tis the gift to be simple, Its a gift to be free,
C'est le don d'être simple, c’est un don d'être libre,
'Tis the gift to come down where you ought to be,
C’est le don d'aller jusque là où vous devez être,
And when we find ourselves in the place just right,
Et quand nous nous trouvons nous mêmes à l’endroit parfait,
Will be in the valley of love and delight.
C’est comme dans une vallée d'amour et de délices.


2 - When true simplicity is gained,
Lorsque une vraie simplicité est acquise,
To bow and to bend, we will not be ashamed,
Pour saluer en révérence et s’incliner, nous ne serons point en honte
To turn, turn, will be our delight,
Car tourner, tourner sera notre délice
Till by turning, turning we come round right
Jusqu'à ce qu’en tournant, tournant, nous fassions ronde parfaite.

De nouveau 1, et 2

 

Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 15:32
- Par Richard Brodesky - Publié dans : la chorale - Communauté : Religions en toute liberté
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Notre Eglise organise un culte mensuel le premier dimanche de chaque mois. La préparation de ce culte commence une semaine auparavant et vous pouvez envoyer votre participation à l’éditeur de ce site (lien) - avant le jour du culte ou bien encore après avoir fait le culte chez vous ou au sein d’une communauté. Nous vous proposons de suivre l’ordre suivant :


1 – allumons notre calice (lien) et que sa lumière brille
La prière des unitariens pour ce mois de décembre nous est proposé oar le révérend Derrick Pariat de la communauté unitarienne du  pays kashi, en Inde du N-E (lien).


2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre


3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.


Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier, chrétien unitarien, Bordeaux - Jésus fut juif, Galiléen, et comme toute personne de sa foi et de son peuple, il montait à Jérusalem lors des fêtes. Didier Long est l’un des auteurs qui insiste sur cette judaïté de Jésus (voir la « bibliothèque » de notre Eglise, lien). Suivons Jésus à Jérusalem avec cet hymne à la ville antique que le soleil méditerranéen transforme en or ! Didier Long en a traduit les magnifiques paroles sur son blog (lien). Quelle émotion pour le chrétien d’être ainsi sur les pas de Jésus !


yerushalaim-shel-zahav.jpg Yeroushalaim Chel Zahav (Jerusalem of Gold) - vidéo sur Youtube : Schindler's List Soundtrack 12
1 - L’air des montagnes est pur comme vin / Et l’odeur des pins / Est portée par le vent du soir / Avec le son des cloches. 2 - Et quand sommeillent l’arbre et la pierre / Enfouie dans son rêve, / S’abîme la ville solitaire / Un mur dans le cœur. 3 - Jérusalem d’or, de bronze et de lumière, / Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis) 4 - Comme ils sont à sec les puits ! / La place du marché est vide. / Et nul oeil ne guette le mont du Temple / Dans la Vieille Ville. 5 - Et dans les grottes des rochers / Hurlent les vents / Et nul ne descend vers la Mer Morte / Par la route de Jéricho.  6 - Jérusalem d’or, de bronze et de lumière, / Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis) 7 - Mais venue aujourd’hui chanter pour toi / Et te tresser des louanges / Je ne suis pas à la hauteur du moindre de tes enfants / ni du dernier des poètes.  8 - Car ton nom brûle les lèvres / Comme le baiser d’un séraphin / Si je t’oublie Jérusalem… / Toi qui es toute d’or. 9 - Jérusalem d’or, de bronze et de lumière, / Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis) 10 - Nous sommes revenus aux puits des eaux, / au marché et sur la place. / Un shofar appelle sur le Mont du Temple / - dans la Vieille Ville. 11 - Et dans les grottes des rochers / Des milliers de soleil rayonnent / Nous reviendrons et descendrons vers la Mer Morte / Par la route de Jéricho. 12 - Jérusalem d’or, de bronze et de lumière, / Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

 

Giacomo Tessaro - chrétien unitarien (CICU)giacomo tessaro portrait 2011, Piémont, Italie - En ce moment d'Avent, recueillons-nous pour célébrer la naissance de cet enfant qui nous a beaucoup donné et continue à nous donner : ses enseignements, souvent étonnants, et son exemple, souvent ignoré, sont pour nous une vraie boussole ; fêtons le jour où tout cela a commencé. Fêtons aussi avec nos amis Juifs, la fête d'Hanukkah, qui, cette année, commence le 20 décembre.

4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins

 

Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier - Je suis en deuil d'un ami catholique de la mouvance des Parvis, Hubert Tournès. J'ai allumé mon calice pour lui et j'ai pensé à lui, à sa famille et à ses amis. Je lui ai rendu hommage sur le site de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (lien).

 

5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle

 

richard brodesky portraitRichard Brodesky, unitarien-universaliste, Tucson, Arizona - A l'occasion de la Thanksgiving, Richard a envoyé à tous ses amis francophones ce magnifique chant des shakers (qui sont descendants des prophètes cévenols de la guerre des Camisards au XVIIème siècle) et qu'il a appris à chanter lorsqu'il était jeune, à New-York (lien)


6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « proches », « prochains » ou « lointains »

Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 01:24
- Par Eglise unitarienne francophone - Publié dans : notre culte mensuel - Communauté : Unitariens
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kashi_country_stele_fondateur.JPG We kindle the chalice flame, symbol of our gathered community, across faiths, across cultures, beyond borders.
May it lead us from the shadows into the light, from ignorance to wisdom, from untruth to truth, from exclusiveness to inclusiveness from mortality to immortality.
May the flame be a symbol of warmth, kinship, wisdom, truth and liberty.

Derrick Pariat, Unitarian Union of North East India (lien)

 

Les communautés unitariennes du pays kashi (lien) ont célébré le 88ème anniversaire de la mort du fondateur de l'Eglise unitarienne de cette région, Babu Hajom Kissor Singh Lyngdoh Nongbri, décédé le 13 novembre 1923 à Puriang, un village à environ 19 Km de Jowai et à 40 Km de Shillong. Son corps fut incinéré. Photo de la stèle en sa mémoire à Madan Laban Shillong.

 

Nous allumons la flamme de notre calice, symbole de notre rassemblement communautaire, à travers toutes les religions, à travers toutes les cultures, au-delà des frontières.
Qu'elle nous conduise de l'ombre à la lumière, de l'ignorance à la sagesse, du mensonge à la vérité, de l'exclusivité à l'inclusivité, de la mortalité à l'immortalité.
Que cette flamme soit un symbole de chaleur, car nous formons une même famille, de sagesse, de vérité et de liberté.

 

traduction en français par Jean-Claude Barbier (Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens, France)

Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 00:13
- Par Derrick Pariat - Publié dans : la prière du mois - Communauté : Unitariens
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1 – allumons notre calice ( lien) et que sa lumière brille
Allumons notre calice avec la méditation de nos amis australiens et néo-zélandais qui nous ont envoyé la prière de ce mois pour tous les unitariens du monde entier (lien).


2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre


3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.

 

giacomo_tessaro_portrait_2011.jpegGiacomo Tessaro, chrétien unitarien, Piémont, Italie - Après avoir reçu mon baptême, je continue à me mettre en route pour le Royaume, aussi loin à réaliser sur notre Terre mais aussi proche pour le coeur de femme et d'homme qui s'efforce chaque jour d'aimer Dieu et son prochain. Ce baptême n'est qu'une étape intermédiaire, après quatre ans de reflexions sur Dieu, la foi, l'amour vers tout le monde et sur moi-même, une poussée sur la voie du Notre Père. Merci à tous ceux qui ont lit mon article et qui se sont réjouit avec moi ( lien).

 

samantha fink portraitSamantha Fink, protestante de l'EFR, Rouen - Ce témoignage de baptême est très émouvant. 


4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins
Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux) - Marcel Maynand est décédé le 17 décembre 2010 à l’âge de 81 ans  Il vivait à Rillieux Le Pape dans le Rhône ; il était franc-maçon, protestant libéral et unitarien. Il s’était inscrit à l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Accompagnons sa fille qui est en deuil de lui et qui se dévoue pour l’épouse de son père, Renée, malheureusement paralysée, et qui vit dans une maison de retraite non loin de chez elle, dans le Jura.

 

samantha fink portraitSamantha Fink, protestante de l'ERF, Rouen - Je voudrais partager une souffrance, celle d'un proche de mon compagnon qui ne trouve pas de logement depuis très longtemps ; je commence à ne plus y croire.


5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle
 

Joignons nous aux farandoles de joie. Ici avec la vidéo « Coming home » (en venant chez nous) de la First Church of Rochester, dans l’Etat de New-York, d’obédience unitarienne-universaliste


6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité
Jean-Claude-Barbier--portrait--mai-2008.jpgJean-Claude Barbier, message du 1er juin au groupe Yahoo « Unitariens francophones »
Cher(e)s Ami(e)s. Pas moins de 7 personnes se sont déjà exprimées pour notre culte de demain [culte du dimanche 2 octobre] […] Je suis toujours ému de mettre en ligne les messages reçus, d'une part parce que cela prouve le bien fondé de ce culte en ligne - ce qui n'était pas du tout gagné lorsque nous nous sommes lancés dans cette aventure numérique en juin 2009 - , d'autre part parce que ces messages sont sincères, personnels, parfois intimes, et non rien à voir avec les formules et prières toutes faites des cultes habituels. Fort heureusement, il n'y a jamais eu de langue de bois utilisée lors de nos cultes ; ce qui est conforme avec notre tradition. Nous pouvons nous en féliciter. Indéniablement, ces messages concrétisent une réelle fraternité entre nous.


7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « prochains » ou « lointains »

Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 16:24
- Par Eglise unitarienne francophone - Publié dans : notre culte mensuel - Communauté : Unitariens
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Religion : avec Jean Marichez faisons la différence entre croyances communautaires (parfois / souvent « meurtrières ») et croyances de conviction individuelles et personnelles.

 

Jean_Marichez.JPG « Croyances meurtrières ; essai pour la paix » par Jean Marichez, 2011 aux éditions L’Harmattan *, ISBN : 9 782296 55236 4, 23 euros (+ 3 euros de port), préface Antoine Sfeir. * Librairie L’Harmattan, 7 rue de l’Ecole Polytechnique 75005 Paris,  site

Présentation par l’éditeur : Les croyances seraient-elles causes de guerres ou de conflits graves ? Comment vivre ensemble entre peuples qui ont des croyances aussi différentes et contradictoires ? Besoin de certitudes, besoin d’absolu, l’Homme se cherche dans cette enfance de l’humanité que nous vivons. Les religions qu’il a créées sont encore en gestation. Leur rigidité est soumise
à rude épreuve. Face aux croyants les plus extrémistes qui tuent au nom de leur Dieu, les croyants sages et modérés tiennent-ils le bon discours ? Ces questions se posent aujourd’hui avec acuité.


Ce livre est écrit par un laïc, Jean Marichez, qui répond à ces questions en réfléchissant longuement sur l’exemple des croyances chrétiennes qu’il connaît bien. Ses réponses interrogent toutes les religions : comment évoluer, dans le grand métissage qui nous attend, avec des croyances aussi passionnelles et belligènes ?


Jean Marichez (R) réponds à Antoine Sfeir (Q) :


Q - Votre ouvrage laisse entendre que les religions auraient des points communs avec l’esprit des Lumières. Mais les Lumières n’étaient-elles pas justement une réaction intellectuelle contre l’emprise des religions ? Le divin et les Lumières ne vont pas très bien ensemble.
antoine-sfeir.jpg R - Vous avez raison, l’esprit des Lumières et les religions ne font pas bon ménage. Les religions sont pleines de croyances qui n’ont rien à voir avec l’esprit des Lumières. C’est justement, le problème auquel s’attaque le livre. J’ai voulu montrer qu’il était possible qu’à leur tour, les religions intègrent cet esprit.
Q - Mais c’est impossible, les Lumières consistent à dire : acceptons que les religions jouent leur rôle puisque, de toutes façons, on ne peut pas discuter avec elles, mais qu’au moins l’homme civil et social, la société, la politique, l’intelligence, la science, etc. ne soient plus captifs des religions. Si une part de chaque homme veut rester religieuse, pourquoi pas tant que cela ne gêne personne, mais que, pour tout le reste au moins, la religion soit mise à part. Et surtout qu’elle n’ait plus "le" pouvoir. D’où cette séparation claire et bien acceptée après plus de deux siècles entre l’Église et l’État, le civil et le religieux, le sacré et le profane… Voudrait-on aller plus loin ?

 

Antoine Sfeir, chrétien d'origine franco-libanaise, est professeur en relations internationales à l'Ecole des hautes études en sciences de l'information et de la communication (ex Centre d'études littéraires et scientifiques appliquées CESA). Il a lancé en 1985 les Cahiers de l'Orient qui sont une référence de qualité pour tous les journalistes. Très médiatique, Il est souvent invité sur les plateaux de télévision (voir l'article à son nom sur Wikipedia).

 

R - Oui en effet, et cela parce qu’aujourd’hui ce confinement hors des Lumières (en quelque sorte hors de l’intelligence) et cette protection de faveur accordée aux religions deviennent invivables. Dans chacune d’elles, et ce n’est plus un phénomène marginal, même chez des chrétiens on trouve des puristes ou intégristes qui, au nom de leur Dieu ou de leurs croyances, se permettent d’imposer leur religion aux autres et même de tuer ou de mener une guerre contre les non-croyants et contre les croyants-non intégristes de leur propre religion. Vous avez dit, cela ne gêne personne, mais aujourd’hui ce n’est plus vrai, cela gêne outre mesure. Chacun peut bien croire ce qu’il veut, mais les croyances comportent des aspects dangereux. J’ai voulu approfondir.
Q - Par exemple ?
R - Chez les chrétiens, l’existence de Dieu, la divinité de Jésus, sa résurrection, la vie éternelle… sont des croyances car elles ne sont ni certaines, ni vérifiables. Y croire est tout à fait respectable, d’ailleurs personnellement j’y crois, mais le discours des chrétiens et de l’Église supprime le doute et néglige toute prudence. Il en est de même pour les dogmes, les règles, les sacrements, etc. les nuances n’étant pas faites, le discours habituel apparaît en conflit avec l’intelligence, il est trop souvent retenu au premier degré, c’est un discours totalitaire au sens propre, sans connotations habituelles.
Q - Les croyants ne sont pas dupes. Intérieurement, ils savent bien que le doute est en arrière plan.
R - Oui mais les fous de Dieu ne le savent pas, ou ne veulent plus le savoir. Je sais bien qu’il y en a eu de tous temps mais, aujourd’hui, la crispation devient massive, les conflits se développent, les moyens du terrorisme sont planétaires et leurs effets de plus en plus ravageurs. Le temps est venu pour les modérés de chaque religion et leurs autorités de se préoccuper d’urgence des intégrismes qu’ils engendrent sans le savoir par leur discours trop absolu. Eux seuls peuvent déminer les rigorismes.
Q - N’est-ce pas plutôt chez les musulmans que la situation est grave ?
R - Oui, sans doute y est-elle plus aiguë, mais il y des similitudes de fond chez nous et nous devons commencer par balayer devant notre porte si nous voulons être crédible. Georges W. Bush n’a-t-il pas mené la guerre d’Irak (en partie) au nom de ses croyances ? Comment comprendre l’expansion du créationnisme ? Et nous, sommes nous prêts à vivre demain avec des musulmans dont la démographie va plus vite que la nôtre et ne demandent qu’à imposer leur muezzin en Europe ? Ceci dit, mon livre prépare le terrain qui permettra de répondre à ces questions difficiles, et d’autres d’ailleurs. Son origine est, qu’en réfléchissant à nos croyances qui exacerbent tant nos regards sur les autres, je me suis aperçu qu’elles n’étaient pas si fondamentales qu’on le dit, qu’au contraire elles pouvaient masquer des faiblesses dans nos approches religieuses, en clair qu’il était possible d’être chrétien sans croyances et ceci, sans rien abandonner des grands dogmes et, plus encore, qu’il était largement plus porteur d’approcher le christianisme sans croyances. Pour moi, qui aie été élevé dans la tradition chrétienne avec des éducateurs intelligents, c’est une énorme découverte. Cela nous sort de manière positive de l’éternel et stérile débat entre athées, religieux et agnostiques. Ainsi verra-t-on peut-être un jour des bouddhistes, des juifs ou des musulmans sans croyances.
Q - Croyez vous possible que les chrétiens aient pu se tromper depuis deux mille ans, après tous ces penseurs, ces conciles, ces études érudites ?
R - Avec un tel argument toute réflexion serait bloquée. Les théologiens reconnaissent que certaines décisions de conciles ont été prises pour des raisons plus politiques et pragmatiques que théologiques. Ainsi la divinité de Jésus a été décidée en dernier ressort par l’empereur Constantin qui n’était pas théologien du tout pour ne pas compromettre l’unité de son empire. Par ailleurs, sur le long terme et malgré les apparences, l’Église a évolué et reconnu des erreurs. Cette évolution continue aujourd’hui en profondeur : après avoir écrit la première moitié de mon livre que je trouvais trop négative à force de m’inquiéter des méfaits de nos croyances, je me suis demandé comment on pouvait être chrétien sans elles. Et j’ai découvert que d’autres avaient développé des recherches similaires, chacun à leur manière et notamment des prêtres, comme Yves Burdelot, Jean Sullivan, Jean Rigal, Claude Trémontant, François Ponchaud, Bernard Besret, Olivier Rabut, … J’ai donc encore beaucoup lu, écouté, échangé, débattu et appris. J’ai trouvé chez les théologiens des informations importantes, essentielles, mais aussi d’autres trop sophistiquées
pour être accessibles à l’honnête homme. Ainsi, je me suis permis de penser que j’avais un point de vue original en tant que non-spécialiste de ces questions car, ingénieur de formation, je me passionne pour mille autres sujets comme les sciences, les technologies, la famille, les amis, l’éducation, la musique, le sport, la géopolitique, les guerres, la résolution des conflits, les résistances civiles, l’Union européenne, etc. Peut-être justement n’y a-t-il pas assez de laïcs pour aborder les sujets religieux, un peu trop laissés aux mains de spécialistes ou de gens d’Église tenus aux réserves propres à leur fonction ? Peut-être aussi faut-il un brin de folie pour oser tenir un langage différent dans un monde aussi savant ? Les théologiens verront certainement des insuffisances et des erreurs dans mon travail mais elles ne sauraient changer l’urgence de solutions pour vivre ensemble avec des croyances aussi contradictoires d’une religion à l’autre, aussi étranges parfois, aussi totalitaires souvent et donc aussi belligènes.
Q - Être chrétien sans croyances, n’est-ce pas un non-sens, toute religion n’est-elle pas essentiellement composée de croyances ?
R - Oui, j’ai donc été amené, non pas à trier entre les bonnes et les mauvaises croyances, mais à définir ce que j’entends par ce mot. Y figure tout ce qui relève du surnaturel et qui n’est pas vérifiable, mais n’y figurent ni l’action de croire quelqu’un, de croire Jésus par exemple car c’est lui faire confiance, ni le fait de croire en l’homme, en l’amour… toutes choses réelles et vérifiables au contraire. J’ai aussi été amené à distinguer les croyances collectives qui sont forcément dogmatiques et figées et les croyances personnelles ou intimes qui sont inévitables, normales, évolutives…. Je ne refuse donc pas de croire en Dieu et en toutes ces vérités d’Église mais de manière intime et personnelle, par contre je conteste le discours collectif autour de ces croyances. Et pas tant pour son contenu que pour ses effets.

J’ai aussi été conduit à réfléchir sur ce que signifie « être chrétien ». Pour apercevoir finalement que c’est bien autre chose que croire à (ou en) des « Vérités » quelle que soit leur pertinence. Sur le plan du discours, notre foi, trop souvent définie en terme de croyance en Dieu, gagne à se référer à Jésus qui est un homme historique, elle gagne également à se définir en termes de confiance, d’adhésion plutôt qu’en termes de croyances. En utilisant des formulations moins surnaturelles et plus universelles elle devient plus crédible et gagne du sens. Il y a donc deux niveaux de progrès possibles, le niveau personnel où il est possible de donner moins d’importance aux croyances
et le niveau du discours trop absolu de l’Église.
Q - Finalement, ce n’est pas un bouleversement mais une inflexion que vous recommandez.
R - Exactement. Ce ne sont que des nuances de discours. Par contre elles exigent indépendance intellectuelle et courage. Et elles sont porteuses de lourdes conséquences concernant notre capacité à « vivre ensemble » sur notre planète.
Q - En pratique, comment ce changement peut-il se mettre en oeuvre ?
R - J’ai fait un court chapitre sur cela en ouvrant quelques pistes pratiques comme le développement de petits groupes chrétiens d’approfondissement, de prière et d’échange, des suggestions pour une plus grande ouverture au monde, la recherche d’un langage moins dogmatique, plus universel, etc. Il ne m’appartient pas d’entrer dans le détail des modalités d’application religieuse, d’autres seront plus compétents pour le faire, c’est un travail collectif qui demandera des ajustements progressifs. Leur application sera facile pour les jeunes qui n’auront pas connu le christianisme de croyances, elle sera sans doute un peu plus difficile pour ceux qui l’ont vécu depuis leur jeunesse.
Mais nous n’en sommes pas là, nous en sommes loin. Avant de mettre en oeuvre, il faut débattre. Je propose d’ouvrir des débats sur le sujet. Nous n’en sommes qu’en phase de recherche et je n’ai aucune légitimité pour parler. J’ai fait lire mon manuscrit à plusieurs personnes et je dois dire que plus celles-ci se trouvaient proches de l’establishment religieux, plus il leur fallait d’indépendance d’esprit pour comprendre, mais j’en témoigne, certains ecclésiastiques se sont montrés ouverts.
Le débat sera long et demandera des efforts. Pourtant, nos propositions ne concernent que de fines nuances dans l’approche religieuse. Le changement peut se faire rapidement et simplement au niveau individuel, mais il aura besoin du soutien de l’Église. Le problème de celle-ci est qu’elle ne peut rien faire qui ne soit uniforme. Toute évolution du discours d’un prêtre, même s’il ne s’agit que d’une nuance doit être cautionnée par l’institution qui ne peut la concevoir autrement que destinée à des milliards de chrétiens.
Q - Pensez vous que l’Église, dont on connaît la rigidité et le peu d’aptitude au changement entrera dans cette réflexion ?
R - Non, je ne la crois pas capable d’opérer d’elle-même un tel changement. Elle ne le fera que sous la poussée des laïcs qui, eux mêmes, mettront du temps pour en réaliser l’importance. Je crains qu’il faille attendre des conflits planétaires graves et meurtriers pour qu’enfin on se réveille et qu’on en arrive à dire « plus jamais ça ». A long terme les religions qui n’auront pas fait cet aggiornamento imploseront sous leurs croyances obscurantistes. Ce pessimisme doit-il nous empêcher de dire ces choses ? Non, réfléchir et parler n’en est que plus urgent.

Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 11:42
- Par Jean Marichez - Publié dans : la bibliothèque de l'EUfr - Communauté : Religions en toute liberté
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On peut se dire au revoir plusieurs fois, par David Servan-Schreiber. Ed. Robert Laffont, 2011, 160 p., 14 €. Présentation par Régis Pluchet.


Dans ce petit livre paru en mai dernier, deux mois avant son décès, le Dr David Servan-Schreiber (DSS) nous livre un témoignage bouleversant. Comme le titre l’indique, c’est un témoignage d’espérance. C’est aussi un testament qu’il veut « jubilatoire » ! Jeune chercheur en neuropsychiatrie aux Etats-Unis, il apprend, il y a vingt ans, qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau. Cette nouvelle va transformer de fond en comble son approche des malades et de la maladie.

 

david_servan_schreiber.jpg

 

Il fait connaître cette approche dans deux livres qui ont rencontré une audience internationale considérable : Guérir (consacré au stress et la dépression) et Anticancer, parus aux éd. Laffont et en poche chez Pocket. Il y plaide pour une alimentation équilibrée et pour une « médecine des émotions », basée sur des techniques psychothérapiques nouvelles et des méthodes de relaxation et de méditation.


Son dernier livre est l’occasion d’un bilan, en réponse à ceux qui s’interrogent sur la valeur de ses recommandations, au moment où son cancer va l’emporter. Il y a quand même survécu vingt ans, ce qui est déjà beaucoup ! Sa réflexion sur la mort qui l’approche, nourrie par le travail d’accompagnement de personnes en fin de vie qui a souvent marqué sa vie professionnelle, est empreinte d’un grand humanisme et d’une profonde spiritualité, même s’il reste agnostique.


L’humour est pour lui un allié indispensable face à la mort. Cela ne l’empêche pas de vivre des moments très difficiles. Pris par des hallucinations effrayantes, DSS se répète le texte du psaume que lui ont offert deux pasteurs protestants : «  L’Eternel est mon berger …. Quand je marche dans la vallée des ombres de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi » et conclut : « Je ne suis pas sûr de croire tout à fait au berger divin, mais le psaume 23 exerce un effet puissant apaisant mes angoisses nocturnes ».

 

Quand j’ai lu son livre, je sortais de clinique après une lourde intervention chirurgicale. Pendant cette période pénible, j’avais fait deux rêves magnifiques, mais aussi deux cauchemars pendant lesquels je me suis mis à crier pour appeler au secours (ce qui ne m’arrive jamais), parce que je me faisais enlever par des inconnus. En lisant ce psaume, j’ai compris que, même si j’étais dans une situation moins dramatique que DSS, j’avais frôlé moi aussi « la vallée des ombres de la mort ». Grâce à son témoignage j’ai relu plusieurs fois ce psaume et j’ai pu moi-même constater l’effet apaisant de cette lecture, ainsi que celle de la relecture des psaumes en général. Merci au deux David : le mythique berger, roi et poète d’il y a trois mille ans et le médecin des corps et des âmes d’aujourd’hui !

 

David Servan-Schreiber est auteur de Guérir (2003), Anticancer (2007), On peut se dire au revoir plusieurs fois (2010). Il est mort d'un cancer contre lequel il luttait depuis de nombreuses années le 24 juillet 2011. Voir sa biographie sur le site "Culture Club" ( lien).

Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 11:22
- Par Régis Pluchet - Publié dans : l'accompagnement des personnes en fin de vie - Communauté : Religions en toute liberté
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